Presse néerlandaise du lundi 16 juin 2008

La ministre Ter Horst (Intérieur) examine la possibilité de créer une banque de données ADN des policiers néerlandais pour écarter plus rapidement les traces qu’ils laissent sur le lieu d’un crime. Les syndicats de la police sont critiques. L’ACP ouvre aujourd’hui une enquête parmi ses 23 000 membres.
Les investigateurs perdent souvent un temps précieux avec les traces d’ADN des inspecteurs ou des agents de police qui ont étudié le lieu d’un crime, souligne l’AD. Grâce à la banque de données envisagée, l’institut médico-légal NFI pourrait voir beaucoup plus vite si un cheveu appartenait à un policier, par exemple.

de Volkskrant (centre gauche) : "Recommandation de la commission Bakker : ’Travailler jusqu’à 67 ans pour la même retraite’", "Le critique littéraire Fens est décédé – Ecrire était la drogue de Kees"
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "L’ADN des agents de police dans une banque de données", "’Dans 20 ans presque plus personne ne fumera’"
Trouw (chrétien progressiste) : "La CU et le PvdA donnent toute latitude à la coalition", "Les lettres néerlandaises perdent un critique marquant en Fens", "’Etre de la partie’ à Bâle pour 3 699 euros par personne" (Euro 2008)
De Telegraaf (populaire) : "’Nous devons rester réalistes’" (l’équipe néerlandaise après la victoire sur l’Italie et la France)

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LE DOSSIER DU JOUR :Référendum irlandais

"Le ’non’ irlandais ne doit pas signifier la fin du Traité de Lisbonne", commente l’éditorialiste du Trouw de samedi. Pour le journal chrétien progressiste, ce coup dur porté à l’UE par un peu plus de 862 000 électeurs irlandais "illustre de nouveau le fossé entre les citoyens et l’élite politique pro-européenne, tout comme lors des référendums néerlandais et français qui ont gâché la Constitution européenne, il y a trois ans. C’est à juste titre que le premier ministre irlandais a reproché au camp du ’non’ de présenter l’UE comme un danger dans des domaines où l’Union n’a vraiment rien à dire, comme les impôts et la législation de l’avortement. Mais ce reproche touche aussi l’élite elle-même : elle ne réussit toujours pas à présenter avec conviction les énormes avantages de l’unification européenne."
"Le ’non’ irlandais peut de nouveau ralentir la modernisation de l’UE et l’adhésion de nouveaux membres." "Mais l’Irlande n’est pas la France ou les Pays-Bas, qui constituent le cœur géographique de l’Union. L’option la plus logique serait donc de contraindre la population irlandaise à accepter les conséquences de son choix et de modifier le traité de sorte que l’Irlande puisse en partie se retirer de l’UE." "L’Irlande pourrait ainsi participer au marché communautaire, mais pas au processus décisionnel politique." "Il serait encore plus simple et réaliste que les Irlandais réfléchissent et, tout comme en 2002, se rallient tout de même à la modernisation de l’UE lors d’un deuxième référendum."
Pour le commentateur du Volkskrant de samedi, "le non irlandais n’est pas seulement un affront pour le gouvernement de Dublin, mais également pour tous les leaders européens, qui, avec la signature du Traité de Lisbonne, semblaient avoir enfin conjuré la crise causée par les référendums en France et aux Pays-Bas."
"La question de savoir si le Traité de Lisbonne peut encore être sauvé doit être subordonnée à la question de savoir comment l’Europe peut regagner la confiance des citoyens. Même sans nouveau traité, on peut s’engager dans la voie d’une démocratisation plus poussée du processus décisionnel et de l’application dans la pratique du principe tant vanté de la subsidiarité : qu’est-ce qui relève de la compétence de Bruxelles et, surtout, qu’est-ce qui n’en relève pas ?"
"Le peuple irlandais, qui était pauvre comme Job, doit beaucoup à l’UE", fait valoir le Telegraaf de samedi. "La lumière ne va pas s’éteindre en Europe", selon le journal populaire. "On va certainement tirer un lapin du chapeau pour que l’Europe ne soit pas la dupe de l’ingratitude de quelques Irlandais contrariants."
"L’Irlande a peut-être plongé l’Europe dans une véritable crise", commente le NRC Handelsblad de samedi. "Quoi qu’il en soit, les Irlandais, en disant ’non’ au Traité de Lisbonne, ont mis en jeu le progrès de l’Union européenne, à une époque où les rapports de force économiques et politiques changent fortement à l’échelle mondiale et où l’Europe doit trouver sa propre place." "Un des moyens dont le reste de l’Europe dispose maintenant, c’est d’ignorer l’Irlande. Ce n’est peut-être pas une crise mais c’est certainement une stagnation."
"L’Allemagne et la France vont probablement prendre maintenant l’initiative pour limiter le plus possible les dégâts, sur la base du Traité de Nice. Celui-ci reste en vigueur et offre suffisamment de possibilités de politique communautaire. La colonne européenne pourra ainsi rester en mouvement, même si c’est à une allure de tortue et en pataugeant."
"Mais en tant que puissance politique mondiale en cours de formation, l’Europe a été stérilisée par les Irlandais."
"L’Irlande montre une fois de plus que les référendums sont des monstres", estime le rédacteur en chef de l’AD de samedi. "Cela prouve de nouveau qu’une question d’un grand intérêt général ne doit pas être soumise à la population par référendum. Dans la pratique, il s’avère que beaucoup d’électeurs ne prennent pas une décision rationnelle mais se laissent guider par toutes sortes de sentiments. Pourquoi quelques millions d’Irlandais devraient-ils bloquer sans raison valable le progrès de 500 millions d’Européens ?"
"Les ministres des Affaires étrangères de l’UE se réunissent aujourd’hui à Luxembourg qui parler de la crise", écrit le Volkskrant (p.5) ce matin. "Il est à prévoir que l’Irlande fera l’objet de lourdes pressions durant cette réunion. Ce sont surtout les pays qui ont ardemment défendu la Constitution européenne, il y a trois ans, qui ont du mal à admettre que moins d’un million d’Irlandais décident du sort d’un traité qui doit s’appliquer à une Union d’un demi-milliard de citoyens."

ACTUALITE INTERIEURE

Congrès du PvdA et de la ChristenUnie

"La discussion sur la sélection d’embryons n’a pas mené à des blocages aux congrès du PvdA et de la ChristenUnie", souligne le Trouw à la une, dans le chapeau d’une synthèse de comptes rendus. "La direction du PvdA comme celle de la ChristenUnie veulent poursuivre la coalition actuelle. Des blocages sur des thèmes comme la sélection d’embryons pourraient la mettre en danger grave. Personne ne veut cela, pas même les congrès des deux partis. Samedi, la classe politique haguenoise a eu toute latitude pour trouver un compromis dans le calme."
"Le PvdA, à Breda, et la ChristenUnie, à Zwolle, n’ont pas renoncé à leurs principes durant leur congrès de printemps. Les sociaux-démocrates soutiennent tous la lettre originale de la secrétaire d’Etat à la Santé publique, Jet Bussemaker, qui autorisait la sélection d’embryons pour éviter le gène de deux sortes de cancer."
"Au même moment, le vice-premier ministre Rouvoet, qui avait amené Bussemaker à retirer sa lettre à la Deuxième Chambre pour débattre d’abord du thème en conseil des ministres, expliquait sa démarche au congrès de la ChristenUnie. Les Pays-Bas ont pour la première fois un gouvernement dans lequel la ChristenUnie est représentée et selon Rouvoet, ce n’est pas par hasard que l’accord de gouvernement ’n’insiste plus unilatéralement sur l’autonomie et l’autodétermination, mais parle de façon équilibrée des choix concernant la vie et la mort’."
"Mais ces choix n’entraînent pas d’avaries pour la coalition. La présidente du groupe parlementaire PvdA, Mariëtte Hamer, n’a pas eu besoin de s’opposer à la motion, car le congrès a simultanément donné au groupe et aux responsables PvdA la marge de manœuvre nécessaire pour aboutir à un compromis au sein de la coalition."
"Son collègue le président de groupe Arie Slob, a de son côté demandé explicitement au congrès de la ChristenUnie ’confiance et latitude’. ’Nous devons être réalistes’, a-t-il fait valoir à son auditoire. ’Verrouiller la porte n’est pas une option.’ Mais selon lui, la porte est grande ouverte, du point de vue juridique, à la sélection d’embryons depuis le précédent gouvernement et ce n’est pas une option non plus. Même si certains congressistes brûlaient d’entamer un débat approfondi, la ChristenUnie a suivi Slob. De sorte que la coalition a passé le week-end sans subir de préjudice grave."
"Gouverner, cela fait mal, mais il faut bien le faire", écrit le Volkskrant dans un commentaire éditorial. "Tel était le message de la ChristenUnie et du PvdA aux cadres des deux partis. Les congrès des deux partis gouvernementaux se sont laissés convaincre le week-end dernier, mais le cœur n’y était pas."

AFFAIRES FRANÇAISES

Dans le supplément Zaterdag &cetera du NRC Handelsblad du week-end, René Moerland évoque les problèmes de l’enseignement primaire. "Tout comme aux Pays-Bas, on se fait beaucoup de soucis sur l’enseignement primaire. La solution : se concentrer plus sur la langue et le calcul. C’est la même solution qu’il y a six ans." "La France a une école de l’ennui", cite le correspondant de la bouche de l’historien et ancien recteur Philippe Joutard.
Le Het Parool de samedi consacre deux pages de son supplément PS weekend à Biarritz.
Le Trouw (p.14) de samedi note en rubrique économique que "Les Polonais pourront bientôt travailler aussi en France".

Dernière modification : 19/08/2008

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