Presse néerlandaise du jeudi 5 janvier 2006

Les grands titres :

- Trouw : La durée de vie n’a presque pas augmenté ; Sharon dans un état critique
- Volkskrant : Sharon dans un état critique ; nouvelle affaire de fraude de l’ABN-AMRO aux Etats-Unis
- Telegraaf : Peter Langhout n’est plus couvert pas le Fonds de Garantie des Voyagistes
- Algemeen Dagblad : Les pilules amaigrissantes en disgrâce

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AFFAIRES INTERNATIONALES

UE - Russie

L’éditorialiste du Volkskrant déplore « l’absence de politique russe en Europe ».
« Il n’est pas nécessaire d’avoir des dons de visionnaire pour prédire que la crise du gaz russo-ukrainienne pourrait bien être symptomatique du type de crises qui marqueront de plus en plus souvent le vingt-et-unième siècle. Un groupe croissant de pays se disputera des produits de plus en plus rares - non seulement le pétrole et le gaz, mais également l’eau, et qui sait, peut-être l’air pur. Les pays qui se sont regroupés dans l’Union Européenne ne sont guère en position de force. (...) La dépendance des sources d’énergie russes risque de s’accroître ; les sentiments de compassion éprouvés pour la Moldavie ou l’Ukraine pourraient finir par s’appliquer à l’Europe. Dans ce contexte, il est logique d’envisager la question d’une politique européenne de l’énergie. Les pays européens devraient pour le moins essayer de parler d’une seule voix face à la Russie pour négocier les tarifs de l’acheminement du gaz. Cela vaudrait mieux que de voir comment le président Poutine, depuis le Kremlin, divise les dirigeants européens et établit une ligne directe avec l’Allemagne, dans un mépris total des Baltes et des Polonais. (...) Mais s’il est facile de réclamer une politique énergétique européenne, dans la pratique, en revanche, il n’est pas simple de la réaliser. Il s’agit de compétences qui relèvent de la souveraineté nationale et qui seront donc les dernières à être transférées à Bruxelles (...). Ce qui est surtout regrettable, c’est que l’Union Européenne n’ait pas encore défini de ligne politique vis-à-vis de la Russie. Un certain nombre de pays ont des problèmes bilatéraux sérieux avec Moscou et l ‘UE porte sa part de responsabilité dans l’apparition d’un ‘niemandsland’ entre les frontières de l’UE et la frontière russe. Pour l’heure, on ne discerne pas clairement de stratégie de l’Union permettant d’aborder la Russie d’égale à égale et de poser la question de ses tendances anti-démocratiques et de son rôle déstabilisateur dans les pays voisins, Biélorussie, Ukraine et Moldavie. Ce serait faire trop d’honneur à Poutine que de le laisser confiner l’Europe dans le rôle du Lièvre Poltron ».

ACTUALITE INTERIEURE

Groupe Wilders

Le Trouw annonce que « l’ancien directeur de la Fondation Edmund Burke, Bart Jan Spruyt, a définitivement rejoint le parti de Geert Wilders. Depuis le 1er janvier, il est employé par le député conservateur indépendant. Il collabore à la rédaction du programme électoral du Groupe Wilders pour les élections législatives de 2007 et doit sélectionner et préparer les candidats qui figureront sur la liste. M. Spruyt a fait savoir qu’il était également disposé à figurer sur la liste électorale du Groupe Wilders. Il s’est déclaré très enthousiaste sur les candidats déjà rencontrés par M. Wilders, qui ne sont pas ‘d’anciens LPF frustrés , comme je le craignais, mais des gens de qualité, qui viennent aussi bien de la droite du CDA que de la mouvance libérale de Bolkestein ou de celle de la ChristenUnie’ ».

Ayaan Hirsi Ali

Le Telegraaf et le Trouw ont relevé que la députée libérale a été élue « Européenne de l’Année » par la revue Reader’s Digest, pour son « courage et sa détermination à stimuler le débat politique sur la situation des femmes musulmanes opprimées aux Pays-Bas et en Europe ». Ce titre est décerné « chaque année à une personnalité dont l’ensemble des rédacteurs en chef du Reader’s Digest estiment qu’elle donne une illustration moderne des normes et valeurs européennes. La Commissaire Européenne Neelie Kroes, qui a parrainé Hirsi Ali dans sa carrière, lui remettra cette distinction le 23 janvier au Centre de Presse Nieuwspoort à La Haye. »

AFFAIRES FRANCAISES

L’éditorialiste du NRC-Handelsblad notait hier soir que la France vient de mettre fin à l ‘état d’urgence instauré à la suite des désordres dans les banlieues. « A partir d’aujourd’hui, la France est redevenue un ‘pays normal’. C’est une bonne nouvelle, mais qui demande simultanément une évaluation : cette mesure a-t-elle apporté autant de résultats que le gouvernement l’affirme ; l’état d’urgence sera-t-il de nouveau instauré en cas de retour des désordres ; comment cette situation a-t-elle été ressentie par les personnes concernées, vandales, police, pouvoirs publics ? La réponse à ces questions n’est pas seulement instructive pour la France, mais également pour tous les pays qui n’ont jamais (ou rarement) recours à cette mesure - parmi lesquels les Pays-Bas ». L’éditorialiste recommande de n’y recourir « qu’avec la plus grande réserve. Le dernier mot revient toujours aux politiques. En France, c’est après l’intervention du parlement que les possibilités d’appel ont été étendues ; en Grande-Bretagne, la Chambre des communes a rejeté récemment la proposition du Premier ministre Blair visant à instaurer une détention préventive de 90 jours pour les suspects d’actes terroristes (...) ; aux Pays-Bas, ce thème est tout autant d’actualité qu’ailleurs. Ici aussi, il faut constamment se demander où est la limite objective acceptable entre liberté et sécurité. Il est clair qu’il demeure une zone grise qui ne doit pas être trop aisément franchie sous couvert d’intérêt de l’Etat. La France a mis fin à sa situation d’exception juridique. Néanmoins, d’un point de vue politique et social, ce pays ne peut pas faire comme si rien ne s’était passé. Certes, le calme est revenu, mais dans les banlieues, les problèmes restent considérables. Il faut laisser aux mesures annoncées et aux promesses le temps de produire des résultats. Ce n’est que lorsque ceux-ci seront tangibles que l’état d’urgence sera devenu superflu. Comme il se doit ».

Sous le titre « Chirac veut apaiser les esprits sur l’histoire coloniale », le Trouw rend compte des vœux à la presse du Président de la République.

Dernière modification : 12/05/2006

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