Presse néerlandaise du lundi 16 avril 2007

Le marathon de Rotterdam, couru hier par quelque 7 700 personnes, a été arrêté par les organisateurs vers deux heures, à cause de la chaleur accablante qu’il faisait alors. Le thermomètre indiquait 27°C. Les amateurs, surtout, ont reçu le conseil de marcher normalement jusqu’à l’arrivée, dans la mesure où ils en étaient encore physiquement capables. Une centaine de personnes ont été mises sous perfusion et cinq coureurs étaient encore hospitalisés hier soir.
L’office national de météorologie KNMI n’avait encore jamais enregistré en avril une journée aussi chaude qu’hier. La station de référence de De Bilt (Utrecht) a noté une température de 28,9°. L’ancien record était de 27,8°, le 21 avril 1968. La température locale la plus élevée a été mesurée hier à Westdorpe, en Zélande : 29,7°.

De Telegraaf (populaire) : "Le marathon s’achève en champ de bataille - Plus de cent coureurs sous perfusion", "Tarzan swingue" (première d’une comédie musicale à Schéveningue)
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "La chaleur surprend tout de même le marathon - Les météorologues : Tenez davantage compte du changement de climat"
de Volkskrant (centre gauche) : "Un animal de compagnie pour échapper à la solitude - Israël commémore aujourd’hui l’Holocauste, mais beaucoup de survivants dépendent de la soupe populaire et de la charité", "Les heures les plus chaudes sont pour les moins bien entraînés" (Rotterdam), "Bataille sanglante pour ABN Amro"
Trouw (chrétien progressiste) : "Plainte pour fraude contre un club de patients - La Fondation et l’Association Ostéoporose se seraient rendus coupables de faux en écriture", "Dossard 250 : la chair de poule et des étourdissements - Le marathon arrêté à cause de la chaleur"

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LE DOSSIER DU JOUR :Religion

"Dieu est de retour, affirmait le Conseil scientifique pour la politique gouvernementale (WRR) l’an dernier", rappelait le Trouw de samedi dans son grand article à la une. "Mais les statistiques le démentent. Les églises se vident toujours : il n’y a plus que quatre Néerlandais sur dix qui adhèrent au christianisme traditionnel. "
"C’est ce qu’on peut lire dans l’étude God in Nederland qui paraît aujourd’hui. Aux Pays-Bas, aussi bien l’Eglise catholique romaine que l’Eglise protestante a reculé en dix ans - à la grande différence de ce qui se passe hors d’Europe de l’Ouest. L’athéisme, qui serait moribond selon beaucoup, croît : un Néerlandais sur sept se dit athée."
"C’est un tableau bien différent de celui brossé l’an dernier par le Conseil scientifique pour la politique gouvernementale. Celui-ci affirmait que la religion était de retour aux Pays-Bas. L’étude God in Nederland présente des résultats inattendus. Ainsi, la Nieuwe Bijbelvertaling [nouvelle traduction de la Bible] couronnée par le NS Publieksprijs - plus de 800 000 exemplaires vendus - n’a pas fait croître le nombre de foyers ayant une Bible. Au contraire, il a fortement baissé. La prière, en revanche est populaire : les deux tiers des Néerlandais la pratiquent, même les incroyants."
"Les Néerlandais ont une curieuse relation avec les églises. Ils y vont de moins en moins, mais ils attachent de l’importance à la fonction du christianisme : c’est un ancrage moral, pour les autres. Huit Néerlandais sur dix ne veulent pas que les églises soient démolies. Elles sont un vecteur identitaire visible et elles ont leur importance à la naissance, au mariage et à la mort."
"C’est la quatrième fois que la religiosité des Néerlandais a été étudiée ; la première fois a eu lieu en 1966 et les questions posées sont toujours restées les mêmes. En 1996 s’y ajoutait l’intérêt pour la spiritualité. Il existe une ’réceptivité générale’ pour cette religiosité individuelle, fondée sur l’expérience et la plupart du temps extérieure à l’église, constatent les enquêteurs. Une des caractéristiques de ce qu’ils appellent la ’spiritualité post-moderne’ est qu’elle se nourrit de tout. Presque les trois quarts des Néerlandais estiment qu’il ’faut trouver sa religion dans la sagesse de toutes sortes de traditions et d’idées’."
Le thème est détaillé en pages 2 et 3 du cahier de Verdieping.
"Les Néerlandais ressentent un vide moral qu’ils veulent voir comblé, écrivent les rédacteurs de God in Nederland", relève l’éditorialiste du Volkskrant ce matin. "Simultanément, la plupart des citoyens ne veulent plus se lier à une communauté religieuse, et encore moins accepter l’autorité doctrinaire du Pape, du curé ou du pasteur. Cette attitude sans engagement mine la force disciplinante que certains appellent de leurs vœux. Une foi qui n’est valable que pour les autres est évidemment une illusion."

ACTUALITE INTERNATIONALE

Banque mondiale

De l’avis de l’ensemble de la presse, la position du président de la Banque mondiale, l’Américain Paul Wolfowitz, "ne tient qu’à un fil". Le personnel de la banque l’accuse de népotisme et n’a plus confiance en lui. M. Wolfowitz est critiqué à la suite de révélations de la presse américaine, montrant que peu après sa nomination en 2005, il a accordé une forte augmentation à sa compagne, employée par la Banque mondiale.
Dans le Volkskrant (p.9) de samedi, le ministre néerlandais de la Coopération, Bert Koenders, dit à propos de la politique anti-corruption appliquée par Paul Wolfowitz : "Quand l’argent des donateurs est vraiment mal employé, je trouve cette politique du tac au tac [l’arrêt des prêts à des pays comme le Kenya et le Bangladesh] très bonne. En fait, la corruption revient toujours à voler les pauvres."
"Mais le ministre a senti de l’arbitraire dans l’approche du président de la Banque mondiale. ’Entrer en action dans des pays qui ne vous conviennent pas et ne rien faire dans des pays du Moyen-Orient qui ont du pétrole : il ne faut jamais politiser ainsi la corruption’."
Outre la lutte contre la corruption, Wolfowitz n’a pas su déterminer clairement les tâches essentielles de la Banque mondiale, selon Koenders. "La confusion règne", dit-il au journal de centre gauche. "Le ministre néerlandais veut organiser aux Pays-Bas, cet automne, une conférence sur l’avenir de la banque. Koenders veut rehausser la teneur démocratique de la banque. Ainsi, il faut renoncer au plus vite à la tradition voulant que les Américains nomment automatiquement le président de la Banque mondiale.""’Pour ce poste, le continent dont vient le candidat ne doit pas jouer de rôle.’ Et "l’Afrique doit avoir deux fois plus voix à la direction de la banque".
Le ministre n’est cependant pas disposé à mettre à disposition le siège que les Pays-Bas occupent, sur un total de vingt-quatre. "Les Pays-Bas sont un très grand donateur de la banque, c’est pourquoi notre siège est si important pour nous. Il faut que nous puissions continuer de faire entendre notre voix progressiste."

Conférence palestino-européenne

Le ministre néerlandais des Affaires étrangères Maxime Verhagen (CDA) veut empêcher la venue aux Pays-Bas du premier ministre palestinien Ismail Haniyeh, notent plusieurs quotidiens. "Haniyeh, un chef de file de l’organisation terroriste palestinienne Hamas, est le principal invité de la cinquième Conférence palestino-européenne qui se tiendra le 5 mai au centre De Doelen, à Rotterdam", écrit le Volkskrant (p.3).
"Le ministre Verhagen a fait savoir samedi que le premier ministre palestinien n’a toujours pas demandé un visa néerlandais. Une demande n’a été déposée ni à la représentation néerlandaise à Ramallah, ni auprès des ambassades à Amman (Jordanie) et à Damas (Syrie). Si une demande de visa est déposée, Verhagen fera étudier la possibilité d’interdire l’accès des Pays-Bas à Hanieyh. Les Pays-Bas ne veulent entretenir de contacts qu’avec les politiques palestiniens qui reconnaissant l’Etat d’Israël. Ce n’est pas le cas du Hamas."

ACTUALITE INTERIEURE

ChristenUnie

"L’éminent député PvdA Paul Kalma prévient le partenaire de coalition ChristenUnie que des incidents comme la ’question du bikini’ à Utrecht [à propos d’une grande publicité dans le vieux centre-ville] et les ’fonctionnaires objecteurs’ qui ne veulent pas marier des couples homosexuels ne doivent pas se répéter", relève le Volkskrant (p.3)."J’ai beaucoup de mal à me faire à vos principes de base. S’ils se traduisent trop dans la pratique, mon rejet se transformera en méfiance", cite le journal de centre gauche.
"Kalma, ancien directeur de la fondation Wiardi Beckman, le bureau scientifique du PvdA, était samedi l’invité d’un congrès de la ChristenUnie. Il s’est violemment heurté à l’assistance à deux reprises. ’Votre effort politique est un mélange d’Eglise et d’Etat. Je respecte la foi chrétienne comme source d’inspiration, mais je rejette la politique basée sur ces principes’."
"Le raisonnement du chercheur théologien Stefan Paas, selon lequel le christianisme a rendu possibles la démocratie et la liberté d’expression, a eu sur Kalma l’effet d’une piqûre de guêpe. ’Vous suggérez que vous détenez la vérité. Ce n’est pas une bonne base pour un dialogue. Pourquoi attirez-vous tout à vous ? Notre camp pratique le relativisme, le vôtre pas’."
"Le congrès, organisé par le bureau scientifique de la ChristenUnie, s’était réuni pour réfléchir à la participation du parti à la politique nationale. Une partie de sa base trouve qu’il est inconvenant d’être au pouvoir, parce Dieu est le maître suprême. ’Nous ne devons pas avoir tendance à penser que les choses dépendent de nous’, a dit Roel Kuiper, directeur de l’institut scientifique du parti, durant la prière d’ouverture."
"Le philosophe du droit Afshin Ellian était aussi invité au congrès. Selon lui, la ChristenUnie ne doit pas se plaindre d’être mise à mal. ’La religion n’a rien à voir avec les impôts ou la politique du stationnement. Je ne nourris pas de méfiance envers la religion, mais envers son implication dans le pouvoir politique’."
"L’idée de la supériorité des chrétiens est également en contradiction fondamentale avec l’Etat de droit néerlandais, selon Ellian. ’Vous êtes meilleurs, car vous irez au Paradis et moi pas. C’est l’institutionnalisation de la discrimination’."

AFFAIRES FRANÇAISES

Dans le NRC Handelsblad (p.40) de samedi, René Moerland fait le point de la campagne électorale. "Tel candidat prône un ministère de l’Identité Nationale, tel autre propage l’hymne national. La France veut être une nation. C’est là le thème des élections présidentielles."
Le Financieele Dagblad (p.5) rend compte de la tournée du candidat Nicolas Sarkozy, en insistant sur les réunions électorales de Tours et Toulouse.
En page d’opinion du Volkskrant, le chroniqueur Arie Elshout remarque qu’en "prenant congé de Chirac, la France doit maintenant enterrer de Gaulle pour de bon et entrer dans le XXIe siècle".

Dernière modification : 20/01/2010

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