Presse néerlandaise du jeudi 24 novembre 2011

Trouw (chrétien progressiste) : Clash européen sur les euro-obligations.

De Volkskrant (centre gauche) : Kunduz : un demi million par agent.

AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : Cours d’éducation pour lutter contre la maltraitance des enfants.

De Telegraaf (populaire) : L’Allemagne en difficulté.

Het Financieele Dagblad  : L’échec de la vente des obligations allemandes inquiète les marchés.

NRC-Handelsblad : Le SGP et le PVV mettent le gouvernement en garde, mais évitent la confrontation.

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AFFAIRES EUROPEENNES

Euro-obligations

Les grands quotidiens reviennent sur les propositions de la Commission européenne [RdP du 23/11/2011] pour juguler la crise. Le Volkskrant relève que la proposition qui consistait « à mettre au pas les pays qui ne respectent pas la discipline budgétaire, a pu compter sur l’approbation du gouvernement néerlandais. Toutefois, M. Knapen, secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères chargé des affaires européennes, veut plaider pendant les négociations avec les autres pays de la zone euro pour une extension du contrôle de Bruxelles sur les budgets nationaux. Il estime aussi qu’un pays qui met en danger l’euro devrait pouvoir être exclu de la zone euro ». Le quotidien note que « les Pays-Bas ont fait beaucoup de lobbying ces derniers mois pour obtenir une approche plus dure vis-à-vis des pays dissidents ». Le Trouw titre à la une : « Clash européen à propos des euro-obligations ». « La chancelière allemande a eu une confrontation dure hier avec la France et la Commission européenne sur l’approche de la crise de l’euro. Entre-temps, même les marchés financiers ne semblent plus faire confiance à l’Allemagne. Avant que Barroso ait présenté le projet, Angela Merkel avait déjà qualifié la proposition de l’émission d’euro-obligations de fâcheux et inadapté devant le parlement allemand. » Le Trouw précise que Mme Merkel rencontre aujourd’hui Nicolas Sarkozy et le Premier ministre italien, M. Monti, pour parler de la crise.
Le Financieele Dagblad relaye à la une également « le faible intérêt des marchés hier pour les obligations allemandes » et cite l’universitaire Sylvester Eijffinger qui parle d’un « wake-up call » pour les Allemands : ‘Pendant longtemps, les Allemands pensaient que la crise de la dette ne les toucherait pas. Ils en profitaient même sous forme d’un taux d’intérêt très bas. Mais plus ils traînent, plus ils courent le risque que la crise de la dette se retourne contre eux. L’échec de cette opération pourrait les amener à en prendre conscience’. ». A propos de la proposition d’euro-obligations, le quotidien financier cite le ministre des Finances néerlandais, M. De Jager. « Il considère que ‘les euro-obligations n’offrent pas de solution pour la crise actuelle’. Il pense que ces obligations pourraient même aggraver la crise. Toutefois, il n’exclut pas leur émission à terme, ‘seulement si les accords concernant la discipline budgétaire seront bien solides. Mais nous en sommes encore loin’. » Dans son éditorial, le FD estime que « la méfiance des pays triple A vis-à-vis de ce remède miracle est justifiée. Ce sont eux qui ont le plus à perdre. Des euro-obligations sont une étape logique dans une union économique parfaite, mais pas encore pour la zone euro ».

Rôle de la BCE

L’AD pour sa part, consacre un grand article aux déclarations de M. De Jager, selon lesquelles il n’exclut plus un rôle renforcé pour la BCE [RdP du 23/11/2011]. « De plus en plus d’économistes et de dirigeants européens sont convaincus que le FESF ne pourra pas sauver l’euro. Il n’y a que la BCE qui pourrait le faire. Entre-temps, M. De Jager a laissé tomber son tabou sur un rôle plus important de la Banque centrale européenne. Depuis des mois déjà, le Président Sarkozy veut changer le FESF en banque (…). Les économistes Sweder van Wijnbergen et Harald Bennink ont déjà averti que, même consolidé, le FESF ne pourra pas résoudre la crise. M. De Jager ne veut pas non plus ‘faire marcher tout simplement la planche à billets’. Mais utiliser le capital de la BCE, via le FMI ou le FESF, pour stabiliser l’euro, n’est plus un sujet tabou pour les Pays-Bas. »

ACTUALITE INTERIEURE

Ministre des Affaires étrangères

- Le Volkskrant publie un portrait du ministre des affaires étrangères, M. Rosenthal, « Une pièce rapportée responsable des critiques qu’il subit ». Theo Koelé présente un ministre qui prend la parole aujourd’hui à la Deuxième Chambre pour défendre son budget « avec le seul soutien des partis de la coalition VVD et CDA. Le PVV n’a pas souscrit à la politique étrangère du gouvernement. (…) Pour une bonne part, il ne doit qu’à lui-même les critiques qu’il essuie au parlement. Lors de sa prise de fonction l’an dernier, alors qu’il venait de quitter l’ambiance feutrée du Sénat, il a fait grimper aux rideaux ses fonctionnaires en qualifiant la diplomatie de ‘passe-temps rustique’. Il a également fait savoir que les droits de l’homme avaient une priorité moins élevée pour le gouvernement. Une grande partie de l’opposition juge que cette position nuit à l’image internationale des Pays-Bas. Rob de Wijk, directeur de l’Institut d’Etudes Stratégiques de La Haye (HCSS), précise que les reproches ne doivent pas être adressés au seul Rosenthal : ‘Le gouvernement démissionnaire Balkenende IV et le gouvernement Rutte ont laissé l’OTAN attendre un an avant de donner leur réponse sur la mission en Afghanistan’. (…) Tout cela est lié à l’absence de majorité parlementaire derrière ce gouvernement. (…) Rosenthal, pour sa part, impute la mauvaise humeur des fonctionnaires aux restrictions budgétaires qui leur sont imposées. Mais il faut ajouter à cela qu’il a tendance à ignorer la hiérarchie. Cela mécontente une organisation traditionnelle, pour ne pas dire conservatrice, comme les Affaires étrangères. La nomination de jeunes diplomates à des postes importants n’est pas particulièrement populaire auprès des collègues qui ont plus d’ancienneté. Une maigre consolation pour Rosenthal : les fonctionnaires qui déclarent regretter Verhagen déclaraient sous celui-ci qu’ils regrettaient Bot, un ancien diplomate, issu du sérail ».
- Le Financieele Dagblad relève que le chef de la diplomatie néerlandaise « demande des sanctions accrues contre l’Iran et veut accentuer le blocage des flux d’argent et d’or. Des hauts fonctionnaires du régime iranien devraient également figurer sur une liste noire et des nouvelles sanctions dans les secteurs du pétrole et du gaz sont souhaitables : ‘Le conseil des ministres européens doit prendre ces mesures au 1er décembre afin de toucher au cœur le gouvernement iranien’ ».

- L’AD note que « le PVV a présenté des excuses à Rosenthal ». Le député PVV Raymond de Roon a déclaré hier à la Deuxième Chambre, reprenant la teneur d’un message antérieur sur Twitter, que le ministre Rosenthal n’aurait jamais dû protester contre la construction de colonies israéliennes près de Jérusalem parce qu’il est juif. Après un court entretien avec le ministre, il est revenu sur ses paroles : ‘Je n’aurais pas dû évoquer l’origine juive du ministre. Désormais je le jugerai sur sa seule politique’ ». L’AD note qu’Israël « a été un des sujets les plus importants de ce débat parlementaire. Le député libéral Han ten Broeke a souligné que son parti et le CDA ne sont pas sur la même ligne que le PVV sur ces questions : ‘Nous sommes favorables à une solution comportant deux Etats pour Israël et les Palestiniens et nous voulons qu’Israël respecte les frontières de 1967. Le PVV a une toute autre vision des choses’. Selon ten Broeke, cela explique pourquoi l’accord de gouvernement comporte un passage sur Israël : ‘Tout le monde pense que c’est pour faire plaisir à Wilders, mais en réalité, cela s’explique par le fait que nous ne sommes pas d’accord’ ».

LA FRANCE DANS LA PRESSE NEERLANDAISE

Tous les suppléments du jeudi consacrés aux nouveaux films réservent un accueil très favorable à The Artist, une « ode au cinéma muet ».
Les expositions du Palais des Beaux-arts de Lille sur Louis-Léopold Boilly, du Louvre sur la Cité Interdite et du Palais de Versailles sur le mobilier national sont signalées par le Volkskrant.
Le Volkskrant évoque également l’exposition « Game Story, une histoire du jeu vidéo », qui se tient au Grand Palais, à Paris, jusqu’au 9 janvier 2012.

A SIGNALER

Le Trouw note un « rafraîchissement des relations entre les Pays-Bas et la CPI » (notamment, sur les points de l’hébergement et des visas pour les témoins).

Cette revue de presse ne prétend pas à l’exhaustivité et ne reflète que des commentaires ou analyses parus dans la presse néerlandaise, qui n’engagent en rien le point de vue propre de l’ambassade de France aux Pays-Bas.

Dernière modification : 24/11/2011

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