Presse néerlandaise du jeudi 3 mai 2007

La princesse Ariane est hospitalisée au centre médical universitaire de Leyde (LUMC) depuis hier matin. La troisième fille du prince héritier Willem-Alexander et de la princesse Máxima, née à La Haye il y a 23 jours, souffre d’une infection des voies respiratoires et est sous antibiotique. Selon le RVD, le service d’information du gouvernement, elle restera sans doute à l’hôpital pendant une semaine.

NRC Handelsblad (libéral) d’hier soir : "Erdogan fonde ses espoirs sur le peuple" (correspondant d’Istanbul), "La Turquie retournera aux urnes", "Veto de Bush contre le retrait d’Irak", "241 000 personnes sans assurance maladie"
De Telegraaf (populaire) : "Les Polonais bricolent maintenant légalement - Les propriétaires apprécient le tarif horaire de 7 euros", "Inquiétude pour Ariane - La petite princesse est à l’hôpital"
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "KLM a de plus en plus de mal à trouver de bons pilotes", "La petite princesse restera à l’hôpital pendant une semaine", "Les rivaux français se saluent avant l’offensive" (débat des candidats à la présidence)
de Volkskrant (centre gauche) : "Les entreprises néerlandaises bradées - En trois ans, des entreprises d’une valeur globale de plus de 188 milliards d’euros ont été vendues à des investisseurs étrangers", "Royal attaque la première, Sarkozy riposte", "La LPF ferme son bureau"
Trouw (chrétien progressiste) : "Enquête sur l’association pour l’ostéoporose - Le ministère [de la Santé publique] veut des éclaircissements sur l’emploi de sa subvention", "Les Pays-Bas vus par l’occupant" (exposition de photos au Rijksmuseum d’Amsterdam), "Royal pugnace durant un solide débat télévisé"

* * *

ACTUALITE INTERNATIONALE

Turquie

"La Turquie retournera aux urnes, probablement le 24 juin", annonce le NRC Handelsblad d’hier soir à la une. "Le parti au gouvernement, l’AK du premier ministre Erdogan, a déposé une demande au Parlement à cet effet. En organisant des élections anticipées Erdogan espère sortir de la crise politique que traverse la Turquie."
"La stricte séparation du séculier et du religieux sera affaiblie si Gül est élu", remarque l’éditorialiste du journal du soir, "parce qu’alors non seulement le premier ministre, mais aussi le président sera islamique orthodoxe. Ce dernier est actuellement l’incarnation de l’administration séculière."
"Dans cette lutte politique, les séculiers, qui sont souvent des Turcs extrêmement nationalistes, n’ont pas forcément raison. Ils sont fortement représentés parmi l’élite turque et soutenus par l’armée, qui est souvent intervenue dans le passé pour défendre l’héritage de Kemal Atatürk."
"La limitation et la surveillance de la religion par l’Etat séculier turc sont contraires à la liberté de culte établie dans les traités européens. C’est la raison pour laquelle l’AK du premier ministre Erdogan, qui a des racines islamiques fondamentalistes, a fait plus pour adhérer à l’Union européenne que les séculiers qui sont maintenant dans l’opposition. Sous le pavillon européen, les musulmans turcs bénéficieront de plus de liberté religieuse. D’un autre côté, les règles européennes rendront impossible l’évolution vers une théocratie. Il n’est pas certain que la Turquie, avec toutes ses limitations, pourra devenir un jour membre à part entière de l’Union européenne, mais Bruxelles, par ses règles concernant la procédure d’adhésion, exerce une influence invisible sur le déroulement démocratique de l’élection présidentielle."
"Il n’est pas certain que les élections anticipées, qui seront une sorte de référendum sur le nouveau président, mettront fin à la division." "La Turquie, une des rares démocraties islamiques, traverse une phase précaire. La réserve est de rigueur pour toutes les parties. L’armée doit rester dans les casernes cette fois-ci. Erdogan et Gül, compte tenu de leur état de services, méritent le bénéfice du doute."

Pour le Volkskrant, "la grande tâche des politiques turcs est de trouver un modus vivendi dans lequel le séculier reste la base de l’appareil constitutionnel, mais permette un emploi plus souple des symboles religieux". "Dans un pays qui, ces dernières années, a fait tant de progrès du point de vue démocratique comme du point de vue économique et qui souhaite jouer un rôle significatif, cela ne doit pas être irréalisable."
"L’Europe peut aussi contribuer à la bonne issue de ce processus. C’est à juste titre que la Commission européenne a insisté sur le respect du jugement de la Cour Constitutionnelle. L’adhésion turque est peut-être encore très éloignée, cela n’empêche pas l’UE d’exercer une influence indirecte. L’ironie veut que l’AK attache au moins autant de valeur à l’adhésion à l’Union européenne qu’une grande partie de l’opposition séculière. En effet, l’Europe représente aussi la liberté religieuse."
"Il appartient à l’UE de dissiper les préoccupations de l’élite séculière en insistant sur le fait que la séparation de l’Eglise et de l’Etat fait également partie des normes européennes, comme d’ailleurs la subordination de l’armée à la politique."

Election présidentielle française

"Le débat des candidats à la présidence a duré deux heures et a été vif, mais il s’est terminé par un match nul", écrit le Volkskrant à la une, dans le chapeau d’une correspondance narrative de Fokke Obbema. "Royal, la première femme de l’histoire de la Cinquième République à participer au débat final, a été la première à tirer sur son adversaire de droite, parce qu’il avait prêché la ’tolérance zéro’ dans le domaine de la sécurité, alors que l’insécurité, selon elle, avait augmenté lorsqu’il était ministre." "Sarkozy a d’abord essayé de parer ces attaques en adoptant une attitude présidentielle détachée, mais son tempérament a rapidement pris le dessus."
"Le débat n’a pas eu de vainqueur manifeste. Les opinions divergent sur son impact. Les socialistes, qui sont en retard de 4 à 7 pour cent dans les sondages, pensent qu’il est ’décisif’ pour la présidence. Le camp de droite, au contraire, en minimise l’importance."

"En France, les candidats à la présidence, Nicolas Sarkozy, de droite, et sa rivale socialiste Ségolène Royal, ont mené hier un solide débat télévisé", note le Trouw à la une. "La discussion a duré deux heures et demie - une demi-heure de plus que prévu - et peut être décisive pour l’issue du deuxième tour de l’élection présidentielle, dimanche prochain."
"Une grande partie du débat a porté sur l’économie, la dette publique, les retraites et l’emploi. La semaine de 35 heures - introduite par les socialistes dans les années quatre-vingt-dix - a notamment été vivement discutée. Curieusement, des thèmes très présents durant la campagne électorale - l’immigration, l’identité nationale - n’ont guère été abordés."
"Au premier tour, Sarkozy a obtenu 31,2 pour cent des voix et Royal 25,9 pour cent", rappelle le journal chrétien progressiste en page 9. "Et l’ultranationaliste Jean-Marie Le Pen, placé quatrième au premier tour, a appelé sa base à ne pas voter. Cela peut profiter à Royal."

"C’est la cinquième fois, depuis 1974, que les champions du premier tour croisent le fer", souligne le Telegraaf (p.12). "Seul Chirac a rompu avec cette tradition en 2002, en refusant d’entrer en dialogue avec le candidat de l’extrême droite Jean-Marie Le Pen. La rencontre entre Sarkozy et Royal est en tout cas historique du simple fait que c’est la première fois qu’un homme et une femme se sont affrontés."

ACTUALITE INTERIEURE

Ex-musulmans

"Un certain nombre d’apostats musulmans néerlandais vont s’associer dans le Centrale Comité voor Ex-moslims", annonce le Volkskrant (pp.1 et 2). "Deux des initiateurs, le conseiller municipal PvdA Ehsan Jami (22 ans, Leidschendam-Voorburg) et Loubna Berrada (31 ans) disent vouloir briser ainsi des tabous et relancer le débat civil sur la liberté de croire ou non."

"Selon [Jami], il y a aux Pays-Bas des milliers de musulmans qui n’osent pas se distancier de leur religion", écrit le Trouw (pp.2-3). "’Dans l’islam il est honteux de ne plus vouloir être musulman. Ces gens sont menacés et reniés par leur famille. Personne n’en parle, c’est inacceptable’."
"La fondation d’un club d’apostats musulmans en Allemagne a poussé Jami à fonder une organisation comparable aux Pays-Bas."

Liste Pim Fortuyn

"Dimanche, il y aura cinq ans que Pim Fortuyn a été assassiné et vendredi le bureau de la Liste Pim Fortuyn (LPF), à La Haye, fermera ses portes", relève le Volkskrant à la une. "Selon le secrétaire du parti, Jens van der Vorm-de Rijke, la fermeture du bureau du parti est inévitable, parce que la LPF ne touche plus de subvention du ministère de l’Intérieur."
"La fermeture du bureau semble aussi être le prélude de la dissolution de la LPF. Les membres décideront en juin. Jens van der Vorm-de Rijke s’attend à ce que l’issue soit négative."
"Après le départ de la LPF de la Deuxième Chambre, le 22 novembre 2006, un sondage avait déjà été effectué parmi les membres sur l’avenir du parti. La plupart des 250 répondants s’étaient à l’époque déclarés contre la dissolution. Selon Van der Vorm-de Rijke, la LPF a encore une dizaine de conseillers municipaux et un échevin dans le pays."

AFFAIRES FRANÇAISES

Outre les comptes rendus du débat des candidats à la présidence, on notera deux articles mentionnant une tentative de perquisition à l’Elysée, dans le cadre de l’affaire Borrel (NRC Handelsblad d’hier soir p.5, AD Haagsche Courant p.15).

Dernière modification : 20/01/2010

Haut de page