Presse néerlandaise du lundi 19 août 2002

NRC-Handelsblad : Le gouvernement ne veut pas vendre les fréquences aux enchères.
Trouw  : Washington a toléré la guerre chimique de l’Irak
Volkskrant  : Manque de professeurs d’école à cause d’une astuce WAO
Algemeen Dagblad : La LPF va choisir Van As comme leader. Le rôle du vice-président de groupe de Hoogendijk semble terminé.
Telegraaf  : La carte d’adhérent digitale doit arrêter les hooligans

Affaires néerlandaises

Terrorisme

Le Telegraaf de samedi annonçait en grand à la une que des "Financiers de Ben Laden siègent à la direction d’une mosquée d’Amsterdam".
"Deux dirigeants de la Mosquée El Tawheed d’Amsterdam ont été mis en accusation aux Etats-Unis par les familles des victimes de l’attentat du 11 septembre. Il s’agit des Sheiks saoudiens Mansour Al-Kadi et Aqeel Abdulaziz al-Aqeel. Ils sont soupçonnés d’être des financiers d’Oussama Ben Laden. Ces deux saoudiens font partie de la direction de la Fondation El Tawheed depuis 1997, présidée par l’imam d’Amsterdam Mahloud El Shershaby, qui a été récemment compromis. L’immeuble de la Mosquée, située Jan Hanzenstraat à Amsterdam Ouest, placée sous surveillance video, abrite également la Fondation néerlandaise d’une association caritative musulmanne controversée, Al Haramain, placée sous l’autorité des deux Sheiks".
"Selon les avocats américains, cette association fonctionne comme couverture pour des activités terroristes. Un porte parole de la Mosquée déclare ’tout ignorer d’une quelconque implication des dirigeants ou de Al Haramain dans une organisation de ce type’. L’Imam El Shershaby est le représentant juridique du fonds Haramain, dirigé depuis la capitale saoudienne par Al-Kadi et Al-Aqeel. Selon les avocats des familles des victimes américaines, Al Haramain est ’directement relié à Al Qaida’. Ce fonds, qui opère à l’échelle mondiale, est en partie financé par le prince saoudien Sultan bin Abdulaziz qui est lui aussi mis en accusation aux Etats-Unis. En Bosnie, la police a récemment effectué des contrôles dans les bureaux d’Al Haramain, qui vient d’être placée par les autorités américaines sur la liste des organisations terroristes. Des éléments y ont été découverts, qui prouvent que Al Haramain fait passer de l’argent vers le réseau de Ben Laden. Selon les autorités bosniaques, il s’agit d’un faux fonds caritatif qui utilise son ’image humanitaire’ pour financer le terrorisme. Des liens existeraient avec l’organisation terroriste égyptienne Groupe Islamique, dont le sheik aveugle Omar Abdel Rahman est le chef spirituel".
« Al Haramain et les deux dirigeants saoudiens de la Mosquée doivent payer pour les attentats du 11 septembre, selon les avocats américains. Les plus de 500 descendants exigent 1000 milliards de dollars de sept banques, 3 princes saoudiens et 8 organisations caritatives musulmanes (y compris Al Haramain) et du gouvernement saoudien. Lors de la création d’Al Haramain en 1995, l’Imam El Shershaby était le représentant du très riche Sheik saoudien Al-Aqeel. Deux ans plus tard, Al-Aqeel et le Sheik Al-Kadi siégeaient à la direction de la Mosquée El Tawheed, qui récemment encore était située dans un entrepôt vétuste de la Belamystraat à Amsterdam Oud-West. El Shershaby, originaire d’Egypte, a été mis en cause en juin dans l’affaire des propos anti-occidentaux des imams fondamentalistes. Il siège, avec des imams originaires de Syrie, Ahmad Salam et Fawaz Jneid, dans la Fondation radicale ’Comité Islamique pour Al-Souhnah en Europe’.
Le Volkskrant publie ce matin le commentaire du porte-parole de Al Haramain, Sarid Zaari : « je pense que les avocats américains ont utilisé une liste noire ancienne » Il parle de « malentendu ».
Dans le même Volkskrant, Steven Ramdharie a fait une synthèse des différents événements rapportés récemment par la presse, interdiction en Allemagne de Al-Aqsa et questions parlementaires néerlandaises posées à ce sujet, gel des avoirs philippins, pour expliquer que « les Etats-Unis et l’Union Européenne abominent le port franc néerlandais ».
« Des mudjahidins iraniens et le PKK kurde qui peuvent opérer ici en toute liberté. La brigade arabe des martyres, Al Aqsa, qui regrouperait des fonds pour les familles de ’martyres’ palestiniens. Un leader communiste Philippin, José Maria Sison, qui dirige son parti depuis 1988 à partir de son appartement d’Utrecht. Le port franc des Pays-Bas est depuis des années en décalage avec les Etats-Unis et un certain nombre de pays européens, en particulier l’Allemagne », constate le journaliste, qui se demande « si cela va changer ». « Depuis le mois de mai, en parfaite conformité avec l’UE, les Pays-Bas ont eux aussi qualifié le PKK d’organisation terroriste. ’Espérons que la politique néerlandaise deviendra plus sévère’, commente le député libéral Wilders, qui, la semaine dernière, a posé pour la deuxième fois des questions parlementaires sur les agissements de l’organisation Al Aqsa. Il n’est pas possible que tout le monde interdise ces organisations, sauf nous’. Jusqu’où les Pays-Bas doivent-ils aller dans la lutte contre des organisations considérées comme terroristes dans d’autres pays occidentaux ? Jusqu’où va la solidarité avec les Américains ? Le député CDA Rietkerk remarque que ’sous Paars, les Pays-Bas ne marchaient pas dans le rang ; mais les six derniers mois, les choses ont commencé à changer. Il faut poursuivre sur cette voie avec constance, entre autres dans la lutte contre le CPP’ ». Le Volkskrant rappelle que « les Verts demandent que les Pays-Bas opèrent avec prudence concernant le PKK, et ne ’trouvent une interdiction nécessaire que lorsqu’il sera avéré qu’il s’agit d’une organisation criminelle’. Selon le VVD, l’interdiction prononcée par l’Allemagne contre Al Aqsa est une raison suffisante pour les Pays-Bas de procéder à l’interdiction de cette organisation. ’Il faut examiner quels sont les critères utilisés par les autres pays européens. L’Allemagne n’a pas pris sa décision à la légère’ ».

Budget
A l’issue de son premier conseil des ministres vendredi dernier, le nouveau chef de gouvernement M.. Balkenende a fait savoir qu’un « petit déficit budgétaire l’an prochain était acceptable, d’environ 0,3% », retiennent le Trouw et ses collègues de sa conférence de presse.
« Le gouvernement s’est mis d’accord pour économiser 1,5 milliards d’Euros de plus que prévu dans l’accord de gouvernement », note le Volkskrant .
L’éditorialiste du Trouw envisage déjà la signature d’un « deuxième accord de Wassenaar ».
Le journaliste précise que la « récession économique » actuelle ne représente « pas une mince épreuve de force pour le gouvernement Balkenende, peu après sa prise de fonctions. Heureusement, le week-end dernier, le Premier ministre s’est exprimé dans un langage raisonnable. Il n’avance pas une solution toute trouvée. Il veut commencer par une concertation sérieuse avec les partenaires sociaux, donc avec les syndicats et le patronat. Cette approche rappelle le début du premier gouvernement Lubbers, qui, en 1982, est parvenu, lors de la préparation du budget, à passer un accord avec les partenaires sociaux, le célèbre accord de Wassenaar. Les ressemblances sont frappantes. A l’époque aussi, l’économie se trouvait dans une période de stagnation, plus dramatique encore qu’aujourd’hui, avec une série de fermetures d’entreprises. A l’époque aussi, on souhaitait trouver une solution par le biais de la modération salariale. Et cela a réussi. Le tout nouveau Premier ministre a vu son initiative couronnée de succès, grâce à l’attitude coopérative du président de la FNV Wim Kok et du représentant du patronat Chris van Veen. C’est à Wassenaar qu’a été posé le fondement du modèle polder qui a connu tant de succès par la suite. Mais il y a aussi des différences. La principale étant qu’à l’époque, Lubbers avait quelque chose à offrir aux syndicats en échange de la modération salariale, à savoir la réduction du temps de travail. Cette fois-ci, il semble que le gouvernement n’ait pas grand chose à offrir aux syndicats. Il faut trouver autre chose. Car c’est une illusion, c’est même une marque d’arrogance, de penser que nous pouvons sortir de ce mauvais pas économique sans avoir recours au célèbre modèle polder ».

Affaires internationales

Irak
Lors de sa première conférence de presse, le nouveau Premier ministre a été essentiellement interrogé sur des questions internes. Toutefois, la position des Pays-Bas sur la question de l’Irak a été évoquée. M. Balkenende a répondu que celle-ci « n’avait pas été abordée durant le conseil », rapporte le Volkskrant de samedi. « Il en avait parlé de façon sommaire avec les leaders chrétiens-démocrates européens et y avait réfléchi. Mais il revenait à son collègue des affaires étrangères, M. De Hoop Scheffer, de s’exprimer sur la question ».

Affaires françaises

« Enorme succès de la plage au bord de la Seine », constatait samedi le correspondant du Telegraaf. « Des milliers de Parisiens et de touristes ont pu profiter hier du temps radieux sur un quai de la Seine coupé à la circulation depuis le 21 juillet et transformé en Côte d’Azur, avec des activités musicales, sportives et culturelles. Ce spectacle estival a été un énorme succès. Hier, la Mairie a fait savoir que la plage a reçu plus de 2 millions de visiteurs.

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