Commémorations du 20ème anniversaire du Statut de Rome (16 et 17 juillet 2018, CPI La Haye) [nl]

Le 17 juillet 1998, le Statut de la première Cour Pénale Internationale permanente était adopté, à Rome, par 120 Etats afin de permettre le jugement des responsables des crimes les plus graves. La France a signé le Statut dit de Rome le jour-même de son adoption après avoir joué un rôle majeur dans sa négociation.

Les 16 et 17 juillet 2018 à La Haye, la Cour pénale internationale (CPI) célébrait ainsi le 20ème anniversaire de l’adoption de son texte fondateur. Trente Etats étaient représentés au plus haut niveau, dont le Président de la République fédérale du Nigéria selon lequel une CPI « forte et efficace démontre l’attachement de la communauté internationale à l’Etat de droit ».

De nombreuses personnalités internationales ont également participé aux commémorations au nombre desquelles, le Président de l’Assemblée des État Parties au Statut de Rome, S.E. O-Gon Kwon, le Président de la CPI, M. le Juge Chile Eboe-Osuji, la Procureur de la CPI, Mme Fatou Bensouda, le Greffier de la CPI, M. Peter Lewis, le Sous-secrétaire général aux affaires juridiques et Conseiller juridique de l’ONU, M. Miguel de Serpa Soares, le Président du Fonds au Profit des Victimes, M. Motoo Noguchi, et de nombreux autres invités.

L’ambassadeur de France aux Pays-Bas, Philippe Lalliot, avait été invité à modérer le dernier panel de réflexion sur le thème, « Elargir la lutte contre l’impunité ». Les intervenants étaient issus respectivement de l’université, Pr. Gerhard Hafner, de la société civile, Me Evelyn Ankumah, et de la diplomatie, S.E.M. Sergio Ugalde, Ambassadeur du Costa Rica aux Pays-Bas. Les discussions lors de ce dernier panel ont fait un bilan 20 ans après mais ont aussi mis en exergue certains axes d’amélioration. Au centre du débat : la place des victimes, le renforcement de la complémentarité, de l’universalité et de la coopération étatique.

L’ambassadeur de France a rappelé que le cœur de la mission confiée à la CPI était la lutte contre l’impunité. Il a souligné que la justice pénale internationale, telle que pensée et organisée à Rome, il y a 20 ans, ne pouvait s’exercer sans la coopération, pleine et entière, des Etats, qu’il y avait ainsi un lien très fort entre les notions de complémentarité, de coopération et d’universalité, de même qu’entre la responsabilité de la Cour dans l’exercice de ses missions, et la responsabilité des Etats, dans leur volonté de la soutenir, enfin qu’il y allait de l’efficacité, de la crédibilité et de la légitimité de la Cour.

L’ambassadeur de France a aussi rappelé que, si la CPI faisait l’objet de critiques, toutes n’étaient pas justifiées. La Cour était de fait une très jeune institution et, si elle avait des défauts de jeunesse, elle n’avait pas de défaut de conception. Il a enfin marqué que, si l’on pouvait et devait parfaire le fonctionnement de la Cour, on ne pouvait et on ne devait pas remettre en cause les principes qui la fondent et jusqu’à son existence-même. La Cour était indispensable à la lutte contre l’impunité comme à la préservation de la paix et de la sécurité internationale.

Lire aussi :

- CPI - 20ème anniversaire du Statut de Rome (17 juillet 2018)
- Communiqué de presse sur le site internet de la CPI

Dernière modification : 18/07/2018

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