Presse néerlandaise du jeudi 4 décembre 2008

Le commerce de détail, les concessionnaires de voitures et les promoteurs néerlandais pratiquent le dumping de leurs produits, selon les observateurs du marché. "Des maisons neuves avec une réduction de cinquante mille euros, une deuxième voiture gratuite, les grandes surfaces de bricolage et les magasins de mode qui soldent dès avant la Saint Nicolas et, ne l’oublions pas, la baisse rapide du prix du carburant", écrit le Volkskrant à la une : "Pour le Néerlandais moyen la crise du crédit est une bénédiction pour le moment – à moins qu’il ne place son argent, perde son emploi ou soit obligé de vendre sa maison."
"Par suite de toutes ces réductions, l’inflation baisse rapidement. Les chiffres sur novembre que le CBS publiera aujourd’hui le montreront."

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- NRC Handelsblad (indépendant) d’hier soir : "Un deuxième tour de soutien aux banques en préparation", "Les banques résolvent d’abord leurs propres problèmes", "Une nouvelle étape vers le contrôle de la constitutionnalité"
- de Volkskrant (centre gauche) : "Les casseurs de prix rendent la crise supportable", "Joustra : la menace terroriste est plus grande que jamais", "Après le thé retour au champ de bataille" (reportage sur les talibans d’Afghanistan)
- Trouw (chrétien progressiste) : "Les demandeurs d’asile peuvent forcer leur ’amnistie’ – Des centaines de nouvelles procédures sont possibles" (conséquence d’une décision du Conseil d’Etat"
- AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "Les banques alimentaires regorgent de denrées - ’Plus l’économie va mal, mieux nous nous portons’", "Des milliers d’enfants non scolarisés" (problèmes psychiques ou de comportement)
- De Telegraaf (populaire) : "Des voitures-école impropres – Les examinateurs exigent plus de sécurité", "Du surf sur la place Saint Marc" (Venise inondée)

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= ACTUALITE INTERNATIONALE =

Pays-Bas - Etats-Unis

"Le premier ministre Balkenende a téléphoné hier soir au prochain président américain Barack Obama", annonce le Telegraaf à la une. "L’entretien a porté sur la crise financière et économique et le changement climatique. Ces deux problèmes demandent une approche mondiale, ont conclu les deux hommes politiques. L’Afghanistan et la commémoration de 400 ans de relations entre les Pays-Bas et les Etats-Unis ont aussi été abordés."

Union européenne – Chine

"La Chine joue au poker avec l’Europe", titre le Volkskrant (p.6) au-dessus d’une correspondance de Shanghai signée Hans Moleman. "L’exécution d’un ’espion’ ayant des liens européens, un prix des droits de l’homme pour un militant chinois emprisonné, une vive querelle avec la présidence française de l’UE : il y avait rarement autant d’irritation ces dernières années. La crise économique fait peut-être que les esprits s’échauffent plus rapidement à Pékin. Si les leaders chinois cherchent un paratonnerre pour l’agitation sociale intérieure, un Européen déclaré comme le président français Sarkozy est un bon candidat."
"Pékin ne dit pas quelles pourraient être les ’graves conséquences’ cette fois-ci. Des tracasseries économiques semblent être l’option la plus probable. Les entreprises françaises ont des intérêts considérables en Chine : elles fournissent notamment des avions (Airbus) et des centrales nucléaires et sont actives dans le secteur du commerce de détail, avec Carrefour, et dans le secteur automobile avec PSA."
"Mais le gouvernement chinois sait qu’il joue le grand jeu. On l’oublie parfois, mais en fait la Chine a davantage besoin de l’UE que vise versa. Et pas seulement à cause des échanges commerciaux. Les entreprises européennes, dont les constructeurs français de centrales nucléaires et d’avions, sont des fournisseurs cruciaux d’une technologie de pointe qui manque à l’industrie chinoise."
"’Pékin bluffe’, dit un manager européen à Shanghai. ’On y espère que les entreprises européennes feront pression sur leurs gouvernements. Mais on sous-estime peut-être le fait que nous commençons à en avoir assez du despotisme chinois’."

Afghanistan

"Il n’y a pas de solution militaire pour l’Afghanistan", cite le correspondant à Kaboul du Volkskrant (p.5), Deedee Derksen, de la bouche du plus haut représentant des Nations Unies en Afghanistan, le Norvégien Kai Eide. "Certes, les [nouveaux] militaires peuvent aider à entraîner les troupes de sécurité et à garantir des élections sûres. Mais la solution définitive du conflit sera politique."
M. Eide se dit "un grand partisan" du dialogue avec les talibans. "Mais nous suivons le gouvernement afghan dans cette affaire. Cela ne peut pas être une stratégie internationale, mais une stratégie afghane avec un soutien international. Cela doit se faire en respectant la Constitution et les progrès enregistrés." "Nous soutenons le président afghan dans le choix de ses interlocuteurs [talibans]. Quand on veut obtenir des résultats pertinents, on doit parler aux gens pertinents."

Sous-munitions

Le NRC Handelsblad (pp.1 et 5) d’hier soir a repris une dépêche AP intitulée "Plus de 100 pays signent l’interdiction des sous-munitions". "Bien que les principaux producteurs et détenteurs de ce type de munitions à fragmentation n’aient pas signé à Oslo, les protagonistes parlent d’une percée. Ils espèrent que l’interdiction rendra l’engagement et la production de sous-munitions encore plus controversés."
"Une coalition d’organisations non gouvernementales a fait du lobbying pendant deux ans pour ce traité rédigé à Dublin en mai dernier et qui entrera en vigueur dès que trente pays l’auront ratifié. Les Pays-Bas sont également de la partie."

Ce matin, le Volkskrant (pp.1 et 9) publie une synthèse de dépêches AP-Reuters.

Le Trouw (p.9) rend compte des commentaires d’une Néerlandaise membre d’une organisation qui a œuvré contre ces armes, et rappelle que "les Pays-Bas ont employé des sous-munitions en 1999, durant les bombardements de l’OTAN au Kosovo et au Monténégro, et ils y ont laissé 4 000 unités qui n’ont pas explosé".

= ACTUALITE INTERIEURE =

Terrorisme

"La menace du terrorisme est plus grande que jamais aux Pays-Bas", relève le Volkskrant à la une. "C’est surtout à cause des suites du film Fitna du leader PVV Geert Wilders que les jihadistes partisans de la violence internationale ont les Pays-Bas dans le collimateur. C’est ce que dit Tjibbe Joustra, Coordinateur national de la lutte contre le terrorisme (NCTb) dans une interview à notre journal."
"Le niveau officiel de menace est ’substantiel’, tout comme il y a trois ans par exemple, à l’époque de l’arrestation de Samir A. pour la préparation d’attentats, entre autres. Mais en fait, ont peut parler de ’substantiel plus’, dit Joustra. ’Quand je compare la situation au niveau substantiel de menace d’il y a trois ans, la base actuelle de notre analyse est plus solide’."
L’interview figure en page 13. M. Joustra quittera ses fonctions le 1er janvier 2009.

Champignons hallucinogènes

"Le gouvernement se concertera à court terme sur la manière d’appliquer dans la pratique l’interdiction des paddo’s", note le Volkskrant (p.3) ; "Le maire d’Amsterdam Cohen, notamment, a récemment remarqué qu’il ne voyait absolument pas comment il fallait appliquer cette interdiction. Il s’est demandé si c’était une tâche de la police ou de l’Autorité de surveillance des denrées et marchandises (VWA). Mais la VWA n’est pas concernée, souligne le ministère de la Justice, parce que la vente de champignons hallucinogènes tombe sous la loi sur l’Opium."

"La députée Lea Bouwmeester (PvdA) s’irrite du ’manque de communication’ entre Klink et les communes. ’Il a envoyé une lettre aux communes pour leur dire : les paddo’s sont désormais interdits, appliquez la loi, bonne chance. C’est ridicule. Cela prouve que c’est surtout une politique symbolique, sans réflexion sur son application’."
"Selon le journal télévisé NOS Journaal, le ministre Klink part du principe que la police doit veiller au respect de l’interdiction des paddo’s, mais la ministre Ter Horst (Intérieur) n’en serait pas d’accord" (également Trouw p.7).

= AFFAIRES FRANÇAISES =

L’AD (p.19) prévoit que "la navigation fluviale néerlandaise à destination de la France va certainement croître de 15 pour cent les prochaines années, grâce à l’élargissement des voies d’eau". "A partir de 2011 un canal d’une longueur de 106 kilomètres sera creusé, qui reliera la région parisienne au Benelux." "’Ce sera extrêmement important pour la navigation fluviale néerlandaise’, déclare Edwin Kleingeld, du ministère des Transports et Voies d’Eau."

Dernière modification : 18/12/2008

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