Presse néerlandaise du lundi 16 janvier 2012

Trouw (chrétien progressiste) : Beaucoup de questions sur le navire naufragé.

De Volkskrant (centre gauche) : La compagnie de navigation : le commandant a commis des fautes.

AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : On aurait dit le Titanic.

De Telegraaf (populaire) : Smit espère obtenir le renflouement [du navire qui a sombré devant la côte toscane].

Het Financieele Dagblad : La dette grecque dérape.

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ACTUALITE INTERNATIONALE

Ouverture du Tribunal international de la finance

Le Volkskrant de samedi et le Financieele Dagblad de lundi relèvent l’ouverture, le lundi 16 janvier à La Haye, du tribunal international de la finance : PrimeFinance (Panel of Recognised International Market Experts). Ce tribunal sera chargé de trancher des différends liés à des questions financières complexes. Le Volkskrant note que « ce tribunal doit mettre fin à la confusion actuelle sur ce qui est permis ou non dans le monde financier. Il pourra être saisi par des Etats, des gouvernements locaux et des sociétés privées. Les audiences se tiendront au Palais de la Paix, où siège la Cour internationale de justice. »

AFFAIRES EUROPEENNES

TripleA

La presse néerlandaise annonce, à l’instar du Financieele Dagblad, que « S&P abaisse la note de l’Italie, de la France et de l’Espagne ». Elsevier annonce même que « S&P abaisse la note de neufs pays de la zone euro ». Le Trouw ajoute que « les Pays-Bas et l’Allemagne craignent les conséquences de cette dégradation ».

Commentaire du Premier ministre

Interrogé hier à la télévision, où il a donné une longue interview dans le programme télévisé Buitenhof, le Premier ministre, M. Mark Rutte, a remarqué que cette dégradation de la note avait « déjà été anticipée sur les marchés. (..) Cela n’est certes pas sans conséquence, c’est ennuyeux. C’est surtout que le FESF a lui aussi un AAA. Si la France perd son AAA, cela peut avoir des conséquences sur ce que doivent faire des pays comme l’Allemagne et les Pays-Bas. (…) [Comme la Chancelière allemande], je dis qu’il est d’autant plus important de mettre en place très rapidement un fonds d’urgence permanent. (…) Je pense que cela va trop loin [de dire que la dégradation de la France est un grand problème]. La France est la deuxième économie. Un pays qui obtient la note AA dans les agences de notation reste un pays solvable. Il n’y a par exemple presque pas d’entreprises au monde à avoir une note si élevée. Evidemment, les entreprises représentent un risque plus élevé. (…) Mais les pays aussi, malheureusement, du fait de la crise de 2009. Regardez les Pays-Bas, notre dette totale a dépassé les 60% par rapport à notre revenu national, 20 % d’augmentation du fait de la crise de 2009. C’était inévitable, je ne le nie pas, mais tout cela a naturellement des conséquences. Mais je pense que d’un point de vue relatif, la France est toujours un pays très solide. »

Réactions dans les médias

Dans les médias, deux thèmes ont particulièrement retenu l’attention des commentateurs : au niveau européen, les analystes se demandent quelle sera l’influence de cette nouvelle notation sur le FESF et s’interrogent sur l’avenir de la notation des Pays-Bas et de l’Allemagne ; au niveau de la politique intérieure française, ils placent cette notation dans le contexte de l’élection présidentielle.
Le statut du FESF donne lieu à un grand article dans le Volkskrant, qui l’estime « en péril ». Cette première estimation est toutefois relativisée car le FESF « ne devrait plus durer très longtemps. A la mi-2012, il sera accompagné d’un autre fonds, le fonds permanent européen ». Le Financieele Telegraaf relève lui aussi que « le nouveau fonds doit compenser l’échec français. (…) La dégradation de la note française était attendue depuis des mois par les spécialistes. Le choc est plutôt psychologique ». A l’inverse, Melle Garschagen, dans le NRC-Handelsblad, s’inquiète des « conséquences pour la lutte contre la crise de l’euro. (…) Maintenant que la France et l’Autriche ont perdu leur triple A, le FESF va devoir payer plus pour emprunter de l’argent. Le fonds d’urgence devient donc moins efficace ».
Concernant la notation des Pays-Bas, le Trouw cite Lex Hoogduin, professeur d’économie monétaire à l’université d’Amsterdam : « Si les Pays-Bas ne font rien pour réduire leur déficit budgétaire alors que les pays qui nous entourent y travaillent, notre position dans le classement va baisser ». Elsevier et le NRC citent le conseiller du ministre des Finances allemand, Clemens Fuest, qui a déclaré dimanche dans le Handelsblatt que l’Allemagne risque aussi de perdre son AAA : « le problème est que les pays salvateurs atteignent maintenant leur limites. D’un point de vue économique, l’année qui nous attend n’est pas très rose ». « L’Allemagne doit aussi se faire des soucis », commente le NRC.

Les conséquences de la dégradation de la note française en politique intérieure sont évoquées par le Volkskrant et le NRC. « Sarkozy a du temps pour expliquer », annonce le correspondant à Paris du premier. « L’agence de notation S&P semble avoir une prédilection pour les moments dramatiques : à la veille d’un sommet européen, d’une élection présidentielle. Aussi curieux que cela paraisse, il n’est pas exclu que le Président Sarkozy ait poussé un soupir de soulagement en entendant la nouvelle. Mieux vaut maintenant qu’entre les deux tours de l’élection. Il a encore 100 jours pour expliquer à sa population comment réagir à cette notation, alors qu’il avait fait une priorité du maintien du statut AAA. (…) L’avenir politique de Sarkozy est pour une partie entre les mains des marchés financiers ». Pour le NRC, la baisse de la note « fait perdre la face à Sarkozy. (…) C’est presque une défaite personnelle. Ces derniers mois, il s’est présenté comme le seul à pouvoir conserver le triple A pour la France, grâce à sa politique d’austérité, contrairement aux socialistes dépensiers ou aux rêveurs du Front National qui veulent sortir de l’euro ». Le NRC souligne dans sa conclusion que « le Front National pourrait bien être le troisième larron de cette affaire. Il recueille déjà 20% dans les sondages. (..) La peur de nouvelles mesures d’austérité pourrait bien finir de pousser une partie de l’électorat travailleur dans les bras de Marine le Pen ».

ACTUALITE INTERIEURE

Coopération à gauche

Tous les grands quotidiens consacrent un article au rassemblement, organisé pour la deuxième année consécutive, par les trois partis de gauche : le PvdA (travailliste), le SP (gauche radicale) et GroenLinks (Verts). « Les trois partis de gauche célèbrent une année de collaboration laborieuse », titre le Financieele Dagblad : « Ensemble ils représentent 40% des électeurs, mais la coopération entre les trois partis ne fonctionne pas toujours. Ils s’accordent sur le thème de la solidarité, mais il existe des divergences d’opinions. La mission à Kunduz [Afghanistan], la politique de l’euro et l’accord sur les retraites ont démontré que « la gauche » ne peut pas encore offrir une alternative au gouvernement de Mark Rutte. Surtout le PvdA et GroenLinks volent régulièrement au secours de la coalition actuelle. » Sous le titre « Alternative de la gauche pour les réductions budgétaires », le Trouw évoque « le projet en faveur de l’emploi » que les trois partis ont présenté comme alternative aux coupes budgétaires du gouvernement. Le journal remarque que « ce projet peut être considéré comme le premier résultat concret des discussions sur une coopération à gauche. Les trois partis y plaident pour la remise en place des mesures de chômage partiel, une subvention à l’embauche de chômeurs de longue durée, la stimulation des jeunes à poursuivre leurs études, la mise en place « d’un pool de travail » par secteur d’activité afin de permettre aux petites entreprises de pouvoir disposer d’employés à moindres coûts et pour une augmentation de l’imposition des revenus au-delà de 150.000 €. » L’AD joint à son article intitulé « La gauche forme un front contre le gouvernement » les résultats du dernier sondage où le VVD (libéral) est crédité de 30 sièges [sur 150], de même que le SP. Le PVV (parti de Geert Wilders) obtiendrait 21 sièges, le CDA : 13, le PvdA : 18, le D66 (démocrate-libéral) : 16 et GroenLinks : 9. L’édition de samedi du Volkskrant consacre sa une à cette « nouvelle tentative de coopération des partis de gauche » sous le titre « Un taux d’imposition plus élevé pour les plus hauts revenus ». Sur la page d’opinion, le journal publie une tribune commune des trois chefs de file.

Cannabis

Dans son édition de samedi, le Volkskrant évoque la découverte d’énormes plantes de chanvre cultivé. Lors d’un contrôle, un agent de police « a trouvé 8 plantes ayant chacune 200 têtes tandis qu’une plante normale comporte 6 à 8 têtes.

Cette revue de presse ne prétend pas à l’exhaustivité et ne reflète que des commentaires ou analyses parus dans la presse néerlandaise, qui n’engagent en rien le point de vue propre de l’ambassade de France aux Pays-Bas.

Dernière modification : 16/01/2012

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