Presse néerlandaise du lundi 19 mai 2008

A partir de 2010, deux tiers des jeunes handicapés indemnisés (Wajong, WAO jeunes) devront accepter l’emploi qu’on leur propose pour ne pas perdre leur indemnité. La plupart des jeunes indemnisés Wajong ne toucheront plus 75 pour cent du salaire minimum, mais 70 pour cent. C’est ce qui ressort d’une note du ministre CDA des Affaires sociales, M. Piet Hein Donner, qui sera soumise au conseil des ministres cette semaine.
Le nombre d’indemnisés Wajong croît fortement, rappelle le Volkskrant, et certains politiques parlent déjà d’un "nouveau drame WAO". En 2007, il y avait 167 000 indemnisés Wajong et il s’en ajoute soixante tous les jours ouvrables. Si l’on ne réforme pas le système, plus de cinq pour cent de la population active (450 000 personnes) seront en Wajong en 2050, selon une estimation de l’instance de versement des indemnités sociales UWV. Cela coûterait 5,3 milliards d’euros par an.

Trouw (chrétien progressiste) : "La Chine discerne aussi des possibilités après le tremblement de terre - Des reportages sur le Sichuan pour maintenir l’union de la population, après l’émoi suscité à l’occasion des JO"
de Volkskrant (centre gauche) : "Donner coupe dans la WAO [incapacité de travail] des jeunes – Le ministre veut éviter une trop forte croissance du nombre d’indemnités Wajong", "Un guichet numérique unique contre l’école buissonnière"
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "Vivre comme une loque à cause d’un mélange de pilules – Les conclusions alarmantes d’une enquête parmi les plus de 65 ans"
De Telegraaf (populaire) : "Vienne ne veut pas de fête des supporters néerlandais – La KNVB profondément déçue" (Euro-2008), "Les Etats-Unis mettent fin à l’irritante procédure douanière – Contrôle automatique pour les Néerlandais"

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LE DOSSIER DU JOUR :Caricaturiste Nekschot

L’ensemble de la presse de vendredi soir et de samedi a rendu compte de l’arrestation à Amsterdam, mardi dernier, du caricaturiste Gregorius Nekschot (pseudonyme signifiant Balle dans la nuque).
"Presque trois ans après une plainte déposée par le Meldpunt Discriminatie Internet (MDI) contre le caricaturiste Gregorius Nekschot, le Ministère public a fait une descente à son domicile", résume le Volkskrant (p.3) ce matin. "Avec une manifestation de force excessive, de l’avis d’une grande partie de la Deuxième Chambre, qui s’étonne aussi de la durée inhabituelle de l’enquête préalable. Le dépistage de quelqu’un qui menace anonymement par courriel le leader PVV Geert Wilders, par exemple, va considérablement plus vite."
"’Cela a pris tellement de temps parce que l’enquête s’est déroulée en deux phases’, explique un porte-parole du Ministère public. La première phase s’est concentrée sur son œuvre, la deuxième sur son identité. Le MDI hésitait sur le caractère pénal de ses dessins. En général, il ne porte plainte que lorsqu’il a de fortes présomptions que les travaux visés transgressent la loi. Dans le cas de Gregorius Nekschot, il avait des doutes parce qu’il s’agissait d’un caricaturiste qui doit pouvoir exprimer librement des critiques dans une démocratie occidentale."
"Le MDI a saisi la justice à cause des nombreuses plaintes contre Nekschot qu’il avait reçues en 2005. Il a ajouté à sa plainte des dizaines de caricatures cueillies sur Internet. ’Nous les avons examinées une par une pour juger de leur éventuelle pénalité’, déclare le porte-parole du Ministère public. ’Nous avons regardé si les caricatures restent dans le cadre de la liberté d’expression et de l’expression artistique.’ Cela a été une procédure longue et minutieuse, selon le porte-parole."
"Ce n’est que lorsque le Ministère public a conclu que huit caricatures étaient peut-être répréhensibles aux termes des articles 137c (discrimination) et 137d (incitation à la haine ou à la violence) que le Ministère public a recherché l’identité de Nekschot."
"Un juge d’instruction, un procureur et six policiers en civil ont procédé à la perquisition. Un nombre ’relativement peu élevé’, selon le Ministère public. Nekschot a été emmené au bureau, où il a invoqué la dispense de témoignage, selon le Ministère public. Il a été retenu pendant trente heures."
"Le porte-parole n’a pas pu dire quand le Ministère public décidera s’il engage des poursuites contre le caricaturiste."
Pour l’éditorialiste du Telegraaf de dimanche, "le Ministère public s’est engagé sur une pente raide" avec cette arrestation qui "a retenu l’attention du monde entier". "Les dessins qui suscitent tant d’émoi ne sont pas extrémistes", de l’avis du quotidien à grand tirage. "Qu’ils soient amusants ou décents, telle n’est pas la question. L’arrestation du caricaturiste frôle la censure."
"Il ne s’agit pas de bon goût", estime aussi le commentateur du Trouw ce matin. "Il est permis de faire des caricatures vaseuses ou mauvaises ; il s’agit de savoir si l’on peut parler d’offense et d’incitation à la haine systématiques. Le tribunal est le seul à pouvoir se prononcer là-dessus. Et lorsqu’il l’aura fait, on pourra juger si la justice a bien agi, ou si elle a donné à tort l’impression que les artistes ne sont plus libres aux Pays-Bas."

ACTUALITE INTERNATIONALE

Pays-Bas - Union européenne

Le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes Frans Timmermans (PvdA), dans une interview au NRC Handelsblad de samedi (cahier Zaterdag &cetera p.9), fait le bilan du "non" néerlandais à la Constitution européenne, il y a trois ans. Ce "non" a été "une énorme volée de bois vert" pour lui. "En tant que député PvdA il avait travaillé au Traité constitutionnel, il l’avait défendu et il avait perdu la bataille."
"Nos censeurs disent : les Pays-Bas n’ont pas de stratégie européenne, les leaders politiques – Bos, Balkenende, Rutte – ne parlent pas de l’Europe." Le secrétaire d’Etat : "C’est vrai, mais je commence à voir plus d’engagement, chez Balkenende comme chez Bos. Je veux montrer que l’Europe fait partie de la société néerlandaise et que les Pays-Bas font partie de l’Europe. L’Europe influe sur notre vie et nous exerçons une influence sur l’Europe. Nous ne devons plus considérer l’Europe comme une catastrophe naturelle." "Mon sentiment est qu’on se méfie toujours de nous [à Bruxelles]. C’est une méfiance parfois bienveillante, mais une méfiance tout de même. Je remarque souvent qu’on se dit : voyons ce que les Néerlandais vont faire les prochaines années. On est dans l’expectative. Nous sommes moins prévisibles."
"Une certaine prévisibilité est un énorme avantage en Europe. L’imprévisibilité n’est en général pas considéré comme un plus. Il y a aussi l’école Bolkestein, qui dit : il faut être désagréable, on obtient alors plus. Je trouve cela discutable, tout comme je trouve discutable qu’il faille toujours être le plus sage de la classe pour qu’on soit gentil avec vous. Il faut décider cas par cas : ici je vais être conciliant, ici je vais faire obstruction."
"Les Pays-Bas font-ils désormais partie de l’école eurosceptique dans l’Union, comme la Grande-Bretagne ?" "C’est un énorme malentendu de penser que les Pays-Bas sont dynamiques et que les autres sont statiques. Tous les pays changent. Le Danemark est devenu un pays pro-européen en cinq ans. La Suède est aussi plus positive. L’Espagne est beaucoup plus européenne. L’Angleterre est un facteur constant. Nous ne pouvons coller des stéréotypes sur les pays."
La position des Pays-Bas s’est-elle affaiblie avec l’élargissement ?" "Beaucoup de pays nous ont rejoints, mais la plupart sont plus petits que les Pays-Bas."
"Autrefois, les Pays-Bas pouvaient parfois montrer le poing en opérant dans le cadre du Benelux. Cela ne marche plus aussi bien." "Les trois pays se sont distanciés davantage les uns des autres. C’est un fait, il faut le reconnaître. Mais quand nous nous mettons d’accord, nous obtenons tout de suite l’attention des Etats membres petits et moyens. Nous nous y attacherons beaucoup les prochains temps."

Actualité intérieure

Jan Peter Balkenende

"Les gens se sentent plus en sécurité, il y a moins d’heures vides dans les écoles, les enseignants et les agents de police sont mieux payés, l’économie se porte bien et le budget de l’Etat est en ordre", écrit le Telegraaf (p.5) de samedi dans le chapeau d’une interview du premier ministre Jan Peter Balkenende. "Pourtant, beaucoup de citoyens sont mécontents. Balkenende n’a pas d’explication toute faite. Il trouve que beaucoup de choses se sont améliorées les dix dernières années, mais le fossé entre les citoyens et la politique que Pim Fortuyn a impitoyablement exposé en 2002, existe toujours. L’histoire se répète, à en juger par les nombreux électeurs qui soutiennent des partis anti-haguenois, comme le ToN de Rita Verdonk et le PVV de Geert Wilders, et cela dérange beaucoup le premier ministre."
"Notre pays se porte bien. J’en ai assez du négativisme, de cette manie de nous démoraliser. Du point de vue international, tout va très bien, le chômage est historiquement bas et nos revenus sont parmi les plus élevés d’Europe. De plus, les gens sont satisfaits de la sécurité sociale et des structures publiques."
"Nous gouvernons maintenant depuis plus d’un an. Il s’est passé beaucoup de choses les dix dernières années. De mauvais sondages, des commentaires négatifs. Mon précédent gouvernement a également connu des difficultés, mais la reconnaissance est finalement venue en 2006. Ce n’est pas pour rien que j’ai gagné avec le CDA trois élections d’affilée.Je considère cela comme une appréciation. Mme Verdonk se porte bien dans les sondages, mais ce n’est absolument pas une garantie." "Verdonk n’a pas encore le moindre programme. On ne peut pas dire : ’Je soutiens le programme de Verdonk’, car il n’y en a pas. Et on ne peut pas dire non plus qu’elle excelle à la Deuxième Chambre. Il s’agit surtout de l’image qu’on a d’elle."
"Quelle est cette image ?"
Le premier ministre : "Celle d’un dynamisme supposé." "En définitive, ce qui compte c’est ce qu’elle obtient au Parlement. Comment elle s’y manifeste. Or je ne vois pas Verdonk s’y manifester."
"Rita Verdonk vous qualifie de ’vieille politique’." "Je ne reconnais pas du tout cette image. C’est un truc facile pour dénigrer les autres."

AFFAIRES FRANÇAISES

Dans le Trouw (p.10) de samedi Marijn Kruk évoque le projet de "service minimal" d’accueil des enfants dans les écoles.
Sur le plan touristique, on retiendra un grand article sur le camping en cabane dans les arbres, dans la région de Compiègne (Telegraaf de samedi p.TA23) et un autre sur la Gascogne (Telegraaf de dimanche p.12).

Dernière modification : 19/08/2008

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