Presse néerlandaise du jeudi 28 août 2008

LES GRANDS TITRES
Trouw : Les pharmaciens se sentent dupés
Volkskrant : L’externalisation coûte cher aux bureaux d’aide aux jeunes
Telegraaf : Durcissement de la violence dans les trains
Algemeen Dagblad : Les médaillés olympiques reçus chez la Reine
NRC-Handelsblad : Le Kremlin donne de temps en temps un coup de faux dans son pré

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AFFAIRES INTERNATIONALES

Géorgie

Le correspondant à Moscou du NRC-Handelsblad s’est entretenu de la situation dans le Caucase avec une spécialiste de sciences politiques russe, Mme Nadia Arbatova, et retient de ses propos, dans un grand article publié à la une et se poursuivant en page intérieure, qu’ « en reconnaissant l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, le Kremlin a fait doublement comprendre à l’Occident qu’il ne se laisse plus marcher sur les pieds. Et certainement pas dans le Caucase, le pré carré de la Russie. Un pré fertile, qui est également entouré d’un fil barbelé éternellement enneigé qui protège la Russie sur son flanc sud de ses ennemis potentiels. Il n’est donc pas étonnant que de temps en temps, les jardiniers du Kremlin procèdent à son entretien à coup de faux affilées. L’Occident avait seulement eu tendance à l’oublier depuis l’effondrement de l’Union Soviétique et les crises internes qui en ont découlé. (…) Maintenant que la Russie s’est de nouveau manifestée sur la scène internationale comme un géant impitoyable, l’Occident est sorti de son rêve de supériorité hégémonique. Soudain la Russie apparaît comme une grande puissance avec laquelle on ne plaisante pas et qui est prête, pour défendre ses intérêts, à échanger sa politique de « soft power » contre une « Realpolitik » de tanks ronflants et d’intimidation : ‘tout semble fixé à l’avance, comme dans une tragédie grecque ; la Russie a donné de multiples signaux à l’Occident sur le Kosovo et la progression de l’OTAN vers l’est. Maintenant que Saakachvili a déclenché une crise entre la Russie et l’Occident et dans les pays de la CEI, il est trop tard. (…) La stabilité dans le Caucase est d’une très grande importance pour la Russie, cela n’a rien à voir avec des ambitions impérialistes, notre pays a suffisamment de matières premières et de territoire’. »

« Les diplomates européens sont perplexes », poursuit le NRC dans un deuxième article publié dans sa rubrique internationale, entièrement consacrée à la Russie et au Caucase : « L’intervention de l’UE en Géorgie, aboutissant à un cessez-le-feu, a été un succès. Jusqu’à ce que la Russie reconnaisse les régions dissidentes. (…) A Bruxelles, les diplomates sont perplexes. Le coordinateur de l’UE, M. Solana, devrait se rendre le week-end prochain en Géorgie et peut-être à Moscou. Mais pour l’heure, il faut une concertation avec la présidence française de l’UE. Les fonctionnaires et les diplomates ne s’attendent pas à ce que l’on évoque également le Kosovo lundi – et que l’on se demande si c’était une bonne idée de reconnaître son indépendance, maintenant que l’UE doit rappeler à la Russie le principe d’intégrité territoriale de la Géorgie ».

L’éditorialiste du grand journal du soir présente pour sa part la reconnaissance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie annoncée par le Président russe M. Medvedev comme l’expression d’une « rancune introvertie ». Il constate que cette annonce à été suivie d’un « vent de panique à la bourse de Moscou » et rappelle que « faire la guerre, ça n’est pas gratuit ». (…) « Sous la direction de la ‘fraction en uniforme’, la Russie semble se replier sur elle-même. Dans le passé, ce type de politique autarcique n’a jamais apporté au pays la prospérité sociale ni économique. Une Russie introvertie n’est pas seulement une menace pour l’Occident mais également pour elle-même ».

Dans le Volkskrant, Leen Vervaeke, dans une colonne d’analyse de politique internationale, est d’avis qu’en reconnaissant l’indépendance du Kosovo, « l’Occident a ouvert la boite de Pandore. Mais il a – ce qui est au moins aussi dangereux – donné la clef de la boite à la Russie ».

L’éditorialiste du Trouw est également d’avis que « tout indique que Moscou cherche à se venger du Kosovo. (…) Il est à craindre que la reconnaissance russe (des provinces dissidentes) ait également une influence sur un autre conflit déjà ancien que connaît cette région si facilement inflammable. Le Kremlin a toujours été vigoureusement hostile à l’autonomie totale de la Tchétchénie. Pour l’heure, c’est un fidèle de Moscou, Kadyrov jr., qui est à la tête de cette région, mais après cette semaine, que pourront lui répondre les Russes s’il demande plus ? ».

Le Telegraaf a recours à l’expression « Paix Froide » pour décrire la situation dans le Caucase, citant les propos tenus hier par l’ancien secrétaire général de l’OTAN Willy Claes. Ce journal rappelle que « lundi se tiendra à Bruxelles une réunion consacrée à la crise de Géorgie. Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a qualifié hier la situation de ‘très dangereuse’ et a estimé qu’il n’était pas impossible que la Russie cherche la confrontation. Le problème est que Bruxelles dispose de bien peu de moyens de sanction ».

L’AD est pour sa part d’avis que cette crise « fournit à Medvedev l’opportunité longtemps attendue de sortir de l’ombre de Poutine » et de prouver à son opinion publique que c’est bien lui qui tient les rênes en Russie.

ACTUALITE INTERIEURE

Ministre VROM

Le Volkskrant annonce dans un petit article à la une que « Mme Cramer a chargé le bureau Ernst & Young de rechercher de quelle façon elle aurait pu être impliquée dans une la déclaration de soutien publiée en 1986 dans le journal des squatters Bluf ! . Elle a souligné mercredi qu’elle n’a pas le souvenir d’avoir commis une mauvaise action et qu’elle n’a rien à cacher ». Mme Cramer, précise le Volkskrant, « s’expliquera mardi prochain à la Deuxième Chambre ».

L’éditorialiste de ce journal, utilisant l’expression de « chasse aux sorcières », craint que « petit à petit, aux Pays-Bas, se dessine un contexte dans lequel toutes les ‘actions’ extra-parlementaires des années quatre-vingt deviennent condamnables. C’est injuste. C’est une bonne chose que les activistes de l’époque rendent des comptes publiquement, comme l’a demandé Duyvendak. Mais il ne faut pas que cela tourne à la chasse aux sorcières. La violence et les menaces constituent la limite. Une éventuelle signature il y a vingt ans ne justifie pas que l’on quitte la politique ».

L’AD relève que le vice-Premier ministre, M. Wouter Bos (PvdA), a annoncé qu’il « ne se faisait pas de souci sur le résultat des recherches. ‘Tous ceux qui la connaissent respectent sa réputation, son travail et sa vie. (…) J’ai toute confiance en elle’ ».

AFFAIRES FRANCAISES

Le Trouw parle de « Révolution écologique de Sarkozy en France », faisant référence au « plan pour l’environnement annoncé l’an dernier » et plus précisément aux « mesures prises sur les voitures polluantes ». Ce journal se montre d’autant plus étonné que dans ces conditions « Renault annonce un nouveau 4X4 ».

Dernière modification : 17/09/2008

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