Presse néerlandaise du jeudi 23 juillet 2009

"Le gouvernement voulait se défaire des ’imams importés’, qui ne parlent pas néerlandais et qui propageraient des idées radicales", rappelle le Trouw à la une. "Mais les ’imams du polder’ qui devaient les remplacer ne sont pas populaires." "Les mosquées indigentes n’ont pas d’argent pour des imams diplômés qui coûtent cher, reconnaît-on maintenant. Par ailleurs, la vieille génération de fidèles, qui verse une contribution et qui a donc son mot à dire, ne veut pas d’imams parlant néerlandais. ’Le néerlandais est la langue de notre avenir. Mais le conservatisme de la première génération est une entrave’, déclare Driss El Boujoufi, de l’Union des organisations musulmanes marocaines des Pays-Bas (Ummon)."

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NRC Handelsblad (indépendant) d’hier soir : "Verhagen exige que l’Islande rembourse l’argent d’Icesave – Sinon pas d’adhésion à l’UE", "Des nuages frustrent les touristes de l’éclipse" (correspondance de Shanghai)
Trouw (chrétien progressiste) : "Les imams du polder ne trouvent pas d’emploi – Manque d’argent et de confiance"
de Volkskrant (centre gauche) : "Les Polonais, bon marché, résistent à la crise", "Armstrong reste motivé pour une place sur le podium" (Tour de France)
De Telegraaf (populaire) : "Un Néerlandais expulsé de la direction de l’OTAN – Départ forcé du quartier général à cause du risque de chantage", "Les agents de police : La politique n’y comprend rien"
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "Des commerçants à la rue – Les petits entrepreneurs sont les dupes de la loi sur les loyers en cas de travaux de transformation"

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ACTUALITE INTERNATIONALE

Pays-Bas – Islande

"Il faut exclure l’Islande de l’Union européenne jusqu’à ce qu’elle ait remboursé les épargnants néerlandais d’Icesave", écrit la rédaction parlementaire du Telegraaf (p.3). "Tel est l’avis de la Deuxième Chambre. Le VVD appelle le ministre Verhagen (Affaires étrangères) à bloquer le traitement de la demande jusqu’à ce que cette affaire soit réglée. Les partis gouvernementaux PvdA et CDA estiment également que l’Islande doit d’abord respecter ses engagements. ’Il n’est pas question d’adhésion à l’UE en ce moment’, selon le député PvdA Blom. ’Il faut d’abord résoudre le problème des prêts.’ Le CDA qualifie lui aussi les entretiens sur l’adhésion à l’UE de ’prématurés’."
"Verhagen lui-même a appelé hier l’Islande à rembourser aux épargnants néerlandais d’Icesave le 1,3 milliard d’euros que les Pays-Bas ont avancé", rappelle le journal à grand tirage. "Le Parlement islandais doit encore se prononcer, mais il a des doutes sur ce règlement."

Pour l’éditorialiste du Telegraaf, "le ministre a tout à fait raison". "Quand on a des dettes, il faut les rembourser." "L’Islande a elle-même choisi d’avoir de grandes banques agressives, des banques qui étaient trop grandes pour ce petit pays." "Le ministre Verhagen joue gros jeu en menaçant de bloquer l’adhésion de l’Islande à l’UE, mais apparemment cette menace est nécessaire pour faire passer le message."

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ACTUALITE INTERIEURE

PVV

"La demande du PVV de fournir une analyse coûts-bénéfices concernant les allochtones des Pays-Bas suscite beaucoup de réactions à la Deuxième Chambre", note le Trouw (p.5). "’Allons-nous tous nous demander les uns aux autres ce que nous valons ? C’est horrible’, bougonne la députée SP Sadet Karabulut. Sa collègue GroenLinks Femke Halsema ajoute : ’Il est idiot de vouloir exprimer en argent la valeur des personnes’."
"Personne à La Haye ne s’attend à ce que le PVV obtienne une réponse complète du gouvernement, après l’été, mais le simple fait de poser la question provoque des réactions très vives. On craint de mettre fin à la solidarité dans l’Etat-providence néerlandais en faisant de tels calculs concernant les migrants. La députée PvdA Khadija Arib : ’C’est une discussion impossible qui ne mène à rien. Comment le PVV veut-il calculer les coûts et bénéfices des travailleurs immigrés initiaux, qui ont travaillé dur et sont parfois morts trop tôt, comme mon propre père ?’ Karabulut : ’Il est naturel qu’un député veuille savoir certaines choses. Mais nous connaissons déjà bien les problèmes concernant les allochtones, il vaut mieux y porter remède. Que veut faire le PVV avec les résultats de tels calculs ? Quand un groupe de Néerlandais allochtones coûte trop cher, faut-il les expulser ?’"
"’La question du PVV est ridicule et a pour seul but d’humilier des gens’, estime la présidente du groupe parlementaire GroenLinks, Femke Halsema. Alexander Pechtold (D66) hausse les épaules face à ce projet ’absurde’. ’Manifestement la folie n’a pas de limite. Je dirais : monsieur Fritsma, prenez des vacances.’ La ChristenUnie ne voit pas non plus l’intérêt de ces ’chiffres’. ’Beaucoup de groupes sociaux coûtent de l’argent, c’est inhérent à notre Etat-providence’, déclare le député CU Ed Anker."
"Le VVD soutient la question. Les libéraux ont récemment estimé le coût de la dernière amnistie générale à environ six milliards d’euros. ’Le gouvernement ne veut pas donner de détails, mais nous trouvons que c’est nécessaire’, commente le porte-parole VVD Paul de Krom."
"Trots op Nederland [Fiers des Pays-Bas] de Rita Verdonk trouve que la nouvelle demande du PVV va trop loin. ’Je pense qu’on encourage ainsi un antagonisme qui n’est pas nécessaire’, dit le porte-parole de Verdonk."

"Il manque une question" dans la liste du PVV, fait valoir le commentateur du journal chrétien progressiste. "Le PVV ne demande pas au premier ministre Balkenende ce que la princesse Maxima a coûté à l’Etat et quels bénéfices il en tire." "Dans le cas de Maxima nous savons avec suffisamment de précision quels ont été les coûts, ceux de son intégration, de sa liste civile et ainsi de suite. Mais quel mortel pourrait calculer par approximation ce qu’elle rapporte à notre société ? Qui pourrait calculer l’effet de son sourire ou de sa maternité sur le bien-être de la société ?"
"Une chose est sûre", conclut l’éditorialiste. "Le clivage provoqué par le PVV coûte de l’argent à la société. On se demanderait presque ce que coûtent ses électeurs et ce qu’ils rapportent."

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ECONOMIE, FINANCES

Population active

Presque la moitié des Néerlandais qui travaillent le font à temps partiel, relèvent la plupart des journaux. Il ressort des chiffres publiés hier par le Centraal Bureau voor de Statistiek (CBS) que les Pays-Bas sont de loin en tête en Europe, s’agissant du travail à temps partiel. En moyenne, moins d’une personne sur cinq travaille à temps partiel dans l’Union européenne.
Les Pays-Bas doivent surtout leur première place aux femmes. L’an dernier, les trois quarts des femmes de 15 à 65 ans avaient un emploi à temps partiel. Un quart des Néerlandais de sexe masculin travaille à temps partiel (de Volkskrant p.7, Trouw p.11, De Telegraaf p.27).

On notera dans ce contexte que la demande de travailleurs temporaires polonais aux Pays-Bas est plus stable que la demande de travailleurs flexibles néerlandais. "Les temporaires polonais sont moins touchés par la récession que les néerlandais", souligne le Volkskrant (pp.1 et 7). Beaucoup de temporaires polonais travaillent dans le secteur agricole et horticole, dans la distribution des denrées alimentaires et dans les abattoirs. Selon l’association des agences de travail temporaire ABU, environ 160 000 migrants du travail d’Europe de l’Est sont actifs aux Pays-Bas, la plupart étant des Polonais. Les agences affiliées à l’ABU détachent environ 40 000 Polonais. D’autres travailleurs polonais sont indépendants, salariés dans une entreprise ou bien passent par une agence non affiliée à l’ABU. "Beaucoup de Polonais travaillent dans des secteurs moins sensibles à la conjoncture, où il n’y a presque plus de Néerlandais", selon une autre association.

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LA FRANCE DANS LA PRESSE NEERLANDAISE

Dans le Volkskrant (p.4), Ariejan Korteweg évoque "l’omniprésence apparente" du Président de la République sur les grandes chaînes de télévision.
Le Telegraaf (p.11) note que Jean-Paul Cluzel quitte la présidence de Radio France.

Dernière modification : 06/08/2009

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