Presse néerlandaise du lundi 18 octobre 2004

La classe
politique et la ligue de football KNVB applaudissent à cette décision. "Il n’est
pas étonnant que cette première vienne de La Haye", commente l’éditorialiste du
Volkskrant, "car la ville et son club ont une mauvaise réputation dans le
domaine du vandalisme des supporters."

 

  • Algemeen Dagblad : "Eloges
    pour l’arrêt d’un match - ’Enfin des actes’ après les slogans d’ADO-PSV",
    "Encore un bébé victime de violences", "Awa menace ses victimes depuis sa
    cellule de prison" (fait divers)
  • Trouw : "Baisse des abus
    sexuels des enfants - La tendance est internationale : il y a moins de
    nouveaux cas", "Après la violence physique, la violence verbale", "Une
    première rencontre arrêtée à cause des slogans scandés"
  • de Volkskrant : "L’armée
    américaine accroît la pression sur Falluja" (synthèse de dépêches),
    "L’employeur est coresponsable du burn-out [épuisement professionnel]", "Les
    hooligans haguenois sont inaccessibles"
  • De Telegraaf : "Mal aux dents
     ? Au poste de premiers soins - Les patients évitent le dentiste après la
    suppression du remboursement", "Zeewolde en deuil" (fait divers), "Une double
    sanction attend l’ADO"

 

* * *

 

Le dossier du jour
 : Balkenende

Le premier ministre Jan Peter Balkenende a quitté vendredi
après-midi l’hôpital IJsselland Ziekenhuis de son lieu de résidence Capelle aan
den IJssel. S’appuyant sur deux béquilles, il a salué les journalistes qui
l’attendaient, s’exclamant "Il est bon de vous revoir tous !", et a remercié le
public pour les nombreuses manifestations de soutien qu’il avait reçues.

"Balkenende
est de retour, au tour maintenant de l’unité dans le pays", titre le Volkskrant
de samedi à la une. "’Quand on voit les Pays-Bas divisés, ce n’est pas bon. Il
est toujours préférable d’essayer de s’en sortir ensemble. Je vais m’y attacher
les prochains temps’, a déclaré Balkenende." "’Nous sommes un pays dans lequel
on essaie toujours de trouver des solutions ensemble, le pays de l’économie de
concertation et du modèle polder’, a dit Balkenende. ’Il y a maintenant des
tensions. On peut très bien avoir une divergence d’opinion de temps à autre.
Mais en définitive nous devrons continuer ensemble. Cela signifie qu’il importe
que toutes les parties soient raisonnables’."

"Le premier ministre sera jusqu’à nouvel ordre actif à son
domicile de Capelle aan den IJssel. Même les dix minutes qu’il a passées debout
devant l’hôpital étaient éprouvantes pour lui, selon son porte-parole." "Balkenende
a parlé de ses obligations internationales : il veut présider le sommet européen
du 17 décembre et il veut aussi assister à la signature de la Constitution
européenne, le 29 novembre à Rome."

"Le
gouvernement Balkenende a-t-il encore des amis ?" titre le journal de centre
gauche au-dessus d’une analyse en page 2. "Le premier ministre Balkenende avait
l’esprit préoccupé vendredi, lorsqu’il a annoncé sur les marches de l’IJsselland
Ziekenhuis, à Capelle aan den IJssel, qu’il allait essayer de réunifier le pays.
Il y a tout lieu de le faire. En dépit des tentatives du gouvernement de ramener
le mouvement syndical dans la concertation, les émotions ne font que s’aviver.
Ce qui s’est passé à la Deuxième Chambre, dans la nuit de jeudi, montre que le
premier ministre devra encore faire un grand travail de missionnaire, et pas
seulement dans les bancs de l’opposition."

L’opposition n’a pas été chiche de motions de censure et de désapprobation
durant les deux années et demie des gouvernements Balkenende I et II, rappelle
le Volkskrant. "A cet égard, la motion déposée jeudi contre le ministre des
Affaires sociales De Geus par le PvdA,
le SP et GroenLinks n’avait rien d’inquiétant. Mais ce qui est préoccupant pour
De Geus, Balkenende et le reste de
l’équipe, c’est que leur propre coalition n’hésite désormais plus à leur causer
des problèmes. Le gouvernement a-t-il encore des amis ?"

"Les usual
suspects parmi les ennemis se trouvent dans les bancs de l’opposition et ils
sont à leur aise. Ils profitent de la vieille polarisation, qui est de nouveau
visible à la Deuxième Chambre. Le PvdA, le SP et GroenLinks s’entendent sur les
points principaux et soutiennent sans ambiguïté le mouvement syndical, qui
préférerait se débarrasser de ce gouvernement. Les échanges entre l’opposition
et la coalition deviennent de plus en plus crûs. On raille, on souffle avec
dédain, on hue et on se gausse dans la salle de réunion. Jeudi soir, le leader
PvdA Wouter Bos a parlé des ’faux-fuyants habituels du CDA’. Femke Halsema, de
GroenLinks, a lancé à De Geus : ’Vous
ne valez pas votre parole !’"

"En
septembre, les présidents de groupe parlementaire Verhagen (CDA), Dittrich (D66)
et Van Aartsen (VVD) avaient déjà modifié de leur propre chef le budget national
d’un montant d’un milliard d’euros. Et maintenant ils projettent de faire
travailler les chômeurs de longue durée pour moins que le salaire minimum, une
action qui ne contribue certainement pas à désamorcer le conflit social."

"Van Aartsen, comme la plupart des ’nouveaux libéraux’, n’est
pas un grand supporter du modèle polder. Il ne tient donc pas tellement à vider
rapidement la querelle entre le mouvement syndical et le gouvernement, tant que
les effets négatifs en restent limités. Il est clair qu’avec de tels partenaires
de coalition le gouvernement n’a pas besoin d’ennemis. Il reste à voir si
Balkenende réussira à rendre l’initiative à son gouvernement. La pression sur
son ministre des Affaires sociales restera en tout cas forte."
De Geus, jeudi, a promis que "le
gouvernement ne touchera pas au salaire minimum". "Il sera intéressant de voir
comment il tiendra sa promesse si le CDA, le VVD et le D66 persistent."

 

Actualité internationale

 

Union européenne - Turquie

"Le
gouvernement n’a pas fait de prévision sur le début des négociations d’adhésion
de la Turquie à l’Union européenne, vendredi à Bruxelles", note le Trouw (p.6)
de samedi en rubrique européenne. "La présidence néerlandaise dirigera le sommet
des chefs d’Etat et de gouvernement qui décidera en décembre si la démocratie et
l’Etat de droit sont suffisamment bien établis pour commencer ces négociations.
Le vice-premier ministre Zalm a déclaré qu’il n’y aurait plus de prévisions sur
une date de démarrage avant. ’Nous devons rester sur la réserve, car dans les
autres capitales européennes on fait très attention à ce que disent les
Pays-Bas’."

"Zalm a
dit vendredi que Bot avait seulement voulu faire une prévision sur la rapidité
d’ouverture des négociations, pour le cas où la Turquie se qualifierait au
sommet européen de décembre."

"Le ministre Bot va faire le tour des capitales européennes
les deux prochains mois, pour les sonder sur la façon dont la présidence doit
préparer les négociations" (également Algemeen Dagblad p.6, NRC Handelsblad p.3
de samedi).

 

 

Union européenne - Chine

"C’en est
fait de notre politique chinoise commune !" écrit Bert Lanting, correspondant à
Bruxelles du Volkskrant, dans l’édition de samedi. "Tel était le sentiment qu’on
a eu à Bruxelles lorsque le président français Jacques Chirac, durant sa visite
à Pékin, a prôné la levée de l’embargo sur les armements européens et la
reconnaissance de la Chine en tant qu’économie de marché libre."

"La visite
de Chirac, qui a rapporté plus de quatre milliards d’euros de commandes
chinoises à l’industrie française, a illustré une fois de plus la difficulté
pour l’Union européenne de définir une politique claire vis-à-vis de Pékin. En
théorie, les pays de l’UE sont d’accord sur les objectifs de leur politique
chinoise : le géant asiatique doit devenir un pays stable, transparent,
démocratique et prospère. Mais dans la pratique, la rivalité entre les pays de
l’UE a souvent le dessus, constate Katinka Barysch, du Centre for European
Reform, à Londres."

"Par ses
remarques Chirac a miné la position commune de l’UE selon laquelle la Chine
n’est pas encore mûre pour le label d’économie de marché libre qu’elle convoite
tant. Pékin veut obtenir cette reconnaissance parce qu’il lui sera alors plus
facile de s’opposer aux mesures anti-dumping d’autres pays."

L’article est présenté comme le premier d’une "série sur
l’émergence d’une nouvelle superpuissance".

 

Union européenne - Cuba

"Deux
parlementaires néerlandais et un homme politique espagnol se sont vu refuser
l’entrée à Cuba vendredi soir, parce qu’ils ’essayaient d’entrer à Cuba de façon
frauduleuse et illégale’", écrit le Volkskrant à la une. "C’est ce que déclare
le ministère cubain des Affaires étrangères. "Les trois personnes avaient
l’intention d’abuser de leur visa de tourisme pour ’une grave provocation
politique à l’encontre de Cuba’, selon La Havane."

"Le leader
D66 Boris Dittrich et la députée CDA Kathleen Ferrier ont été arrêtés vendredi
soir à l’aéroport de la capitale cubaine et expulsés du pays. Le conservateur
espagnol Jorge Moragas a connu le même sort. Ils s’étaient rendus à Cuba pour
parler à des dissidents."

"Le
ministre des Affaires étrangères Bot est indigné. Il convoque aujourd’hui
l’ambassadeur de Cuba à son ministère. Seuls des fonctionnaires de bas niveau
seront présents."

"Dittrich veut que les Pays-Bas mettent fin aux subventions à
l’exportation accordées à Cuba. Par ailleurs l’Union européenne devrait mettre
les relations avec Cuba en veilleuse" (également Trouw pp.1 et 3, Algemeen
Dagblad p.2).

 

Actualité
intérieure

 

Isolement social

"Un
Néerlandais adulte sur dix vit dans l’isolement social", relève le Volkskrant
(p.3). "Ce sont surtout les parents isolés qui sont confrontés au problème. Plus
d’un tiers se plaint du manque de contacts sociaux. C’est ce qui ressort d’un
rapport du Sociaal en Cultureel Planbureau (SCP) qui paraît aujourd’hui."

"Une étude
du Centraal Bureau voor de Statistiek avait déjà montré une énorme croissance du
nombre de familles monoparentales. Il y a actuellement 435 000 familles
monoparentales. Une hausse de 20 pour cent en dix ans est la conséquence directe du nombre croissant
de personnes vivant en union libre. Ces personnes se séparent plus rapidement,
même quand elles ont des enfants. On s’attend à ce qu’il y ait plus d’un
demi-million de familles monoparentales en 2020."

"L’étude
du SCP compte par ailleurs les indemnisés et les allochtones non occidentaux,
groupes qui font partie des plus défavorisés, parmi ceux qui courent un grand
risque d’exclusion. 36 pour cent des
familles qui vivent sous le minimum vital - la plupart monoparentales - n’ont
pas les moyens d’inscrire leurs enfants dans une association (sportive)."

"Au demeurant, un bas revenu n’est pas le principal facteur
de l’isolement social. Une mauvaise santé est la principale cause et il existe
aussi un rapport étroit avec la condition psychique."

 

Melanie Schultz van Hagen

La secrétaire d’Etat aux Transports et Voies d’Eau, Melanie
Schultz van Hagen, est en congé de maternité pour seize semaines. C’est la
ministre Peijs qui s’occupera de ses dossiers (De Telegraaf de samedi p.7).

 

Economie,
Finances

 

Burn-out

"La FNV se
réjouit du fait que le burn-out [épuisement au travail] ait été déclaré maladie
professionnelle par un tribunal", rapporte le Volkskrant à la une. "Un homme de
57 ans s’est vu accorder un dédommagement de soixante-dix mille euros parce
qu’il s’était retrouvé en WAO [incapacité de travail] à la suite d’un burn-out."

"Après
cette affaire, les employeurs devront payer pour les problèmes qu’ils ont
contribué à créer, estime Jan de Jong, du Bureau des maladies professionnelles
du syndicat FNV qui a porté l’affaire devant le tribunal."

"L’homme
de 57 ans qui s’est vu accorder un dédommagement fin septembre, avait fait
structurellement des heures supplémentaires pendant dix ans, dans une entreprise
d’engrais dans laquelle il a d’abord été chauffeur puis manager assistant. ’Il
travaillait cinquante à soixante heures par semaine, environ cinquante semaines
par an, et il était souvent disponible le soir, la nuit et pendant le week-end’,
raconte De Jong."

Le juge a
estimé que l’employeur a manqué à son obligation de veiller à la santé de son
employé (article 7 658 du Code Civil).

L’article précise qu’aux Pays-Bas environ dix
pour cent des actifs souffrent
d’épuisement professionnel. Dans beaucoup de cas il s’agit d’employés
enthousiastes, travailleurs et bien motivés (également Trouw p.2).

 

Affaires françaises
 

 

Le Volkskrant (pp.1 et 6) de samedi a publié un grand article
basé sur un entretien avec Gilles Kepel à l’occasion de la sortie de son libre
Fitna, qui a pour thème l’échec du djihad : "Le djihad est un tissu d’échecs".
"Ce n’est pas à Bagdad, Washington ou Riyad que se décide la conciliation de
l’islam avec les temps modernes, mais dans les banlieues d’Europe." Kepel est
plutôt optimiste en ce qui concerne l’intégration des musulmans dans les
sociétés européennes. "Les djihadistes n’ont toujours pas renversé le moindre
gouvernement. Le seul à avoir sombré est celui des taliban en Afghanistan, qui
les soutenait. Leur propre organisation, Al Qaeda, en a pris un sérieux coup et
les masses ne se sont toujours pas ralliées aux combattants du djihad, au
contraire."

Le Trouw (p.23) de samedi a présenté le livre de José Bové
Pour la désobéissance civile.

 

 

Dernière modification : 18/10/2004

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