Presse néerlandaise du jeudi 14 août 2008

LES GRANDS TITRES

Trouw : Les Géorgiens fuient une ville fantôme
Volkskrant  : La trêve menacée dans le Caucase
Telegraaf : Duyvendak impliqué dans les menaces
Algemeen Dagblad : Le gouvernement hésite sur la TVA
NRC-Handelsblad : L’Europe divisée sur l’approche de la crise

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AFFAIRES INTERNATIONALES

Chine

Le Volkskrant publie un entretien avec M. Dirk Jan van den Berg, président du Conseil de l’Université de Technologie de Delft et ancien ambassadeur en Chine sous le titre « La Chine est plus ouverte que jamais ».
Cinq jours après l’ouverture des Jeux Olympiques, M. van den Berg note que « les Chinois vivent cette manifestation comme une étape de leur histoire. (…) Nous parlons en termes de montée de la Chine, pour eux, il s’agit d’un retour. En 1820, ils détenaient 30% du commerce mondial ; c’est ce qu’ils ambitionnent à nouveau pour 2050 ». Interrogé sur l’intervention du premier ministre néerlandais sur la question des droits de l’Homme, l’ancien ambassadeur considère qu’il « doit le faire. La Chine est plus ouverte que jamais aux influences extérieures. Il serait faux de dire que le simple fait de parler des droits de l’Homme en Chine vous ferme immédiatement toutes les portes. Il est possible d’aborder beaucoup plus de sujets avec les Chinois qu’on ne le pense généralement ». Concernant les personnalités néerlandaises qui se sont exprimées en faveur d’un boycott de la cérémonie d’ouverture des Jeux, M. van den Berg explique : « Je respecte ces conceptions. Mais je ne suis pas d’accord. Cela n’est pas efficace. Je pense que c’aurait été une grave erreur de rester chez soi ».

Géorgie

Arnout Brouwers, dans le Volkskrant, est d’avis ce matin que « Saakashvili se retrouve pratiquement les mains vides ».
« Il ne faut pas sous-estimer l’importance des pertes territoriales subies en cinq jours en Ossétie du Sud et en Abkhazie, (…) la perspective de regroupement avec les provinces dissidentes s’est effacée, ce qui peut coûter cher, à terme, à Saakashvili. (…) Bien qu’un grand nombre de Géorgiens continuent d’être favorables à une adhésion à l’OTAN, il faut attendre de voir quel sera l’effet de cette guerre. (…) Quoi qu’il en soit, d’ores et déjà, la Russie a conforté, aux yeux des Occidentaux, sa présence dans la région. (…) Certes, la méthode ne recevra pas un prix de beauté à l’Ouest, mais Poutine peut s’en accommoder. Le plus important est que Moscou a su ‘se retenir’ suffisamment pour ne pas mettre en jeu sa relation avec l’Ouest. (…) L’OTAN a-t-elle atteint, en Géorgie, les limites de sa volonté d’expansion ? Oui et non. Non, parce que la pression morale des Etats-Unis et des Etats membres d’Europe de l’Est en faveur d’une adhésion rapide de la Géorgie à l’OTAN restera forte ; oui, parce que l’adhésion de la Géorgie ne pourra se faire que dans un ‘scénario chypriote’ : une situation d’affrontement maîtrisé, contrôlé par une force de paix internationale entre la Géorgie et l’Ossétie du sud. ‘Mourir pour Tschinvali’ n’est pas une option en Occident ; la question qui va se poser sera de savoir si ‘mourir pour Tbilissi’ pourra le devenir. (…) Moscou paie aussi un prix : il n’y a que la Russie pour qualifier encore ses forces de maintien de la paix de ‘neutres’ et les intrigues russes dans le Caucase vont être surveillées de plus près par l’Occident. C’est maintenant un cliché de dire que la Russie est devenue plus assertive. Mais s’agit-il d’une Russie du 21ème ou du 19ème siècle ? (…) La Russie investit beaucoup pour faire connaître ses vues et pour se présenter comme un pays ‘normal’. Mais la semaine passée, les traits revanchards d’un pays qui a perdu son empire sont redevenus très visibles ».

Le Telegraaf constate que « la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE, à la déception de la Géorgie, n’a pas débouché sur des paroles sévères à l’égard de la Russie ». Après avoir cité les commentaires du ministre français, M. Kouchner, ce journal précise que « ce n’est que dans un peu plus de trois semaines, à Avignon, que le relation UE – Russie sera examinée. Le secrétaire d’Etat néerlandais aux Affaires européennes, M. Frans Timmerman, a fait remarquer « qu’il est inutile de se poser en accusateur ; il importe en premier lieu de mettre fin au conflit. Nous sommes en train d’éteindre l’incendie ».

ACTUALITE INTERIEURE

Sondage

La presse publie les résultats d’un sondage sur la confiance des citoyens dans la politique réalisé par le CBS (Bureau Central de la Statistique) auprès de 2521 personnes .

Le Volkskrant explique qu’il « existe bien un fossé entre les politiciens et les citoyens, 2 Néerlandais sur 3 sont d’avis qu’un ravin traverse notre pays. (…) Et 93% estiment que les responsables politiques font sciemment de vaines promesses. Les sympathisants du PVV de Geert Wilders sont les plus négatifs : 82% se sentent incompris au Binnenhof ; les électeurs des partis traditionnellement fidèles au pouvoir, comme la ChristenUnie, sont 60% à trouver que la Haye et le reste du pays ne se comprennent pas ».
« La réponse de La Haye » consiste, explique le Volkskrant, à « faire réaliser par le SCP (Bureau de Planification Sociale) des études destinées aux directeurs des services de communication des différents ministères, afin de ‘parvenir à une meilleure lecture de l’électorat’ en continu. Le directeur du SCP, Paul Schnabel, s’étonne que si peu de Néerlandais réalisent à quel point leur pays se porte bien. »

Budget

Au moment où le gouvernement entame les discussions sur le budget 2009 et où les spécialistes annoncent des perspectives économiques peu favorables, l’éditorialiste du Volkskrant affirme que « le maintien du pouvoir d’achat doit être la priorité de Bos ».
« Au printemps dernier, le gouvernement promettait encore que le pouvoir d’achat augmenterait d’un pour cent pour tout le monde », rappelle-t-il. « Cela permettait de justifier le gel du pouvoir d’achat auquel nous avons été confrontés en 2007 et 2008. Si le cabinet n’intervient pas, la ligne zéro, voire une diminution, se profile à l’horizon de certaines catégories sociales. » (…) Les solutions préconisées par le grand quotidien de centre gauche pourraient résider dans les domaines de la TVA, des cotisations de chômage, des bénéfices rapportés par le gaz naturel ou encore des économies sur les dépenses publiques, avec une préférence pour cette dernière option : celle-ci est certes « sensible » - puisqu’il s’agit de « contrôler l’efficacité des mesures relatives aux quartiers difficiles (Vogelaarwijken), à de la gratuité des livres scolaires, à l’accueil des enfants, à l’aide au développement et à la Santé » , reconnaît le Volkskrant, mais « il faut respecter ce qui a été convenu en matière de réduction du service public. Les promesses de l’accord de gouvernement d’améliorer le pouvoir d’achat de tous les Néerlandais sont difficiles à tenir en période de revers économiques. Mais elles méritent certainement une tentative sérieuse ».

L’éditorialiste du Telegraaf, lui aussi, engage le gouvernement à tenir sa « promesse d’augmentation du pouvoir d’achat » et plus particulièrement à prendre « des mesures en faveur des Néerlandais qui travaillent et des retraités ». Le grand journal populaire voit également des possibilités dans les domaines de la TVA et des cotisations de chômage, mais préconise plus spécifiquement de s’attacher à une réduction des dépenses publiques : « les citoyens ont bien dû subir des mesures d’austérité, maintenant, c’est au tour de l’Etat ».

AFFAIRES FRANCAISES

Le Trouw publie dans ses pages « religion, philosophie » une photo de la visite du Dalai Lama au Sénat français, sous le titre : « Le Dalai Lama se demande si la Chine sera beaucoup plus libre après les Jeux ».

Dernière modification : 17/09/2008

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