Presse néerlandaise du lundi 20 décembre 2010

- Trouw (chrétien progressiste) : Les médecins et les pharmaciens jugent les assureurs
- De Volkskrant (centre gauche) : Coopération GroenLinks-PvdA
- AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : Noël blanc
- De Telegraaf (populaire) : La nouvelle ère glaciaire

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AFFAIRES EUROPÉENNES

Conseil européen

« Selon le Premier ministre M. Rutte, « l’Euro a maintenant une base solide. Cela correspond à l’attente des marchés. Tous les pays européens, et plus particulièrement les seize de la zone Euro, ne laissent pas tomber l’Euro. Nous défendons l’Euro et n’acceptons pas la destruction de nos économies. C’est très important pour tous les Néerlandais : cela concerne la valeur de nos maisons, de nos économies, de nos retraites. Ces deux derniers jours, nous avons pris des décisions importantes, réclamées par les marchés. Le problème, ce n’est pas l’Euro, qui est de loin la monnaie la plus stable au monde. Le problème, c’est que trop de pays ont des dettes beaucoup trop élevées. Nous nous sommes mis d’accord pour nous y attaquer vigoureusement, avec de lourdes pénalités pour ceux qui ne respectent pas la règle du jeu. Il ne faut pas que le contribuable allemand ou néerlandais en fasse les frais. Et si un pays se trouve confronté à des problèmes graves en dépit de toutes les mesures qui ont été prises, un deuxième volet prévoit que l’on puisse faire appel, à des conditions très strictes, à une tirelire réservée à cet effet. (…) Je ne pense pas que l’Europe a réagi trop lentement. En 2008, au moment de la crise bancaire, nous sommes intervenus très énergiquement. Et une fois encore en 2010, lorsque la Grèce a eu des problèmes. (…) Auparavant, nous aurions joué sur les cours de change. Maintenant, les pays doivent mettre leurs finances en ordre. C’est exactement l’objectif de l’Euro : contraindre les pays à mener une politique budgétaire raisonnable ». (AD samedi p. 10)


ACTUALITE INTÉRIEURE

Le Premier ministre a accordé deux interviews ce week-end, au Volkskrant et au Telegraaf.
Sous le titre « Nous voulons reconquérir la société sur les malappris », le Volkskrant, après avoir rappelé que M. Rutte est le premier libéral depuis 1918 à diriger la coalition gouvernementale, s’intéresse en premier lieu à son style : « Light touch, détendu et décidé. Lorsque la Deuxième Chambre demande notre point de vue sur un sujet, le ministre se rend au parlement et s’explique en néerlandais de tous les jours, c’est-à-dire moins de rapports et plus d’action. (…) Moins d’Etat et priorité à l’économie, voilà mon crédo. Renforcer la capacité des Pays-Bas à gagner de l’argent, à créer des emplois. Apporter une réponse aux inquiétudes de la société sur la sécurité et l’immigration. Cela n’a pas été le cas pendant trop longtemps, d’où l’apparition d’un parti comme le PVV. Ce qui est intéressant dans notre société, c’est que nous donnons une place à ce nouveau parti populaire. (…) Durant les deux premiers mois, la coopération a été stable et inspire confiance. (…) Le PVV est devenu très rapidement un parti responsable, je fais mes compliments à Wilders. (…) En tant que chef de gouvernement, il est de mon devoir de veiller à ce que nos accords soient précis et respectés. C’est pourquoi nous avons une brève réunion à trois tous les lundis. Le contact est également bon entre les trois présidents des groupes parlementaires ».
Interrogé sur l’antisémitisme aux Pays-Bas, M. Rutte rappelle que « toutes les études montrent que nous sommes un des pays les plus optimistes, les plus ambitieux au monde. Pour autant, les gens s’inquiètent beaucoup sur deux points. La crise économique (emploi) et les domaines auxquels le PVV doit sa croissance (sécurité). Nous voulons reconquérir notre société sur les malappris, réserver toute leur place aux héros. Les héros, ce sont les citoyens au quotidien, nous tous qui travaillons, gagnons normalement notre argent, payons nos impôts, élevons bien nos enfants et leur offrons un avenir. (…) Concernant les forces de police, même si nous avions 100.000 policiers, ce ne serait jamais suffisant. (…) Ce gouvernement va changer beaucoup de choses et s’attaquer à des acquis. Il y a eu des gouvernements qui ne rencontraient pas beaucoup de résistance, mais il ne se passait pas grand-chose non plus.
Je comprends les critiques du secteur culturel. Mais je réponds : sur les 5 milliards dépensés dans ce secteur, nous allons réaliser 200 millions d’économies, c’est-à-dire 4%. On ne peut pas dire que nous sommes en train de détruire le secteur culturel. Tout le monde doit faire un effort ».
Interrogé sur l’évolution de la monarchie, M. Rutte se déclare « favorable à la monarchie telle qu’elle est. Je ne comprends pas ce que les gens veulent avec une monarchie protocolaire. Comme en Suède, me répond-on. Mais le roi de Suède est président de la commission des Affaires étrangères, chef des armées, est-ce que cela signifie protocolaire ? Tant que le souverain discute avec des hommes politiques, il peut y avoir l’apparence d’une influence. On ne peut rien y faire. La question que devrait se poser la Deuxième Chambre est de savoir si elle peut suffisamment faire confiance au Premier ministre. Est-il finalement capable, après avoir entendu des organisations représentatives, les députés et peut-être aussi des membres de la Maison royale, de se faire sa propre opinion ? ».
Le Telegraaf, sous le titre « Le luxe ou le statut ne m’intéressent pas », donne à M. Rutte l’occasion de s’exprimer sur le changement que représente sa nouvelle fonction sur un plan personnel. Concernant les projets d’économies du gouvernement, M. Rutte annonce qu’en 2011, « tous les Néerlandais vont remarquer que les dépenses de santé augmentent beaucoup. On ne peut rien y faire, l’assurance maladie est obligatoire. Le budget des familles pour les crèches va également diminuer. En revanche, nous nous attachons à réduire la fonction publique. Ma mission est : une administration réduite et une économie plus forte. L’objectif du gouvernement, c’est l’emploi, l’emploi, l’emploi. (…) Pour les ministres, les augmentations de salaires prévues n’ont pas été appliquées, il y a sept ministres de moins, donc sept voitures de fonction de moins. Nous avons balayé devant notre porte. Mais nous ne devons pas sombrer dans la rhétorique bon marché. Pour la Maison Royale, 500.000 € d’économies vont être réalisés sur les déplacements en avion. Mais il faut faire attention de ne pas nous retrouver avec des palais mal entretenus ! (…) Les responsables politiques doivent être exemplaires. (…) La coopération avec la Reine est bonne. (…) Je prévois de présenter début janvier au parlement une note sur la monarchie ». (…) Interrogé sur l’Afghanistan, M. Rutte précise que les Pays-Bas s’y rendraient « pour aider les Afghans et non pour redorer leur blason. Les Pays-Bas ont directement intérêt à la stabilité de la région ». (…) Concernant les élections provinciales [de mars 2011], M. Rutte « refuse de spéculer sur le résultat. Je pars du principe que nous aurons la majorité [au Sénat]. C’est ce qu’indiquent les sondages. J’appelle la population à aller voter. En tant que Premier ministre, je dis évidemment : votez pour le parti qui vous plaît le plus. Mais je pourrais m’imaginer que ce soit le CDA, le VVD ou le PVV. (…) Ce gouvernement a bien démarré, c’est stimulant. J’espère que le 2 mars, les gens se diront : cette équipe mérite qu’on lui donne sa chance. Ainsi qu’au Sénat. Cela nous aiderait énormément si nous y sommes majoritaires ».

GroenLinks

Après l’annonce à la fin de la semaine dernière du départ de Mme Femke Halsema et de son remplacement par Mme Jolande Sap à la tête du groupe parlementaire GroenLinks, la presse réserve une place importante aux changements chez les Verts. Les journaux relèvent notamment les perspectives de coopération avec le PvdA pour aboutir à une « majorité progressiste et pour que la coalition CDA, VVD, PVV ne fasse pas de vieux os ». Mme Sap « espère le ralliement du D66, mais ce parti garde ses distances. Alexander Pechtold, comme les Verts, espère que l’opposition sera fortement représentée à la Première Chambre et limitera les possibilités de chantage du PVV, afin de faire contrepoids aux projets ridicules dans le domaine de la nature et de la culture. Mais je ne partage pas le souhait d’arriver à un programme commun. Ce n’est pas seulement le gouvernement qui est conservateur, c’est également une partie de l’opposition, avec le SP et une grande partie du PvdA. Le D66 est attrayant pour les véritables libéraux et les chrétiens-démocrates qui interprètent la rentmeesterschap [devoir de gérer la Création] à la lumière de la durabilité et des vraies réformes. Le SP peut pour sa part récupérer les déçus du PVV. Nous sommes donc plus forts de cette façon qu’en nous regroupant »
La nouvelle présidente du groupe parlementaire GroenLinks se déclare persuadée que son parti est « prêt pour le pouvoir. (..) Pour la période à venir, l’accent devrait se déplacer du débat sur l’intégration vers les conséquences sociales de la politique financière, des mesures d’économies. Mais en tant que président de groupe, je dois aussi être généraliste. Je me prépare depuis le mois d’août dernier, lorsque Femke [Halsema] a commencé à me parler de son départ. (…) La mission en Afghanistan a été proposée par GroenLinks et le D66. Ce doit être une mission civile dans une région où les risques d’être impliqués dans la guerre sont réduits. (…) Il y a eu des contacts avec le gouvernement sur différentes variantes, mais nous ignorons encore ce qui va être proposé » (Volkskrant).

Antilles

Le Trouw signale « l’échec du référendum à Bonaire », avec 35% de participants seulement, alors que 51% sont nécessaires pour que les résultats puissent être validés.


LA FRANCE DANS LA PRESSE NÉERLANDAISE

- Le correspondant du Volkskrant relève l’appel adressé par le Président de la République à Laurent Gbagbo (Volkskrant 15) à la suite des élections en Côte d’Ivoire (samedi).
- Le supplément littéraire du Volkskrant publie une interview de Marie Ndiaye (samedi).

Cette revue de presse ne prétend pas à l’exhaustivité et ne reflète que des commentaires ou analyses parus dans la presse néerlandaise, qui n’engagent en rien le point de vue propre de l’ambassade de France aux Pays-Bas.

Dernière modification : 20/12/2010

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