Politique étrangère

La politique étrangère des Pays-Bas se caractérise par un grand pragmatisme. Ouverts sur le monde, les Pays-Bas sont toutefois conscients des limites de leur influence sur la scène internationale et des implications croissantes en termes de sécurité d’une telle ouverture. Résultat de cette prise de conscience, la nouvelle stratégie extérieure intégrée 2018-2022, clé de voûte de la politique étrangère de l’actuel gouvernement, vise ainsi à répondre à :
1/ l’impératif de s’assurer que les Pays-Bas demeure « un pays sûr et prospère » dans un environnement instable et en perpétuelle évolution dans lequel la « sécurité ne plus être considérée comme acquise » ;
2/ et au constat que la sécurité intérieure est étroitement liée à la sécurité internationale.

Dans ce contexte, les Pays-Bas n’hésitent pas à apporter leurs contributions aux missions extérieures de stabilisation de l’OTAN et des Nations unies. Ces ambitions doivent tenir compte de moyens de défense limités, en particulier suite à la crise économique avant que les budgets ne repartent légèrement à la hausse à partir de 2016.

Ayant par ailleurs fait les frais d’une réduction drastique de leur réseau diplomatique suite à la crise de 2008, les Pays-Bas sont désormais dans une phase de renforcement et d’élargissement de ce réseau depuis septembre 2015, afin de mieux faire face aux enjeux sécuritaires et européens actuels ainsi que pour mieux saisir les opportunités économiques.

Tournés vers le monde anglophone et résolument atlantistes, les Pays-Bas travaillent à préserver leurs liens privilégiés avec les États-Unis tout en développant une relation commerciale substantielle avec la Chine notamment. Leur fort soutien à Israël, parfois en décalage du consensus européen, a connu toutefois une inflexion depuis l’entrée en fonction du gouvernement précédent Rutte II et les ministres successifs des affaires étrangères, M. Timmermans et Koenders.

Traditionnellement très actifs en matière d’aide publique au développement (APD) et de défense des droits de l’Homme, les Pays-Bas ont encore renforcé cet axe face aux enjeux sécuritaires et migratoires actuels. Le gouvernement Rutte III affirme ainsi vouloir respecter le niveau préconisé d’APD par les Nations Unies et l’Union Européenne de 0,7% de revenu national brut d’ici 2030. A cette fin, 400 M€ supplémentaires par an seront réservés à l’APD pour la période 2018-2022 pour atteindre entre 0,54 et 0,59% du PNB.

Témoignant d’un intérêt renouvelé pour le continent africain, particulièrement pour la région sahélienne, les Pays-Bas sont présents au sein de la mission de formation de l’Union européenne au Mali (EUTM Mali) et de la mission de stabilisation des Nations unies (MINUSMA). Ils ont toutefois annoncé leur retrait de la mission onusienne à partir du 1er mai 2019 en raison d’un rapport critique de la Cour des comptes néerlandaise sur les déploiements à l’étranger, spécifiquement au Mali. Les Pays-Bas sont en outre les quatrièmes contributeurs (après l’UE, la France et l’Allemagne) au fonds fiduciaire pour la stabilisation et la reconstruction en RCA Bekou, lancé le 14 juillet 2014.

Ils participent à la coalition internationale contre Daech et soutiennent la montée en puissance des Forces de Sécurité irakiennes et des Peshmergas. Des avions néerlandais ont participé aux frappes en Syrie. Les Pays-Bas sont un des principaux contributeurs européens à l’aide humanitaire en Irak (64 M€ entre 2014 et 2016). Ils ont en outre décidé d’allouer 10 M€ supplémentaires aux groupes d’opposition modérés en Syrie, ainsi que 75 M€ d’aide humanitaire à la Syrie. Les Pays-Bas ont succédé aux Etats-Unis à la co-présidence du GCTF (Global Counterterrorism Forum) le 27 septembre 2015, qu’ils exercent avec le Maroc.

Les relations entre la Russie et les Pays-Bas se sont tendues à la suite de la destruction du vol MH17 en Ukraine, dans lequel ont péri 193 Néerlandais. Les Pays-Bas sont à la tête de l’enquête internationale sur le crash. Les conclusions présentées par les enquêteurs de la Joint Investigation Team (Belgique, Malaisie, Australie, Pays-Bas et Ukraine) le 28 septembre 2016 ont confirmé le rapport du Bureau de Sécurité néerlandais du 13 octobre 2015, indiquant que la destruction du vol MH17 était due à un missile lancé par un système sol-air à partir d’une zone délimitée de 320km2 en territoire contrôlé par les séparatistes. Les enquêteurs ont par ailleurs indiqué, le 24 mai 2018, que le missile incriminé dépendait de la 53e brigade antiaérienne de l’armée russe. Face à l’impossibilité de mettre en place un tribunal international pour juger les responsables en raison du veto russe, les Pays-Bas, en accord avec les autres membres de la JIT, ont décidé que l’affaire sera jugée par un tribunal néerlandais selon le droit néerlandais.

La Haye, capitale administrative des Pays-Bas, accueille des institutions judiciaires et juridiques toujours plus nombreuses et se positionne comme « capitale internationale du droit » depuis l’établissement aux Pays-Bas de la CODIP (Conférence de La Haye de droit international privé) en 1893. Y ont leur siège la Cour Pénale Internationale, la Cour Permanente d’Arbitrage (institution pour les règlements internationaux, qui a célébré son centenaire en 1999), la Cour Internationale de Justice (CIJ), le Tribunal Pénal International pour l’Ex-Yougoslavie (TPIY), les Tribunaux spéciaux pour le Liban (TSL) et pour la Sierra-Leone (TSSL). La Haye héberge aussi l’Académie de droit international, l’Institut pour l’internationalisation du droit, l’Institut Grotius, l’Institut Asser, l’Institut pour l’internationalisation du droit.

La Haye est également le siège de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), prix Nobel de la paix 2013. La ville accueille enfin les Offices européen et Benelux des brevets, certains services de l’Office international des migrations (OIM), de l’Agence spatiale européenne (ESA) et de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), ainsi que plusieurs ONG internationales.

Coopération au sein du Benelux

Cette coopération pragmatique permet aux trois pays de renforcer leur influence, notamment sur la scène européenne. Une déclaration des trois pays le 18 avril 2012 a formalisé le renforcement de la coopération militaire entre les trois pays. Il s’agit avant toute chose d’un renforcement bilatéral entre la Belgique et les Pays-Bas, le Luxembourg disposant de capacités plus limitées.

Le 21 février 2014, les trois ministres des affaires étrangères ont signé à La Haye un traité sur la coopération transfrontalière et adopté le plan d’action 2014 du Benelux qui met l’accent sur la mobilité professionnelle transfrontalière, la logistique et les transports et la lutte contre la fraude. Les trois ministres de l’intérieur ont par ailleurs signé le 23 juillet 2018 une convention visant à élargir la coopération policière et à faciliter les poursuites transfrontalières, essentielles dans la lutte contre le trafic de drogues, le terrorisme et le trafic d’êtres humains.

Les Pays-Bas et les Nations-unies

Les Pays-Bas sont très attachés au système de l’ONU et siègent, pour l’année 2018, en tant que membre non-permanent du conseil de sécurité des Nations unies (CSNU). Ils contribuent au budget ordinaire des Nations unies à hauteur de 1,65%.

Dernière modification : 10/08/2018

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