Presse néerlandaise du jeudi 10 mai 2007

La banque ABN Amro essaie de dissiper l’inquiétude que suscite chez ses clients la bataille bancaire dont elle est l’enjeu et qui est sans précédent en Europe.
ABN Amro place aujourd’hui des annonces et une lettre ouverte dans différents quotidiens nationaux. La lettre de Jan-Peter Schmittmann, président d’ABN Amro Nederland, figure également sur le site Internet de la banque. M. Schmittmann y explique que l’issue de la bataille que se livrent la banque britannique Barclays et un trio de banques européennes est imprévisible. "Mais je tiens à souligner une chose : nous sommes et nous restons à votre service. Nos prestations resteront au niveau auquel vous êtes habitués. Vous êtes en droit de l’attendre de moi et de mes 20 000 collègues."
La Banque des Pays-Bas a fait savoir hier que les titulaires de compte d’ABN n’ont pas de souci à se faire. "ABN Amro est une banque extrêmement forte", a dit le président de la banque centrale, Nout Wellink. "En tant que Banque des Pays-Bas nous veillerons de près à ce que les intérêts des titulaires de compte soient garantis dans les nouvelles circonstances."

NRC Handelsblad (libéral) d’hier soir : "’Le musée historique doit être un centre d’attraction à visiter en famille’" (projet de Musée de l’Histoire Nationale), "Bos s’entretiendra avec un trio de banques à propos d’ABN Amro"
Trouw (chrétien progressiste) : "Le syndicat du troisième âge et la FNV vont s’associer", "ABN Amro veut dissiper l’inquiétude de ses clients"
de Volkskrant (centre gauche) : "Forte baisse du nombre de cas d’euthanasie", "Jihad au Kurdistan après la lapidation d’une adolescente"
De Telegraaf (populaire) : "L’hôtellerie-restauration a un besoin urgent de personnel - 54 000 sont immédiatement nécessaires", "ABN Amro fait appel à ses ex-employés"
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "L’alcool au volant est en hausse - Dans les campagnes, surtout, les automobilistes sont souvent en état d’ébriété", "Edsilia Rombley est confiante" (Concours Eurovision de la Chanson)

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ACTUALITE INTERNATIONALE

Pays-Bas - Union européenne

"Les Néerlandais sont de plus en plus sceptiques vis-à-vis de l’élargissement de l’Union européenne", note le Volkskrant (pp.1 et 2). "Le soutien à l’adhésion de pays comme la Turquie est descendu de 58 pour cent en 2001 à 45 pour cent l’an dernier. C’est nettement inférieur à la moyenne européenne (55 pour cent)."
"Les chiffres ont été présentés mercredi - Jour de l’Europe - par le Sociaal Cultureel Planbureau (SCP) et le Centraal Planbureau (CPB). Pour le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes Timmermans la baisse de l’enthousiasme n’est pas une raison de mettre fin aux négociations avec la Turquie. ’Au contraire, nous avons une occasion unique d’impliquer dans l’UE un grand pays comme la Turquie’."
"Le responsable PvdA est ’agréablement surpris’ par le fait que les Néerlandais estiment que l’appartenance à l’UE est une bonne chose. ’Je m’attendais à une image plus négative’. En 2001, 74 pour cent étaient encore satisfaits de l’UE. L’appréciation a baissé un peu immédiatement après le référendum sur la Constitution européenne, en 2005. Mais on ne peut pas parler d’un euroscepticisme ressenti généralement, selon le CPB et le SCP."
"Les Pays-Bas sont le premier contributeur net de l’UE, en pourcentage du produit national brut. En 2005, ils ont versé plus de trois milliards d’euros à Bruxelles. Timmermans juge la contribution néerlandaise acceptable."
"Le secrétaire d’Etat PvdA aux Affaires européennes pense rétrospectivement que le rejet de la Constitution avait beaucoup à voir avec la peur pour l’économie, qui se dégradait à l’époque", relève le Trouw (p.9). "Selon les chercheurs du CPB et du SCP, les Néerlandais sont de nouveau plus positifs. Timmermans : ’Les six dernières années nous étions devenus un peu un pays de pessimistes. Les citoyens sont de nouveau plus positifs concernant leur vie et donc aussi concernant l’Europe’."
"Le gouvernement cherche un moyen de dire ’oui’ à un traité européen devant améliorer la coopération européenne. Pour La Haye, il ne faut absolument pas qu’il s’appelle de nouveau une Constitution. Il faudra un nouveau référendum, disent certains protagonistes du ’non’, le SP en tête. Le gouvernement laissera le Conseil d’Etat en juger, mais espère qu’il pourra éviter un nouveau référendum. ’Ce sera une simple modification de traité, pas une Constitution’, ne cesse d’affirmer Timmermans, entendant par là qu’un référendum ne sera pas nécessaire."
"Mais par mesure de précaution il réunit des arguments pour inciter la population à dire ’oui’, pour le cas où le référendum serait inévitable. Le gouvernement comprend que les citoyens ne s’enthousiasment plus pour le seul idéal de la paix dans une Europe unie. Il faut leur dire plus souvent que l’intégration européenne est également bonne pour leur propre bourse. Timmermans était par conséquent extrêmement satisfait hier des calculs montrant que le marché commun européen a fait progresser le salaire de chaque Européen d’environ dix pour cent."

Commentaires

"Dix-huit Etats membres sur vingt-sept ont ratifié la Constitution européenne", rappelle l’éditorialiste du Volkskrant. "Cette majorité voudra conserver le noyau du traité, à savoir les mesures devant accroître le dynamisme de l’UE."
"Il vaudrait mieux que le gouvernement mette tout son poids dans la balance. A commencer par le premier ministre Balkenende, qui doit convaincre les citoyens de l’intérêt d’un nouveau traité." "Le gouvernement recherchant un large soutien à la coopération européenne, il sera inévitable de soumettre aussi le nouveau traité à la population, par voie de référendum. Une telle consultation est aussi dans l’intérêt des autres Etats membres, qui ne savent plus à quoi s’en tenir avec les Pays-Bas."
Pour le Telegraaf, "le soutien à l’UE montre que le rejet de la Constitution européenne en 2005 n’était pas l’expression d’un euroscepticisme profond". "Il avait de tout autres causes, comme la médiocrité de la campagne, le manque de popularité du gouvernement de l’époque, l’aversion pour l’euro et l’élargissement de l’UE, en particulier la possible adhésion de la Turquie".
"Le traité constitutionnel ayant fait l’objet d’un référendum, il serait logique de soumettre aussi le nouveau traité aux électeurs. Mais il y a une raison importante de ne pas le faire : les Pays-Bas ne peuvent pas se permettre de rejeter de nouveau un traité. Ils se prononceraient alors en fait pour le retrait de l’UE, ce que personne ne veut."

ACTUALITE INTERIEURE

Euthanasie

"Le nombre de cas d’euthanasie a fortement baissé les dernières années", annonce le Volkskrant dans son grand article à la une. "Simultanément, les médecins se montrent plus disposés à les signaler. C’est ce qui ressort de l’évaluation de la loi sur le contrôle de l’interruption de la vie sur demande et de l’aide au suicide (WTL), qui sera présentée aujourd’hui."
"Cette loi est entrée en vigueur en 2002. Un an plus tôt, 3 500 cas d’euthanasie - administration par le médecin d’une substance létale à la demande expresse du patient - avaient eu lieu, selon les estimations. Quatre ans plus tard, en 2005, il ne s’agissait plus que d’un peu plus de 2 300 cas."
"Durant ces mêmes années le nombre de cas de sédation palliative est passé de 8 500 à 9 700. Dans ces cas, un patient qui est à l’article de la mort est plongé dans un profond sommeil de sorte qu’il n’a plus conscience du processus de décès et des souffrances qui l’accompagnent."
"Les médecins ont signalé en 2005 80 pour cent des cas d’euthanasie aux commissions régionales de contrôle, estiment les enquêteurs. En 2001 ils n’en avaient signalé que 54 pour cent. Dans 6 pour cent des cas les commissions de contrôle ont demandé au médecin un complément d’information ’parce qu’il y avait une imprécision ou un doute sur un ou plusieurs critères de rigueur’."
"Le nombre d’interruptions de la vie sans demande expresse du patient est descendu de 950 à 550. Alors que l’aide au suicide avait eu lieu dans 300 cas en 2001, il n’y a plus eu que 100 cas quatre ans plus tard."
"Le SP et le VVD ne s’étonnent pas du glissement de l’euthanasie vers la sédation palliative. ’Cette tendance était déjà sensible depuis un certain temps’, affirme la députée VVD Van Miltenburg. ’Il semble que la sédation palliative ait pris la place de l’euthanasie’."
"La loi satisfait aux attentes, constate la commission, qui en a ’une image positive’. Cette loi offre davantage de sécurité juridique aux médecins concernés et elle a rendu plus transparente la pratique de l’interruption de la vie. ’Il n’empêche que 20 pour cent de tous les cas d’interruption de la vie sur demande ne sont pas signalés.’ Néanmoins, le contrôle fonctionne ’convenablement’" (également Trouw p.7, AD Haagsche Courant p.8).

Affaire Van Anraat

Plusieurs quotidiens signalent que la condamnation du négociant néerlandais en produits chimiques Frans van Anraat (65 ans) a été alourdie à 17 ans en appel. Le Ministère public avait requis 15 ans de prison.
La cour a estimé qu’une peine plus lourde était de mise parce M. Van Anraat a apporté à plusieurs reprises, "par vil appât du gain et en ignorant totalement les conséquences de ses actes", une contribution essentielle à une grave violation du droit humanitaire international par les autorités irakiennes, "à un moment où d’autres fournisseurs avaient décroché par suite des pressions internationales croissantes".
M. Van Anraat, pendant des années, a fourni de grandes quantités de thiodiglycole (TDG) à l’Irak de Saddam Hussein, en sachant que cette substance "pouvait et allait" être employée pour la production de gaz moutarde (de Volkskrant pp.1 et 3, Trouw p.6, De Telegraaf p.7).

AFFAIRES FRANÇAISES

Quelques journaux rendent compte des critiques de la presse française concernant la "retraite" de M. Sarkozy (Trouw p.8, brève, De Telegraaf p.13, AD Haagsche Courant p.15).

Dernière modification : 19/01/2010

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