Presse néerlandaise du lundi 20 octobre 2008

L’ensemble de la presse annonce que l’Etat néerlandais injecte dix milliards d’euros, la moitié du fonds que le gouvernement Balkenende IV a mis à la disposition du secteur financier pour faire face à la crise, dans le géant bancaire ING Groep. L’action ING, malmenée depuis près de trois semaines, avait perdu plus de 27 pour cent vendredi, à la clôture de la bourse d’Amsterdam.

Trouw (chrétien progressiste) : "ING reçoit une injection de 10 milliards – La moitié du fonds d’urgence employée pour consolider une banque en ’excellente santé’", "Le chiffre d’affaires des cafés baisse d’un quart à cause de l’interdiction de fumer"

de Volkskrant (centre gauche) : "Même ING ne peut pas se passer du soutien de l’Etat – L’Etat investit 10 milliards d’euros dans la banque d’assurance – La direction de l’entreprise fait de grandes concessions – pas de bonus"

De Telegraaf (populaire) : "L’Etat sauve ING – Injection de 10 milliards – Le bancassureur fait appel au fonds d’urgence", "Les visiteurs du musée retenus pendant des heures après un délit de mœurs à Soesterberg"

AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "Le ministre Bos donne à ING un coup de fouet de dix milliards", "Le corps de Marlies sera rapatrié aux Pays-Bas cette semaine" (enquête policière à Bonaire)

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Le dossier du jour : ING

" L’Etat néerlandais injecte 10 milliards dans ING ", écrit le Volkskrant dans son grand article à la une. "La banque d’assurance, qui est notamment propriétaire de Postbank et de Nationale Nederlanden, est ainsi la première à faire appel au capital d’urgence de 20 milliards d’euros que le ministre des Finances Bos a mis à disposition il y a une semaine et demie."

" ING est une entreprise financière saine’, a dit Bos. ’Nous avons néanmoins constaté que la situation sur les marchés internationaux est si incertaine qu’il est dans l’intérêt d’ING de renforcer son capital’ ."

"En échange, Bos et le président de la Banque des Pays-Bas Wellink ont obtenu de larges concessions. Ainsi l’Etat peut nommer deux commissaires qui auront un droit de veto sur les décisions stratégiques. La direction du groupe renonce à ses bonus en 2008. Simultanément, ING développera une nouvelle politique de rémunération. Le président du conseil d’administration, Tilmant, a touché en 2007 un bonus de 2,3 millions d’euros pour un salaire de base de 1,3 million. Les primes de départ seront réduites à un an de salaire sans majoration."

"’Les dernières semaines, les actionnaires exigeaient que les banques renforcent leurs réserves’, a affirmé Tilmant. ’Quand toutes sortes de banques renforcent leur bilan le secteur change d’une façon radicale’." Aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et dans divers pays d’Europe des banques ont déjà reçu des injections de capitaux les deux dernières semaines. Pour cette raison, ING ne pouvait pas demeurer en reste, alors que la santé de l’entreprise ne s’était pas dégradée, a déclaré Tilmant."

"ING versera chaque année au moins 8,5 pour cent d’intérêt au Trésor public. Si le dividende est plus élevé, l’Etat touchera même plus. L’entreprise ne devra verser cet intérêt que si elle distribue un dividende. Le dividende pour le deuxième semestre 2008 a été annulé." "Si ING n’a pas remboursé l’Etat au bout de trois ans, les pouvoirs publics pourront transformer leur injection de capital en actions."

"En injectant temporairement 10 milliards d’euros dans le conglomérat bancaire ING, le duo Bos/Wellink montre de nouveau qu’il agit de façon adéquate pour résister à l’ouragan qui déferle sur le monde financier à l’échelle mondiale", commente l’éditorialiste du Telegraaf . "Le gouvernement prend de nouveau ses responsabilités en adoptant une série de mesures qui sont surtout de nature à protéger les épargnants, mais aussi à garantir le fonctionnement du système bancaire."

"L’actuel gouvernement Balkenende, en dépit de performances moyennes jusqu’à présent, fait face à la crise bancaire avec beaucoup de sagesse. Quand les dangers sont de cet ordre, la seule issue est d’agir à l’échelle nationale avec unanimité et fermeté et il n’y a pas de place pour la politique partisane."

Actualité intérieure

Sondage d’opinion

"Compte tenu du rôle qu’il joue dans la crise du crédit, les électeurs préfèrent Wouter Bos comme premier ministre, plutôt que Jan Peter Balkenende", relève le Telegraaf (p.3). "C’est ce que montre un sondage d’opinion de Maurice de Hond. S’il faut choisir entre Balkenende (35 pour cent) et Bos (38 pour cent), le vice-premier ministre l’emporte. Son PvdA grimpe en outre à 23 sièges et redeviendrait ainsi le deuxième parti du pays, derrière le CDA (32 sièges)."

Economie, Finances

Soutien aux entreprises

"Le ministère des Affaires économiques est en premier lieu responsable de la santé du climat d’entreprise", font valoir Mariëtte Hamer , présidente du groupe parlementaire PvdA à la Deuxième Chambre, et Mei Li Vos , porte-parole de ce groupe pour les affaires économiques. "C’est justement par ces temps difficiles que la ministre Van der Hoeven doit monter au créneau pour ses gens, les entrepreneurs. Maintenant que l’économie réelle va se ressentir de la crise du crédit, elle doit soutenir les entrepreneurs et stimuler le progrès."

"Pour maintenir le niveau de notre économie, la ministre doit d’abord faire en sorte que le financement des entreprises ne s’arrête pas. Les banques sont moins que jamais disposées à accorder des crédits aux entrepreneurs qui veulent investir." "Nous proposons que les Affaires économiques élargissent les possibilités de crédit les prochaines années." "Le ministère peut mettre en place un grand revolving fund, en coopération avec les banques et les sociétés régionales de développement."

"Une deuxième manière dont le ministère peut stimuler l’économie réelle à court terme est la suppression des obstacles aux entreprises dans les quartiers. Qu’il s’agisse d’un ’quartier Vogelaar’ [subventionné] ou d’un quartier Vinex [ZUP], des quartiers ayant une activité économique sont plus agréables que des quartiers d’habitation vides pendant la journée."

"Or les entrepreneurs qui veulent s’installer ou rester dans un quartier ont affaire à différents obstacles : les règles qu’imposent les communes (par exemple dans le plan d’occupation des sols ou les licences), le manque de locaux commerciaux ou industriels, les loyers qui peuvent augmenter énormément à l’échéance des contrats et la criminalité. Beaucoup de ces obstacles sont dus aux collectivités locales ou à d’autres ministères. Les Affaires économiques devraient intensifier leur rôle et se battre pour les entrepreneurs désireux d’investir dans leur quartier." "La ministre Van der Hoeven doit se mettre au travail. Nous voulons qu’elle mette tout en œuvre pour soutenir et stimuler les entrepreneurs. Nous nous attendons à ce qu’elle puisse montrer l’année prochaine, chiffres à l’appui, que l’économie néerlandaise résiste à la tempête de la crise du crédit."

Hôtellerie-restauration

Durant les mois de juillet et d’août les cafés et les discothèques ont vu leur chiffre d’affaires baisser de plus d’un quart par rapport à la même période l’an dernier. C’est ce qui ressort d’une enquête effectuée par le bureau Synovate pour le compte de l’association Koninklijke Horeca Nederland (KHN).

"Beaucoup d’entrepreneurs du secteur de l’hôtellerie-restauration avaient déjà dit les derniers mois que leur chiffre d’affaires souffrait de l’interdiction de fumer, mais il n’y avait pas de chiffres pour le prouver jusqu’à présent", écrit le Trouw à la une. "Il ressort d’un sondage effectué auprès de 1100 entreprises du secteur qu’après quelques années de hausse du chiffre d’affaires, l’hôtellerie-restauration l’a vu baisser de plus de 4 pour cent cette année. Cette moyenne cache une grande variation. Les hôtels et les restaurants n’ont guère souffert, mais le chiffre d’affaires des cafés a baissé de 26 pour cent et celui des discothèques même de plus de 30 pour cent. Selon un porte-parole de KHN, cette baisse est pour moitié imputable à l’interdiction de fumer introduite le 1er juillet dernier. On craint que la baisse du chiffre d’affaires ne s’accentue encore cet hiver, lorsqu’il fera trop froid pour allumer une cigarette aux terrasses des établissements."

"Trois mille cafés envisagent de fermer leurs portes", précise le Telegraaf (p.3) de son côté.

Affaires françaises

De nombreux articles sans commentaire sur des thèmes variés – affaire Yves Bertrand, piratage du compte en banque du Président de la République, suicides dans les prisons... – ont paru samedi et ce matin.

Sur le plan touristique on retiendra des papiers sur La Rochelle (Volkskrant de samedi, cahier Reizen), l’Ardèche (AD Reiswereld de samedi) et le lac d’Ailette (Telegraaf de samedi p.TA21).

S’agissant de l’Union européenne, Han Dirk Hekking remarque depuis Bruxelles, dans le Financieele Dagblad de samedi, que "l’Europe s’attaque unanimement à la crise financière avec l’élan français".

Dernière modification : 26/11/2008

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