Presse néerlandaise du jeudi 19 mai 2005

La
question de la valeur du florin néerlandais au moment du passage à l’euro
inspire deux grands titres ce matin : le Centraal Planbureau (CPB), dans
une note rédigée pour le ministre des Finances Zalm, partage le point de vue de
celui-ci que les plaintes des Néerlandais sont injustifiées.

Les
quotidiens publient par ailleurs des informations divergentes sur la situation
du gouvernement antillais du premier ministre Ys. Selon l’un, il vacille à la
suite de propos tenus il y a une semaine par le vice-premier ministre Cova,
selon l’autre il est déjà tombé.

 

  • NRC Handelsblad
    d’hier soir : "Le gouvernement est satisfait de sa politique - Le budget est
    en ordre, il y a moins de criminalité", "Soutien à la répartition des élèves",
    "Le bastion rouge sur le Rhin chancelle" (campagne électorale en
    Rhénanie du Nord-Westphalie)
  • Trouw
     : "Zalm : Des mensonges sur l’euro - ’Les Néerlandais en ont eu pour leur
    argent’", "Les associations de patients veulent un code de conduite pour la
    sponsorisation [par l’industrie pharmaceutique]", "Le gouvernement antillais
    vacille à cause du vice-premier ministre Cova"
  • Algemeen Dagblad
     : "Zalm : Cessez les jérémiades sur l’euro - Le ministre en a ras-le-bol des
    contes à dormir debout", "’Nous faisions dans notre froc en Irak’", "’Le onze
    orange n’a pas besoin de Kalou’" (naturalisation d’un footballeur)
  • de
    Volkskrant

     : "Les handicapés mentaux ne font pas de bons parents", "Greenpeace grimpe sur
    la centrale nucléaire" (occupation de Borssele), "Le gouvernement antillais
    est de nouveau tombé"
  • De
    Telegraaf

     : "La police peut désormais surveiller les ex-condamnés sous protection
    judiciaire - L’adresse et les données personnelles sont enfin accessibles",
    "Le CSKA remporte la Coupe", "Un employé de Martinaire arrêté pour le
    vol de diamants"

 

* * *

 

 

Le
dossier du jour : Passage à l’euro

Le
ministre des Finances Gerrit Zalm est gêné par la discussion qui a éclaté sur le
cours du florin lors de l’introduction de l’euro
", écrit le journal
d’affaires Het Financieele Dagblad à la une. " Il dit qu’il en a
ras-le-bol du fait que la population néerlandaise pense qu’on l’a grugée à ce
moment-là. Selon lui, ce sont des ’mensonges’ et des ’histoires à dormir
debout’. Les adversaires de la Constitution européenne profitent de cette
discussion sur l’euro pour appeler les gens à voter ’non’ au référendum du 1er
juin
."

"Le
ministre VVD Zalm s’est senti obligé mercredi de faire une déclaration sur le
cours du florin en 1998, lors du passage à l’euro. Le directeur de la Banque des
Pays-Bas, Henk Brouwer, avait dit dans une interview au Het Parool, il y
a deux semaines, que le florin était sous-valorisé par rapport au Deutsche
Mark."

"Zalm
reconnaît que le cours du florin néerlandais était trop bas par rapport au
Deutsche Mark, à l’époque. ’Mais cela n’est valable que par rapport au Mark et
pas aux autres monnaies européennes.’ Le Centraal Planbureau arrive à la
même conclusion. Le gouvernement a demandé au CPB d’analyser le cours au moment
du passage. Le CPB écrit : ’Et même s’il est vrai que le florin est entré dans
l’euro à un cours un peu bas, les conséquences auront été modestes et peut-être
même positives, en moyenne’."

"Selon Zalm, personne ne voulait une réévaluation ou une discussion à ce propos,
en 1998. ’Le seul député qui ait posé une question à ce sujet était Ybema (D66,
réd.)’, selon le ministre. ’Et si l’on avait opté pour une réévaluation - ce qui
n’était pas nécessaire - il n’y aurait pas eu que des bonus’, affirme Zalm. Le
ministre souligne qu’il n’y aurait pas seulement eu l’effet positif
d’importations meilleur marché, mais aussi une hausse du prix des exportations,
’avec des conséquences négatives pour la croissance économique et l’emploi’."

" Le
président de la Banque des Pays-Bas, Nout Wellink, a une nouvelle fois qualifié
hier l’émoi sur le cours du florin de ’non-discussion’
. ’Les économistes ont
parlé de tempête dans un verre d’eau, pour moi même un verre est trop grand’,
a-t-il dit à la radio."

" Wellink
est partisan de la Constitution européenne et trouve que c’est ’tout à fait à
tort’ qu’on mêle l’euro à la discussion
. Selon Wellink, le rejet de la
Constitution n’aura pas une grande influence à court terme, mais à long terme il
débouchera sur la ’paralysie de l’Europe’. ’Il faut saisir la moindre occasion
d’améliorer l’emploi’, selon Wellink."

 

Actualité internationale

 

Constitution européenne

" Le
référendum sur la Constitution européenne débouchera probablement sur le
suffrage le plus dément de l’histoire
", prévoit le chroniqueur Marcel van
Dam
, ancien député PvdA, en page d’opinion du Volkskrant . " Les
gens expriment les raisons les plus folles, parfois contradictoires, de voter
pour ou contre. Et plus le gouvernement se mêle de la campagne, plus la
résistance croît. Je ne trouverais pas étonnant que le manque de confiance dans
le gouvernement Balkenende devienne le facteur crucial du rejet de la
Constitution
."

"Je
suis un grand partisan de l’intégration européenne. Je suis même d’avis qu’en
ce qui concerne l’intégration économique, nous avons déjà dépassé depuis
longtemps le point de non-retour. Parce que je considère qu’il est nécessaire
et inévitable que l’intégration se poursuive, et que j’accepte donc que
’l’Europe’ ait de plus en plus de compétences, il est grand temps que l’Europe
devienne une vraie démocratie. La Constitution européenne devrait régler cela.
Mais elle reste totalement défaillante à cet égard et c’est pourquoi je voterai
contre
."

"Tant que le Parlement européen ne pourra pas renvoyer la Commission européenne
à la majorité simple ni décider qui siège au sein de la Commission, l’Europe ne
sera pas une démocratie parlementaire." "Aux Pays-Bas, le système parlementaire
est sous pression parce que la relation entre les citoyens et le gouvernement
est si indirecte que les électeurs se sentent orphelins. En 2002, nous avons
ressenti à quel point notre démocratie parlementaire est devenue instable à
cause de cela. Tous les grands partis politiques des Pays-Bas clament maintenant
qu’il est grand temps de resserrer les liens entre l’Etat et les citoyens. Il
est d’autant plus étrange que tous les grands partis approuvent une Constitution
qui tient les citoyens à l’écart de l’administration européenne."

" Ce
que je crains, c’est qu’avec cette Constitution un ’2002’ menaçant vraiment
l’intégration européenne ne sera qu’une question de temps
."

Le
correspondant à Bruxelles du Volkskrant, Bert Lanting, rend compte d’une
intervention à la radio française du président de la Commission, José Barroso .
Selon Barroso, le rejet de la Constitution par la France aura des conséquences
négatives pour l’économie française et celle d’autres pays de l’Union
européenne. "C’était la première fois que le président de la Commission
européenne se mêlait du débat sur la Constitution en France. Moins de deux
semaines avant les référendums français et néerlandais, on s’inquiète de plus en
plus, à Bruxelles, de la possibilité que les Français et les Néerlandais
rejettent la Constitution
."

La
rédaction parlementaire du Telegraaf (p.7) se fait l’écho des critiques
du ministre VVD de l’Intérieur, Remkes, à l’adresse de ses collègues du
gouvernement. Selon Remkes, certains ministres sèment la frayeur parmi
l’électorat pour promouvoir le "oui" à la Constitution européenne
. La
campagne des partisans du oui ne doit pas être basée sur la peur"
.

 

Antilles néerlandaises

" Le
gouvernement des Antilles néerlandaises est peut-être tombé
", selon le Trouw à la une. "Pedro Atacho, leader du groupe parlementaire PAR, l’a
confirmé hier soir. Tous les partis politiques, à l’exception d’un seul, en
seraient convenus durant une concertation de la coalition, à la suite de
déclarations faites au Vénézuéla par le vice-premier ministre Cova
. Le
premier ministre Ys a jugé inadmissible que Cova y parle des Pays-Bas comme
étant un colonisateur qui a donné aux Antillais un complexe d’infériorité, mais
aussi un complexe de supériorité vis-à-vis des pays de la région. Selon Cova, il
faut éradiquer ce genre de colonialisme."

" A
la demande d’Ys, le conseil des ministres tout entier s’est distancié de ces
propos
. Le conseil devait encore en prendre la décision formelle hier. Sans
le parti de Cova, la coalition détient toujours 13 sièges sur les 22 des Etats
Antillais" (également de Volkskrant p.1, Algemeen Dagblad p.2, De Telegraaf p.3).

 

Actualité intérieure

 

Autorités en faute

" On
doit pouvoir engager des poursuites pénales contre les autorités
", relève le
Volkskrant (p.2). " Sur la base du principe d’égalité, il est
insoutenable que des personnes et des entreprises puissent être convoquées
devant un tribunal pénal, mais pas les communes, les provinces et autres organes
de l’Etat. C’est ce qu’affirme le député Wolfsen (PvdA), qui dépose un projet de
loi à cet effet
. Il veut que la loi dispose explicitement que l’Etat et les
collectivités locales ’ne sont pas exemptés de poursuites pénales’. ’Le
gouvernement parle beaucoup de normes et de valeurs, mais comment peut-il en
parler avec autorité si des actes passibles de poursuites sont commis
massivement sous la responsabilité de ce même gouvernement ?’ déclare Wolfsen.
Le député rappelle qu’une récente étude du professeur amstellodamois de sciences
administratives Huberts a montré que l’Etat et les collectivités locales ont
commis 552 délits entre 1999 et 2002
. Il s’agissait la plupart du temps de
violations des règles environnementales."

"’Pourquoi les entreprises, par exemple, doivent-elles respecter la loi sur les
horaires de travail, alors que les institutions de l’Etat peuvent s’en écarter
impunément ?’ demande le député PvdA, qui estime que la possibilité de
poursuites peut aussi inciter les fonctionnaires à bien faire leur travail."

"Wolfsen
juge insatisfaisant qu’après la catastrophe pyrotechnique d’Enschede et
l’incendie d’un café à Volendam on n’ait pas ouvert d’enquête pénale sur
l’action des collectivités. Les commissions d’enquête et les tribunaux se sont
notamment interrogés sur l’action des communes dans ces affaires. Mais le
Ministère public a fait valoir que les arrêts de la Cour de Cassation
empêchaient toute poursuite et qu’une enquête était de ce fait inutile."

Cela
fait des années qu’on débat de la question, rappelle le journal de centre
gauche. En 1997, la Deuxième Chambre a adopté une motion visant à étendre les
possibilités de poursuite pénale à l’encontre des collectivités, mais elle n’a
jamais été appliquée. En 2002, une commission consultative instaurée par le
gouvernement a formulé des propositions concrètes et en 2003 le ministre de la
Justice, Donner, a fait savoir qu’il "accélérerait" la réaction du gouvernement.
Le Parlement l’attend toujours.

 

Rapport annuel de l’Etat

" Le
gouvernement est satisfait de la politique appliquée l’année passée
", note
le NRC Handelsblad (pp.1 et 3) d’hier soir. " Des progrès ont été
enregistrés en dépit de protestations sociales et de chocs, comme le meurtre de
Theo van Gogh
. C’est ce qu’écrit le gouvernement dans le Rijksjaarverslag
présenté [hier] après-midi."

"Le
gouvernement est d’avis que l’application de l’accord de gouvernement - une
fonction publique plus dynamique, une économie plus forte et des finances
publiques solides - est conforme au calendrier ’sur la plupart des points’.
Ainsi, la criminalité a baissé de dix pour cent l’an dernier, tandis que la
coopération entre la police, le Ministère public et le pouvoir judiciaire s’est
améliorée."

"La
Cour des Comptes a approuvé les rapports annuels de l’Etat et des ministères
pour 2004, entérinant ainsi 167 milliards d’euros de dépenses et 166 milliards
de recettes" (également Trouw p.2, Het Financieele Dagblad p.4).

 

Affaires françaises
 

 

Le
NRC Handelsblad (p.11) d’hier soir contient une interview de Jeanne
Moreau à Cannes : "Ma vie est mon œuvre", confie l’actrice principale du nouveau
film de François Ozon, "Le temps qui reste".

Ce
matin, le Trouw (cahier de Verdieping) remarque que "le glamour
néerlandais à Cannes est plutôt piteux". "Le saké coule dans le pavillon
japonais. Les Brésiliens versent leurs caipirinhas. Les Néerlandais, pour le
moment, s’en tiennent à la bière dans des gobelets en plastique et au fromage
servi sur des bâtonnets."

S’agissant du référendum sur le Traité constitutionnel, le Financieele
Dagblad
(p.9) fait mention de la "contre-offensive du camp du ’oui’".
"Maintenant que les sondages d’opinion prévoient une course au finish, le ton se
durcit de nouveau. Le premier ministre Jean-Pierre Raffarin a brossé un scénario
extrêmement noir pour le cas où le ’non’ l’emporterait."

 

 

Dernière modification : 19/05/2005

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