Presse néerlandaise du lundi 2 janvier 2012

Trouw (chrétien progressiste) : Bain de Nouvel An.

De Volkskrant (centre gauche) : Bain de Nouvel An à Ouddorp.

AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : Les secouristes agressés.

De Telegraaf (populaire) : Les agents de police au centre des violences du Nouvel An.

Het Financieele Dagblad  : Wellink [ancien président de la Banque centrale néerlandaise DNB] critique les actions de la BCE.

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AFFAIRES EUROPEENNES

Euro

Le samedi 31 décembre a donné lieu à de multiples rétrospectives et scénarios d’avenir, notamment à propos de l’euro. Pour le Financieele Dagblad, 2012 sera « l’année de la vérité » pour l’euro. Le quotidien estime que les leaders politiques européens veulent bien sauver l’euro mais font trop peu : « Est-ce que les dirigeants des 17 pays de la zone euro réussiront à sauver la monnaie ou est-ce que l’euro se dirige lentement vers le précipice ? Il est impossible de prévoir comment ce drame se terminera. » Sur la même page, le FD revient sur la mise en place de la monnaie unique il y a dix ans. D’après l’ancien Premier ministre, Wim Kok [PvdA], « depuis le tout début de l’introduction de l’euro, il était clair qu’il y aurait un déséquilibre structurel entre d’un côté, une union monétaire avec une politique monétaire centralisée et une banque centrale indépendante, et de l’autre, une union économique basée sur la souveraineté nationale ».
Sous le titre « 2012 sera une année particulièrement difficile », Peter de Waard, dans le Volkskrant, évoque les discours de fin d’année des différents dirigeants européens : « Contrairement à il y a un an, les leaders européens sont très pessimistes sur l’économie de la zone euro. Ils prévoient une épreuve ultime pour la monnaie unique ».

Réactions

Le Trouw publie les réactions des différents députés. Le député PVV, André Elissen, attend avec impatience l’étude que le parti de Geert Wilders a commandée sur le coût et les conséquences de la réintroduction du florin : « cela ne concernera pas seulement le florin mais également ce qu’on appelle dans les coulisses le ‘neuro’ [euro pour les pays de l’Europe du Nord] ». Le député SP (gauche radicale) Harry van Bommel s’attend « à ce qu’Angela Merkel soit de plus en plus mise sous pression dans son pays pour changer d’orientation ». Le chrétien-démocrate Ger Koopmans pense que tous les Etats membres seront confrontés à davantage d’influence européenne : « sous la pression de la crise européenne, notre gouvernement devra lier les réductions budgétaires à des réformes. Notre critique à l’égard des Italiens et d’autres pays de l’Europe du Sud n’a de sens que si notre pays a lui-même toutes ses affaires en ordre ». Pour le libéral Han ten Broeke, « la crise européenne n’est pas seulement une question de dettes (…). Elle met aussi à nu les différences fondamentales entre les pays de buveurs de bière et les pays de buveurs de vin ». La députée des Verts, Ineke van Gent, est convaincue que l’euro demeurera, « mais il faudra des accords clairs ».
Dans une interview publiée dans l’édition de samedi du Telegraaf, Bernard Wientjes, président du syndical patronal VNO-NCW, plaide pour que tout soit fait pour sauver l’euro. « La chute de l’euro serait une catastrophe pour les Pays-Bas ».

ACTUALITE INTERIEURE

Interview du Premier ministre

Le Volkskrant de samedi publie une interview de M. Mark Rutte. Le chef du gouvernement présente ses vœux aux lecteurs du journal et leur rappelle la nécessité d’être conscient que « la vie est plus qu’une position sociale, un emploi et un ego, c’est aussi la famille, les amis, l’épanouissement personnel et la santé ». Le chef du gouvernement, élu en 2011 pour la deuxième fois homme politique de l’année, assure qu’il garde sa personnalité et n’a pas tendance à être d’humeur sombre : « Je ne joue pas un rôle et j’espère que les gens s’en rendent compte. […] Mais je ne dissimule pas non plus ce qui ne va pas. (…) Mon ambition est d’être aussi le Premier ministre [de ceux qui critiquent la politique de la coalition]. Je connais leurs préoccupations. Mais j’y oppose la conviction profonde de ce gouvernement. Nous croyons dans un Etat qui définit très précisément ce qui relève ou ne relève pas de ses compétences. Dans le secteur de la culture, il faut dorénavant réfléchir à ce qui est faisable. Nous maintenons l’infrastructure et 90% des dépenses, mais nous provoquons une crise systémique qui pousse le secteur à se renouveler. (…) C’est la même chose pour la gestion de la nature. Et en ce qui concerne l’asile, ce pays sera toujours une terre d’accueil pour ceux qui sont chassés par les problèmes dans leur pays. Mais il faut que les choses soient claires et que l’on établisse plus rapidement le statut des personnes qui peuvent être considérées comme des véritables demandeurs d’asile. Et pour ceux qui seront acceptés, non voulons tout faire pour qu’ils réussissent leur vie dans notre pays. (…) Le ton de cette première année a surtout été marqué par les réactions [à la politique gouvernementale]. Les opposants collent des étiquettes sur cette coalition. Ils affirment que nous haïssons la culture ou la nature. Nous devons continuer d’expliquer tranquillement nos objectifs, même si on ne nous entend pas toujours au milieu de la cacophonie des critiques. (…) Les personnes qui bénéficient d’une allocation sociale devraient voter VVD ou CDA. Parce que le gouvernement dit à ceux qui en ont réellement besoin : vous aurez votre allocation. Quant aux autres, nous leur demandons de travailler, parce que c’est meilleur pour eux. C’est notre conviction profonde. (…) Je dirige un gouvernement de centre droit. 99% des gens vous diront que Rutte est de droite. Mais je trouve ces concepts difficiles à définir. Je suis de droite si l’on parle du rôle réduit de l’Etat, du contrôle de la dette publique, de la nécessité de créer des emplois. Mais sur de nombreux autres points, je suis de gauche. Sur tous les sujets réglés grâce au soutien du VVD, comme l’avortement, l’euthanasie, le mariage homosexuel, l’égalité de traitement. Ce sont des sujets de gauche, libéraux et j’en suis très fier. (…) Nous ne pouvons pas réaliser tous les progrès que nous souhaitons [en matière d’horaires d’ouverture des magasins, de fonctionnaires récalcitrants, de questions d’éthique médicale]. C’est lié au PVV, au CDA et au SGP [parti protestant traditionnaliste]. Nous avons besoin d’eux. (…) Nous avons une coalition typiquement libérale/chrétienne démocrate. Elle se caractérise par trois points. Un : la réduction du rôle de l’Etat, qui ne déverse pas le bonheur sur les citoyens mais reste modeste tout en visant à l’excellence dans ses domaines de compétence : l’éducation, la santé, la protection sociale, les routes. Deux : nous faisons fonctionner la machine à créer des emplois. Trois : nous assurons une sécurité accrue. Tous ces points sont essentiels pour le VVD. (…) Je ne légitime en aucune façon les idées du PVV, sinon nous aurions formé une coalition classique. Mais le PVV n’est pas dans la coalition. Quand on travaille avec Wilders, il faut savoir deux choses. Un : il respecte sa parole, jusqu’à la dernière virgule. Deux : sur les points où rien n’a été convenu, il se considère en terrain libre et il en profite pleinement. C’est Wilders, il connaît deux positions, arrêt ou marche. Et si c’est marche, c’est à plein volume. (…) La crise de l’euro avance comme la procession d’Echternach, deux pas en avant, un pas en arrière. Mais finalement, elle évolue dans la bonne direction. En octobre et en décembre dernier, des initiatives importantes ont été prises. Il nous faut maintenant veiller à ce que les fonds soient suffisamment solides, à ce que les pays respectent les conditions les plus strictes, à ce que des sanctions soient appliquées aux contrevenants. Et surtout, nous devons générer de la croissance. Qu’allons-nous faire pour bien organiser la libre circulation des services ? (…) Dans les coulisses, nous jouons un rôle. Cet été, nous avons couché nos objectifs sur le papier. Notre lettre est maintenant reprise par de plus en plus de pays. Le Commissaire européen avec des compétences accrues existe. Nous allons veiller à ce qu’il ait des pouvoirs réels. Les choses avancent. (…) La déduction fiscale des intérêts d’emprunt hypothécaire est un très bon instrument. Un : il permet de corriger le niveau de fiscalité beaucoup trop élevé aux Pays-Bas. Deux : il stimule la constitution de patrimoine. Et en ce qui concerne les soi-disant dettes, attention, il ne s’agit pas de dettes pour partir en vacances. En face, il y a de la pierre, du terrain, une maison qui a une valeur. Et n’oublions pas que nos fonds de pensions représentent 700 Mds€. Il n’y a pas un pays au monde avec une épargne si importante. La valeur des maisons diminue après avoir augmenté pendant des années. Le prix des maisons ne peut pas continuer à monter. (…) Pour moi, le bonheur ne réside pas dans des grandes choses matérielles. (…) Je n’ai pas beaucoup d’argent, donc je ne fais pas de grandes dépenses ».

Interview de Job Cohen

Le Telegraaf de samedi publie une interview de Job Cohen, chef de file des travaillistes, sous l’entête « Objet des moqueries du PVV pendant que son parti peine à tenir son rôle dans l’opposition. Le PvdA ne se porte pas bien. Les électeurs s’éloignent, le parti se débat dans l’opposition et sa présidente, Lilianne Ploumen, a jeté l’éponge. Job Cohen reste quand-même convaincu qu’il arrivera à inverser la tendance. Est-ce que 2012 sera sa dernière chance ? » Celui-ci estime que c’est plutôt le PVV qui est le parti avec les vrais problèmes : « En tant que partenaire extérieur de la coalition, en 2012, Geert Wilders se rendra complice d’économies supplémentaires qui sont contraires aux intérêts de ses électeurs [les Néerlandais moyens], qui sont mieux défendus par le PvdA que par le PVV(…). Il est clair que le PvdA a été confronté l’année dernière à beaucoup de difficultés, principalement dues au soutien du parti aux mesures nécessaires pour résoudre la crise de l’euro et à l’accord sur les retraites ». A la question : « Est-ce que des élections anticipées ne seraient pas extrêmement défavorables pour le PvdA, puisque son nombre de députés serait diminué de moitié ? », Job Cohen répond : « Plus vite ce gouvernement tombera, mieux cela vaudra ». Il affirme que son parti « ne soutiendra plus le gouvernement sur d’autres mesures sans contrepartie ».

LA FRANCE DANS LA PRESSE NEERLANDAISE

Le Volkskrant évoque l’élection présidentielle sous le titre : « Objectif, faire oublier les extravagances et les promesses non tenues ».
Ce journal présente dans son cahier sportif les parcours du prochain Tour de France et du rallye Paris-Dakar.

Cette revue de presse ne prétend pas à l’exhaustivité et ne reflète que des commentaires ou analyses parus dans la presse néerlandaise, qui n’engagent en rien le point de vue propre de l’ambassade de France aux Pays-Bas.

Dernière modification : 02/01/2012

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