Presse néerlandaise du jeudi 11 décembre 2003

Les grands titres à la une ont repris leur diversité habituelle
après la fête orangiste de ces derniers jours et le seul trait d’union, ce matin, est
l’annonce par trois quotidiens, à la une, de l’attribution du prestigieux prix
littéraire P.C. Hooftprijs à Cees Nooteboom (70 ans).

"Selon le jury, son œuvre en prose, ’en ce qui concerne
l’éloquence littéraire, la portée et l’originalité, fait partie du meilleur de ce que
les Pays-Bas ont produit les cinquante dernières années’", écrit le Volkskrant
à la une. "Le jury qui lui a décerné le prix était présidé par le professeur
retraité de littérature générale Elrud Ibsch et comprenait les écrivains/essayistes
Herman Franke, Bas Heijne et Barber van de Pol et le traducteur français Philippe Noble.
Les œuvres de Nooteboom ont été traduites en vingt langues et sont notamment
connues en Allemagne et en Espagne."

NRC Handelsblad d’hier soir : "Les Etats-Unis : des contrats en Irak
uniquement pour les alliés", "Les Pays-Bas exigent un budget européen
sévère", "Un cybersommet de l’ONU sur le fossé entre pauvres et riches"

De Telegraaf  : "Notre pays dans la course aux commandes en Irak – Seuls
les ’amis’ des Etats-Unis sollicités pour la reconstruction
", "Un mégot
dans la rue : 46 euros d’amende" (mesures antitabac à Rotterdam)

Trouw  : "La scolarisation des filles est la solution – Unicef :
L’ensenseignement dispensé aux filles dans les pays en développement profite aussi aux
garçons", "L’Amérique n’accorde de contrats qu’à ses amis", "Le
groupe VVD veut freiner Hirsi Ali"

de Volkskrant  : "Chaos au ministère de l’Enseignement, de la Culture et
des Sciences", "Le P.C. Hooftprijs pour Cees Nooteboom (70 ans)", "Un
rapport confidentiel de l’ONU : le Rwanda arme ses ennemis au Congo"

Algemeen Dagblad  : "De Geus cesse de mendier – Le ministre regrette sa
collecte pour les pauvres", "Les automobilistes veulent aller plus vite",
"Le PSV reversé en Coupe de l’UEFA"

* * *

Le dossier du jour : Irak

" Le gouvernement américain a décidé
d’exclure l’Allemagne, la France, la Russie et le Canada de la reconstruction en Irak
",
annonce le NRC Handelsblad d’hier soir dans son grand article à la une.
" Les Pays-Bas, eux, pourront participer . Les Etats-Unis dégagent 18,6
milliards de dollars pour cette reconstruction."

"Seules les entreprises des pays qui ont soutenu la guerre contre
l’Irak ou qui apportent une contribution à la stabilisation du pays entreront en ligne de
compte pour des contrats."

" En France, un porte-parole du ministère des Affaires
étrangères a déclaré [hier] matin que Paris examine si la décision américaine n’est
pas contraire au droit international de la concurrence, notamment dans l’Union européenne
."

"Wolfowitz, dans sa lettre, nomme 29 projets pour l’Irak, allant
de l’industrie pétrolière à l’approvisionnement en électricité et aux soins, auxquels
les fonds américains seront alloués. Les Pays-Bas veulent s’occuper de quatre
secteurs : l’eau, l’agriculture, les équipements médicaux et de communication et les
infrastructures de communication
, a déclaré un porte-parole du ministère des
Affaires économiques. Les Affaires économiques avaient déjà dégagé eux-mêmes 3
millions d’euros pour le lobbying en coopération avec l’Irak-taskforce de
l’organisation patronale VNO-NCW." "Le fait que ce genre de projets soit
toujours susceptible de faire l’objet de ’jeux politiques’ et que les entreprises
américaines soient peut-être tout de même avantagées par rapport aux autres ne rend
pas la VNO-NCW pessimiste concernant les chances néerlandaises, selon le porte-parole de
l’organisation."

" Les réactions politiques à La Haye sont divisées ",
souligne le journal du soir en rubrique économique. "Le député Wilders (VVD) a
déclaré [hier] matin qu’il comprenait la position américaine. ’Il serait tout de même
étrange que des entreprises françaises et allemandes remportent une grande partie des
contrats, alors que des pays qui apportent une contribution militaire feraient chou
blanc.’ Wilders a cependant estimé qu’il ne faut pas exclure indéfiniment certaines
entreprises."

" Les entreprises néerlandaises sont pleinement dans la course
aux énormes projets de reconstruction de l’Irak
", affirme le Telegraaf ce
matin, à la une. "Les politiques néerlandais font bon accueil au point de vue
américain. ’C’est un prêté pour un rendu !’ réagit le député VVD Van Baalen à
l’exclusion de l’Allemagne et de la France. ’Quand on fait tout pour contrarier les
Américains et les Britanniques, il faut s’attendre à ça’."

"Le député libéral discerne de bonnes possibilités pour le
secteur privé néerlandais, mais il fait valoir qu’il faut améliorer le lobbying. ’Nous
avons bien une ’plate-forme des entreprises pour l’Irak’, mais cela ne dit rien aux
Américains. Ils veulent voir une personne.’ Van Baalen est donc d’avis que les Pays-Bas
doivent prôner la désignation d’un agent de liaison au sein du staff de Paul Bremer et
qu’ils doivent nommer à La Haye un commissaire du gouvernement."

S’agissant de la normalisation de la situation en Irak, le NRC Handelsblad
(p.6) note que " les militaires néerlandais dans le Sud de l’Irak transféreront
progressivement le contrôle de la sécurité dans la province d’Al Muthanna aux
autorités locales, à partir de la fin mars
". "C’est ce que le ministre
Kamp (Défense) a déclaré [avant-]hier lors d’un briefing des députés de la Deuxième
Chambre. Dans le courant de la semaine, la Chambre décidera si elle peut approuver la
prolongation de la mission néerlandaise, qui compte environ 1 170 militaires
néerlandais, jusqu’à la fin juillet 2004."

"La principale tâche des fusiliers marins en Al Muthanna est
d’assurer la sécurité et la stabilité. Selon Kamp, ils se retireront lentement des
villages et des villes à partir du printemps prochain, conformément aux accords conclus
avec le conseil de gouvernement irakien, et transféreront leurs tâches aux services
irakiens de police et de sécurité
. Le ministre a dit qu’il partait du principe qu’à
ce moment-là les Irakiens seront suffisamment en mesure de garantir eux-mêmes la
sécurité de la population."

"Kamp a souligné qu’Al Muthanna était toujours la province la
plus calme d’Irak." " Il a assuré la Chambre que les militaires néerlandais
disposent de tous les renseignements américains et britanniques qu’ils jugent
nécessaires
. Les remarques du ministre à ce sujet n’étaient pas toutes publiques.
Le briefing a été interrompu au bout d’une heure et poursuivi à huis clos."

Actualité internationale

Union européenne

1) Pacte de stabilité . " Le gouvernement néerlandais est
mécontent de la garantie que la présidence italienne veut faire ajouter à la nouvelle
Constitution européenne pour obtenir que les Etats membres de la zone euro respectent les
règles budgétaires
. ’La formule qui figure maintenant dans le texte de compromis
n’est pas bonne’, a déclaré le premier ministre Balkenende mercredi, après une
concertation avec la Commission européenne."

"La proposition italienne facilite le recours à la Cour
européenne de Justice lorsqu’un pays ne respecte pas la discipline budgétaire. Mais le
problème, selon les Pays-Bas, est que la proposition italienne ne concerne que la
première phase de la procédure de sanction. ’Or nous n’avons jamais eu de problème en
début de procédure’, a constaté le ministre des Finances Zalm. Selon Balkenende, le
gouvernement s’appliquera à obtenir le renforcement du texte
."

" Le premier ministre a éludé la question de savoir ce que les
Pays-Bas feront s’ils n’obtiennent pas gain de cause sur le point des garanties
. Zalm
lui aussi est resté sur la réserve
. ’Il n’est pas dans la tradition des Pays-Bas de
menacer’, a-t-il dit avec diplomatie" (également Het Financieele Dagblad p.1,
De Telegraaf p.10, Algemeen Dagblad p.15).

Axe Paris-Berlin . " A la veille du sommet de l’UE sur la
Constitution qui commence demain à Bruxelles, Chirac et Schröder ont fait savoir qu’ils
formeraient un front uni durant les négociations
", rappelle le correspondant à
Bruxelles du Volkskrant (p.5) dans un article de fond. "Les deux hommes d’Etat
ont assuré côte à côte qu’ils ne permettraient pas qu’on touche à la nouvelle
pondération des voix qui doit éviter que l’UE ne deviennent ingérable, selon eux."

" L’aparté franco-allemand est surtout considéré par les
diplomates des nouveaux Etats membres comme une preuve que les deux essaient comme dans le
passé d’imposer leur volonté dans l’UE
. Mais pour Berlin et Paris, c’est tout
simplement la poursuite du rôle qu’ils ont toujours joué aux moments cruciaux
de
l’intégration européenne
." "Mais à l’époque où Helmut Kohl et François
Mitterrand posaient ensemble la base de l’introduction de l’euro, les autres pays de l’UE
étaient beaucoup plus disposés à accepter le rôle de pionnier du duo franco-allemand.
L’atmosphère a changé considérablement dans l’Union, les dernières années, surtout
après la venue de dix pays qui adhéreront à l’UE l’année prochaine, mais qui ont
déjà leur mot à dire sur les nouvelles règles."

" La crise autour du Pacte de stabilité a montré à quel point
l’axe franco-allemand peut être efficace
", conclut le journal de centre-gauche.
" Mais l’offensive franco-allemande risque tout de même de susciter des
irritations auprès des autres pays de l’UE et de provoquer des résistances au sommet de
Bruxelles
."

Prochaines présidences . " Les Pays-Bas et l’Irlande,
durant leur présidence de l’Union européenne, l’an prochain, essaieront de réduire le
nombre de règles venant de Bruxelles
", relève le NRC Handelsblad
(p.3). "C’est ce qu’ils affirment dans une lettre commune sur leurs priorités
politiques, envoyée au conseil des ministres à Bruxelles, la semaine dernière."

"Il ressort de sondages d’opinion que notre journal a publiés
mardi que le principal grief, et de loin, des Néerlandais contre ’l’Europe’ est que la
coopération s’accompagne de trop de bureaucratie. Le porte-parole de Nicolaï a souligné
[hier] matin que les Pays-Bas ne s’inquiètent pas particulièrement du nombre de
fonctionnaires de la Commission européenne. Il n’y en a pas un nombre démesuré, dans la
pratique. Une ville comme Amsterdam en emploie plus que la Commission. Les Pays-Bas se
préoccupent surtout du nombre de règles que Bruxelles – avec l’approbation des
Etats membres – produit. ’Je puis vous assurer que la présidence néerlandaise
prêtera une attention particulière à la charge administrative qui découle de la
législation bruxelloise’, a déclaré Nicolaï."

Actualité intérieure

Ministère de l’Enseignement, de la Culture et
des Sciences

" Le ministère de l’Enseignement, de la Culture et des Sciences
fonctionne si mal qu’une réorganisation administrative totale est nécessaire
",
note le Volkskrant dans son grand article à la une. "Les fonctionnaires
ignorent ce que font leurs collègues et ne savent pas qui est responsable de quoi. Le
ministère manque de leadership et de coopération. Telles sont les principales
conclusions que le nouveau patron administratif du ministère, le secrétaire général
Koos van der Steenhoven, tire aujourd’hui dans le Volkskrant, après avoir été en
poste pendant cent jours. Il les a présentées hier à ses personnels."

"Van der Steenhoven brosse un tableau préoccupant de
l’atmosphère qu’il a trouvée au ministère : Il y règne une culture dans laquelle
les gens disent oui pour ensuite faire le contraire. Les fautes sont taboues et donc on
n’en tire pas de leçon. Et le monde extérieur, les écoles pour lesquelles nous
travaillons, nous n’en avons souvent aucune idée’
."

"C’est la raison pour laquelle ce ministère n’arrive pas à se
défaire de son image de fabrique de règles et de Moloch administratif. Parmi les
fonctionnaires de l’Etat, c’est le lieu de travail le moins populaire, comme le montre une
enquête. De plus, il essuie depuis des années les critiques des écoles, qui en ont
assez des nombreuses circulaires que le ministère leur envoie. Van der Steenhoven l’a
fait vérifier : même après dix huit mois d’élagage, une école moyenne est toujours
confrontée à 1 900 règles administratives. Environ la moitié de ces règles
proviennent directement de l’Enseignement."

Economie, Finances

Chemins de fer

Les chemins de fer néerlandais (NS) ont l’intention de supprimer dans
les années à venir presque 1 500 emplois de la division NS Reizigers (voyageurs).
Plus de 1 000 emplois disparaîtront parmi le personnel roulant, les autres emplois
seront supprimés dans l’administration. Actuellement, NS Reizigers emploie presque
10 000 personnes.

C’est ce qu’on peut lire dans un plan d’action sur lequel le programme
télévisé NOVA a réussi à mettre la main et dont les NS reconnaissent l’existence.
"Nous devons anticiper sur l’évolution du marché", commente un porte-parole de
la société ( Algemeen Dagblad pp.1 et 15, de Volkskrant p.19).

Affaires françaises

Le Trouw (p.6) note qu’un groupe de
travail spécial de huit ministres se réunira désormais tous les mois sous la direction
du premier ministre Raffarin, pour tenter d’endiguer le flot croissant d’incidents
antisémites.

L’ Algemeen Dagblad contient un article anecdotique sur le
problème du voile dans les hôpitaux (p.8). Une deuxième correspondance (p.9) a trait
aux révélations du quotidien Le Parisien sur le recrutement et l’entraînement de
jeunes musulmans pour le jihad.

Le Volkskrant (p.21) publie en rubrique économique un portrait
positif de Jean-François Théodore, qui restera à la tête d’Euronext (cf. revue du 10
décembre). "Un penseur stratégique qui est combatif, a une vision à long terme et
un dévouement absolu : il est compréhensible que le président du conseil des
commissaires de l’entreprise boursière Euronext, Jan-Michiel Hessels, veuille garder le
Français Jean-François Théodore."

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