Presse néerlandaise du jeudi 13 décembre 2007

"La ministre néerlandaise de l’Environnement, Cramer, durant le discours qu’elle a prononcé hier au sommet de Bali, a prôné une nouvelle baisse des rejets de gaz à effet de serre", rapporte le Trouw à la une, en marge d’une correspondance factuelle de Nusa Dua (Bali) signée Ingrid Weel. "En ce qui la concerne, ces rejets, en 2020, devraient être inférieurs de 25 à 40 pour cent à ceux de 1990. La ministre demande surtout aux pays riches de prendre leurs responsabilités."

NRC Handelsblad (libéral) d’hier soir : "Berlin veut le drapeau et l’hymne dans le traité de l’UE, en dépit des objections néerlandaises", "Dans la rue pour le maire - Dinkelland : Les politiques veulent que le maire parte, les citoyens veulent qu’il reste" (commune de Twente)
Trouw (chrétien progressiste) : "Un nouveau rôle des pays pauvres au sommet de l’environnement - Le G77 exige à Bali des technologies gratuites", "Carla del Ponte attrape son dernier poisson" (condamnation de Dragomir Milosevic)
de Volkskrant (centre gauche) : "Le gouvernement sillonnera de nouveau le pays : Le nouveau Traité européen sera le point de départ d’une ’communication’ avec les citoyens, road shows compris", "Ike, l’homme derrière Tina Turner, est décédé"
De Telegraaf (populaire) : Séparés en dépit du sport - L’intégration au sein des clubs ne réussit guère", "Luxe sur l’eau" (le Queen Victoria dans le port de Rotterdam)
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "Les agents menacent de perturber les grands matches de football - Il n’y aura peut-être pas de police lors des rencontres Feyenoord-AZ et Ajax-PSV" (revendications salariales des personnels de police)

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ACTUALITE INTERNATIONALE

Union européenne

"Les négociations ont duré six ans, les Pays-Bas et la France ont rejeté la première version, mais aujourd’hui le nouveau Traité européen sera tout de même signé à Lisbonne", écrit le Volkskrant dans son grand article à la une. "Plus d’un leader de gouvernement, dont le premier ministre Balkenende, sera soulagé. L’Union européenne peut enfin avancer de nouveau."
"Le gouvernement fera de la cérémonie le point de départ d’une nouvelle ’communication sur l’Europe’ avec les citoyens. Le Traité sera publié, de même qu’un document facile à lire expliquant pourquoi il est bon pour les Pays-Bas. Une caravane traversera les Pays-Bas pour s’arrêter dans cafés et cantines et la NOS sera priée de prêter davantage d’attention à l’UE."
"Le gouvernement, dans son texte, souligne jusqu’à quatre reprises que la nouvelle stratégie ne doit pas devenir un ’show de propagande’. Le but est de faire de l’Europe un sujet de conversation normal : pas un thème à être pour ou contre, mais une réalité quotidienne."
"Les partis de la coalition sont sceptiques vis-à-vis du projet du gouvernement. Le député CDA Ormel : ’Il est bon que le gouvernement réfléchisse à la communication sur l’Europe, mais cette stratégie n’est pas l’œuf de Christophe Colomb. Les caravanesattirent des convaincus, alors que nous voulons atteindre les sceptiques.’ Son collègue PvdA Waalkens craint que cela ne tourne à la propagande. L’opposition a lu le projet du gouvernement avec une surprise croissante. ’Si le gouvernement avait vraiment voulu un débat sur l’Europe il aurait dû organiser un référendum sur le nouveau traité’, affirme le leader D66 Pechtold. Son collègue Van Bommel (SP) remarque : ’Les citoyens se font rouler, le gouvernement ne s’intéresse pas à leur opinion. Il a tout simplement fait appel à une agence de publicité pour vendre le Traité’. Le député VVD Ten Broeke dit que la présentation d’une stratégie est ’une gaffe du gouvernement’. ’Cela suscitera dans le meilleur des cas de la compassion, mais il est plus probable que cela appelle de vives critiques.’ Ten Broeke pense que l’Europe ne deviendra intéressante que si les députés politisent les questions européennes."

"Il n’y aura pas de nouveau référendum sur le texte du Traité modificatif", note Ronald Veerman dans le Telegraaf (p.11), "mais le gouvernement saisit l’occasion pour lancer une grande campagne d’information. Outre les canaux habituels, il emploiera aussi des sites Internet comme YouTube et MySpace, cependant qu’en avril les fonctionnaires néerlandais de l’UE retourneront dans leur ancien lycée pendant une journée. D’amples explications et la présentation de résultats concrets - comme la récente baisse des tarifs de téléphonie mobile - devront mettre fin au sentiment négatif que ’l’Europe’ suscite toujours chez beaucoup de citoyens. Sentiment au demeurant causé en grande partie par les politiques haguenois, qui s’en prennent volontiers à Bruxelles."
"Selon le secrétaire d’Etat Timmermans (Affaires européennes) le nouveau traité est une excellente occasion de souligner les bons côtés de l’Europe."

L’éditorialiste du Volkskrant discerne "quelque chose d’hypocrite dans cette approche, peu après avoir saboté un deuxième référendum sur le traité européen modifié". "Le débat est permis, voire obligatoire, à condition qu’il ne devienne pas dangereux et qu’il n’entrave pas la ratification du Traité modificatif. Néanmoins, c’est à juste titre que Timmermans rappelle que le projet européen est toujours en proie à une crise fondamentale de légitimité. ’L’Europe’ est associée à l’indiscrétion et aux atteintes à l’identité nationale, plutôt qu’à la liberté, la sécurité et la prospérité, pour rappeler les paroles de la Reine Beatrix." "Le déficit démocratique de l’UE ne peut être comblé que si les élites politiques réussissent à formuler et propager une ’idée’ nette de l’Europe. Cette idée doit pour commencer définir les frontières géographiques extérieures de l’UE : la population des Etats membres ne supportera plus qu’un tout dernier tour d’élargissement."
"Ensuite il faudra concrétiser le principe de la subsidiarité." "Pour finir il faudra formuler de nouvelles compétences dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, la sécurité militaire et la politique étrangère. Avant d’engager le dialogue avec les électeurs, les partis politiques devront répondre eux-mêmes à ce genre de questions essentielles sur la direction et la finalité de l’Union européenne."

ACTUALITE INTERIEURE

D66 et PVV

"Le leader D66 Pechtold a défié hier le PVV d’entamer un débat public hors de la Deuxième Chambre, pour ’démasquer’ le parti", rapporte le Trouw (p.7) en rubrique intérieure. "Le président du groupe parlementaire D66, Alexander Pechtold, ne laisse pas passer une occasion de rechercher le débat avec le Parti de la Liberté de Geert Wilders. Même le traitement du budget de l’Education, hier, a tourné à une dure confrontation entre lui et le député PVV Martin Bosma, Wilders remplaçant par hasard la présidente de la Chambre."
"Selon Bosma, l’article 23 de la Constitution, qui règle la liberté d’enseignement, ne s’appliquerait pas aux écoles islamiques. ’Je suis contre ces écoles, parce que l’islam n’est pas une religion mais une idéologie qui veut en définitive notre déclin. Il faut lutter contre cette idéologie’."
"Le PVV devient de plus en plus dur et abject pour continuer de se faire remarquer, a fait valoir Pechtold. ’Pour moi, vous êtes un xénophobe qui ne participe pas au débat sur l’enseignement avec de bonnes intentions. Vous poussez à la discrimination de tout un groupe de la population’."
"Pechtold a défié Bosma de mener le même débat en public hors de la Deuxième Chambre (à la Deuxième Chambre, un député ne peut pas être poursuivi pour racisme ou discrimination)." "Bosma a dit qu’il était prêt à ’discuter’, mais a nié qu’il accusait les étrangers. ’J’impute justement le problème à une élite qui ne comprend plus ce qui se passe aux Pays-Bas, qui fait venir des centaines de milliers de personnes du Rif et d’Anatolie et produit ainsi des problèmes incroyables pour le pays’."
"Jasper van Dijk (SP) a estimé que Bosma dépeignait les musulmans et l’islam comme étant dangereux et extrémistes. ’C’est abject’. Bosma : ’Vous ne pouvez pas prouver vos propos. Vous êtes pire que Doekle Terpstra’."

AFFAIRES FRANÇAISES

René Moerland, dans le NRC Handelsblad (p.22) d’hier soir, signale dans le cadre d’une série télévisée néerlandaise sur l’histoire européenne du XXe siècle qu’en France on se souvient toujours de la première guerre mondiale : "La France honore ses derniers poilus."

Le Trouw (p.8) fait mention d’une interview du Président de la République dans Le Nouvel Observateur  : "Le président français Sarkozy est prêt à se rendre en Iran". En page 9 le journal évoque le procès du nationaliste corse Yvan Colonna, accusé du meurtre du préfet Erignac en 1998.

Dans le Volkskrant (p.5) Ariejan Korteweg remarque que "l’un des bons côtés du président Nicolas Sarkozy est qu’il n’a pas seulement des flatteurs dans son équipe gouvernementale". "Dès le début, il a prêché l’ouverture, l’accessibilité à d’autres tendances politiques : la France ne doit pas seulement être gouvernée par des membres de sa propre UMP, mais par des politiques de diverses origines." "Lors de ses voyages à l’étranger il se fait volontiers accompagner par la troïka Kouchner, Dati et Yade, pour montrer à ses homologues ’les nombreux visages de la France moderne’."

Dernière modification : 19/08/2008

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