Presse néerlandaise du jeudi 21 décembre 2006

Pour la première fois depuis des années, c’est un Néerlandais, et non un Flamand, qui a gagné la Groot Dictee der Nederlandse Taal 2006, la 17e dictée néerlandaise lue hier soir par le présentateur Philip Freriks, dans le bâtiment de la Première Chambre.
Les Flamands, cette année, ne sont arrivés qu’à la quatrième place. Le nombre moyen de fautes était de trente-et-un, alors que le gagnant, un spécialiste de la communication, en a fait cinq - toutes des questions de trait d’union et d’expressions écrites en un mot.

NRC Handelsblad (libéral) d’hier soir : "Les assurances promettent de corriger leurs polices" (assurances placement), "La religion n’a pas disparu, mais elle est différente" (société néerlandaise, cf. presse du 19 décembre)
de Volkskrant (centre gauche) : "La Chambre veut s’occuper des problèmes de polices d’assurance - Une commission juge la Notice financière ’trop abstraite’ - La Chambre veut que Zalm intervienne", "Le secteur privé néerlandais relève de nouveau le pont-levis" (protection contre les reprises étrangères)
Trouw (chrétien progressiste) : "La télévision doit devenir plus multiculturelle - Instaurer un quota d’allochtones pour les programmes des chaînes publiques", "Les Sami russes revitalisent leur culture" (reportage)
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "De Mol cherche une issue - Le tycoon des médias essaie de se débarrasser de la chaîne Tien, qui lui coûte des millions d’euros"
De Telegraaf (populaire) : "Davantage de danger sur la route - Principale cause : les pneus lisses", "Des milliers de Néerlandais envoient des vœux de Noël en Uruzgan"
ACTUALITE INTERNATIONALE

Pays-Bas - Union européenne

Le Volkskrant (p.4) retient du dernier Eurobaromètre que le soutien des citoyens des Etats membres de l’Union au projet européen n’a pratiquement pas diminué. "En moyenne, 53 pour cent des citoyens estiment que l’appartenance à l’UE est ’bonne’ pour leur pays. Aux Pays-Bas, qui sont considérés comme l’un des pays les plus eurosceptiques depuis le rejet de la Constitution, il s’agit même de 72 pour cent. Il est d’autre part remarquable que 59 pour cent des Néerlandais se disent maintenant partisans de la Constitution."
"Il ressort une fois de plus de ce sondage d’opinion que les Pays-Bas sont la brebis la plus libérale du troupeau européen. Certes, s’agissant de la question de savoir s’il faut châtier plus sévèrement les criminels nous ne nous écartons guère de la moyenne européenne. 85 pour cent des citoyens de l’UE sont de cet avis, alors qu’aux Pays-Bas le pourcentage est de 82. Mais dans d’autres domaines les différences s’amplifient. 64 pour cent des citoyens de l’UE veulent davantage d’égalité et d’équité, même si cela signifie une réduction de la liberté individuelle. A cet égard, les Pays-Bas sont à la queue du peloton, avec 46 pour cent seulement."
"Et aucun autre pays ne soutient autant le mariage homosexuel. Alors que la plupart des citoyens de l’UE y sont fermement opposés, 82 pour cent des Néerlandais n’y voient pas d’inconvénient. L’écart est encore plus grand en ce qui concerne le droit d’adoption pour les homosexuels. 61 pour cent des citoyens de l’UE sont contre, alors que 69 pour cent des Néerlandais estiment au contraire que cela doit être possible."
"Comme il fallait s’y attendre, beaucoup plus de Néerlandais que d’habitants d’autres pays sont favorables à la légalisation des drogues douces (cannabis). Presque la moitié des Néerlandais (49 pour cent) est pour, alors que la plupart des autres citoyens de l’UE y sont opposés : 68 pour cent disent ’non’."

Libye

"En Libye, six personnes sont détenues dans des circonstances difficiles depuis des années, très probablement à tort", remarque l’éditorialiste du NRC Handelsblad d’hier soir. "Il semble que les motifs de leur détention n’aient rien à voir avec une procédure juridique normale, mais tout avec un règlement de compte géopolitique [avec la Bulgarie] - par-dessus les têtes d’enfants malades. Il serait donc bon qu’on rappelle de nouveau publiquement ses responsabilités au leader libyen Kadhafi. L’Union européenne, qui, par le biais du commissaire Frattini (Justice), s’est dite ’choquée’ par le verdict, doit soutenir la Bulgarie, un Etat membre. Pas seulement verbalement, mais diplomatiquement, au sens le plus large. Il faut donner un signal énergique au gouvernement de Tripoli."
"Kadhafi retient des personnes en otages et exige une rançon. C’est inouï de la part d’un chef d’Etat qui se targue actuellement d’être respectable."

"Une prise de position énergique s’impose", estime aussi le commentateur du Volkskrant ce matin. "Du côté libyen on a suggéré un dédommagement de dix millions d’euros par enfant contaminé, ce qui rappelle fortement les dix millions de dollars que le pays a dû verser à la famille de chaque victime de l’affaire Lockerbie."
"L’UE et divers Etats membres ont déjà versé une contribution à un fonds d’aide spécial pour les enfants libyens contaminés et une nouvelle contribution serait peut-être souhaitable. Mais il serait indigne de Bruxelles de subir le chantage et de payer une rançon dans les conditions dictées par Kadhafi. Une relation constructive avec la Libye vaut bien une embrassade, mais pas une génuflexion."

Pays-Bas - Grande-Bretagne

Le Telegraaf (p.3) et le Volkskrant (p.19) annoncent la venue aux Pays-Bas, le 5 février prochain, de la Reine Elizabeth de Grande-Bretagne et du Prince Philip. Cette visite sera placée sous le signe du 400e anniversaire de l’Eglise réformée anglaise, au Béguinage d’Amsterdam. La Reine Elizabeth se rendra aussi au Musée historique d’Amsterdam et à la Cour internationale de Justice, à La Haye.

ACTUALITE INTERIEURE

Formation de gouvernement

Herman Wijffels (64 ans, CDA), que la Reine Beatrix a nommé informateur mercredi, estime qu’il serait mauvais pour le prestige de la classe politique que la formation d’un nouveau gouvernement prenne plusieurs mois. Durant sa première conférence de presse en tant qu’informateur, hier soir, Wijffels a déclaré qu’il voulait faire diligence. "La perception du public néerlandais n’est pas de nature à autoriser une formation très longue." "Les présidents des groupes parlementaires CDA, PvdA et ChristenUnie veulent également avancer rapidement", a ajouté Wijffels. "C’est d’ailleurs nécessaire, dans l’intérêt du pays. Je veillerai à ce que nous avancions, sans forcer. Nous n’y arriverons pas en deux semaines."
Wijffels recevra aujourd’hui les leaders politiques Balkenende, Bos et Rouvoet pour une concertation sur la procédure à suivre (de Volkskrant p.3, De Telegraaf p.3, Trouw p.5, Het Financieele Dagblad p.5).

Antilles néerlandaises

Le Commissaire de la Reine en la Hollande du Nord, Harry Borghouts, durant un entretien qu’il a eu avec le ministre plénipotentiaire des Antilles néerlandaises, Paul Comenencia, a suggéré que les îles de Bonaire, St-Eustache et Saba soient rattachées à la province de Hollande du Nord. "Nous avons beaucoup de Néerlandais d’origine antillaise. Cela crée un lien. Par ailleurs nous sommes connus pour être une province solide du point de vue financier, qui surveille très bien les finances de ses communes. Nous avons des compétences à offrir dans le domaine des problèmes municipaux, comme la protection des jeunes, la gestion durable des eaux, la gestion des routes. Bref, toutes choses dont les communes antillaises peuvent avoir besoin."
Durant un entretien téléphonique qu’il a eu avec Borghouts, le ministre Atzo Nicolaï (Rénovation administrative et Relations du Royaume, VVD) aurait déclaré qu’il jugeait intéressante l’idée du Commissaire de la Reine. "Il n’a pas voulu en dire plus, parce que l’accord avec les îles n’est pas encore élaboré" (De Telegraaf p.3, Trouw p.4).

Le Volkskrant (p.2) précise que d’autres provinces ont le même souhait que la Hollande du Nord, selon Nicolaï, qui a parlé d’un "accueil très chaleureux réservé à ces îles". Il a ajouté qu’en tant que collectivités, elles ne dépendront pas nécessairement d’une province.

TGV

"La ministre des Transports, Peijs, a sciemment pris le risque d’un retard de la prise en service de la ligne TGV", souligne le Volkskrant (p.2). "Elle trouvait la modernisation du système de sécurité trop coûteuse et elle a de ce fait attendu plus d’un an qu’on lui fasse une offre plus avantageuse. Maintenant, le logiciel ne peut plus être adapté à temps. La mise en service de la ligne TGV-Sud prendra donc cinq mois de retard."
"Selon Siemens, le fournisseur du logiciel, Peijs doit ce retard à elle-même. Si Siemens avait pu se mettre au travail en novembre 2005, la ligne aurait été prête à temps." "Le porte-parole de Peijs dit que Siemens réclamait trop d’argent. ’30 millions d’euros, ce qui revient au coût global de développement du logiciel. Et l’entreprise ne voulait pas donner de garanties concernant sa livraison. C’est pourquoi l’offre a été rejetée’."
"A la Deuxième Chambre, hier soir, Peijs a donné une tout autre version des faits. Siemens n’aurait pas assez d’ingénieurs et ne disposerait pas d’un train d’essai." "Siemens conteste les problèmes de personnel, mais reconnaît que le train d’essai pose problème. ’Il faut le demander aux chemins de fer français. Quand on s’y prend trop tard, c’est un problème’."

L’AD Haagsche Courant (p.3) rappelle que l’Etat, dès l’an prochain, devra payer 120 millions d’euros pour l’entretien de la ligne TGV, que les trains roulent ou non. Le contrat conclu avec le consortium d’entrepreneurs Infraspeed stipule que l’Etat néerlandais doit payer l’entretien des voies dès leur remise - soit à partir du mois prochain au plus tard, selon Infraspeed.
La Deuxième Chambre veut que la Cour des Comptes effectue une enquête indépendante sur les surcoûts dus aux retards de la ligne TGV.

Dernière modification : 21/12/2006

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