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« Je n’ai pas inventé le cinéma, mais je l’ai industrialisé ! »

JPEGCharles Pathé (1863-1957) fait partie de ces quelques hommes qui au tournant des 19 et 20ème siècle ont vécu à plein l’aventure du nouvel art naissant : le cinéma. Après une enfance et une jeunesse qu’il décrira plus tard comme difficiles, Charles Pathé se lance dans l’aventure des nouvelles technologies de l’époque et emprunte afin d’acquérir le tout nouveau Phonographe d’Edison à la Foire de Vincennes en 1893. Il voit rapidement les possibilités d’exploitation commerciale qu’offre ce nouveau procédé de restitution du son. Mais c’est lorsqu’Edison invente le Kinétoscope que Charles Pathé se prend de passion pour le cinéma et se lance dans l’importation de machines inspirées du même procédé.

En 1895, il s’associe avec Henri Joly pour la réalisation d’une caméra et le Cinématographe des frères Lumière fait soudain prendre un nouveau tournant à l’ensemble des protagonistes de ce qui allait bientôt devenir le septième art.

Le 28 septembre 1896, il crée avec son frère Emile la Société Pathé frères. Emile s’occupe de la partie sonore et Charles des images en mouvement. Il filme lui-même les premiers films de la Société Pathé comme Le Passage à niveau à Joinville le Pont & L’Arrivée d’un train en gare de Bel-Air. Charles ne se contentera pas de produire des négatifs et positifs de films, il créera un studio, une entreprise de caméras et projecteurs et ce à visée mondiale : son entreprise s’installe à Vincennes, Montreuil, Joinville-le-Pont, puis Moscou, New-York, Rome...Il impose plusieurs marques de films, produites et éditées dans le monde entier : Hispano Film (1906), Le Film d’Art Russe (1909), Le Film d’Arte Italiano (1909), et American Kinema (1910)...)
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Dix ans avant que Charles Pathé n’ouvre son luxueux cinéma "Omnia Pathé" et plusieurs autres cinémas parisiens au cours de l’année 1907, le mardi 4 mai 1897 voit toute le haute société se rendre au Bazar de la Charité à proximité des Champs-Elysées : on y donnait alors un spectacle de cinématographe qui faillit interdire le nouveau divertissement jugé trop dangereux après cette expérience. En effet, une violente explosion certainement due au changement de lampe à ether survint et déclencha un immense incendie : 129 personnes appartenant, pour la plupart, à la noblesse de l’époque, allaient périr dans les flammes. Ce triste événement relèguera le cinéma pour quelques temps aux seules fêtes populaires.

Charles Pathé contracte un accord avec les frères Lumière en 1900. La Société Pathé Cinéma lance son propre matériel, puis vers 1910 une série de films comiques de Max Linder et le fameux "Pathé Journal". Elle dominera bientôt le marché mondial et on estime qu’avant 1918, 60% des films étaient tournés par la société Pathé.

C’est à cette date, 1907, qu’ouvrent plusieurs cinémas Pathé à Paris : l’Omnia Pathé, fraîchement inauguré le 15 décembre 1906 sur le boulevard Montmartre, puis le Cinéma Victor Cousin (actuel Cinéma du Panthéon) et celui du Cirque d’Hiver. 1907 est également l’année où Charles Pathé décide de ne plus vendre ses films mais de les louer. Les films étaient parfois coloriés à la main avant que le procédé automatique issu des laboratoire Pathé ne soit mis en circulation en 1906.

C’est à la tête d’un immense empire que se trouve Charles Pathé à l’aube de la Première guerre mondiale qui marque un coup d’arrêt à la croissance de l’entreprise. La société s’associera à différents acteurs du secteur pour poursuivre l’histoire prestigieuse de la maison Pathé.

Du kaléidoscope, ce jouet optique inventé par le pasteur écossais David Brewster en 1816 à l’expression "7ème art" due au critique italien Ricciotto Canudo (1923), le cinéma aura trouvé en Charles Pathé un formidable passeur débordant d’énergie qui contribua à l’essor de cet art et de ce loisir désormais incontournables.

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Crédits photos : Collection Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

Dernière modification : 06/01/2010

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