Presse néerlandaise du lundi 10 décembre 2007

"La réception de départ de l’archevêque d’Utrecht, le cardinal Simonis, illustrait un peu le déclin de l’Eglise catholique des Pays-Bas, samedi", remarque le Volkskrant, journal d’origine catholique, dans son grand article à la une. "A part les derniers vestiges du pilier catholique, peu de monde a fait acte de présence. Bien que le ministre Hirsch Ballin ait dit que le cardinal était l’un des plus éminents Néerlandais - ’si ce n’est le plus éminent’ -, il n’y avait personne de la Maison Royale. Le premier ministre Balkenende était à Lisbonne, au sommet UE-Afrique, et le vice-premier ministre Rouvoet a dû s’excuser au dernier moment, pour des raisons personnelles." "Il y avait encore deux anciens ministres catholiques samedi (Lubbers et Van Agt), mais très peu de notables de ce qui reste du secteur privé et des organisations catholiques. Les responsables catholiques des Affaires étrangères, des Affaires économiques et des Transports et Voies d’Eau n’y étaient pas. La présence du présentateur de la télévision EO, Andries Knevel, était plus frappante que celle des chefs de file de la KRO."

de Volkskrant (centre gauche) : "Départ froid du cardinal Simonis - La réception de départ de l’archevêque illustre le déclin de l’Eglise catholique", "Mugabe, irrité, qualifie Balkenende de ’suiveur’", "Nouvelle querelle entre Leterme et les Wallons" (correspondance de Bruxelles)
Trouw (chrétien progressiste) : "L’Afrique veut de l’argent, pas des prêches - L’Europe se fait vivement critiquer", "Simonis va écouter de la musique maintenant"
De Telegraaf (populaire) : "Gaffe du fisc - Le trop-perçu de cotisation maladie s’avère une erreur administrative" "AZ : de nouvelles perspectives" (football)
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "La police en a assez des contraventions - Le syndicat : les PV sont devenus un but plutôt qu’un moyen", "Offensive contre les mauvaises familles d’accueil" (renforcement des exigences qualitatives des structures d’accueil des enfants)

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ACTUALITE INTERNATIONALE

Sommet UE-Afrique

"Agacé par les critiques sur la situation des droits de l’homme dans son pays, le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, a qualifié à Lisbonne le premier ministre Balkenende de suiveur du premier ministre anglais Gordon Brown", relève le Volkskrant à la une. "’Hier, nous avons entendu quatre pays - l’Allemagne, la Suède, le Danemark et les Pays-Bas - critiquer le Zimbabwe à cause du manque de respect des droits de l’homme’, a dit Mugabe. ’Ils ont dit ce que leur ami, maître et allié du 10 Downing Street veut entendre’." "Le premier ministre britannique n’est pas venu à Lisbonne pour protester contre la présence de Mugabe", rappelle le journal de centre gauche. "L’UE avait invité Mugabe à contre-cœur, parce que d’autres leaders africains seraient restés chez eux."
"Balkenende avait critiqué ouvertement Mugabe, qui a ruiné l’économie de son pays et qui réprime toute forme d’opposition. Mugabe a déclaré sur un ton sarcastique que, manifestement, ’la bande des quatre pro-Gordon’ sait mieux ce qui se passe au Zimbabwe que les Africains eux-mêmes. ’C’est contre ce sentiment de supériorité que nous luttons’, a dit Mugabe. Le premier ministre Balkenende a réagi avec calme à la tirade de Mugabe. Il a dit qu’il considérait les critiques du leader zimbabwéen comme un compliment. Mais les critiques occidentales à l’adresse de Mugabe ont aussi déplu à d’autres leaders africains. Le président sud-africain Mbeki a fait comprendre que les pays de l’UE ne devaient pas s’occuper de la situation au Zimbabwe."
Pour l’éditorialiste du Trouw, "l’Union européenne n’aurait pas dû recevoir le Zimbabwéen Mugabe". "Cela ôte toute crédibilité aux tentatives de l’UE de renforcer la démocratie et les droits de l’homme dans le reste du monde."

Pays-Bas - Uruzgan

"Une large majorité parlementaire CDA, PvdA et VVD veut des éclaircissements sur la prolongation de la mission militaire australienne en Uruzgan, maintenant que le nouveau ministre de la Défense a déclaré que la décision n’a pas encore été prise", rapporte le Telegraaf à la une. "Selon le député VVD Hans van Baalen et la députée PvdA Angelien Eijsink, les déclarations du responsable australien sont en contradiction avec la lettre dite de l’article 100, dans laquelle le gouvernement néerlandais explique sa décision de prolonger sa mission. Cette lettre dit en effet : ’Tant l’Australie que les Etats-Unis continueront leur contribution actuelle au-delà d’août 2008.’ Van Baalen est abasourdi. ’Je ne comprends vraiment pas comment le gouvernement néerlandais a pu écrire cela sans vérification’."

Politique étrangère des Pays-Bas

"L’ancien ministre des Affaires étrangères Ben Bot est toujours d’avis que l’invasion de l’Irak, en 2003, était une erreur - bien qu’en 2005, il ait repris à la Deuxième Chambre une déclaration suggérant qu’il le pensait", relève le NRC Handelsblad du week-end, à la une. "C’est ce que Bot dit dans une interview à notre journal. Bot, dans cet entretien, qualifie de ’déraisonnable’ le projet américain de bouclier antimissile en Europe, que le gouvernement actuel a approuvé. Et il faut affaiblir les sanctions contre l’Iran, maintenant que les services secrets américains affirment que Téhéran a mis fin à son programme nucléaire militaire en 2003. ’On m’a mis le couteau sur la gorge pour que je la reprenne’, dit Bot à propos de sa déclaration controversée, selon laquelle ’on peut se demander si l’invasion de l’Irak était raisonnable’ (’je suis toujours de cet avis’). Le gouvernement Balkenende II, dont Bot ne faisait pas encore partie, a donné son soutien politique à l’invasion de l’Irak sous la direction des Etats-Unis."
"Bot, a qui son collègue de parti Verhagen a succédé en février, dit par ailleurs qu’il comprend l’opposition du gouvernement russe à la construction d’un bouclier antimissile américain dont des éléments seraient placés en Pologne et chez les Tchèques. S’agissant de l’argument américain selon lequel le bouclier doit protéger l’Europe contre des missiles venant d’Iran, il dit : ’Je ne prends pas cette menace au sérieux’."
L’interview figure dans le cahier Zaterdag &cetera.
"Balkenende s’est montré ’très étonné’ le week-end dernier, au sommet africain de Lisbonne", écrit le Trouw (p.5) ce matin. "Il a déclaré qu’il avait rappelé à Bot l’unité de la politique gouvernementale, à l’époque. Selon Balkenende, Bot ne peut pas se plaindre maintenant, parce qu’en 2005 il a été d’accord et qu’il n’a pas décidé de démissionner."
"Le nouveau ministre des Affaires étrangères, Verhagen, est même allé un peu plus loin : ’Je comprends très bien qu’il ait été amer pour Bot de ne plus pouvoir devenir ministre’."
"La relation entre Verhagen et son collègue de parti Bot est très froide, ainsi qu’il ressort d’une autre interview. Bot dit cette semaine dans Vrij Nederland : ’Je connais Verhagen comme quelqu’un qui n’a pas soutenu ma politique sur un certain nombre de points’."

ACTUALITE INTERIEURE

VVD

"Pour la première fois depuis longtemps, les membres du VVD ont réussi à se montrer unis lors d’un congrès du parti", note le Trouw (p.4). "Le leader du parti, Mark Rutte, bénéficie d’un soutien croissant. ’Nous ne pouvons pas nous permettre de continuer de nous occuper de nous-mêmes. Telle doit être la dernière conclusion de ce jour’, a fait valoir le leader du parti, Mark Rutte lors de la réunion cruciale des membres du VVD à Rotterdam."
"Le président du parti, Jan van Zanen, qui pouvait s’attendre à des reproches parce qu’il n’a pas su préserver Rita Verdonk pour le VVD, a répété dans la perspective de toutes sortes de motions de fédérations en colère qu’il était minuit moins cinq pour les libéraux. ’Nous devons nous ressouder et nous tourner vers l’extérieur. L’image de la division permanente est mauvaise pour le VVD’."
"L’atmosphère d’union s’est manifestée lorsque le Staphorstois critique Jan Talen, un supporter de Verdonk, a essayé de faire renvoyer la direction du parti. Son intervention a été huée. Les fédérations limbourgeoises qui se plaignaient du ’mauvais traitement’ que Verdonk avait reçu de la part de la direction ont également été accueillies avec froideur. Et l’appel du membre d’honneur Hans Wiegel à renvoyer la direction n’a pratiquement pas retenu l’attention en son absence."
"Le président du parti, le week-end dernier, a accepté la ’coresponsabilité’ des querelles sur la rivalité entre Rutte et Verdonk pour la direction de la liste électorale. Pour la très grande majorité des congressistes l’affaire était ainsi classée."
"Le maire VVD de Rotterdam, Ivo Opstelten, a dit dans les coulisses : ’Nous avons maintenant mis fin à la crise interne. Mais le VVD n’est pas encore prêt pour d’éventuelles élections anticipées. Rutte ne peut évidemment pas dire ça dans l’opposition à la Chambre, mais moi oui’. Opstelten est disposé à prendre la présidence du parti l’an prochain, si on le lui demande. Un autre candidat sérieux est l’actif député provincial brabançon Hoes" (également de Volkskrant pp.1 et 3, AD Haagsche Courant p.10).
"Le VVD de Rutte doit se réinventer lui-même", commente l’éditorialiste du Volkskrant. "Si Rutte est raisonnable, il mettra aussi fin au curieux culte des membres d’honneur du VVD qui, comme des demi-dieux, se mettent toujours dans les jambes de la direction du parti."

Fiscalité

"Un contrebandier de drogue condamné qui veut déduire fiscalement tous les frais de ses transports est soutenu par la Cour de Cassation", relève le Telegraaf (p.3). "Le pêcheur de métier, qui a transporté du haschisch pendant des années, peut déduire 1,5 million d’euros pour la marchandise achetée, parce qu’il n’a été condamné qu’en tant que contrebandier et non en tant que trafiquant de haschisch." Selon la Cour de Cassation, il a le droit de déduire sur sa déclaration de revenus le "haschisch perdu lors de transports qui ont échoué".
L’affaire évoquée par le journal à grand tirage remonte au milieu des années quatre-vingt-dix. Les services fiscaux ont toujours fait appel.

A signaler :
Une lettre ouverte de l’ancien premier ministre CDA Van Agt à son collègue de parti Maxime Verhagen, à qui il reproche de "se comporter comme un deuxième ambassadeur d’Israël aux Pays-Bas" parce qu’il ne défend pas les droits des Palestiniens. "Tant que vous n’arriverez pas à résipiscence votre message restera le suivant : les droits de l’homme sont toujours valables et pour tout le monde, sauf pour les Palestiniens" (page d’opinion du Volkskrant).

Dernière modification : 22/09/2008

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