Presse néerlandaise du lundi 23 avril 2007

"ABN Amro s’est pratiquement entendue avec la banque d’affaires britannique Barclays sur l’offre de reprise faite à la banque néerlandaise", annonce le Telegraaf. "Les directions des deux banques sont sur le point de signer un accord, selon le journal américain Wall Street Journal. On attend l’annonce officielle de l’accord à Amsterdam ce matin." "L’offre totale sur ABN Amro serait de 67,5 milliards d’euros, dont presque 16 milliards pour [la branche américaine] LaSalle. La vente séparée de LaSalle pourrait couper l’herbe sous les pieds du consortium de trois banques dirigé par la Royal Bank of Scotland (RBS), qui veut aussi faire une offre sur ABN, avec pour objectif de démanteler la banque néerlandaise."

De Telegraaf (populaire) : "L’offre britannique sur ABN Amro est presque bouclée", "AZ en tête dans un thriller de football", "Sarkozy et Royal passent en France"
Trouw (chrétien progressiste) : "Lutte finale pour l’Elysée : Sarkozy-Royal", "Le CDA et la ChristenUnie en action contre le navire IVG" (fondation Women on Waves)
de Volkskrant (centre gauche) : "L’enseignement primaire n’est pas assez performant - Un expert : les enfants n’apprennent pratiquement dans aucune matière ce qu’ils devraient apprendre", "Sarkozy et Royal luttent pour la présidence", "AZ a le plus de chances de remporter le titre national"
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "Les psychologues ont fort à faire avec les étudiants - Le stress, les dépressions et les angoisses sont de plus en plus fréquents", "Barclays et ABN Amro sont d’accord"

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LE DOSSIER DU JOUR :Elections présidentielles françaises

"Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal rivaliseront le 6 mai pour la présidence française", annonce le Volkskrant à la une. "Le candidat de droite Sarkozy a obtenu plus de 30 pour cent des suffrages, la socialiste Royal s’est placée deuxième avec 25 pour cent."
"Le leader d’extrême droite Jean-Marie Le Pen a subi une lourde défaite : il n’a pas dépassé 11 pour cent, 5 pour cent de moins qu’en 2002, lorsqu’il a atteint le deuxième tour."

"Le candidat de centre droit François Bayrou a recueilli plus de 18 pour cent des voix - beaucoup plus qu’en 2002 (7 pour cent), mais il n’a pas approché le score de Royal. Six petits candidats de gauche ont obtenu ensemble 11 pour cent des voix. Le taux de participation, 84 pour cent, était considérablement plus élevé qu’en 2002 (71 pour cent)."
"Un premier sondage d’opinion pour le second tour a laissé prévoir la victoire de Sarkozy, qui obtiendrait 54 pour cent des voix, contre 46 pour cent pour Royal. Mais personne ne pense que la course est courue. On s’attend à une âpre lutte pour le centre politique dans les semaines à venir, maintenant que plus de sept millions d’électeurs qui ont voté pour Bayrou devront choisir entre la gauche et la droite."
"La surprise du premier tour des élections présidentielles françaises, c’est qu’il n’y a pas de surprise", estime Fokke Obbema dans une analyse en page 5 du même Volkskrant. "L’électorat qui s’est rendu aux urnes en masse a voté pour les favoris, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Le fait que le candidat de droite Sarkozy ait fini premier avec une longueur d’avance est moins surprenant que le succès de la socialiste Royal. Elle n’est pas seulement restée largement en tête devant le représentant du centre droit François Bayrou, elle a aussi limité les dégâts vis-à-vis de Sarkozy."
"L’avance de Sarkozy est le résultat de l’unité qu’il a su forger à droite et de la solide campagne électorale qu’il a menée. L’appel aux électeurs de droite, avec des thèmes comme la sécurité et l’identité nationale, a fait subir une lourde défaite au candidat d’extrême droite Jean-Marie Le Pen."
"Pourtant, le succès de Royal est plus remarquable, car sa campagne a été zigzagante : tantôt elle se manifestait en ’femme libre’, indépendante de son Parti Socialiste, tantôt elle formait une alliance avec les ’éléphants’ du parti."
"Pourtant elle a atteint le deuxième tour. Les ’votes utiles’ ont joué un grand rôle. La gauche française ne veut surtout pas une répétition du traumatisme de 2002, lorsque le socialiste Jospin l’a cédé à Le Pen. C’est la raison pour laquelle une partie de l’électorat d’extrême gauche n’a pas suivi son cœur, mais a voté pour Royal."
"Royal n’a pas encore perdu. Sarkozy doit surtout son bon score à ses excursions dans les domaines traditionnels de l’extrême droite. Cela a marché au premier tour, mais le procédé présente aussi un inconvénient : une grande partie de l’électorat dit avoir ’peur’ de Sarkozy. Il essaiera de dissiper cette peur durant les prochaines semaines, alors que Royal essaiera de l’attiser. Le deuxième tour sera surtout un référendum sur Sarkozy."

"La gauche française peut être soulagée", note Kirsten Coenradie dans le Telegraaf (p.5). "Les socialistes, les verts, les antimondialistes et les communistes ont évité une défaite comme en 2002, maintenant que la candidate socialiste Ségolène Royal s’est maintenue dans la lutte pour la présidence."
"Dans deux semaines la France élira son président, après une campagne qui a porté davantage sur les personnes que sur leurs idées et qui n’a guère montré de débats sur le fond, mais d’autant plus de patriotisme."
"Que ce soir l’intelligent et énergique dur à cuire Sarkozy ou l’élégante et socialement sensible Royal, le prochain président aura 52 ou 53 ans. Et le nouveau chef d’Etat français inaugurera indubitablement un épisode moderne de l’histoire de France."

Pour l’éditorialiste du Volkskrant, "il n’est pas besoin d’être devin pour prédire que les deux finalistes vont maintenant faire cap vers le centre". "En effet, c’est là qu’il y a le plus d’électeurs flottants. Sarkozy, qui a mené la meilleure campagne pour le premier tour, a nettement le plus de chances de remporter la victoire finale. Mais Royal n’a pas perdu d’avance. Car l’assurance de Sarkozy lui joue parfois des tours, de sorte qu’il suscite beaucoup de résistance chez ses adversaires politiques et réduit sa marge de manœuvre. Royal, de son côté, devra montrer beaucoup plus qu’elle ne propose pas seulement un style de gouvernement nouveau et frais, mais qu’elle a aussi la stature et la vision cohérente qu’on est en droit d’attendre d’un président."

"Pour beaucoup de Français, le score relativement faible de Le Pen est un soulagement", fait valoir le Financieele Dagblad. "Certainement pour le Parti Socialiste (SP), qui peut oublier maintenant le traumatisme du 21 avril 2002, lorsque Le Pen a éliminé le candidat socialiste Lionel Jospin au premier tour. Un autre élément positif, certainement du point de vue démocratique, est le taux de participation élevé. Un nombre record de Français se sont rendus aux urnes dimanche, pour l’une des élections les plus passionnantes en France. Apparemment, les électeurs français ont tout de même pensé qu’ils pouvaient exercer une influence sur leur propre avenir. C’est un pur gain pour tout ce qui est politique."
Notons pour mémoire qu’en page d’opinion du Trouw de samedi, Thijs Berman, europarlementaire PvdA et ancien correspondant en France de Radio 1 et Elsevier, fait valoir que "Ségolène Royal est le seul espoir de l’Europe". "Sarkozy est un peu trop agressif et conservateur et n’inspire pas assez confiance pour réconcilier la France avec elle-même et le reste du monde."

Actualité intérieure

Geert Wilders

"On peut parrainer le PVV, on peut en être bénévole et on peut voter pour lui", écrit le NRC Handelsblad de samedi à la une. "Mais on ne peut pas en devenir membre." "Geert Wilders rénove la politique. C’est la première fois dans l’histoire parlementaire qu’un parti politique qui n’a pas de membres siège à la Deuxième Chambre. Le site Internet du Parti de la Liberté (PVV) appelle à devenir donateur. Les bénévoles sont également bienvenus, tout comme les électeurs. Mais il n’est pas possible de devenir membre."
"En 2005, Wilders annonçait sur son site, dans sa Brief van Geert [la lettre de Geert], qu’il était en train de ’transformer le Groep Wilders en un large mouvement populaire’. Il devait devenir un ’mouvement de citoyens’." "En novembre 2004, Wilders se rendait au cabinet du notaire Margot Dussel, à Rotterdam, pour y faire enregistrer la fondation Stichting Groep Wilders. Selon ses statuts, la fondation a pour but de ’promouvoir la propagation des positions politiques et sociales prônées par le susmentionné M. Geert Wilders’. Geert Wilders en est le seul directeur. Les statuts lui donnent le droit de nommer des successeurs, pour le cas où il démissionnerait. Il peut annuler ces nominations à tout moment, sans donner de raisons."
"La fondation n’a pas pu participer aux élections législatives de la fin de l’année dernière. La loi électorale dispose que seules des associations peuvent se faire enregistrer comme parti. Le législateur suppose que les associations, parce qu’elles ont des membres, ont des racines dans la société."
"C’est la raison pour laquelle Geert Wilders et la Stichting Groep Wilders ont fondé ensemble la Vereniging Groep Wilders en mars 2005. Cette association œuvre pour ’des Pays-Bas libres, prospères et indépendants’. Le seul membre de la direction est Geert Wilders, comme c’est le cas pour la fondation. C’est cette association qui a remporté neuf sièges, sous le nom de Partij voor de Vrijheid."
"Dans ses statuts, l’association dit qu’elle connaît des membres. En réalité elle n’en accepte pas. Le PVV est donc un parti à un seul membre qui détient neuf sièges." "’Le PVV appartient à Wilders. Il en est tout simplement le patron’, conclut le professeur de droit constitutionnel D.J. Elzinga, de l’Université de Groningue. ’On peut dire que les qualificatifs autoritaire et non démocratique s’appliquent, mais du point de vue juridique il n’y a pas de problème. Une association doit avoir deux fondateurs et au moins un membre. Wilders satisfait à ces conditions’."
"Si le PVV avait suffisamment de membres [mille au minimum], il obtiendrait cette année 637 533 euros. Ce montant ne comprend pas la subvention pour un bureau scientifique et une organisation de jeunes. ’Pas de subvention, tel est le prix que Wilders doit payer’, souligne Elzinga. Le groupe parlementaire de Wilders, en revanche, touche de l’argent de la Deuxième Chambre, 1 152 000 euros cette année, pour ses collaborateurs et autres postes de frais. Ce montant va à la Stichting Ondersteuning Tweede Kamerfractie Partij voor de Vrijheid [fondation de soutien du groupe parlementaire PVV]. Cette fondation est le seul organe dans lequel Wilders partage le pouvoir. Il en est le président, les députés Hero Brinkman et Raymond de Roon en sont secrétaire et trésorier."

Sondage d’opinion

Le PvdA a perdu un siège dans le dernier sondage d’opinion de Maurice de Hond. Il était à 26 sièges hier, le niveau le plus bas depuis novembre 2002. C’est le plus mauvais score des sociaux-démocrates sous Wouter Bos.
Le SP a dépassé le PvdA de 4 sièges. Il en obtiendrait 30 si des élections législatives avaient lieu en ce moment. Le CDA est à 24 sièges (AD Haagsche Courant p.2, De Telegraaf p.3).

AFFAIRES FRANÇAISES

Outre les nombreux avant-papiers sur les élections présidentielles de la presse de samedi, on retiendra sur le plan touristique un article sur le Loir, dans l’Algemeen Dagblad (cahier Reiswereld).
Ce matin, le Trouw (de Verdieping p.5) évoque l’exposition "Armenia Sacra", au Musée du Louvre.

Dernière modification : 20/01/2010

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