L’expédition zéro-déchet, ou comment rendre les lieux culturels plus écologiques ? Un défi de taille, brillamment relevé par les participants du créathon d’Amsterdam (22 au 24 mai 2019) [nl]

Le créathon d’Amsterdam basé sur le sujet fédérateur intitulé, « culture et déchets, comment faire mieux ? », s’est déroulé dans le quartier emblématique de Leidseplein du 22 au 24 mai derniers. Il prenait rang au cœur de la très riche programmation du « Rendez-vous Paris-Amsterdam 2019 », qui permet le rapprochement entre les 2 capitales européennes sur la base d’une quarantaine d’évènements culturels croisés chacune.

La ville d’Amsterdam, forte de ses 1 000 lieux culturels et de ses 16 000 concerts et festivals annuels, est une capitale culturelle de renom où, comme à Paris, la question de la gestion des déchets générés par ses évènements représente un enjeu de taille. La ville a entrepris de gérer cette question en initiant plusieurs actions comme la mise en place de « Green Certificates » pour les institutions culturelles réunissant plusieurs critères de bonne conduite environnementale.

C’est dans ce contexte, que le Créathon d’Amsterdam, organisé conjointement par la Ville d’Amsterdam, l’Institut Français des Pays-Bas, le Réseau Franco-Néerlandais (RFN), l’Agence néerlandaise pour l’internationalisation des études (NUFFIC) et l’organisation What Design Can Do (WDCD), a permis à de jeunes Néerlandais et Français de se réunir dans la capitale néerlandaise pour répondre à cette question cruciale : « Par quels moyens les institutions culturelles peuvent-elles atteindre leurs ambitions zéro déchets ? ». Par équipes mixtes franco-néerlandaises de trois ou quatre, les Créathonien.nes ont pu élaborer des projets répondant à cet enjeu de notre société occidentale.

Quatre grandes institutions culturelles emblématiques de la ville d’Amsterdam se sont prêtées au jeu : la salle de concert du Paradiso, l’International Theater of Amsterdam (ITA), le Cinecenter et le l’espace culturel De Balie. Chaque institution a présenté un aspect bien particulier de sa gestion des déchets, permettant aux Créathonien.nes d’obtenir une vision d’ensemble des volumes de ces déchets, allant du plastique pour le Paradiso, au papier pour l’ITA, en passant par les affiches du Cinecenter et enfin des déchets organiques à De Balie. A titre d’exemple, le Paradiso génère 70 000 kg de déchets plastiques par an sous forme de gobelets en plastique, tandis que l’ITA donne le chiffre de 35 000 kg de déchets papier sous forme de brochures ou prospectus. Dans cette logique, la Ville d’Amsterdam a lancé le processus « Zero Waste Program » permettant aux institutions de mettre l’accent sur le recyclage de produits plus spécifiques. C’est le cas pour le Cinecenter et ses grandes affiches de films en plastique qui ont servies d’échantillons pour les Créathonien.nes.

Après avoir choisi leur institution d’étude de cas, chaque équipe de créathoniens, savamment entraînée par WDCD, a pu concrétiser des prototypes relatifs à son projet. Au FabLab de Waag, les participants ont bénéficié d’outils de pointe tels que la découpe laser.

L’émulation était perceptible quelques minutes avant la présentation par les cinq équipes de Créathonien.nes devant un jury averti, de leurs projets dans l’auditorium de la Mairie d’Amsterdam. Une intense créativité s’est distillée pendant ces 2 journées et demie et les équipes ont brillamment réussi à répondre à ces préoccupations majeures du monde culturel : comment générer moins de déchets ? Comment les recycler ou les réduire à la source ? Leurs propositions regorgeaient d’inventivité. Ainsi, la première équipe proposait de mettre en place un programme « Green Paradiso » alliant communication et concerts éthiques, tandis qu’une autre équipe faisait la promotion de l’économie locale en impliquant une association amstellodamoise dans la conception d’objets à partir de la récupération des affiches de films du Cinecenter. La sensibilisation des habitants n’était pas oubliée grâce à la mise en place de poubelles remplies avec le compost des institutions culturelles du quartier Leidsplein dont De Balie, tandis qu’un autre projet faisait état d’un meilleur contrôle des flyers distribués par l’ITA avec la mise en place d’une imprimante de flyers se mettant en route à la demande des spectateurs.

Le jury a dû trancher parmi ces beaux projets et ce fut finalement le cinquième projet présenté, intitulé « ReCup », qui a été retenu. A l’aide d’un QR code placé sous le gobelet en plastique, la ReCup est liée à une application qui sert de porte-monnaie pour ceux qui désirent payer leurs boissons rapidement. Cet ingénieux système a été salué par les membres du jury, et chacun des membres de l’equipe gagnante a remporté une bourse de mobilité de 500€, ainsi que l’assurance de réaliser son projet et de le présenter lors des évènements qui « comptent » dans la vie culturelle amstellodamoise.

Tout comme les précédentes éditions, le Créathon d’Amsterdam a donné lieu à des rencontres créatives fructueuses ; pour ne citer qu’une des créathoniennes : « Tout le monde vient d’horizons différents (…) et c’est ce qui est intéressant parce que ça nous permet de nous lancer sur des pistes incroyables. » Le succès du Créathon se vérifie également par la participation de cinq Créathonien.nes d’Amsterdam au Créathon de Paris qui se déroulera du 13 au 15 juin prochains.

Dernière modification : 07/06/2019

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