PRESSE NEERLANDAISE DU MARDI 5 MARS 2002

Sécurité des grandes surfaces, nuisances sonores, subventions
européennes et reprise des combats en Afghanistan : les grands titres reflètent une
actualité néerlandaise et internationale variée.

Sur le plan intérieur, les élections municipales qui auront lieu
demain et la campagne pour les législatives de mai restent les principaux thèmes
politiques, à côté de dossiers comme la fraude dans le bâtiment et dans l’enseignement
professionnel supérieur.

NRC Handelsblad d’hier soir : "Israël accroit la pression sur les
Palestiniens – Une vague d’attentats fait des dizaines de morts", "Les
troupes d’Al Qaeda opposent une vive résistance à la coalition"

de Volkskrant  : "Neuf Américains tués près de Gardez – Six pays
participent aux combats contre Al Qaeda", "HBG a réalisé de gros bénéfices
sur le Pont Heerma", "Cela fait des mois que les hauts fonctionnaires de Hermans
se querellent"

Trouw  : "Les Pays-Bas se noient dans les subventions du FSE", "Le
tribunal, courroucé, poursuit le procès de SE Fireworks"

Algemeen Dagblad  : "Les Pays-Bas seront plus silencieux dans quelques
années – Une directive européenne réduira la nuisance sonore des avions, des
trains et des automobiles", "Le procès de SE Fireworks poursuivi en dépit de
fautes"

De Telegraaf  : "Des caméras de surveillance dans les supermarchés –
La FNV dans la brèche pour le renforcement de la sécurité"

* * * 

Le dossier du jour : Campagne électorale

" L’artillerie lourde contre Pim Fortuyn, que les adhérents du
VVD réclament depuis longtemps, a enfin été déployée hier
", relève le Volkskrant
à la une. " Frits Bolkestein a pris la parole à Noordwijk et s’est lancé dans
des tirades bien de son cru
. Il a déversé tout un arsenal de qualificatifs
péjoratifs sur l’homme qui bouleverse la politique néerlandaise
. Il a appelé Pim
Fortuyn ’l’Emile Ratelband [un bruyant gourou de l’affirmation de soi] de la politique
néerlandaise’, ’le Sjors du Club des Rebelles [une sorte de Bibi Fricotin néerlandais]’,
’l’homme qui tire les sonnettes’."

"Et une fois que Frits Bolkestein, plein d’assurance sous le feu
des projecteurs, était bien lancé dans son rôle de doyen politique, il a lancé un
trait aux socialistes qui partagent la responsabilité du fait que, dans quinze ans, la
majorité de la population des quatre grandes villes sera d’origine étrangère
. Les
politiques qui ont permis cela, M. Kok en tête, sont coresponsables, à cause de leurs
hésitations et de leurs atermoiements, de leur manque de compréhension et de leur
imprévoyance, de la montée de Pim Fortuyn et des Fortunistes’
."

"S’agissant du problème de l’asile, Frits Bolkestein a droit de
parole au sein du VVD. Il a abordé la question il y a déjà onze ans. Il a qualifié à
l’époque l’islam de facteur empêchant l’intégration des minorités. Une comparaison
avec Pim Fortuyn, qui affirme la même chose, lui paraîtrait indubitablement un affront
intellectuel. Comme pour parer de telles critiques, il a dépeint l’islam dans son
discours devant la population libérale de Noordwijk de ’religion pacifique, certainement
pas un danger pour nous, ni du point de vue religieux, ni du point de vue intellectuel,
politique ou militaire.’ Mais, a-t-il aussi laissé entendre, le problème qu’il a
signalé il y a onze ans et que Fortuyn semble maintenant faire sien n’a pas disparu. Effectivement,
l’afflux de migrants économiques est trop important
. Et donc, a-t-il dit, ’Pim a
en partie raison, je ne le cacherai pas.’ ’Mais M. Fortuyn propose les mauvaises
solutions’
."

" L’ancien leader VVD s’est vivement démarqué des partenaires
de la coalition Paars
", note le Trouw (p.4). " Il leur a reproché
de s’être toujours opposés aux propositions de durcissement de la politique d’asile du
député VVD Kamp
. Bolkestein a qualifié la politique de Paars de ’décevante’ dans
ce domaine. ’Il est affligeant de voir que Paars n’a rien changé sur ce point. Nous
sommes dans de beaux draps maintenant’."

"Bolkestein qui, tout comme Wiegel, est membre d’honneur du VVD,
avait été invité par la section locale de Noordwijk. Il a souligné qu’il n’était pas
venu pour critiquer son successeur, Dijkstal. ’J’admire Dijkstal, mais il ne peut pas
être à deux endroits à la fois. Il règle ses propres affaires, et il le fait très
bien.’ Bolkestein a qualifié Dijkstal de meilleur candidat au poste de premier
ministre
. Dijkstal lui-même a toujours refusé de revendiquer ce portefeuille, parce
que les Pays-Bas n’élisent pas leur premier ministre" (également Algemeen
Dagblad
p.3, De Telegraaf p.8).

S’agissant des élections municipales de demain, le Volkskrant
(p.3) prévoit que "les partis locaux obtiendront certainement de bons
résultats". "Simultanément, la disposition des électeurs à se rendre aux
urnes semble plus faible que jamais."

Le Trouw (p.4) souligne que dans certaines communes, comme à
Veenendaal (Gueldre), la campagne électorale est entièrement dominée par les
"jeunes Marocains à problème", et que certains partis reprochent au VVD de
vouloir profiter de "l’effet Fortuyn".

 

Actualité internationale

Pays-Bas – Allemagne : drogue

" Le ministre allemand de l’Intérieur, Otto Schily, est
préoccupé par la politique néerlandaise de la drogue
", relève le
correspondant à Berlin du Volkskrant (p.2), Philippe Remarque. " Il n’est
absolument pas question d’une ’offensive de front’
, comme un journal néerlandais
l’avait affirmé la semaine dernière. Ses propos ont été mal rendus. Le ministre SPD
âgé de 69 ans se dit un ’ami de la Hollande’, dans son bureau d’où il voit tout Berlin.
’J’ai pu avoir à Bruxelles un entretien très clair avec mon collègue Korthals, que
j’estime beaucoup. J’espère que les malentendus sont levés maintenant’."

Interrogé sur sa véritable opinion de l’approche néerlandaise
concernant les drogues, Schily répond : " Nous nous inquiétons du fait que
certaines mesures de libéralisation ont fait des Pays-Bas un pôle d’attraction pour les
trafiquants
. Cela a aussi un effet sur l’Allemagne . Nous devons en parler ."
"Je pars du principe que le gouvernement néerlandais a le même intérêt que nous :
une lutte efficace contre le trafic de drogue. Il doit être possible d’exprimer des
points de vue différents entre amis, par exemple sur la politique de la drogue."
" Nous devons travailler ensemble aux problèmes, dans l’espace européen ."

- Faut-il faire pression sur les Pays-Bas ? Schily :
"Pression n’est pas le mot juste. Mais nous recherchons le dialogue et nous estimons
que nous avons le droit d’exprimer notre préoccupation. Nous devons être fair play en
Europe, mais discuter sérieusement les uns avec les autres."

- La discussion au sein de l’UE ne prend-elle pas justement une
tournure libérale ? La France est plus positive qu’autrefois vis-à-vis de la
politique néerlandaise.
"Nous verrons ce que les autres pays en pensent. On peut
toujours me convaincre avec de bons arguments. Mais en ce moment je n’en vois pas."
"Notre objection contre la situation aux Pays-Bas réside dans la vente libre de
drogues douces. Ce n’est pas ainsi qu’on empêche les gens de passer un jour aux drogues
dures. C’est prouvé."

- Depuis peu, les Pays-Bas réduisent le nombre de coffee-shops. "J’applaudirais
évidemment à une politique plus restrictive aux Pays-Bas. Mais il ne faut pas qu’on ait
l’impression que nous voulons intervenir dans la souveraineté néerlandaise. Loin de moi
cette idée. Nous devons harmoniser notre politique de la drogue dans un cadre
européen
."

Union européenne : Pays-Bas – Tchéquie

Le premier ministre néerlandais Wim Kok et son homologue tchèque
Milos Zeman appellent les Etats membres de l’Union européenne à accélérer la réforme
de leurs systèmes de retraites
. C’est ce que les deux leaders politiques écrivent
dans une note de discussion qui sera débattue lors du sommet européen de Barcelone, à
la fin de la semaine prochaine. Kok et Zeman font valoir dans leur note que les Etats
membres doivent améliorer leur politique budgétaire, afin de pallier à l’avenir les
conséquences du vieillissement des populations. Ils doivent également faire en sorte
qu’il y ait davantage d’actifs pour payer les cotisations. Par ailleurs les Etats membres,
en concertation avec leurs partenaires sociaux, devraient travailler à un système de
retraite complémentaire, tel que les Pays-Bas et quelques autres pays en connaissent
déjà.

La Tchéquie n’est pas encore membre de l’UE, mais elle fait partie du
groupe des dix pays qui espèrent rejoindre l’Union en 2004. Selon Kok et Zeman, leurs
recommandations s’adressent en particulier à la plupart de ces Etats candidats ( De
Telegraaf
p.24).

Pays-Bas – Afghanistan

Le Telegraaf (p.7) signale la présence à Kaboul du ministre
néerlandais de la Défense, Frank de Grave, où il a "donné un net coup de bec à
sa collègue Evelien Herfkens, à propos de l’absence d’aide financière néerlandaise à
l’Afghanistan". " De Grave veut que Herfkens, qui préfère faire passer
l’aide par les Nations Unies, vire rapidement des fonds à l’ISAF
, la force
internationale de paix à Kaboul. Il estime que les militaires, parmi lesquels il y a 220
Néerlandais, sont mieux équipés en ce moment pour apporter une aide directe aux
habitants de Kaboul." " De Grave ne veut absolument pas attendre que la
machine de l’ONU se mette enfin en branle, comme Herfkens le fait manifestement
."

 

Actualité intérieure

Enseignement professionnel supérieur

" Le ministre Hermans (Education) va élargir l’enquête sur la
fraude dans l’enseignement
", annonce le Trouw (p.4). "Toutes les
administrations de l’enseignement professionnel supérieur, mais aussi celles des
universités et de l’enseignement professionnel secondaire, devront examiner leur propre
secteur."

"Dans une lettre que le ministre a fait parvenir hier soir à la
Deuxième Chambre, il annonce qu’il se laissera guider par les conclusions de la
comptabilité de son ministère. Selon ces services, six écoles supérieures ont touché
des millions de l’Etat, pour des étudiants qu’elles ne formaient pas ou à peine. Le
ministre veut savoir dans le délai de six semaines si les institutions en question ont
dépassé les bornes."

" Les universités, écoles supérieures et écoles
professionnelles secondaires recevront un questionnaire à remplir
. Si elles
mentionnent l’usage abusif de subventions, Hermans renoncera à leur imposer une sanction.
Son ministère réclamera alors le remboursement du montant en question ou le soldera,
écrit le ministre VVD, qui attend un ’effet auto-épurateur’ de cette mesure. Il
prévient que les abus prémédités seront signalés au Ministère public "
(également de Volkskrant pp.1 et 2, Algemeen Dagblad p.5).

 

Economie, Finances

Fonds Social Européen

"La cagnotte de subventions que l’Europe a réservée pour les
projets d’emploi néerlandais n’est utilisée qu’au tiers", relève le Trouw
dans son grand article à la une. "Pour les années 2000 et 2001, les Pays-Bas
peuvent faire usage de 496 millions d’euros du Fonds Social Européen (FSE). Mais les
demandes déposées n’atteignent qu’un montant de 116 millions d’euros. L’agence FSE du
ministère des Affaires sociales, où les demandes doivent être déposées, prévoit que
le montant total des demandes atteindra 143,7 millions d’euros. Si tel est le cas –
les demandes de subventions pour l’an 2000 peuvent être déposées jusqu’en août 2003 -
l’Europe ne gardera ’que’ 238 millions dans ses caisses. Mais les trois derniers mois, il
n’y a plus eu de nouvelles demandes, selon le ministère. Si cette tendance se confirme,
380 millions d’euros retourneront finalement dans les caisses européennes."

Produits biologiques

"Le marché des produits alimentaires biologiques a du mal à
démarrer", constate le Trouw (p.5). "Chacun surveille son voisin pour
voir qui bougera le premier. L’an dernier, le ministère de l’Agriculture a instauré une Task
Force
avec toutes les parties concernées, afin de sortir de l’impasse. Aujourd’hui,
le monde du label EKO se réunit en congrès." "Le ministre Brinkhorst et ses
partenaires commerciaux ont beau clamer à tour de rôle que les produits biologiques leur
tiennent à cœur, leur consommation croît moins vite qu’ils ne l’espéraient, d’un
peu moins de un pour cent à un pour cent et demi durant les dernières années."

Les supermarchés ont dépassé les magasins spécialisés dans la
vente de produits biologiques (natuurvoedingswinkels). Ils détiennent actuellement
42 % du marché (150 millions d’euros) contre 41 % (145 millions d’euros) pour
les magasins d’alimentation naturelle. Le reste passe par les maisons diététiques, les
marchés de campagne, la vente directe à la ferme et l’hôtellerie-restauration.

En 2004, les produits biologiques devront représenter 5 % du
marché alimentaire total.

Port d’Amsterdam

Le Trouw (p.11) consacre un grand article au nouveau terminal de
conteneurs Ceres, à l’ouest d’Amsterdam. Ces installations appartiennent à l’Américain
Christos Kritikos, qui a repris le terminal en difficulté de Combined Terminals Amsterdam
(CTA) et proposé à la commune de mettre en place une méga-entreprise de transbordement
à faire pâlir de jalousie le port de Rotterdam.

"Le conseil municipal a approuvé un investissement de 128
millions d’euros dans le creusage du coûteux bassin, l’installation de routes et de quais
et l’acquisition des grues. Kritikos lui-même a dépensé environ 40 millions d’euros.
Amsterdam pense recouvrer ses fonds grâce au loyer que paie Ceres et aux droits de port
versés par les bateaux qui s’y arrêtent. Mais il n’en vient toujours pas. Ceres n’a pas
encore le moindre client, alors qu’on attendait les premiers fin 2001. Amsterdam n’a pas
encore touché de droits de port et Kritikos a récemment demandé à la mairie un sursis
de paiement. La situation est donc préoccupante. Cet investissement peut déboucher sur
une débâcle comme celle du surcoût de la construction de la Stopera [l’hôtel de ville
– opéra d’Amsterdam]."

 

Affaires françaises

Le NRC Handelsblad (pp.1 et 5) et le Trouw (pp.1 et
6) rendent compte de rumeurs dans la presse allemande et anglaise, selon lesquelles une
"fuite" française aurait permis à Radovan Karadzic d’échapper à son
arrestation par les troupes de l’OTAN. Le Volkskrant (p.4) précise qu’une
porte-parole de l’OTAN a démenti la nouvelle, qu’un diplomate qualifie de "propos de
cocktail".

Le Financieele Dagblad (p.7) évoque le démarrage
"réussi" de la campagne électorale du premier ministre Jospin.

Le Trouw publie à la une un reportage sur les clandestins qui
essaient de passer en Angleterre par le Tunnel sous la Manche, que la police arrête
régulièrement pour les remettre à la Croix-Rouge, après quoi le cycle recommence.

 

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