Presse néerlandaise du jeudi 19 juillet 2012

Trouw (chrétien progressiste) : Waalre s’interroge : qui et pourquoi ? [attaque contre la mairie d’une commune du Brabant septentrional].

De Volkskrant (centre gauche) : Baisse des retraites dans le secteur de la santé.

AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : Forte baisse des retraites dans le secteur de la santé.

De Telegraaf (populaire) : Attaque terroriste [mairie de Waalre].

Het Financieele Dagblad : L’inévitable baisse des retraites fera mal.

NRC-Handelsblad : Le ministre de la défense syrien a été tué.

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ACTUALITE INTERIEURE

Mairie de Waalre

Tous les média rendent compte de l’attaque contre la mairie de Waalre dans la nuit de mardi à mercredi : deux automobiles ont percuté vers trois heures du matin le bâtiment historique hébergeant l’hôtel de ville. Vingt véhicules de pompiers ont lutté contre l’incendie que cela a provoqué. Le Financieele Dagblad note que « Les autorités municipales évitent de prononcer le mot d’ ‘attentat’ mais parlent toutefois de ‘volonté délibérée’. L’incendie ne semble pas avoir fait de victime. La justice ignore encore le motif de cet acte et ‘n’exclut aucune piste’. Le maire adjoint de la commune, M. Ton Bonouvrié, a déclaré lors d’une conférence de presse qu’un ‘bâtiment important de la communauté est perdu. Rien ne peut excuser un tel acte, totalement disproportionné’ ».
Le Volkskrant relève que le ministre de la Justice et de la Sécurité, M. Opstelten, a qualifié cet acte d’ « attaque contre la démocratie ». Le Telegraaf indique que le ministre a assuré que Waalre recevrait toute l’aide nécessaire pour trouver les coupables de cette action « totalement inacceptable ». (…) « La Deuxième Chambre s’est également montrée choquée par cette attaque. Le député PvdA Pierre Heijnen parle de ‘jamais vu’, sa collègue VVD Hennis estime ‘surréaliste que cela puisse arriver aux Pays-Bas’. Le député CDA Cörüz souligne qu’il ‘ne s’agit pas simplement d’une attaque contre le bâtiment d’une mairie, mais d’une attaque intolérable contre l’état de droit’. Le SP s’indigne également d’une ‘attaque contre l’état de droit qui dépasse tout ce que l’on peut imaginer’. Le Secrétaire général de l’association des communes néerlandaises, M. Jos Wienen, voit dans cet acte ‘une étape supplémentaire de la montée de la violence contre les pouvoirs publics’. M. Wienen, maire de Katwijk, constate qu’un nombre croissant de ses collègues est confronté à des menaces et des actes de violence et d’agressivité. ‘Il est très grave que maintenant nous en arrivions là’. Une enquête du ministère de l’Intérieur montre que près de la moitié des responsables publics sont confrontés à des manifestations d’agressivité ».
Le NRC indique sur son site internet que « le maire de Waalre, M. Henri de Wijkerslooth, vient d’appeler les habitants de sa commune à cesser de chercher les coupables dans un camp de gens du voyage. ‘Cela fait des années que nous discutons avec les représentants de ce camp pour essayer de normaliser leur situation. Il faut attendre les résultats de l’enquête de police. Je crains que le torchon se mette à brûler. Quel que soit l’auteur de cette attaque, celle-ci dénote un malaise dans notre société’. Selon le maire, l’attaque visait des bâtiments et non des personnes. La mairie est actuellement à la recherche de locaux permettant d’accueillir les cent trente fonctionnaires des services municipaux. Quelques installations d’urgence ont été placées dans la caserne des pompiers ».

Elections législatives / Europe

Le Financieele Dagblad s’est livré à un inventaire des positions des différents partis politiques sur l’Europe. « On s’attendrait à ce que les programmes électoraux clarifient la vision européennes des partis, malheureusement, ce n’est pas le cas. Deux partis seulement considèrent que cette question est simple : le PVV veut tout arrêter, sortir de l’UE et renoncer à l’euro tandis que le D66 se déclare sans détour favorable à une union politique, un président européen élu et une extension des pouvoirs du parlement européen : ‘une Europe fédérale puissante’. Ce sont les deux extrêmes d’un paysage politique où tous les autres partis ont plus de mal à se déterminer. (…) Le SP s’est opposé dès le début, depuis la première aide d’urgence à la Grèce en mai 2010, à cette méthode de lutte contre la crise de l’euro. Mais que veut-il exactement ? Les présidents des groupes parlementaires ont fait la vie dure à Emile Roemer lors d’un débat à la fin du mois de juin pour essayer d’obtenir une réponse. Les socialistes radicaux estiment qu’il ne faut pas lutter contre les dettes en faisant encore plus dettes, et surtout pas en ayant recours à l’argent du contribuable néerlandais. (…) Le PvdA louche discrètement sur la planche à billets. Il plaide en faveur d’un ‘rôle plus actif de la BCE en dernier recours’. Pour la plupart des banques centrales, ce type de plan est tabou. Et il demeure sensible même au sein du parti social démocrate, comme l’ont montré certaines réactions des spécialistes des questions financières Ronald Plasterk et Paul Tang. (…) Pour le reste, le PvdA opte ouvertement pour l’Europe : il est plus favorable aux prêts d’urgence aux pays faibles que les partis de la coalition VVD et CDA. Il est depuis longtemps disposé à accepter à la disparition du veto sur les décisions relatives à l’aide d’urgence et ne s’alarme pas des plans de Van Rompuy, même si son chef de file, Diederik Samsom, demande que l’on insiste davantage sur la croissance économique. Celui-ci craint un excès de politiques d’austérité en Europe. Le CDA semble s’engager sur la voie de l’Europe. Au premier abord, le programme est concret : discipline budgétaire accrue, un commissaire européen à la discipline budgétaire, indépendance de la BCE et contrôle européen des banques. Mais à l’exception de la surveillance des banques, tout cela existe déjà. Le CDA est en faveur d’avancées déjà réalisées. (…) Au centre, c’est la position du VVD qui est la plus complexe. Le Premier ministre ne veut pas perdre les électeurs euro-critiques au profit du PVV. C’est la raison pour laquelle le programme du VVD indique essentiellement ce dont le VVD ne veut pas : ‘le VVD n’a aucun besoin de vagues chimères européennes. L’avenir de l’Europe passe par une coopération pratique et concrète. Pas par des paroles mais par des actes’. Le VVD ne fait aucune proposition concernant une meilleure gestion de la zone euro. Le député Klaas Dijkhoff n’a pas répondu lorsque nous lui avons demandé si cela voulait dire que l’union monétaire était déjà parfaite ».

Institut Néerlandais (IN)

« La fin approche pour l’Institut Néerlandais [à Paris] », titre le Trouw. Le quotidien réagit à l’annonce du ministère des Affaires étrangères de son intention de supprimer en 2015 la subvention annuelle de 2 M€ à l’IN [RdP 16/7]. « Cette suppression n’est pas tombée du ciel. Dès sa nomination comme ministre des Affaires étrangères, Uri Rosenthal avait annoncé vouloir faire de la diplomatie économique son fer de lance. Soutenir les entreprises néerlandaises devait devenir la mission principale des ambassades. A l’instar de New York, Londres et Berlin, le ministre voulait confier l’action culturelle désormais à l’ambassade. Le député sortant, Boris van der Ham (D66 – démocrate libérale), faisait partie des partisans de mesures plus strictes pour les instituts culturels. Il approuve le fait que les subventions pour l’IN soient réexaminées, mais il estime qu’une suppression totale est un exemple d’économies simplistes. ‘Il y a au sein de ces instituts beaucoup d’expertise qui risque de se perdre. En plus, les diplomates n’ont pas le droit d’avoir une couleur politique alors que beaucoup de projets culturels sont politiquement engagés’. Le représentant du personnel [de l’IN] rejoint les propos de Van der Ham. Il comprend que des changements sont nécessaires mais demande plus de temps pour leur mise en œuvre. La députée chrétienne démocrate (CDA) Marieke van der Werf estime également que la décision ministérielle est venue trop hâtivement. Elle souhaiterait attendre les élections. » Le Trouw précise que l’IN n’est pas le seul institut culturel néerlandais qui doit fermer ses portes. Seuls 9 des 13 instituts à l’étranger seront maintenus en 2015. L’Allemagne et la France ont une politique bien différente. L’institut Goethe est présent dans 91 pays et l’Alliance française dans 136 pays. Maaike Okano-Heijmans, spécialiste en diplomatie à l’institut Clingendael, considère que les instituts culturels ont bel et bien un intérêt pour l’économie : ‘On ignore souvent que les instituts culturels, à long terme, procurent une bonne réputation aux Pays-Bas. Ce qui est bénéfique pour les affaires’. »

AFFAIRES ECONOMIQUES

Sécurité / entreprises chimiques

« Actuellement, un nombre important d’instances de sécurité surveillent les entreprises chimiques. Sans beaucoup de résultats, semble-t-il. 60% des sociétés à risque ne respectent pas les normes de sécurité », note l’AD. C’est ce qui ressort d’un rapport que le Secrétaire d’Etat à l’Environnement, Joop Atsma, a envoyé cette semaine à la Deuxième Chambre. « Atsma veut une surveillance plus efficace et davantage de coopération entre les différents services d’inspection. Bien que l’Etat prescrive les normes, les communes les appliquent de façon très différente. Le Secrétaire d’Etat souhaiterait que son propre service d’inspection (Inspectie Leefomgeving en Transport) dispose de plus de pouvoir pour infliger des amendes ou pour fermer éventuellement des entreprises qui transgressent les normes d’environnement. Des rapports d’inspection sur plusieurs raffineries et entreprises de stockage révèlent que les infractions ne sont pas toujours suivies de sanctions. L’Association de l’Industrie chimique (VNCI) est partisane d’une approche plus ferme. Elle aimerait que les rapports d’inspection soient rendus publics : ‘Les citoyens se préoccupent de la sécurité. Il est important de connaître la gravité des infractions et quelles peuvent être les conséquences si l’entreprise ne prend pas les mesures nécessaires. »

LA FRANCE DANS LA PRESSE NEERLANDAISE

- Le Financieele Dagblad relève que « Hollande supprime la défiscalisation des heures supplémentaires ».
- Les journaux continuent de suivre l’évolution de la situation de l’usine Peugeot d’Aulnay-Sous-Bois.

Cette revue de presse ne prétend pas à l’exhaustivité et ne reflète que des commentaires ou analyses parus dans la presse néerlandaise, qui n’engagent en rien le point de vue propre de l’ambassade de France aux Pays-Bas.
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Dernière modification : 09/09/2014

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