Presse néerlandaise du jeudi 29 décembre 2005

Avec la mise en orbite hier matin, à partir du centre spatial russe de Baïkonour, du premier satellite du projet Galileo l’Europe a entamé une course avec les Etats-Unis, en matière de navigation assistée par satellite. Le système européen, qui consistera en trente satellites sur orbite moyenne, sera nettement plus précis que le GPS américain. Lorsque Galileo deviendra opérationnel, en 2010, les Etats-Unis perdront une partie de leur monopole dans l’espace.
"Les Pays-Bas n’étaient pas tellement enthousiastes au début", souligne le NRC Handelsblad d’hier soir. "Le ministre des Finances Zalm craignait que le projet ne soit beaucoup trop coûteux."

-NRC Handelsblad d’hier soir : "Lancement d’un satellite européen - L’Europe, avec le système de navigation Galileo, se mesure au GPS américain", "Balakot revient à l’islam" (Pakistan), "’Ce spectacle n’est pas admissible’ - Le député VVD Van Baalen condamne le processus décisionnel ’catholique’ concernant la mission en Afghanistan"
-Trouw : "’Belgrade traque vraiment Ratko Mladic’ - La Serbie a encore trois jours"
-de Volkskrant : "’Davantage de salaire en échange de vacances’ - Le patronat veut supprimer des jours de congé", "L’Europe commence la mise en place d’un réseau moderne de navigation", "Kamp a envisagé d’annuler la mission en Afghanistan" (reconstitution)
-AD Haagsche Courant : "Zalm : La pauvreté est relative - ’Les gens sont déjà tellement bien servis’"
-De Telegraaf : "La NVM choquée par les prix cassés - Le courtage est beaucoup plus faible chez l’agent immobilier ’bricoleur’", "De Roy brandit des enregistrements réalisés en catimini - ’Des entretiens avec Beatrix’"

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LE DOSSIER DU JOUR :Pauvreté aux Pays-Bas

Le ministre des Finances Gerrit Zalm, dans un entretien avec le quotidien à grand tirage AD Haagsche Courant (pp.1, 6 et 7), affirme qu’aux Pays-Bas on emploie trop vite le mot "pauvreté". "Il est vrai que nous avons vu baisser le pouvoir d’achat. Mais la pauvreté telle que nous la définissons est un phénomène dont nous ne nous déferons jamais. La Banque mondiale qualifie de pauvre toute personne qui dispose de moins d’un dollar par jour. Nous employons le mot pour tous ceux qui gagnent moins de 105 pour cent du minimum social. Dans ce sens c’est un problème insoluble." "Ce n’est qu’avec zéro personne touchant une indemnité d’assistance sociale que la pauvreté aura disparu. C’est un objectif irréalisable."
Zalm réagit dans l’AD à la récente publication de statistiques du Sociaal en Cultureel Planbureau (SCP) montrant que la pauvreté a fortement progressé cette année. Il qualifie cette progression de "relative" et dit que les classes inférieures de la société néerlandaise sont beaucoup plus prospères que durant sa propre jeunesse, il y a cinquante ans. "Je suis moi-même issu de la classe moyenne inférieure. Il n’y avait pas de télé, on mangeait des tartines doubles et on cousait nous-mêmes nos vêtements. Nous ne buvions même pas de café, le thé était meilleur marché, et encore moins de l’alcool ou des jus de fruits. C’était réservé aux anniversaires."
"Son image de véritable chef du gouvernement Balkenende s’est de nouveau confirmée le dernier mois", remarque le journal dans le chapeau de l’interview du ministre. "Le ministre des Finances Gerrit Zalm a gardé la main sur les cordons de la bourse lorsque le partenaire de coalition le CDA, aux alentours de la Saint Nicolas, a réclamé 250 millions d’euros pour compenser tous les ménages de la cherté de l’énergie." "’Nul n’est obligé de passer sous mon joug’, dit le ministre libéral en riant. ’Mais il n’y avait rien à compenser. Le pouvoir d’achat de tout le monde augmentera l’an prochain’."
"En dépit de la crise de la Saint Nicolas, Zalm est décontracté. ’La discussion a été chaude, mais il n’y a pas eu d’accroc’, dit-il. Il remarque que la décision qui en a découlé, une hausse de la déduction fiscale des familles ayant des enfants et 35 millions supplémentaires pour l’assistance sociale, était ’surtout un geste en direction de la Chambre’."
"Si sous prétexte qu’on a une aubaine de trois milliards on réclame un quart de million pour des choses qui ne sont pas nécessaires, que se passera-t-il lorsque brusquement on aura vraiment besoin de quelque chose ?" fait valoir le ministre des Finances. "Bolkestein disait déjà qu’il est tout aussi difficile pour un politique de constituer des réserves financières que pour un chien de garder une réserve de saucisses. Mais il faut tout de même en arriver à un excédent budgétaire."

Selon la députée SP Agnes Kant, sur la même page de l’AD, "Zalm et les autres ministres ne comprennent pas ce qui se passe aux Pays-Bas". "Evidemment qu’il y a des pauvres : pas seulement parmi ceux qui n’ont pas de travail, mais de plus en plus parmi ceux qui en ont. Et ces gens peuvent peut-être effectivement se payer un jus de fruit, mais parfois ils sont contraints de sauter un repas chaud. Comme si ce n’était pas triste. Et Zalm a beau sortir de la classe moyenne inférieure, ce n’est pas là notre propos. Nous parlons de gens qui n’arrivent vraiment pas à joindre les deux bouts."

ACTUALITE INTERNATIONALE

Pays-Bas - Union européenne

"A Bruxelles, le non désastreux de la France et des Pays-Bas à la Constitution n’a manifestement pas eu une répercussion suffisamment grande pour que La Haye soit défavorisé dans les laborieuses négociations sur le budget européen", remarquent Frans Dijkstra et Teun Lagas, dans un article fondé sur un entretien avec le secrétaire d’Etat Nicolaï (Affaires européennes), dans le cahier de Verdieping du Trouw. "Alors qu’on se serait attendu à ce que la délégation haguenoise soit un peu paralysée après le référendum, le gouvernement néerlandais s’en est justement bien sorti."
"Nicolaï : ’Le non reste un creux de la vague, mais je n’ai pas remarqué qu’il a fait diminuer notre influence. Nous pouvions même l’exploiter un peu au début. Nous disions dans certaines discussions : ’N’oubliez pas ce qui se passe aux Pays-Bas.’ Mais nous n’avons jamais employé le non et le brusque euroscepticisme des Pays-Bas dans les négociations budgétaires, à propos du milliard. Ce milliard, nous l’avons eu parce que nos plaintes ont été prises au sérieux. Je trouve que notre succès dans les négociations financières indique clairement qu’on prend de nouveau les Pays-Bas au sérieux’."
"Nicolaï dit que, si le non à la Constitution n’a pas affecté l’influence des Pays-Bas, les meurtres politiques des dernières années, eux, ont eu une influence sur leur réputation. ’Après le meurtre de Fortuyn et de Theo van Gogh les diplomates nous ont souvent demandé dans quelle mesure les Pays-Bas étaient encore harmonieux et pro-européens. Nous avons remarqué alors qu’on avait des doutes sur nous, mais ils se sont de nouveau dissipés depuis’."
"’Je suis animé d’un pragmatisme passionné. Nous ne pouvons plus enthousiasmer les nouvelles générations en leur faisant valoir que nous connaissons la paix depuis plus d’un demi-siècle. ’Plus jamais de guerre’ est une évidence pour elles. Il n’y a plus de menace de guerre directe en Europe, mis à part le terrorisme transfrontalier. Une autre peur règne maintenant, celle de l’étranger qui se rapproche de nous. C’était une importante base du non à la Constitution. Je comprends très bien cette insécurité, mais elle m’incite à faire le choix contraire. L’Europe est justement le moyen de faire face à l’étranger, d’éviter que la Chine et l’Inde nous écrasent du point de vue économique. Dans ce sens, le non à la Constitution a renforcé ma passion pour l’Europe’."

ACTUALITE INTERIEURE

Edwin de Roy van Zuydewijn

"De Roy annonce un livre à grand bruit", titre le Telegraaf en page 3. "’Une bombe sous la monarchie’." Selon l’avocat du mari de la princesse Margarita, Me Pim de Vos, le livre auquel De Roy van Zuydewijn met la dernière main contient des "informations explosives". L’avocat parle de scandales qu’il faut révéler dans l’intérêt de la société néerlandais. Selon De Vos, il s’agit notamment d’affaires touchant directement "le fonctionnement du chef d’Etat, la Reine Beatrix". De Roy utiliserait entre autres des enregistrements datant de la mi-2001, lorsqu’il s’est senti contrecarré par la famille royale et a essayé d’en rassembler des preuves en catimini.
"De Roy a suffisamment de matière pour au moins deux livres. Il est également en pourparlers maintenant sur une publication à l’étranger", selon l’avocat De Vos.
Si tout finit bien avec Margarita, qui a demandé le divorce et ne voit plus son mari, De Roy renoncera à la publication des révélations les plus embarrassantes, souligne le journal populaire en se référant à "des initiés". "Mais il semble pratiquement exclu que le mariage puisse être sauvé. Les derniers mois Margarita a beaucoup travaillé à son retour à la Cour. Ainsi, elle a présenté ses excuses aux membres mis en cause, pour le mal qu’elle leur a fait avec son mari."
"Le tribunal d’Amsterdam se penchera prochainement sur la demande de divorce. De Roy s’y oppose en affirmant que Margarita n’est pas en état d’exercer sa propre volonté."

Culture

"Le gouvernement va entrer en action contre les voleurs d’objets d’art et d’antiquités", annonce le Telegraaf (p.7). "L’instauration d’une banque de données nationale sur les biens culturels volés doit entraver les criminels dans leurs mauvaises pratiques. Dans une lettre que la secrétaire d’Etat Medy van der Laan (Culture) a envoyée à la Deuxième Chambre hier, elle annonce l’ouverture de la banque de données pour le deuxième semestre 2006."
Il n’y a pas d’enregistrement central d’informations sur les objets d’art et les antiquités volés actuellement, de sorte que les recherches sont laborieuses, rappelle le journal populaire.

ECONOMIE, FINANCES

De Telegraaf

La maison d’édition Telegraaf Media Groep (TMG), qui édite notamment le quotidien à grand tirage De Telegraaf, va supprimer plus de deux cents emplois à plein temps à cause de la morosité du marché des médias. Depuis fin 2000, le nombre de salariés du groupe était déjà descendu de 4 950 à 4 360 à la mi-2005. TMG s’attend à ce que le nouveau dégraissage débouche sur une économie annuelle de plus de dix millions d’euros, mais le coût de l’opération reste incertain. "Nous ne voulons pas nommer de montant pour le moment", a déclaré un porte-parole de TMG (NRC Handelsblad d’hier soir p.15, Trouw p.12).

Pouvoir d’achat

Les Néerlandais restent pessimistes sur leur revenu en 2006. Plus des trois quarts de la population s’attendent à un recul ou une stagnation de leur situation financière l’an prochain. C’est ce qui ressort de l’enquête de fin d’année de l’Institut national d’information budgétaire (Nibud) et de RTL Nieuws. L’ambiance est au pessimisme, mais tout de même un peu moins que l’an dernier.
Seul un quart des Néerlandais pense pouvoir dépenser plus en 2006, en dépit des nouvelles positives sur la reprise économique. Selon le Nibud, la méfiance est due aux nombreux changements programmés pour l’année prochaine, notamment celui du système de sécurité sociale (Trouw p.13).

AFFAIRES FRANÇAISES

Le NRC Handelsblad (p.5) d’hier soir publie un reportage de René Moerland sur les sans-abri de la Cité André Jacomet : "’Il y a les bons sans-abri et les moins bons sans-abri’ - Ceux qui ont du travail devraient pouvoir rester plus de sept jours dans les centres d’accueil".

Dans le Volkskrant (p.6), Fokke Obbema évoque le développement de Toulouse : "De Gaulle a donné à Toulouse le gros lot : la navigation aérienne". "Alors que la révolution industrielle n’est pas passée par Toulouse, Airbus a transformé la ville en métropole."

Le Telegraaf (p.13) explique la coutume des étrennes.

Sur le plan culturel, l’Algemeen Dagblad, dans son cahier Uit, présente à son tour l’exposition Henri Cartier-Bresson au FOAM Fotografiemuseum d’Amsterdam.

Dernière modification : 13/02/2012

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