Presse néerlandaise du jeudi 18 mai 2006

Le nombre de plaintes déposées contre des médecins et d’autres soignants a augmenté de 25 pour cent en 2005. Les conseils de discipline du secteur des soins ont reçu 1 048 plaintes l’an dernier, contre 840 en 2004. C’est ce qui ressort des statistiques de l’Inspection de la Santé publique. L’Inspection parle d’une rupture de tendance, le nombre de plaintes ayant baissé les années précédentes.
Le nombre de sanctions prononcées à l’encontre de soignants a également augmenté. Les "avertissements", la sanction la plus légère, ont presque doublé par rapport à 2004.

-NRC Handelsblad d’hier soir : "Verdonk, isolée, cède à une Chambre hargneuse", "Protestations contre Le Code de Vinci - Festival de Cannes"
-de Volkskrant  : "Les sanctions à l’encontre de médecins ont augmenté d’un quart", "Les bourses ont perdu 40 milliards d’euros en une semaine", "Rutte profite du débat sur Ayaan"
-Trouw  : "’Si Hirsi Ali est sauvée, alors nous aussi’ - Une famille irakienne en situation illégale depuis six ans. Mais il y a de l’espoir", "Nouvelle assurance maladie : Moins de mauvais payeurs que prévu"
-AD Haagsche Courant  : "Les patients dupes des à-côtés des médecins - Les deux tiers des chirurgiens esthétiques ont un emploi d’appoint dans une clinique privée", "Rita se détend [photo de la ministre sur une terrasse de café] - La chroniqueuse Ebru Umar : J’ai parlé du faux nom d’Ayaan Hirsi Ali à Verdonk dès 2004"
-De Telegraaf  : "Corruption dans le milieu du football - Les joueurs jettent brusquement l’argent par la fenêtre - La justice examine le rôle de la maffia des paris dans les duels en première et deuxième divisions"

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"C’est ce qui ressort d’une enquête de TNS Nipo. Le bureau a sondé mercredi les électeurs potentiels du VVD : les gens qui voteraient pour le parti libéral si des élections législatives avaient lieu en ce moment. 52 pour cent des personnes interrogées accordent leur préférence à Rutte. La base de Verdonk est descendue à 47 pour cent. Le 4 avril, c’était encore l’inverse : 56 pour cent préféraient Verdonk et 43 pour cent Rutte. Au demeurant, ce ne sont pas les électeurs, mais les membres du VVD qui désignent la tête de liste du parti."
"Verdonk a perdu mercredi le soutien d’un éminent membre du parti libéral à cause de sa position dans l’affaire Hirsi Ali. L’eurocommissaire Kroes lui a fait savoir par lettre qu’elle optait désormais pour Rutte."
"Durant un débat d’urgence mardi, Verdonk a dû promettre d’étudier la possibilité de rendre la nationalité néerlandaise à Hirsi Ali", rappelle le journal de centre gauche. "Le vice-premier ministre Zalm (VVD) est convaincu que c’est possible. ’Je doute fort qu’on ne lui rende pas son passeport’, a-t-il dit hier. Selon lui, c’est Hirsi Ali qui a gagné le débat d’urgence."

"Une grande partie de la base de Mark Rutte (21 pour cent) votera pour un autre parti si Rita Verdonk devient tête de liste du VVD", note le même Volkskrant en page 3. "La popularité de Verdonk a considérablement baissé après le débat d’urgence sur Hirsi Ali. C’est ce qui ressort d’un sondage effectué par TNS Nipo auprès de 327 membres du VVD, à la demande de RTL Nieuws."
"Selon TNS Nipo 85 pour cent des membres du VVD voteront. Au demeurant, Hirsi Ali n’est pas extrêmement populaire parmi eux. 52 pour cent estiment qu’il n’est pas nécessaire qu’elle retourne à la Deuxième Chambre."
"La majorité (52 pour cent) des membres du VVD pense que les libéraux ne peuvent devenir le premier parti politique qu’avec Verdonk. Deux membres sur dix pensent que ce sera aussi possible avec Rutte. Ce qui est frappant, c’est que 21 pour cent des électeurs de Rutte pensent aussi que le VVD ne peut devenir le plus grand parti qu’avec Verdonk. Ils optent donc pour un bon leader plutôt que pour un gain électoral."

"Verdonk s’est porté un préjudice politique maximal à un moment sensible", conclut le journal de centre gauche dans une analyse. "A-t-elle bien l’habileté et le sens du jeu politique nécessaires à un leader de parti ? Si elle réussit malgré tout à devenir tête de liste, elle aura affaire à des cadres VVD hostiles. Car depuis l’affaire Ayaan, une grande partie de l’élite du parti manifeste ouvertement son aversion pour Verdonk."

On notera enfin, sur la même page, un entretien du correspondant à Paris, Fokke Obbema, avec la femme de lettres française d’origine iranienne Chahdortt Djavann, qui estime qu’"il est scandaleux de retirer la nationalité à une personne qui est un exemple type d’intégration réussie et de courage". "Si tous les musulmans étaient comme elle, les démocraties occidentales auraient beaucoup moins de problèmes."

"La populaire ministre et candidate à la fonction de tête de liste du VVD Rita Verdonk est devenue une politicienne isolée et un danger pour le gouvernement, après son comportement dans l’affaire Hirsi Ali", remarque le Trouw (cahier de Verdieping) dans un article de fond intitulé "Les décombres de Lovely Rita". "La clarté et le dynamisme, voilà ce qu’elle veut apporter, mais il lui manque la maîtrise de soi et le raffinement politique." "Rita Verdonk a un immense problème et elle ne le doit qu’à elle-même. Sa base politique s’effrite rapidement. Un de ses défenseurs, l’eurocommissaire Neelie Kroes, l’a lâchée hier, de même que l’ancien leader du parti, Bolkestein."
"Elle ne peut guère escompter de soutien au sein du gouvernement et son soutien au sein du groupe parlementaire VVD s’évapore aussi. Le VVD est très divisé sur la question de savoir si elle est compétente pour diriger la liste électorale et le groupe parlementaire redoute le résultat de la consultation des membres. Mais on tient aussi compte de la possibilité que Verdonk démissionne."

"Verdonk s’est mis à dos la Deuxième Chambre tout entière, toutes sortes d’éminents membres du VVD se distancient d’elle depuis quelques jours et elle devra aussi se battre au sein du gouvernement, à propos de son enquête précipitée sur la nationalité de Hirsi Ali", remarque l’éditorialiste du Financieele Dagblad. "Même le premier ministre Jan Peter Balkenende s’est dit ’surpris’ par la vitesse avec laquelle Verdonk a traité l’affaire. Ce qui, au demeurant, n’était pas très fort de sa part, dans cette question sensible."
"Bref, Verdonk a perdu toute crédibilité politique dans cette affaire. Il semble exclu qu’elle puisse encore devenir une tête de liste crédible du VVD."

ECONOMIE, FINANCES

Budget

"Le ministre des Finances Zalm va droit à un excédent budgétaire", annonce le Volkskrant (p.2). "Jusqu’à présent, il a perçu quatre milliards d’euros de plus que prévu, en impôts et cotisations. Cela représente 0,8 pour cent du produit intérieur brut. Le déficit budgétaire de 1 pour cent que Zalm envisageait vendredi dernier, lors de la présentation de la Note de Printemps, est ainsi presque atteint. Le ministre juge prématuré de prédire un budget équilibré, voire excédentaire. ’Mais maintenant que nous avons ce chiffre, ce n’est certainement pas exclu’."
"Zalm attribue la hausse de ses recettes à la reprise économique. Selon le Centraal Planbureau la croissance économique sera de 2,75 pour cent cette année. Zalm en conclut que la reprise peut être encore plus rapide."
"Le ministre veut employer tous les excédents pour réduire la dette d’Etat. Il a déclaré hier qu’il était possible d’éviter ainsi une éventuelle surchauffe de l’économie néerlandaise."

AFFAIRES FRANÇAISES

Le Telegraaf (p.13) est le seul ce matin à évoquer l’actualité politique, en rendant compte factuellement du durcissement de la législation sur l’immigration.

Il résume par ailleurs la question du bail du Parlement européen à Strasbourg, sous le titre "Strasbourg se tire dans le pied". Le journaliste Ronald Veerman estime que l’affaire des loyers des bâtiments parlementaires apporte de l’eau au moulin des adversaires du déménagement mensuel du Parlement de Bruxelles à Strasbourg.

Sur le plan culturel, la rétrospective Louis Malle au Filmmuseum d’Amsterdam retient l’attention du NRC Handelsblad (p.11) et du Het Parool (supplément PS) d’hier soir, du Trouw (cahier de Verdieping) et du Volkskrant (p.17).

Dans son supplément Kunst, le Volkskrant présente un "profil" du compositeur Olivier Messiaen, à l’occasion de la parution d’une biographie anglaise. Il évoque par ailleurs de façon critique l’exposition La Force de l’Art au Grand Palais, sous le titre "Des rossignols à un salon de l’art".

Le Trouw (p.11), enfin, publie un article sur l’historien de l’esclavage Pétré-Grenouilleau, qui prend aujourd’hui la parole à l’Université de Leyde, lors d’un symposium sur la traite des esclaves en Afrique.

Dernière modification : 18/05/2006

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