Déclaration conjointe des ministres des Affaires étrangères du Small Group sur la Syrie (26 septembre 2019) [nl]

Déclaration des ministres des Affaires étrangères de l’Allemagne, de l’Arabie saoudite, de l’Égypte, des États-Unis, de la France, de la Jordanie et du Royaume-Uni à l’Assemblée générale des Nations unies.

1. Nous, ministres des Affaires étrangères de l’Allemagne, de l’Arabie saoudite, de l’Égypte, des États-Unis, de la France, de la Jordanie et du Royaume-Uni, avons fait la déclaration suivante sur la nécessité urgente d’une solution politique durable pour la Syrie, sur la base de la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

2. Le conflit syrien est dans sa neuvième année, des centaines de milliers de personnes sont décédées et des millions ont été déplacées de force. Les Nations unies estiment que plus de 1 000 civils ont été tués, plus de 600 000 d’entre eux ont fui leur domicile à Idlib au cours des derniers mois et que la situation humanitaire s’est dégradée en raison du ciblage des écoles, des hôpitaux et d’autres bâtiments civils. Nous regrettons vivement que le Conseil de sécurité ait échoué une fois encore à s’unir pour appeler à la protection des civils, ainsi qu’au respect du droit international humanitaire et des accès humanitaires. Nous restons fermement déterminés à soutenir ces mesures vitales et nous appelons à un cessez-le-feu immédiat et véritable à Idlib. L’utilisation de toute arme chimique en Syrie ne saurait être tolérée. Nous demandons également à toutes les parties de faire en sorte que toutes les mesures prises pour lutter contre le terrorisme, notamment dans la province d’Idlib, soient conformes à leurs obligations découlant du droit international.

3. Il ne peut y avoir de solution militaire à la crise syrienne, uniquement un règlement politique. Sans cela, la Syrie restera fragile, appauvrie et facteur de déstabilisation. Nous soutenons donc résolument les efforts déployés par l’Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la Syrie en vue de parvenir à un règlement politique conforme à la résolution 2254 du Conseil de sécurité. Nous saluons l’annonce faite par les Nations unies indiquant que les parties sont convenues de la mise en place d’un comité constitutionnel chargée d’initier ce processus. C’est une avancée attendue depuis longtemps, mais qui exige encore des actions et des engagements forts pour réussir. Nous encourageons les Nations unies à réunir le comité constitutionnel et à débuter dans les meilleurs délais les discussions sur les questions de fond relevant de son mandat. Il est également essentiel de faire progresser toutes les autres dimensions du processus politique, comme le prévoit la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

4. Nous soutenons fermement les efforts plus larges déployés par Geir Pedersen pour mettre en œuvre l’intégralité de la résolution 2254, notamment la participation effective de tous les Syriens, en particulier des femmes, au processus politique. Nous appuyons sans réserve les efforts déployés pour permettre une libération massive de prisonniers politiques et les mesures mises en œuvre pour créer un environnement sûr et neutre qui permette aux Syriens d’organiser, sous la supervision des Nations Unies, des élections libres, équitables et crédibles, auxquelles les personnes déplacées, les réfugiés et la diaspora doivent être en mesure de participer.

5. Nous soulignons l’importance de l’obligation de rendre des comptes dans tous les efforts mis en œuvre pour apporter une solution durable, inclusive et pacifique au conflit, et nous continuons donc d’appuyer les efforts visant à faire en sorte que tous les auteurs de violations du droit international humanitaire et du droit international relatif aux droits de l’Homme, notamment ceux qui peuvent être responsables de crimes contre l’humanité, soient identifiés et rendent des comptes.

6. Alors que la situation humanitaire en Syrie continue de se dégrader, nous soulignons qu’il est important de garantir un accès humanitaire sûr et sans entrave à tous les Syriens qui en ont actuellement besoin.

7. Nous reconnaissons les efforts des voisins de la Syrie qui assument la charge d’accueillir la grande majorité des réfugiés syriens. Nous encourageons la communauté internationale à apporter une assistance humanitaire ainsi qu’un soutien financier à ces pays afin de partager les coûts de la crise des réfugiés syriens jusqu’à ce que ces derniers puissent revenir volontairement chez eux, dans la dignité et en sécurité. Toute tentative de procéder délibérément à des recompositions démographiques ne saurait être tolérée. Nous appelons le régime à mettre un terme à ses actions qui dissuadent et empêchent les réfugiés de regagner leur domicile, et à adopter au contraire les mesures positives nécessaires pour permettre le retour volontaire, sûr et digne des réfugiés.

8. Enfin, nous exprimons notre satisfaction quant à la libération au cours de cette année de l’ensemble du territoire jusqu’alors contrôlé par Daech, qui a provoqué tant de terreur en Syrie, en Irak et dans le reste du monde. Toutefois, la menace émanant de Daech ainsi que des autres groupes terroristes désignés par les Nations unies demeure et nous sommes déterminés à permettre la défaite durable de ces groupes. Un règlement politique en Syrie demeure essentiel pour parvenir à cet objectif.

Source : https://www.diplomatie.gouv.fr/

Dernière modification : 27/09/2019

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