Cérémonie de commémoration au cimetière militaire français de Kapelle (20 mai 2021) [nl]

La cérémonie de commémoration de Kapelle s’est tenue le jeudi 20 mai 2021 pour rendre hommage aux soldats français et marocains tombés pour la liberté des Pays-Bas au cours de la Seconde Guerre mondiale.

La cérémonie de commémoration de Kapelle s’est tenue le jeudi 20 mai 2021 pour rendre hommage aux soldats français et marocains tombés pour la liberté des Pays-Bas au cours de la Seconde Guerre mondiale. Au total, 600 militaires français sont morts sur le sol néerlandais pendant la période 40-45. 228 d’entre eux reposent à Kapelle, dont 22 sont des soldats d’origine nord-africaine (principalement marocaine).
En raison de la situation sanitaire, l’évènement a été organisé en comité restreint.

Son Excellence Luis Vassy, Ambassadeur de France aux Pays-Bas, et Son Excellence Abdelouahab Bellouki Ambassadeur du Maroc aux Pays-Bas étaient présents, ainsi que le colonel Bachmann, attaché de défense français et monsieur Fons Naterop, maire de Kapelle.
Le contre-amiral Janicot, commandant de la force de l’aéronautique navale française, a également assisté à la cérémonie, car cette année la commémoration revêtait une dimension toute particulière.
En effet, deux militaires de l’aéronautique navale française, le maître-pilote Pierre Georges Samery et le quartier-maître Eugène Louis Lemaresquier, ont été ré inhumés 81 ans après leur mort et peuvent enfin reposer dans une dernière demeure à leurs noms.

Décédés dans le crash de leur avion à Flessingue (en Zélande) le 11 mai 1940, le maître-pilote Samery et le quartier-maître Lemaresquier avaient été dans un premier temps enterrés au cimetière de Middelburg, puis transférés en 1949 au cimetière militaire français de Kapelle où ils ont été enterrés non identifiés.
En avril 2020, le Service de Récupération et d’Identification de l’armée de Terre royale néerlandaise à Soesterberg a pu, grâce aux comparaisons ADN avec leurs membres de familles, déterminer leur identité.

Pierre Georges Samery était pilote de l’aéronavale. Engagé à 18 ans dans la Marine nationale en tant que matelot mécanicien de 3ème classe, il obtint 6 ans plus tard son certificat de pilote. D’abord affecté à la « Ban Hyères » puis à « l’Escadrille AC2 » de la flottille chasse F1C de Calais-Marck, il trouvera la mort en héros, au nom de la liberté, à bord de son Potez au cours d’un combat aérien. Il avait 28 ans. Il a été décoré posthume de la Médaille Militaire.

Eugène Louis Lemaresquier était quartier-maître mitrailleur bombardier. Également engagé à 18 ans, dans la Marine nationale comme arrimeur d’aviation, il devient matelot de 2ème classe arrimeur puis quartier-maître arrimeur le 1er juillet 1938. L’année suivante il prolongera son engagement pour 3 ans. Il décédera aux côtés de Pierre Georges Samery à bord du même Potez, en défendant les Pays-Bas de l’invasion allemande. Il avait 23 ans.

Le 20 mai 2021, les proches des deux aviateurs ont assisté à la cérémonie de commémoration et à leur ré inhumation. Denise Legoupil, la sœur du quartier-maître Lemaresquier, et Françoise Vivier et Régine Reimer, ses nièces, ainsi que Marianne Samery, la petite fille du maître-pilote Samery, ont finalement pu donner une tombe avec le bon nom, un dernier lieu de repos, à leurs membres de famille.

Après la présentation de monsieur Arnold Van den Berge, maitre de cérémonie, les Ambassadeurs de France et du Maroc ont fait un discours, suivis par celui du maire de Kapelle. C’est pleine d’émotion que Régine a prononcé aussi quelques mots.
Ensuite les dépouilles ont été ré inhumées, portées par deux militaires de l’aéronautique navale française et deux militaires néerlandais de l’armée de Terre.
Enfin, après un survol par un Pilatus de l’armée néerlandaise à partir de la base de Woensdrecht, monsieur Arnold Van den Berge a conclu la cérémonie de ré inhumation en lâchant des colombes qui se sont envolées vers le ciel.

Ci-après la conclusion du discours de l’Ambassadeur de France :
« (…) La mémoire de nos aïeuls tombés pour nous, doit aussi être une source d’inspiration et de réflexion. Que nous disent nos héros ? Ils nous disent que c’est au cœur de la nuit que vit la flamme de la Résistance. 1940 fut un désastre mais les sacrifices consentis ont permis que d’autres puissent demeurer debout et poursuivre la lutte. Je pense évidemment à nos amis britanniques et à la France libre qu’ils abritèrent, je pense aux Résistants de nos maquis, aux héros de Normandie-Niemen sur le front de l’Est
Ils nous disent aussi que ce qui nous unit aujourd’hui, et ce qui nous unissait il y a quatre-vingt ans est une certaine conception de l’Homme. Libre de ses choix, responsable de ses actions, attaché à la paix et prêt la défendre. Tout cela nous semble évident : quatre-vingt ans de paix en Europe, c’est beaucoup. Souvenons-nous, ici, du prix qui a été payé par d’autres pour nous léguer cet héritage, et faisons vivre cette mémoire, celle des hommes, mais aussi celle du sens de leur sacrifice.
Je vous remercie. »

Dernière modification : 07/10/2022

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