Presse néerlandaise du jeudi 16 Janvier 2003

La campagne électorale a repris une bonne
place à la une, avec la publication du dernier sondage d’opinion NIPO et une
nouvelle prise de position du CDA, qui devient de plus en plus nerveux, contre
le PvdA de Wouter Bos.

Sur le plan international, le NRC Handelsblad
d’hier soir et les quotidiens de ce matin rapportent la proposition
franco-allemande sur la présidence de l’Union européenne et les réactions
politiques qu’elle suscite à La Haye, mais ils ne font aucun commentaire
particulier pour l’instant. 

NRC Handelsblad d’hier
soir : "’Un président européen pour 5 ans’ – Projet franco-allemand
pour la Convention – Les partis néerlandais divisés", "Les patrons
n’incitent pas à travailler plus longtemps", "Mesures de sécurité
supplémentaires pour les troupes à Kaboul"

de Volkskrant  :
"Augmentation des charges locales de 8 % - La cherté des maisons
alimente les caisses des communes", "Le CDA opte pour la confrontation
– Balkenende exclut un portefeuille de ministre sous un premier ministre
PvdA", "NIPO : le PvdA talonne le CDA"

Trouw  : "De Geus veut
revenir à un projet controversé concernant la WAO", "JP ne sera pas
ministre sous un premier ministre PvdA"

Algemeen Dagblad  : "Le
VVD : Achetez vous-même votre cours d’intégration – Zalm veut donner 3 000
euros aux allochtones pour des cours de néerlandais"

De Telegraaf  : "La
marine doit faire la chasse aux pirates – Les
officiers veulent protéger la marine marchande
"

 

Le dossier du jour
 : Présidence européenne

" L’Allemagne
et la France se sont accordées [avant-] hier sur une proposition de révision
de la gestion de l’Union européenne
", annonce le NRC Handelsblad d’hier soir dans son grand article à la une.
" Elles plaident en faveur d’un président
permanent de l’Union européenne et veulent que le président de la Commission
européenne soit élu par le Parlement européen
."

"Les trois grands partis de la
campagne électorale réagissent diversement à la proposition franco-allemande
de révision de la présidence de l’Union européenne. La
tête de liste VVD Zalm s’oppose aussi bien à l’élection par le Parlement du
président de la Commission européenne qu’à la nomination d’un président
permanent de l’Union européenne
. ’Dans les deux cas, cela débouchera sur
une préconcertation franco-germano-anglaise pendant laquelle les grands pays régleront
tout entre eux et ce n’est pas dans l’intérêt des petits et moyens pays comme
les Pays-Bas’, selon Zalm. La tête de
liste PvdA Bos, par contre, qualifie la proposition franco-allemande d’’intéressante’
,
notamment parce qu’elle répond au vieux souhait néerlandais d’un président de
la Commission élu par le Parlement européen."

" Le
CDA réagit avec prudence
 : ’Nous devons attendre de connaître plus précisément
les projets franco-allemands’, a déclaré le leader du groupe parlementaire
Verhagen. Le CDA condamne en tout cas
l’abandon de la présidence tournante de l’UE
."

" Le
secrétaire d’Etat VVD Nicolaï (Affaires européennes) fait savoir qu’il veut
attendre la formulation définitive de la proposition franco-allemande
, qui
sera publiée la semaine prochaine lors d’un sommet franco-allemand."

"La position de Zalm s’écarte aussi
du ’mémorandum du Benelux’, à la rédaction duquel les Pays-Bas ont récemment
contribué et qui prône justement l’élection du président de la Commission Selon le porte-parole des Affaires européennes du VVD, Van Aartsen, la France
et l’Allemagne, avec leur proposition, ont engagé ’une attristante lutte pour
le pouvoir’ et les Pays-Bas doivent résister au ’diktat des grands pays’
."

"La
Convention européenne ne reprendra pas tout simplement la proposition
franco-allemande", poursuit le journal du soir en page 4. "Selon
l’europarlementaire socialiste Klaus Hänsch, qui est membre du présidium de la
Convention, elle sera traitée comme une des nombreuses propositions en faveur
d’un président de l’Union européenne. Il a déclaré [hier] matin à
Strasbourg qu’on nourrit beaucoup d’objections contre un tel président, au sein
de la Convention." " L’europarlementaire
CDA Hanja Maij-Weggen, qui est également membre de la Convention, a qualifié
le compromis franco-allemand de ’controversé’
."

Le Trouw
(p.6) précise ce matin que, selon le
secrétaire d’Etat démissionnaire aux Affaires européennes Nicolaï, la
proposition d’élire un président permanent du Conseil européen "ne va
pas dans la bonne direction"
. Les Pays-Bas, souligne le journal chrétien
progressiste, "veulent conserver le système existant, dans lequel chaque
Etat membre (actuellement la Grèce) préside, pour ’impliquer tous les Etats
membres dans l’UE’. ’Cela donne une bonne impulsion parce que chaque pays veut
à son tour mener sa tâche à bien’, selon Nicolaï."

" Les
Pays-Bas craignent notamment le modèle dans lequel le président du Conseil
vient de l’extérieur
. ’Ce président est une puissance totalement incontrôlable.
En outre, on renforce ainsi le côté Conseil et on affaiblit le côté
communautaire’."

L’ Algemeen
Dagblad
(p.6) fait également référence à Maij-Weggen, qui a parlé hier
de "pas dans la mauvaise direction". "Elle craint que le ’président
de l’Europe’, qui sera presque certainement un (ancien) chef de gouvernement
d’un grand pays, n’ait trop de pouvoir. Le gouvernement néerlandais partage
cette crainte."

"Les
Pays-Bas craignent que les grands pays ne commandent maintenant", écrit
aussi le Telegraaf (p.11). " Le
premier ministre Balkenende a réagi négativement hier : ’Ceci n’est pas une
bonne idée’
."

 

Actualité internationale

France - Côte d’Ivoire

"La ’médiation de la dernière
chance’ que Paris, ’l’ami historique, culturel et économique’ de la Côte
d’Ivoire, offre aux parties belligérantes de ce pays ouest-africain déchiré
se déroule dans le tout nouveau stade de rugby de Marcoussis, à trente kilomètres
au sud de Paris", rapporte Pieter
Kottman à la une du NRC Handelsblad
d’hier soir. "Le président Chirac l’a ouvert en novembre dernier, il était
donc toujours dans la mémoire présidentielle. Le château de Rambouillet
n’entrait pas en ligne pour les Français, sensibles aux symboles : en
effet, c’est là que s’étaient tenues en 1999 les négociations entre les
parties bélligérantes du Kosovo, qui ont échoué."

" En
dépit de l’échec de Rambouillet, les Français croient toujours aux vertus du huis
clos
, dans lequel les parties sont livrées les unes aux autres jusqu’à
ce qu’elles puissent se supporter – on a prévu neuf à dix jours. Il reste à
voir si c’est possible. Paris tente le
coup, avec un engagement qu’on peut qualifier aussi bien d’indiscret que de
courageux, car il y a beaucoup de prestige français en jeu
."

"Sans la moindre hésitation – et
sans consultation du Conseil de Sécurité de l’ONU – les Français ont engagé
des troupes en septembre dernier, après qu’un coup d’Etat raté avait préludé
aux troubles actuels en Côte d’Ivoire. Le motif était qu’il fallait protéger
les plus de 25 000 citoyens français en Côte d’Ivoire, mais des considérations
géopolitiques ont également joué un rôle." "Exactement comme la
France invoque traditionnellement une relation spéciale avec le monde arabe, ce
pays entretient pour les mêmes raisons historiques des liens étroits avec une
grande partie de l’Afrique." "Bien que les censeurs craignent que la
France ne soit condamnée ad infinitum
à essayer d’éteindre deux foyers ardents, avec tous les risques d’escalade que
cela comporte, l’engagement de Paris est
historiquement ’logique’ et noble
. Bien que les Français, simultanément,
ne camouflent pas les intérêts commerciaux de la relation avec le premier
producteur de cacao du monde, ils comprennent qu’une guerre locale en Afrique a
tendance plus qu’ailleurs à dépasser les frontières."

Le prestige de
la France est en jeu, répète le correspondant à Paris dans sa conclusion.
"Et ce jeu est d’autant plus délicat que la France est inébranlable dans
son opinion que la diplomatie et la politique peuvent même résoudre la crise
irakienne et que les armes, dans la mesure du possible, doivent se taire."

 

Actualité
intérieure

Campagne électorale

" La
tête de liste CDA et premier ministre démissionnaire Balkenende ne veut pas
devenir ministre dans un gouvernement dont le CDA n’est pas le premier parti
",
annonce le Trouw à la une. " Dans
ce cas, il préfère retourner à la Deuxième Chambre
. ’Le rôle d’un
leader de parti est soit d’être premier ministre, soit de diriger le groupe
parlementaire’, a déclaré Balkenende en marge d’une réunion CDA à
Deventer."

" Une
semaine avant les élections, le CDA et le PvdA sont engagés dans une course au
finish pour la position de premier parti politique, selon le dernier sondage
d’opinion
. Le sondage NIPO/2Vandaag publié hier attribue sièges au CDA et 40 au PvdA . Il confirme l’image déjà montrée par les
autres sondages : le recul du CDA (encore à 46 sièges dans le même sondage la
semaine dernière) et la progression constante du PvdA (encore à 35 la semaine
dernière)."

"Le sondage NIPO/2Vandaag confirme
aussi le rétablissement du VVD . Les
libéraux arrivent à 28 sièges, un de plus que dans le sondage de la semaine
dernière et quatre de plus qu’à la Deuxième Chambre. Pourtant, le CDA et le VVD n’ont pas assez de sièges ensemble pour
former la coalition majoritaire qu’ils souhaitent tous deux
. Ils ne dépassent
pas 70 sièges, alors que le CDA et le PvdA peuvent en mobiliser 82 au total. Et
pourtant Balkenende exclut toujours une coalition avec le PvdA, a-t-il dit à
Deventer hier."

"Le
sondage d’hier montre un léger rétablissement du D66 et de la LPF. Les deux
partis passent des 5 sièges de la semaine dernière à 6 maintenant. Les
perspectives sont plus mauvaises pour GroenLinks. Ce parti (actuellement 10 sièges
à la Deuxième Chambre) avait encore 8 sièges dans le sondage de la semaine
dernière. Hier, il n’en a obtenu que 6. Le SP (9 sièges à la Chambre) recule
aussi légèrement : 16 sièges dans le sondage, contre 18 la semaine dernière."

" J’espère
que les électeurs, au moment de voter, vont se rendre compte qu’il faut aussi
que le pays soit bien gouverné
", déclare Zalm dans une interview
accordée à l’ Algemeen Dagblad (p.2). " Les
élections ne sont pas un concours de beauté
. Il ne s’agit pas de savoir qui a le plus beau rire ." "Si
nous ne devenons pas le premier parti, je reste à la tête du groupe
parlementaire", répond le chef de file libéral à la question de savoir
s’il est disponible comme vice-premier ministre Et si le VVD perd des sièges ? "Je serai évidemment très mécontent
si ça arrive. Je démissionnerai alors ,
c’est clair."

Dans le journal
d’affaires Het Financieele Dagblad
(pp.1 et 3), Job Cohen, maire PvdA
d’Amsterdam
, qui est considéré comme un candidat possible au poste de
premier ministre pour son parti, fait
valoir que l’intégration des minorités sera en de meilleures mains avec un
gouvernement CDA-PvdA
. "Le fossé qui s’est créé risque de s’élargir
sous une coalition CDA-VVD. Le VVD poursuit une autre ligne, celle de la poigne.
Je ne veux pas être mou non plus sur certains points, mais le but est d’assurer
la cohésion de la société. Zalm tient un autre discours. C’est une différence
d’approche", déclare Cohen, qui ne veut pas réagir à la question de
savoir s’il est disponible comme premier ministre si le PvdA gagne les élections.

 

Economie,
Finances

Spécialistes
étrangers

"C’est aujourd’hui que le ministre démissionnaire
Nawijn ouvre le ’guichet rapide’ pour les travailleurs migrants de l’extérieur
de l’Union européenne", annonce le Trouw (p.5). "Les grands employeurs avaient réclamé ce
guichet parce que les procédures bureaucratiques d’admission leur font manquer
des grands talents de l’étranger."

"Bien que le nombre de demandes
d’asile ait presque diminué de moitié l’an dernier, le nombre de personnes qui
viennent aux Pays-Bas à titre temporaire pour y travailler augmente. Le Centre
du travail et du revenu (CWI) a annoncé mardi que 34 092 permis de travail ont
été délivrés à des migrants l’an dernier, contre 15 181 en 1998. Les
grandes entreprises comme Philips, Shell et Unilever et d’autre multinationales
font venir chaque année des centaines de spécialistes de l’extérieur de l’UE,
parce qu’ils ont des connaissances indispensables ou parce qu’on ne trouve pas
de tels spécialistes au sein de l’UE."

"Cela fait des années que les
employeurs se plaignent de la complexité et de la chronophagie des procédures
d’attribution des permis de travail. Un travailleur de l’extérieur de l’UE doit
obtenir à la fois un permis de séjour provisoire du Service d’immigration et
de naturalisation (IND) et un permis de travail du CWI. Cela prend souvent des
mois. Comme certains travailleurs ne viennent aux Pays-Bas que pour un an ou
deux, cela représente une coûteuse perte de temps, selon les employeurs."

"L’IND de
Rijswijk prend une décision concernant le permis de séjour dans les quatre
semaines qui suivent la délivrance d’un permis de travail par le CWI.
Quatre-vingts grandes entreprises bénéficient d’un service encore plus rapide
 : elles ont conclu un accord avec l’IND, qui les informe dans le délai de deux
semaines."

 

Affaires françaises

Le Volkskrant consacre les pages 27 et 29 de son supplément Filmspecial
à l’œuvre du cinéaste Jean-Claude Brisseau, dont neuf films figurent au
programme du Festival de Rotterdam, et au documentaire "Etre et avoir"
de Nicolas Philibert.

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