Presse néerlandaise du lundi 17 décembre 2007

Henk Kesler, directeur de la KNVB, la ligue néerlandaise de football, "s’est mis à dos l’appareil de police tout entier, en qualifiant les agents de ’gaillards gâtés’", relève le Volkskrant à la une. "Le président de la KNVB, Jeu Sprengers, a condamné les propos de Kesler. Le Conseil des commissaires principaux exige des excuses." "La ministre de l’Intérieur Ter Horst a également condamné la déclaration dimanche : ’Il n’est pas convenable de désigner ainsi la police’."
"Kesler a fait sa déclaration après que les maires d’Amsterdam et de Rotterdam avaient décidé de reporter deux grands matches de football en raison d’une grève de la police." Les syndicats des forces de l’ordre sont en conflit avec la ministre de l’Intérieur sur une augmentation salariale.

de Volkskrant (centre gauche) : "Amsterdam assainit une grande partie du centre-ville - Un projet de plusieurs centaines de millions d’euros", "Une génuflexion des Etats-Unis sauve le sommet climatique de Bali", "La police exige des excuses à propos des ’gaillards gâtés’"
Trouw (chrétien progressiste) : "Le directeur de la KNVB met le football au-dessus de la loi - Les critiques éhontées de Kesler à l’adresse des ’gaillards gâtés’ sont mal reçues", "Le président de la KNVB est ’particulièrement’ irrité", "Les Britanniques transfèrent le contrôle de Basra à l’Irak"
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "Pas de contravention, mais un avertissement durant les actions de la police - L’impunité n’est valable que pour les petites infractions"
De Telegraaf (populaire) : "Nous vous soutenons ! Un encouragement à nos militaires - Le général Berlijn donne le coup d’envoi d’une action du Telegraaf - Une semaine placée sous le signe de la mission [en Uruzgan]"

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LE DOSSIER DU JOUR :Sommet climatique de Bali

"La laborieuse déclaration finale du sommet de l’ONU à Bali est une percée à au moins un égard", écrit le correspondant en Indonésie du Volkskrant, à la une. "Jamais encore une conférence internationale sur le climat n’avait été close à une telle unanimité. Tous les pays participants, presque 190 au total, ont placé leur signature sous le Plan d’action de Bali, y compris les Etats-Unis."
"Les pays industrialisés et les pays en voie de développement ont décidé d’un commun accord comment ils comptent lutter contre le changement climatique mondial. Le document est l’esquisse d’une nouvelle politique climatique à l’échelle mondiale, au-delà de 2012. Le Plan d’action de Bali forme la base d’un traité définitif sur le climat qui devra être prêt en 2009."
"Les participants ont donné libre cours à leurs émotions durant les négociations. Le leader de la conférence, le Néerlandais Yvo de Boer, n’a pas pu retenir ses larmes à un moment donné. Des collaborateurs l’ont emmené. On a craint le pire pour les négociations pendant deux jours. La ministre néerlandaise de l’Environnement, Jacqueline Cramer, était constamment assise sur le bord de sa chaise. ’La tension était grande dans la salle’, a-t-elle raconté peu après la fin de la conférence. ’Le président indonésien Yudhoyono et Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations Unies, étaient venus pour s’adresser à l’assemblée. Vous devez vous en sortir, l’avenir de la terre est en jeu, tel était leur message’."
"La ministre Cramer : ’Le document a été adopté sur la base d’un appel moral [adressé à la délégation américaine]. C’était un cri de détresse. Si nous n’avions pas pris de décision je n’aurais plus osé me regarder dans un miroir’" (également Trouw p.8, AD Haagsche Courant pp.12-13,

Commentaires
"Comme lors de précédentes conférences sur l’environnement, on n’a parlé qu’incidemment du réchauffement de la terre à Bali et beaucoup plus des rapports de force dans le monde, en particulier de la position des Etats-Unis, aussi bien vis-à-vis de l’Europe que de la Chine", remarque l’éditorialiste du Volkskrant. "Comme d’habitude, la délégation américaine est restée insensible au reproche que les Etats-Unis restent de loin le plus grand pollueur du monde par tête d’habitant."
"La conférence de Bali n’a certes pas mis fin au changement climatique, mais cet accord représente un gain politique. Pour la première fois, tous les pays se sont en tout cas accordés sur le fait que des mesures sont nécessaires. Pour arriver à ce consensus, il n’était pas possible suivre l’appel d’Al Gore [...] et d’ignorer les Etats-Unis, dans l’attente d’un changement de régime à Washington. Un accord sans les Etats-Unis aurait signifié que la Chine, l’Inde, la Russie et le Japon décrocheraient aussi." "Néanmoins, le résultat des élections présidentielles américaines auront au moins autant d’influence sur le nouveau traité climatique qui doit être signé en 2009 que les négociations de suivi qui commenceront au printemps prochain."
"Les Etats-Unis ont été bougons à Bali, mais ils ont franchi un pas mémorable", titre le Trouw au-dessus de son éditorial. "Il y a cinq ans à peine, les Etats-Unis refusaient de ratifier Kyoto et le président américain Bush niait que le réchauffement actuel de la terre soit dû à l’homme. L’accord conclu maintenant offre la possibilité de travailler à des accords plus fermes, en attendant qu’il y ait un nouveau président à la Maison Blanche. Et les pays en développement - notamment la Chine et l’Inde - ne peuvent plus se cacher derrière le blocage américain."
"L’UE, qui a dû laisser beaucoup de plumes dans les négociations, doit continuer de donner le ton par ses actes durant les cruciales prochaines années - comme elle l’a déjà fait les années passées. Et aux Pays-Bas aussi nous devons nous rendre compte que des mesures plus sévères sont nécessaires. Rien ne nous empêche de prendre l’initiative."
"Quand on pense qu’une puissance mondiale a cédé, que deux géants émergents permettent désormais qu’on s’intéresse à leur politique environnementale et qu’on peut poursuivre les efforts en vue d’un commerce mondial de rejets de gaz à effet de serre, on doit accorder aux négociateurs le bénéfice du doute", fait valoir le journal d’affaires Het Financieele Dagblad. "C’est un résultat maximal, compte tenu de la scène politique actuelle."
"Il reste deux ans pour prouver au monde le succès de Bali. Deux ans durant lesquels un nouveau président américain sera élu, entre autres. En 2009, le successeur du protocole de Kyoto devra être prêt à Copenhague. Le mérite de Bali est en tout cas que ce n’est pas impossible."

Union européenne - Serbie

"L’arrestation de l’homme politique serbe bosniaque Radovan Karadzic n’est plus pour les Pays-Bas une condition pour le resserrement de la coopération avec la Serbie", selon l’AD de samedi (p.15). "Les Pays-Bas tiennent cependant toujours à l’arrestation et à l’extradition du général Mladic, le ’boucher de Srebrenica’."
"A Bruxelles, hier, le premier ministre Balkenende et le ministre Verhagen (Affaires étrangères) ont prévenu leurs partenaires européens que sans son transfèrement à La Haye, les Pays-Bas ne signeront pas l’accord de coopération avec la Serbie qui doit ouvrir la voie de l’adhésion à Belgrade. La Belgique est le seul pays qui soutienne cette position."

ACTUALITE INTERIEURE

Personnalité politique de l’année
"Geert Wilders est devenu l’homme politique de l’année pour la NOS, parce qu’il ’a dominé le débat public’", relève le Trouw (p.5). "Il est sorti vainqueur du décompte des votes des participants en ligne et de la presse parlementaire. Le fait qu’il ait bénéficié de tant d’estime de la part de la presse parlementaire - que Wilders qualifie invariablement de ’gauchiste’ - a hautement surpris le leader PVV."
"L’élection de la NOS a au demeurant été quelque peu confuse cette année, parce qu’il y avait plusieurs vainqueurs. Les jeunes SGP avaient voté en masse pour leur leader sur Internet, de sorte que Bas van der Vlies est devenu le vainqueur absolu du sondage en ligne. Parmi les journalistes, c’est le leader D66 Alexander Pechtold qui a obtenu le plus de points, justement parce qu’il entre fermement en débat avec Wilders. Le député VVD Halbe Ziijlstra a été désigné comme talent politique de l’année 2007. Il s’est fait remarquer par sa gestion réussie du portefeuille de l’intégration et des demandeurs d’asile" (également AD Haagsche Courant p.7).

SP

Plusieurs quotidiens annoncent que le socialiste radical Farshad Bashir, 19 ans, siègera bientôt à la Deuxième Chambre. Il succèdera après les vacances de Noël à Rosita van Gijlswijk, qui a été élue trésorière du SP. Selon le parti, Farshad Bashir est le plus jeune député de l’histoire parlementaire néerlandaise et le premier d’origine afghane. Il est né à Kaboul et réside aux Pays-Bas depuis dix ans.
Farshad Bashir est actuellement conseiller municipal à Leeuwarden. Il fait par ailleurs des études de physique à Groningue (de Volkskrant p.2, Trouw p.4 et de Verdieping, AD Haagsche Courant p.9).

AFFAIRES FRANÇAISES

Le Trouw (p.3) consacre un avant-papier explicatif à la "Conférence des donateurs pour un Etat palestinien" : "Pratiquement tout le monde est à Paris aujourd’hui".
Dans le Volkskrant (p.4), Ariejan Korteweg évoque les projets d’avenir de Marseille : "Marseille est mûr pour une renaissance".
Sur le plan culturel, le Trouw (cahier de Verdieping p.11) signale l’exposition "Sandberg, graphiste et directeur du Stedelijk Museum", à l’Institut Néerlandais de Paris.

Dernière modification : 19/08/2008

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