Presse néerlandaise du lundi 11 août 2003

Trouw : Risque de pénurie d’électricité 

Volkskrant : Phase d’alerte pour l’électricité – Mirna
Godett bénéfice du doute

Algemeen Dagblad : Le personnel des NS craint pour l’avenir

Telegraaf : Chaos dans les taxes à la construction 

* * *

Actualite internationale

Pays-Bas – Irak

" Les soldats envoyés en Irak rentrent plus tôt que
prévu ", annoncent le Telegraaf, l’Algemeen Dagblad et le Trouw.

" Les 662 fusiliers marins néerlandais en Irak seront de
nouveau chez eux à la mi-novembre, deux mois plus tôt que prévu ", explique
le Telegraaf. " La défense semble avoir commis une bévue en préparant la
mission des forces armées les mieux formées du pays. Moins de 10 jours après la reprise
du commandement américain par les militaires néerlandais, on en est arrivé à la
conclusion qu’il était irresponsable de les faire travailler 6 mois dans le désert.
Les deux bataillons actuels seront donc relevés dans quatre mois par un troisième ;
cette relève imprévue va entraîner des frais supplémentaires considérables. Le
commandant des militaires de la SFIR souligne que cette décision est liée à la
législation du travail : celle-ci prévoit qu’après 4 mois de missions, les
fusiliers marins ont droit à deux semaines de repos dans leur pays. Si toutes les forces
armées appliquaient la réglementation, le travail en Irak devrait se faire avec la
moitié du personnel. Ce problème de législation du travail était déjà connu
avant le départ des Néerlandais. Le ministère de la défense précise toutefois que la
véritable raison de ce retour anticipé est la température torride, qui peut atteindre
55 degrés dans la journée. Le matériel est régulièrement en panne, ce qui implique
des heures supplémentaires pour les mécaniciens. Au ministère de la défense, on craint
qu’un des principaux objectifs de la mission se retrouve ainsi menacé :
"au moment où les militaires auront établi une relation de confiance avec la
population locale, il va falloir qu’ils partent. Un nouveau groupe arrivera pour deux
mois, et devra recommencer à établir de contacts. Les syndicats militaires sont
satisfaits de ce retour anticipé. On savait déjà que d’autres corps d’armée,
comme la maréchaussée ou l’armée de l’air, allaient être relevés plus tôt
que prévu ".

Le Volkskrant signale à la une que " l’unité
néerlandaise en Irak a essuyé des tirs ". " Pour la première fois
depuis leur arrivée dans la province du sud de l’Irak, Al Muthanna, les militaires
néerlandais ont subi une attaque. Des unités de reconnaissance ont été la cible de
pillards près d’une fabrique de ciment proche de la capitale Al Samawah ".

 

Actualité intérieure

Maire d’Amsterdam

Le maire de la capitale, M. Job Cohen, s’indigne dans le Telegraaf
de la suggestion faite par la communauté marocaine que " la balle qui a tué
Driss Arib mercredi dernier n’est pas un accident, mais est symbolique d’un
problème structurel ". " Le week-end dernier, des organisations
marocaines ont créé le ‘Comité contre la violence policière gratuite et la
discrimination’ pour exprimer leur colère. Cohen veut attendre les résultats de
l’enquête, mais il prend d’ores et déjà la défense de son corps de
police : ‘il ne peut être question de violence gratuite ni de discrimination.
La police a pour tâche d’intervenir, qu’elle soit confrontée à un Marocain,
un Surinamien ou un Néerlandais’ ".

Pays-Bas – Antilles

" Bénéfice du doute pour Mirna Godett ", annonce
le Volkskrant. Un article d’ambiance daté de Willemstad montre la difficulté de la
relation entre les Pays-Bas et les Antilles. La population de Curaçao " sait
bien que Mme Godett a un simple diplôme MULO (enseignement primaire étoffé),
qu’elle n’a aucune expérience de la gestion du pays et qu’elle est une
‘femme de paille’ qui fera ce que son frère lui dira. Mais on accorde à Mirna
le bénéfice du doute. Le gouvernement précédent n’a pas fait grand chose non
plus, comme en témoigne la dette énorme qu’il laisse derrière lui. Si l’on
évoque la réputation douteuse d’Anthony Godett aux Pays-Bas, les réactions sont
vives. On en a assez de la double morale néerlandaise. La flatterie pour les plus grands,
les coups de pieds pour les plus petits. Harry Potter (le Premier ministre néerlandais)
est honoré de pouvoir prendre place à la même table que le Premier ministre italien
Berlusconi, qui n’est pas non plus au-dessus de tout soupçon. Mais dès qu’il
se passe quelque chose à Curaçao, on lève immédiatement le doigt moralisateur.
[…] Un ancien directeur de Shell, Salomon America, ose donner son opinion :
naturellement, nous avons souvent été déçus dans nos espoirs. Le gouvernement
précédent était une assemblée de béni oui-oui vis-à-vis des Pays-Bas. Cela
n’était pas sain. Les Godett sauront mieux ce qu’ils veulent, pense-t-il. Les
choses finiront par s’arranger. Même si les Godett ont une grande gueule,
finalement, ils ne pourront pas non plus se passer de La Haye ".

Electricité

Tous les journaux signalent la menace de pénurie d’électricité
que fait peser la canicule sur les Pays-Bas. L’eau de surface utilisée pour
rafraîchir les générateurs de courant s’est réchauffée ; ceux-ci ne peuvent
donc plus être refroidis correctement, et cela provoque une baisse de production.

 

Affaires françaises

La correspondante du Telegraaf à Paris publie un papier d’humeur
sur les démarches administratives qu’elle a dû surmonter durant sa première année
en France.

Le correspondant du Trouw, Peter van den Blink, se demande dans le
supplément " Livres " de samedi si " la littérature
française traverse une période de crise ".

" En ce moment, au rayon de littérature traduite, les
ouvrages français se trouvent sur une tablette oubliée ; il y a relativement de
moins en moins de traductions de livres français et ce qui paraît ne bénéficie plus du
même intérêt qu’il y a quelques années. Si on écoute bien les différentes
explications proposées, celles-ci se répartissent en trois catégories : les
écrivains ne seraient pas des ‘prophètes de leur temps’, ils sont plus
tournés vers le passé que vers le futur ou même le présent ; ils ne regardent pas
plus loin que le coin de la rue, c’est de la ‘petite-histoire’
(nombrilisme) et troisièmement, on ne parle que de sexe. Ce type d’explication doit
toujours être précédé de deux réserves : la première, inévitable : le
nombre de nouveaux titres produits par les éditeurs français approche les 500, seulement
pour l’automne (dont tout au plus 25 seront traduits en néerlandais). Personne
n’a de vue d’ensemble sur une telle quantité, et il est certain que l’on y
trouvera des ouvrages nostalgiques de nombrilistes ayant des problèmes de sexe. Mais cela
s’applique à toute offre de cette importance ".

P.van den Blink propose ensuite un " petit inventaire
des écrivains " . Il ne semble guère apprécier Philippe Besson, Marc Dugain,
Philip Delerm ou Camille Laurens : " il est clair que les lecteurs et les
critiques néerlandais qui cherchent une justification à leur orientation anglo-saxonne
et leur négligence de la littérature française sont servis sur mesure. Beaucoup de
livres ont été publiés et traduits sans aucune nécessité, des livres sans une seule
idée dangereuse, des livres qui auraient aussi pu être écrits à un autre moment, ou ne
pas l’être du tout ".

Le journaliste propose ensuite " quelques noms
d’écrivains qui travaillent à une œuvre fabuleuse, qu’il est urgent de
traduire, de lire et de fêter ". Il cite Marie Darrieusecq, Marie N’Daye
et Lydie Salvaire.

" Nostalgie et nombrilisme apparaissent peut-être un peu
souvent dans la littérature française ", conclut-il, " mais ils ne
la dominent certainement pas. Le troisième reproche, d’omniprésence du sexe, est
plus difficile à rejeter. La dernière revue des jeunes écrivains français
s’appelle Bordel et le premier numéro avait pour thème … le
sexe ".

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