Déplacement aux Pays-Bas d’une délégation sénatoriale dans le cadre de la réforme de la Politique Agricole Commune (PAC) (4 et 5 novembre 2010) [nl]

Les 4 et 5 novembre 2010, une délégation composée des sénatrices Bernadette Bourzai et Renée Nicoux s’est déplacée aux Pays-Bas dans le cadre de la réforme de la Politique Agricole Commune prévue en 2013.

Les sénatrices françaises ont pu prendre connaissance de la position néerlandaise sur la PAC de l’Europe après 2013 auprès de membres de la Deuxième Chambre et de la Première Chambre, et au Ministère des Affaires économiques, de l’Agriculture et de l’Innovation, lors d’un entretien avec le Directeur du Service de la Politique Agricole Commune, M. Roald Lapperre.

- Article paru dans le journal d’affaires « Het Financiele Dagblad » du 5 novembre 2010 : « La Haye s’intéresse au paysan français » (traduit du néerlandais au français) :

Dans deux semaines l’eurocommissaire Dacian Ciolos proposera une nouvelle politique agricole commune. Dans cette perspective des sénateurs français sont en tournée. Hier il y avait deux sénatrices à La Haye.

« Vive la France ! », s‘exclame le député chrétien-démocrate (CDA) Ger Koopmans. L’enthousiasme du porte-parole pour l’agriculture est suscité par la position française sur la politique agricole commune de l’Europe à partir de 2013. La France et le CDA ont globalement le même point de vue. Résumé de façon concise : changer le moins possible une politique qui coûte environ 55 milliards d’euros par an et absorbe 40 % du budget européen.

L’ancien agriculteur Koopmans est heureux que les deux sénatrices françaises Renée Nicoux et Bernadette Bourzai, toutes deux socialistes, soient venues à La Haye. « Elles pourront ainsi convaincre mes collègues de leurs projets. »

Ces collègues ne sont guère nombreux : trois membres de la Deuxième Chambre et deux membres de la Première Chambre débattent à huis clos, pendant une heure et demie, avec la délégation de Paris. « Le ton n’était pas celui de lobbyistes », dit le sénateur social-démocrate (PvdA) Jean Eigeman. « Elles veulent savoir ce qu’on pense de la politique agricole ailleurs. »

Mais les Françaises se demandent aussi si les Pays-Bas soutiendront une initiative franco-allemande pour la politique après 2013, déclare la députée démocrate-libérale (D66) Stientje van Veldhoven. Ce n’est pas le cas de son parti. Et le gouvernement néerlandais suit lui aussi une ligne davantage axée sur le marché que celle du duo franco-allemand. Le D66 veut libéraliser l’agriculture européenne. « La France est un grand bénéficiaire de ce budget. Elle ne veut donc pas de grandes réformes », dit Van Veldhoven. « En outre, le lobby agricole y est puissant. »

Les sénatrices françaises connaissent les divergences d’opinion. Elles savent aussi d’où elles viennent : « Vous êtes un petit pays très peuplé, fortement orienté vers le commerce avec vos ports », dit Bourzai. « La France est un grand pays, dont certaines régions sont peu peuplées. Dans les régions montagneuses l’agriculture est moins rentable que chez vous. » Mais là aussi le paysan doit vivre, estiment les élues du Limousin.

Il y a cependant aussi un intérêt commun, affirme Bourzai : c’est la garantie alimentaire et sécuritaire. « Le continent doit être autosuffisant », pense-t-elle. Et s’agissant de la sécurité, la sénatrice dit : « Aux Etats-Unis on soigne dix millions de personnes par an à la suite d’une intoxication alimentaire. En Europe il y en a beaucoup moins. »
« L’alimentation n’est pas un marché comme les autres », déclare Nicoux à l’adresse des partisans du libre marché. « Il faut réguler les prix pour qu’ils ne fluctuent pas trop. C’est un effet de la spéculation. Il ne faut jamais spéculer sur la nourriture. »

- En savoir plus sur la PAC : site internet du Ministère de l’agriculture, de l’alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l’aménagement du territoire

Dernière modification : 29/11/2010

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