Presse néerlandaise du jeudi 7 février 2002

NRC Handelsblad
d’hier soir : "Le CBS signale un nombre record de divorces – Moins de
mariages", "Vermeend met fin au virement des allocations familiales au
Maroc", "La réprimande de Bruxelles alimente les irritations
allemandes"

de
Volkskrant
 : "Védrine critique la
weltanschauung de Bush", "Les Pays-Bas ont enfin leur ’trois étoiles’"

Trouw
 : "Le sida déclenche une révolution contre d’anciens héros"
(correspondance du Cap), "Petten en difficulté à cause de la division de
la direction"

De
Telegraaf
 : "Wiegel ouvre l’offensive :
’Leefbaar Nederland est du sable mouvant’", "Un couple radieux dans la
neige fraîche"

Algemeen
Dagblad
 : "Forte popularité du divorce rapide
– La régression économique mine les mariages", "Une troisième étoile
Michelin pour ’Parkheuvel’", "Lune
de miel à 2 500 mètres d’altitude
"

 

 


* *

 

 

Le
dossier du jour : Interview
de M. Védrine
Védrine
critique la weltanschauung de Bush
", titre le Volkskrant de ce matin, au-dessus de son grand article à la une.
"Le ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, critique
sans ménagement la politique étrangère américaine. Dans un entretien exclusif avec le quotidien de Volkskrant, il déclare que le président Bush analyse le
monde ’en termes simplistes’
. Védrine compare la politique américaine
actuelle à un hôpital qui ne traite
qu’une maladie, le terrorisme’
."

"La France s’était jusqu’à présent
ralliée pleinement à la guerre américaine en Afghanistan. Mais après
l’Etat de l’Union, le discours dans lequel Bush a parlé de ’l’axe diabolique
Iran-Irak-Corée du Nord’, les Français décrochent
. Ce
n’est pas notre langage’, dit Védrine
. ’C’est de la rhétorique typiquement
américaine. On est perplexe à l’extérieur des Etats-Unis. Je trouve cela préoccupant’."

"L’annonce d’une hausse du budget américain
de la défense de 15 % n’a pas été bien accueillie non plus par les Français.
Le secrétaire général de l’OTAN, Lord
Robertson, a récemment déclaré que l’Europe devait dégager plus de fonds
pour la défense, si elle veut encore exercer quelque influence politique sur
l’Amérique
. Védrine n’est pas d’accord sur ce point : Nous
n’avons pas besoin de copier toutes les décisions américaines’
."

"D’autres pays européens s’agitent
aussi à la suite du discours militant du président Bush. Le week-end prochain,
les ministres des Affaires étrangères de l’UE tiendront une réunion
informelle en Espagne, qui assure actuellement la présidence. Ils y débattront
de la manière dont l’Union européenne doit réagir à Bush et au nouveau
budget américain de la défense. Védrine est le premier ministre de l’UE à
rompre maintenant avec l’approbation générale de la politique américaine après
le 11 septembre."

"La crise que traverse actuellement
l’Alliance atlantique doit être mise sur le compte des Américains, selon le
ministre français. Après le 11
septembre, lorsque l’OTAN a dit qu’elle était disponible, le Pentagone a répondu
 : merci beaucoup, mais nous n’avons pas besoin de vous. C’est de là que vient
le sérieux problème de l’OTAN’
."

"La France se considère
traditionnellement comme une puissance importante dans la politique du
Moyen-Orient. Dans cette région, Védrine rejette carrément la politique américaine,
au nom de l’Union européenne. ’La politique américaine actuelle fait de Yasser
Arafat le bouc émissaire : toutes les difficultés viennent de lui, ce
n’est que sur lui qu’il faut faire pression. Ce n’est pas le point de vue français’."

" Selon
le ministre français, la politique du premier ministre israélien, Sharon, a
rapproché les Etats membres de l’Union européenne les uns des autres. ’Nous
pensons tous que cette politique purement répressive, purement militaire, ne
peut pas marcher’
."

"Lundi, Védrine
a été aux Pays-Bas pour une courte visite à son homologue Van Aartsen. La
France et les Pays-Bas s’entendent étonnamment bien, les dernières années
.
"On discute plus, il y a plus de visites réciproques, plus d’échanges.
Contrairement à ce qu’on pense souvent, nous sommes d’accord extrêmement
souvent’."

Le compte rendu
de l’entretien avec le chef de la diplomatie française occupe la moitié de la
page 4 du journal de centre-gauche. Le correspondant à Paris, Martin Sommer, y
rappelle entre autres qu’ un domaine
"où la France et les Pays-Bas sont clairement en désaccord, c’est la coûteuse
politique agricole européenne"
. "Les Pays-Bas ont jeté le pavé
dans la mare, la semaine dernière, en disant : pas d’élargissement de l’UE
sans réforme de la politique agricole. Védrine : ’Pour nous, ce sont deux
choses différentes. D’un côté, il y a les négociations sur l’élargissement,
qui entrent dans leur phase décisive cette année. De l’autre, la politique
agricole commune qui a été définie à Berlin en 1999, et qui est arrêtée
jusqu’en 2006. On peut réfléchir sur la période qui suivra’."

Notons aussi,
dans ce contexte, les articles rapportant l’entretien du ministre français
diffusé par France Inter ( Algemeen
Dagblad
pp.1 et 7 : "’Le simplisme des Etats-Unis menace le
monde’", Trouw p.6 :
"Védrine : Le simplisme des Etats-Unis menace le monde").

 

Actualité
internationale

 

Développement

" La
ministre de la Coopération, Eveline Herfkens, critique vivement la carence de
la Commission européenne dans le domaine de l’aide au développement
",
rapporte le correspondant à New York du journal d’affaires Het Financieele Dagblad (p.7). "Cette carence entrave aussi
l’aide de l’UE aux pays du Maghreb. ’ Il
faut nettoyer les écuries de Bruxelles .
La qualité de l’aide de l’UE est dans l’ensemble d’un niveau insuffisant. On
travaille à son amélioration, mais cela prendra certainement dix ans. C’est
triste, mais vrai’."

"La ministre a manifesté son mécontentement
concernant la situation à Bruxelles lors d’une interview accordée durant le
Forum économique mondial, à New York." "Herfkens estime que l’Europe
doit investir plus dans le Maghreb, mais ce n’est pas la tâche de l’aide au développement.
’Dans le cadre du Partenariat Europe – Méditerranée, des centaines de
millions d’euros destinés à ces régions dorment, à cause des problèmes à
Bruxelles. On ne peut pas résoudre ce problème en accordant une aide bilatérale,
en attendant. Ce n’est pas la tâche de la Coopération de soutenir des pays
relativement riches comme la Tunisie.’ Herfkens estime que les Pays-Bas doivent
continuer de se concentrer sur le groupe cible existant de pays très
pauvres."

" La
ministre s’en est
ensuite prise aux
Etats membres méditerranéens de l’UE
, qui versent des ’larmes de
crocodile’ sur l’instabilité sociale du Maghreb, avec sa démographie explosive
et le chômage élevé des jeunes hommes. ’On ne peut pas acheter des emplois
avec l’aide au développement. Si l’on
veut vraiment aider le Maghreb, il faut ouvrir son marché à leurs produits

 : agriculture et horticulture, textile. Les Pays-Bas ne peuvent pas le faire
tout seuls, cela relève de la politique européenne. Nous prônons la libéralisation,
mais des Etats membres comme l’Espagne et la France ne nous soutiennent pas
toujours’, a déclaré la ministre."

 

Pays-Bas – France : drogue

" Les
Pays-Bas et la France enterrent la hache de guerre
", titre le Telegraaf
en page 3. "Le temps des dures attaques françaises et des critiques sans ménagement
du président Chirac, notamment, à l’adresse du ’narco-Etat néerlandais’ est définitivement
révolu", souligne le journal populaire. " A la demande des Français, les Pays-Bas et la France vont coopérer
intensivement dans le domaine de la lutte contre les drogues et la toxicomanie
.
Les projets d’approche commune du problème de la drogue ressortent d’une lettre
confidentielle d’un haut fonctionnaire de la ministre Borst (Santé publique) à
la haute fonctionnaire française
Nicole
Maestracci
. Il ressort de cette lettre que la France visait même à entamer
une coopération très étroite, en mettant en place des instances officielles
et une ’structure formelle’ au sein de l’Union européenne, mais les Pays-Bas
restent quelque peu sur la réserve, pour l’instant. Les Pays-Bas préfèrent
des contacts informels, mais ils sont disposés à se battre côte à côte avec
la France pour une politique européenne de la drogue."

"Pour les Pays-Bas, l’appel de la
France signifie une nouvelle reconnaissance du succès relatif de leur approche
du problème de la drogue, parce que la France a été l’un des derniers Etats
membres de l’UE à s’y opposer vivement. L’Allemagne et la Belgique ont déjà
manifesté plus tôt leur intérêt pour ’l’approche polder des Pays-Bas’."

"Cette forte intensification de la
coopération entre les Pays-Bas et la France consistera non seulement à échanger
toutes sortes de résultats de recherche, mais aussi à avoir recours aux spécialistes
des toxicomanies des deux pays. Les accords doivent encore être confirmés
officiellement lors d’un ’sommet de la drogue’ prévu début 2003."

"Il
ressort néanmoins de cette lettre que les Pays-Bas veulent dès cette année
envoyer en France un groupe de spécialistes qui ont été impliqués
directement dans la fameuse expérience de fourniture gratuite d’héroïne et de
méthadone sur ordonnance, et de désintoxication sous anesthésie de
toxicomanes graves."

 

Actualité
intérieure

 

Remplacement du F16

" Le
premier ministre Kok a affirmé la semaine dernière que le Joint Strike Fighter 
(JSF) américain, vu son prix et sa qualité, était le meilleur
successeur du F16
", écrit Henk Engelenburg dans le Financieele
Dagblad
(p.3). " C’est
impossible, disent maintenant les concurrents européens, car ces deux facteurs
ne sont pas connus
, contrairement au prix et à la qualité du Rafale et de
l’Eurofighter." " Le
gouvernement Kok, avec ses calculs simplistes, met en jeu des capitaux et des
emplois pour choisir le JSF américain
."

"Lundi, Rainer Hertrich, président du
conseil d’administration d’EADS, le groupe européen d’aéronautique,
d’astronautique et de défense, a appelé dans une lettre tous les ministres du
gouvernement Kok à faire en sorte qu’il puisse y avoir compétition entre les
présentateurs d’un successeur du F16 néerlandais. Dassault Aviation, Thales et
Snecma, associés dans le consortium Rafale International, ont adressé le même
appel, également par lettre datée de lundi, au secrétaire d’Etat à la Défense,
Henk van Hoof."

"Rafale International, durant une conférence
de presse à La Haye, hier, a même fait allusion à d’éventuelles mesures
juridiques contre les autorités néerlandaises. ’Car l’image inexacte que crée
le gouvernement nous cause un préjudice commercial dans la recherche de
commandes étrangères de Rafale’, déclare Bruno Cotté, directeur général de
Dassault Aviation."

"Le moment de ces protestations est
bien choisi. Vendredi, le gouvernement se
penchera pour la quatrième fois sur la participation industrielle au développement
du JSF
. Il ne semble pas acquis, du
point de vue politique, que la décision soit positive pour le JSF
. Le
premier ministre Kok, les deux vice-premiers ministres et les présidents des
groupes parlementaires de la coalition semblent ne pas s’en être sortis hier,
durant une ’concertation dans la Tourelle’. A l’issue de la concertation, le président
du groupe VVD, Dijkstal, a appelé le groupe PvdA à user de son bon sens et à
se rallier à la participation au JSF, comme le VVD. Le groupe PvdA dit nourrir
de grandes objections, de nature variée, contre la participation, bien que ’La
Haye’ parte du principe qu’en définitive, le groupe donnera son accord ’pour
avoir la paix au sein de la coalition’."

"Alors que
Dijkstal tenait le micro, Frans Timmermans, porte-parole des affaires de défense
du groupe PvdA, s’entretenait, à ce qu’on dit, avec Henk van Hoof, secrétaire
d’Etat à la Défense. Aad Veenman, président du conseil d’administration de
Stork, se trouvait à ce moment chez Gerrit Zalm. Le ministre VVD des Finances
aurait de nouveaux doutes, brusquement, sur le règlement financier de la
participation au JSF."

" Les
Français se plaignent de l’inégalité de la lutte contre le JSF
",
note aussi le Trouw (p.5). "Cotté dit qu’il acceptera sa défaite, à
condition que les Pays-Bas ne prétendent pas que la compétition a été loyale
et ouverte."

"La
participation au JSF nous rapportera 25 000 emplois", retient le Telegraaf
(p.11) du plaidoyer de Dijkstal à l’adresse du PvdA et du D66.

" Le
financement de l’énorme projet n’est toujours pas réglé
", remarque
le Volkskrant (pp.1 et 2). "Sans
un effort financier supplémentaire de l’industrie néerlandaise, l’acquisition
du Joint Strike Fighter comme successeur du F16 deviendra incertaine. Le
gouvernement exerce de lourdes pressions sur des entreprises comme Philips et
Stork pour rendre possible l’achat du chasseur américain."

Dans l’ Algemeen
Dagblad
(p.11), Ben Droste, président du NIVR et ancien commandant en chef
de l’armée l’air, et Jacques Schraven, président de l’organisation patronale
VNO-NCW, plaident en faveur du projet JSF, tandis que Ulrike Knotz, attachée de
presse de l’ambassade de la RFA à La Haye, réagit à un article contenant une
information erronée et rappelle que "d’autres pays sont toujours bienvenus
s’ils veulent participer" au programme Eurofighter. Dans le Trouw (p.15), Frans Osinga, de l’Institut Clingendael, affirme que
"le JSF rendra l’Europe plus puissante".

 

Campagne électorale

"L’éminent
VVD Hans Wiegel est le premier libéral à avoir ouvert l’offensive contre
Leefbaar Nederland et sa tête de liste Pim Fortuyn", relève le Telegraaf
dans son grand article à la une. " Selon
Wiegel, Leefbaar Nederland n’est que du ’vent’ et le programme du nouveau parti
est fondé sur du sable mouvant
. Lors d’une réunion de parti, Wiegel a
appelé avec insistance le leader VVD Dijkstal à enfin entrer en action contre
le succès croissant de Leefbaar Nederland. ’La direction du VVD doit engager
maintenant le combat, sinon cela ira mal’, a déclaré Wiegel à l’adresse de
Dijkstal, à la veille de la campagne électorale. ’La direction du parti doit
être prête maintenant. Le VVD doit être
visible, prendre position et faire campagne : une campagne pointue, dure, propre
et fair play
. Notre parti le veut, le demande et donc il faut le
faire’."

 

Economie,
Finances

 

spanlang="FR">Biotechnologie 

Le Trouw
(p.5) consacre un article de réflexion à la biotechnologie néerlandaise,
intitulé "Les Pays-Bas hésitent sur la biotechnologie". "Les
entreprises biotechnologiques disent que le climat néerlandais ne leur convient
pas bien. Les autorités ne savent pas ce qu’elles veulent face à cette
nouvelle technologie et leurs signaux sont contradictoires. Le public est également
ambivalent. Il n’est pas vraiment contre, mais veut, s’agissant de
l’alimentation, n’avancer qu’à petits pas et à des conditions très strictes.
Dans l’intervalle, des entreprises quittent les Pays-Bas."

Selon un collaborateur du bureau Ernst
& Young, les Pays-Bas sont dans la moyenne européenne dans le domaine de la
biotechnologie. "Nous avons baissé dans le classement, en quelques années,
mais les Pays-Bas ne font pas mauvaise figure si l’on oppose les performances au
nombre d’habitants. Les Pays-Bas croîtront certainement. La base est toujours
bonne : niveau de connaissance élevé, maîtrise des langues, un bon marché.
Mais l’action des autorités pourrait être plus enthousiaste, et aussi plus
univoque."

Au total, 1 400
personnes sont actives dans les start up biotechnologiques néerlandaises, précise
le journal chrétien progressiste dans un deuxième article.

 

Affaires
françaises
 L’ Algemeen
Dagblad
(p.7) signale la présentation d’un CD avec diverses versions de la
Marseillaise, y compris celle de Serge Gainsbourg. Le journal de Rotterdam
annonce aussi la condamnation de José Bové à trois mois de prison, pour déprédation
(p.18).

Dernière modification : 18/08/2008

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