Iran - Q&R - Extrait du point de presse du 19 juillet 2017

Q - Les États-Unis estiment que l’Iran viole l’esprit de l’accord nucléaire, propage une déstabilisation de la région et soutient le terrorisme. Êtes-vous d’accord avec l’analyse de votre allié et souhaitez-vous des sanctions économiques qui viseraient les éléments iraniens qui déstabilisent la région ?

R - L’accord de Vienne est un accord de non-prolifération robuste, qui contraint fortement le programme nucléaire iranien sur plus de dix ans et diminue le risque de voir l’Iran développer une arme nucléaire. Il n’y a aucune alternative crédible et la France ne souhaite pas qu’il soit renégocié.

L’unité entre Européens et Américains a toujours permis de résoudre les difficultés de mise en œuvre de l’accord. Elle doit être préservée.

L’Iran doit, naturellement, respecter strictement l’intégralité de ses engagements nucléaires au titre de l’accord. C’est le message de la France aux Iraniens et nous continuerons d’être exigeants sur ce point.

Le président de la République et le ministre de l’Europe et des affaires étrangères ont, à plusieurs reprises, évoqué avec le président Trump et les autorités américaines l’importance de l’accord nucléaire, comme d’une contribution positive de l’Iran à la solution des crises de la région, ce qui fait l’objet d’un dialogue avec les autorités iraniennes.

Le secrétaire d’État américain a d’ailleurs renouvelé hier la certification au Congrès que l’Iran respectait bien ses engagements au titre de l’accord. C’est un exercice qui intervient tous les 90 jours. Dans le même temps, le président américain a décidé la reconduction des décisions de suspension ("waivers"), qui permettent aux États-Unis de continuer à lever les sanctions et de respecter leurs engagements au titre de l’accord.

S’agissant des nouvelles sanctions annoncées par les Américains relatives au programme balistique de l’Iran et à ses actions dans les crises de la région, la France observe qu’en première analyse les sanctions sont ciblées à l’encontre d’individus et d’entités liées au programme balistique iranien. La poursuite de ce programme entre en contradiction avec la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies et est donc potentiellement une menace pour la stabilité et la sécurité de la région. Elles ciblent aussi le corps des Gardiens de la révolution islamique. Ces nouvelles désignations ne réintroduisent pas de sanctions levées au titre de l’accord et n’y contreviennent donc pas.

La France, comme ses partenaires européens, rappelle que toute nouvelle mesure restrictive doit respecter le cadre de l’accord et ne pas comporter des éléments d’extraterritorialité qui pénaliseraient les entreprises ayant des activités commerciales légitimes en Iran.

Dernière modification : 19/07/2017

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