Presse néerlandaise du jeudi 24 janvier 2013

Trouw : Le funambulisme de Cameron

De Volkskrant : Cameron jette son ombre sur l’Europe.

AD Haagsche Courant : Coupes dans le projet d’infrastructures de La Haye.

De Telegraaf  : L’Etat plume les personnes âgées.

Het Financieele Dagblad : Fitch place une bombe sous l’effacement des obligations de SNS.

NRC-Handelsblad : La dureté du discours de Cameron surprend.

DOSSIER DU JOUR|

Climat fiscal favorable

« Bien qu’il reconnaisse que les grandes multinationales ont recours à des montages financiers compliqués pour payer moins d’impôts, le Secrétaire d’Etat aux Finances, Frans Weekers, nie que les Pays-Bas soient un paradis fiscal. Les Pays-Bas n’ont de ce fait pas l’intention de s’attaquer unilatéralement à ces pratiques parce cela serait préjudiciable pour leur trésorerie et leur climat d’investissement », note le Volkskrant. Weekers estime que ces sociétés internationales génèrent des emplois et des recettes fiscales. En cas de mise en place de contraintes, ces entreprises se déplaceraient vers des pays avec un climat fiscal plus favorable. Le Secrétaire d’Etat réagissait hier aux questions des députés et aux articles parus hier dans le Volkskrant sur le mouvement des capitaux par les sociétés boîtes aux lettres, et dans le Financieele Dagblad sur le recours des entreprises françaises à des holdings installés aux Pays-Bas [RdP du 23/01]. La Deuxième Chambre a voulu savoir à quel point les multinationales abusent des accords fiscaux que les Pays-Bas ont conclus avec de nombreux pays. Weekers a expliqué aux députés que ces sociétés étaient les bienvenues, à condition qu’elles ne soient pas seulement des boîtes aux lettres. Le Volkskrant note qu’en mai 2013, le Holland Financial Center (HFC) publiera une étude sur l’intérêt du secteur financier non-bancaire pour l’économie néerlandaise. Le quotidien précise que le HFC a été créé pour sécuriser et développer la position des Pays-Bas comme plaque tournante des finances internationales. Ce n’est qu’après la publication des résultats de cette étude que Weekers et la Deuxième Chambre débattront sur l’évasion fiscale. « Aussi bien Weekers que les députés estiment que les montages fiscaux ne peuvent être combattus que dans un contexte international ».

AFFAIRES INTERNATIONALES

Mali

Le Trouw note que « l’armée malienne aurait exécuté des rebelles », l’AD indique que « les Maliens de France sont satisfaits de l’Intervention au Mali et le Volkskrant annonce que « La force d’intervention française reçoit un appui aérien britannique » (VK15).

AFFAIRES EUROPEENNES

Discours de David Cameron

Les medias ont réservé une place importance au discours prononcé hier par le Premier ministre britannique, pour en présenter un résumé, évoquer les réactions de la classe politique néerlandaise et tenter d’évaluer son impact sur la coalition.
Le Premier ministre M. Rutte (VVD), cité dans le Trouw, juge que « le débat est une bonne chose. Mais ce qui ne serait pas bon, ce serait que celui-ci aboutisse à ce que la Grande-Bretagne sorte de l’UE. Ce serait une mauvaise chose pour le Royaume-Uni et une mauvaise chose pour l’Europe. C’est très bien d’ouvrir le débat, et celui-ci peut être vigoureux en ce qui me concerne. Mais une série d’opting-out, permettant aux pays de l’UE de ne pas s’associer aux autres sur dans certains domaines, ça il n’en est pas question ».
Le ministre des Affaires étrangères, Frans Timmermans (PvdA), explique pour sa part dans un communiqué que « Les Pays-Bas ont intérêt à une Europe forte ». S’il concède que « l’Union Européenne a besoin des réformes (…) pour vaincre la crise et générer une croissance durable » en revanche il affirme que « l’UE doit être réformée de l’Intérieur, pas en en sortant ». Il précise que les Pays-Bas n’envisagent pas de référendum : « Le gouvernement est attaché à la démocratie représentative ». L’appartenance à l’UE n’est « pas remise en question aux Pays-Bas. Notre prospérité, nos emplois dépendent en effet pour une grande partie du bon fonctionnement du marché intérieur et d’une monnaie commune saine et forte. Il nous faut donc laisser le marché jouer son rôle et réparer les défauts de fabrication initiaux sur la monnaie. Cela doit se faire avec les partenaires européens. Le gouvernement ne veut pas d’opting-outs et pas d’avantage d’une redéfinition de la relation avec l’UE. Comme le prévoit l’accord de gouvernement, les Pays-Bas veulent une discussion sur la subsidiarité et examiner ce qui doit être fait au niveau européen et ce qui peut être fait au niveau national. J’espère que le gouvernement britannique voudra mettre toute son énergie avec nous et avec d’autres pays européens qui partagent nos positions pour réformer l’UE. Une Union européenne réformée, plus démocratique, plus efficace et économiquement plus forte est la meilleure recette pour convaincre les citoyens européens de l’utilité et de la nécessité de ce projet de paix unique dans l’histoire ».
A la Deuxième Chambre, le chef de file démocrate libéral, Alexander Pechtold (D66) estime qu’il ne faut pas moins, mais justement plus d’Europe afin de réparer les défauts signalés par le PM britannique. : « Si l’on veut que l’Europe soit plus forte sur le plan économique, il faut intégrer davantage. Plus les différences sont grandes, plus l’Europe est fragile ». L’ensemble de la classe politique – « au grand dam du SP et du PVV »- est hostile à la tenue d’un référendum, précise le journal financier.
Le Financieele Dagblad relève qu’au niveau de la coalition gouvernementale, « le VVD voit les Britanniques comme des alliés, le PvdA comme un danger ». Le député Mark Verheijen rappelle ainsi que « le Royaume-Uni a été un partenaire important des Pays-Bas dans le passé, et cela demeure. Il partage les analyses de Cameron sur le retour des compétences de Bruxelles aux Etats membres ». Le parti travailliste estime de son côté que le Premier ministre britannique « plante sa hache dans les racines de la coopération européennes. Le gouvernement slalome entre les deux positions ».
La majorité des commentateurs de la presse sont d’avis que « Cameron jette une ombre sur l’UE » et « pourrait bien avoir ouvert la boite de Pandore de l’Union Européenne » (Volkskrant). Cela témoignerait toutefois d’une « arrogance déplacée d’ignorer les critiques de Cameron. Les Britanniques ont toujours joué un rôle important en Europe et il faut que cela continue. (..) Les Pays-Bas ne pourront pas faire l’économie d’un débat, et celui-ci doit être mené au Parlement. Les questions fondamentales sur l’UE ne pourront pas trouver de réponse en dehors de la responsabilité démocratique » (De Telegraaf). « Cameron agace l’Europe, mais personne ne veut laisser partir les Britanniques, et pour eux-mêmes, il n’y a pas d’autre option que d’accepter des compromis. (…) Ceux-ci sont l’essence même de l’Europe » (NRC-Handelsblad).

LA FRANCE DANS LA PRESSE NEERLANDAISE

Le Volkskrant évoque dans son supplément le film d’animation pour enfants « Kirikou et les hommes et les femmes », de Michel Ocelot (V10).

A SIGNALER

Les médias évoquent les difficultés de la banque SNS-Reaal (FD1, NRC21, FT27, VK21).

--------

Cette revue de presse est réalisée à partir des quotidiens suivants : Trouw (chrétien progressiste – 105.000 ex.) ; De Volkskrant (centre gauche – 262.000 ex.) ; AD Haagsche Courant (indépendant populaire – 430.000 ex.) ; De Telegraaf populaire – 605.000) ; Het Financieele Dagblad (financier - 62.500 ex.) ; NRC-Handelsblad (centre – 199.000 ex.)

Cette revue de presse ne prétend pas à l’exhaustivité et ne reflète que des commentaires ou analyses parus dans la presse néerlandaise, qui n’engagent en rien le point de vue propre de l’ambassade de France aux Pays-Bas.
Suivez nous sur www.twitter.com/FranceinNL. - consultez notre site internet http://www.ambafrance-nl.org.

Dernière modification : 09/09/2014

Haut de page