Politique étrangère

La politique étrangère des Pays-Bas se caractérise par un attachement au multilatéralisme, à travers une participation significative aux opérations de maintien de la paix, ainsi que par des responsabilités assumées en matière de sécurité internationale et de lutte contre le terrorisme.

Dans un contexte de réduction drastique des dépenses publiques et de réduction du réseau diplomatique (fermeture de consulats et multiplication des initiatives de colocation avec les Belges, les Luxembourgeois et les Allemands), le gouvernement Rutte a engagé un recentrage de la politique étrangère des Pays-Bas sur les intérêts économiques du pays. Tournés vers le monde anglophone et résolument atlantistes, les Pays-Bas entretiennent des liens privilégiés avec les États-Unis tout en développement une relation commerciale substantielle avec la Russie et la Chine. Leur sympathie pour Israël, se démarquant parfois du consensus européen, a connu toutefois une inflexion depuis l’entrée en fonction du gouvernement Rutte II et les ministres successifs des affaires étrangères, MM. Timmermans et Koenders. Le gouvernement néerlandais a décidé en septembre 2015 de stopper la réduction de son réseau diplomatique et de le renforcer sur le continent.

Les Pays-Bas sont traditionnellement très actifs en matière d’aide publique au développement et de défense des droits de l’Homme. Ils désirent voir les organisations internationales qu’ils financent faire preuve de davantage d’efficacité. Ils siègeront au conseil de sécurité de l’ONU en 2018. En 2015, l’APD des Pays-Bas a représenté 0,76% de son PIB.

En matière de sécurité et de maintien de la paix, le drame de Srebrenica en 1995 a durablement marqué les décideurs politiques et l’opinion, plus réticents à participer à d’autres opérations extérieures. Les Pays-Bas participent à la mission de l’OTAN « Resolute Support » en Afghanistan avec une centaine d’hommes stationnés sur une base militaire allemande à Mazar-e-Sharif, dans le nord du pays.

Témoignant d’un intérêt renouvelé pour le continent africain, particulièrement pour la région sahélienne, les Pays-Bas ont apporté leur soutien à l’opération Serval ainsi qu’à EUTM Mali (engagement jusqu’en mai 2017), à la MINUSMA (350 militaires) et à EUFOR RCA. Malgré le retrait en 2017 de leurs sept hélicoptères de la MINUSMA, relevés par l’Allemagne, les Néerlandais ont décidé de poursuivre leur engagement – bien qu’à effectif réduit – au sein de la mission (environ 290 soldats néerlandais, sur les 450 engagés depuis avril 2014, resteront actifs au Mali en 2017). La participation néerlandaise à EUTM Somalie (9 militaires) a été prolongée. Les Pays-Bas sont en outre les quatrièmes contributeurs (après l’UE, la France et l’Allemagne) au fonds fiduciaire pour la stabilisation et la reconstruction en RCA Bekou, lancé le 14 juillet 2014.

Ils sont très actifs dans le cadre de la lutte internationale contre le terrorisme et participent à la coalition internationale contre Daech avec quatre avions F-16 et l’affectation de 130 hommes à la formation de l’encadrement militaire irakien et kurde. En Irak, les avions belges ont pris le relais des appareils néerlandais à l’été 2016 pour un an. En réponse à l’activation par la France de l’article 42-7 TUE, des avions néerlandais ont participé aux frappes en Syrie et les Pays-Bas ont intensifié les formations dispensées aux forces armées irakiennes et aux Peshmergas. Ils ont en outre décidé d’allouer 10 M€ supplémentaires aux groupes d’opposition modérés en Syrie, ainsi que 75 M€ d’aide humanitaire à la Syrie. Les Pays-Bas ont succédé aux Etats-Unis à la co-présidence du GCTF (Global Counterterrorism Forum) le 27 septembre 2015, qu’ils exercent avec le Maroc. Au sein du GCTF et de la Coalition contre Daech, ils président également les groupes de travail dédiés à la lutte contre le phénomène des combattants terroristes étrangers.

A la suite de la destruction du vol MH17 en Ukraine, dans lequel ont péri 193 Néerlandais (deuxième catastrophe aérienne la plus grave de l’histoire du pays), les Pays-Bas se trouvent à la tête de l’enquête internationale sur le crash. En juillet 2015, la Russie a, lors du vote au Conseil de sécurité de l’ONU, opposé son veto à la création d’un tribunal spécial chargé de juger les responsables du crash, demandée par les Pays-Bas, la Malaisie, l’Australie, la Belgique et l’Ukraine. Le rapport du Bureau de Sécurité néerlandais, rendu public le 13 octobre 2015, a conclu que la destruction du vol MH17 était due à un missile lancé par un système sol-air de type BUK à partir d’une zone délimitée de 320km2 en territoire contrôlé par les séparatistes. Ce rapport technique est distinct d’un éventuel rapport d’enquête pénale et des efforts de la Joint Investigation Team (JIT : Belgique, Malaisie, Australie, Pays-Bas et Ukraine) pour donner des suites pénales au plan international à la destruction du MH17. Les nouvelles conclusions présentées par les enquêteurs de la JIT le 28 septembre 2016 confirment le rapport du 13 octobre 2015. Dans l’attente des conclusions finales de l’enquête pénale, les Pays-Bas réfléchissent avec leurs partenaires de la JIT au mécanisme juridique à mettre en place. Ce dossier a des conséquences dommageables sur les relations entre les Pays-Bas et la Russie.

La capitale administrative néerlandaise accueille des institutions judiciaires et juridiques toujours plus nombreuses et se positionne comme « capitale internationale du droit » depuis l’établissement aux Pays-Bas de la CODIP (Conférence de La Haye de droit international privé) en 1893. Y ont leur siège la Cour Permanente d’Arbitrage (institution pour les règlements internationaux, qui a célébré son centenaire en 1999), la Cour Internationale de Justice (CIJ), le Tribunal Pénal International pour l’Ex-Yougoslavie (TPIY), les Tribunaux spéciaux pour le Liban (TSL) et pour la Sierra-Leone (TSSL). La Haye héberge aussi l’Académie de droit international, l’Institut pour l’internationalisation du droit, l’Institut Grotius, l’Institut Asser, l’Institut pour l’internationalisation du droit. La Haye est le siège de la Cour Pénale Internationale, inaugurée le 11 mars 2003.

Par ailleurs, La Haye est le siège de l’OIAC (Organisation pour l’interdiction des armes chimiques), prix Nobel de la paix 2013. La ville accueille également les Offices européen et Benelux des brevetscertains services de l’Office international des migrations (OIM), de l’Agence spatiale européenne (ESA) et de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), ainsi que plusieurs ONG internationales.

Coopération au sein du Benelux

Cette coopération pragmatique permet aux trois pays de renforcer leur influence, notamment sur la scène européenne. Une déclaration des trois pays le 18 avril 2012 a formalisé le renforcement de la coopération militaire entre les trois pays. Il s’agit avant toute chose d’un renforcement bilatéral entre la Belgique et les Pays-Bas, le Luxembourg disposant de capacités plus limitées.

Le 21 février 2014, les trois ministres des affaires étrangères ont signé à La Haye un nouveau traité sur la coopération transfrontalière et adopté le plan d’action 2014 du Benelux qui met l’accent sur la mobilité professionnelle transfrontalière, la logistique et les transports et la lutte contre la fraude. Ce nouveau traité, qui renouvelle des procédures existant depuis 1986 et offre un cadre juridique renforcé à la coopération transfrontalière, ouvre la porte à des coopérations avec l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni.

Les Pays-Bas et les Nations-unies

Les Pays-Bas sont très attachés au système de l’ONU et siègeront en tant que membre non-permanent du CSNU en 2018 (suite à un accord passé avec l’Italie, qui siège en 2017). Ils contribuent au budget ordinaire des Nations-Unies à hauteur de 1,65%.

Dernière modification : 04/09/2017

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