Presse néerlandaise du lundi 24 mars 2003

 

Trouw  : Forte résistance autour des villes iraquiennes

Volkskrant  : Résistance croissante de l’armée iraquienne 

Algemeen Dagblad  : Vive résistance à la progression américaine

Telegraaf
 :
Pertes sensibles
pour les Américains ; Grâce à Blom, les Pays-Bas font partie de la coalition

Toute
la presse titre sur les difficultés rencontrées en Irak par les troupes américaines.
La participation d’un militaire néerlandais, le lieutenant colonel Blom, à
une conférence de presse du général Franks est également relevée par
l’ensemble de la presse. Enfin, les journaux annoncent que la politique
internationale sera le premier sujet abordé dans les discussions sur la
formation du gouvernement qui reprennent aujourd’hui.



*

Affaires Internationales

Irak


. Le Trouw rend compte de la manifestation
anti-guerre
qui s’est déroulée samedi après-midi à Amsterdam, et
s’est terminée par des heurts avec la police. Selon ce quotidien, 20.000
manifestants se sont retrouvés sur le Dam ; 49 personnes ont été arrêtées
pour jets de pierres et de bâtons sur les brigades mobiles et pour avoir tenté
d’escalader la muraille de conteneurs protégeant le Consulat américain.

Une petite délégation
du PvdA était présente, ainsi que le SP. Le leader PvdA Wouter Bos n’y a pas
participé.

. Le Volkskrant et le Telegraaf
notent que le premier ministre M.
Balkenende a rencontré des représentants de la communauté iraquienne
aux
Pays-Bas. Le chef du gouvernement a parlé d’entretien « particulièrement
ouvert et franc », où « nous avons recherché ce qui nous lie ».
D’après le Telegraaf, « Balkenende
ne s’attend pas à des affrontements entre Néerlandais et allochtones ou
entre communautés allochtones ».

. La présence du Lieutenant colonel Blom à la conférence de presse du général
Franks
a « mis le gouvernement dans l’embarras », notent tous
les journaux. Le ministre de la défense M. Kamps, « s’est hâté de
redresser la situation », note le Telegraaf : « Nous savions
qu’il serait présent lors d’une réunion avec le général Franks, mais
nous n’avions pas bien apprécié le caractère de la réunion. Nous ignorions
qu’il s’agirait d’une conférence de presse. Je suis désolé, mais il
n’aurait pas dû y être. Nous avons fait savoir à nos soldats et aussi aux
Américains que cela ne doit pas se reproduire ». Le ministre de la défense
a désormais interdit aux militaires néerlandais de participer à des réunions
sur les actions offensives en Irak. Le lieutenant Blom est un spécialiste des
missiles Patriots ; il doit assurer la transmission d’informations entre
les unités de Patriot néerlandaises en Turquie et le commandement avancé au
Qatar.

. Le Telegraaf reprend à
la une des chiffres du CPB (Bureau
Central de planification) selon lequel « la guerre nuira durablement à l ’économie »
si elle doit être longue. « Dans un scénario où le prix du baril de pétrole
doublerait, l’économie régresserait de 0,5%. Cela ne s’est pas vu depuis
plus de 20 ans. Provisoirement, le CPD prévoit toujours une croissance de 0,75%
pour cette année. Le chômage qui doit passer de 300.000 à 400.000 pourrait
augmenter encore davantage en cas de guerre longue. Les exportations pourraient
diminuer de 1,25%, alors que l’on prévoit une augmentation de 2,5%. En ce qui
concerne l’inflation, les estimations sont de 2,75% , mais celle-ci
pourrait monter jusqu’à 3% ».

. Le Volkskrant publie un
interview de Max van der Stoel
ancien ministre PvdA des affaires étrangères et ex-haut commissaire
pour les minorités de l’OSCE. Le Volksrant rappelle que de 1991 à 1999 il a
été rapporteur des Nations-Unies sur les droits de l’homme en Irak.

« Lorsque le 
Conseil de Sécurité s’est divisé, Van der Stoel a compris que Saddam
entraverait à l ’infini les inspections. ’La conception française
selon laquelle les inspecteurs pourraient permettre de désarmer l’Irak par la
voie pacifique était une illusion. Soudain, la France inversait la charge de la
preuve. Ce n’était plus à Saddam de prouver qu’il avait éliminé ses
armes de destruction massive, les inspecteurs en désarmement devaient montrer
s’il l’avait fait’. Cela n’était pas dans l’esprit de la résolution
1441, déclare van der Stoel. ’Celle-ci était claire. Elle établissait que
Saddam n’avait pas respecté les obligations imposées par 16 résolutions antérieures.
C’était maintenant à lui de jouer. On lui donnait une dernière chance et il
devait jouer franc jeu. S’il ne l’avait pas fait dans un délai de 30 jours,
cela pourrait avoir des conséquences graves. En termes diplomatiques, cela veut
dire le moyen de pression le plus fort dont disposent les Nations-Unies, la
guerre . La France a aussi signé cette résolution’. 
La France, mais aussi l’Allemagne et la Russie, se sont laissées
prendre au piège de la stratégie de Saddam, estime van der Stoel : penser
voir un progrès là où l’on ne vous donne que des miettes. 
’Saddam a fait de petites concessions, il a reconnu qu’il avait des
missiles d’une portée supérieure à 150 km et donné quelques autres
informations. Mais il n’a pas apporté la preuve qu’il avait désarmé’ . 
[…..]

Van der Stoel reconnaît
que l’intervention en dehors du cadre des Nations-Unies n’est pas conforme
au droit international. ’Mais si c’est un péché, il a des circonstances
atténuantes’. La France, l’Allemagne et la Russie ont dévié de la voie
pour laquelle elles s’étaient prononcées. C’est pourquoi il soutient
l’approche des Américains et des Britanniques. ’Un régime criminel, qui
dispose d’armes de destruction massive : cette combinaison apporte, après
12 ans passés à mendier, une justification à la guerre ’ ».

 

Affaires Européennes
 La presse de samedi a unanimement salué la nomination de Wim Kok au poste de président de la task-force spéciale de l’UE chargé d’étudier la réforme du marché du travail européen.

L’Algemeen Dagblad
s’est félicité que l’ancien premier ministre ait réussi à s’assurer
une position « indépendante », dans laquelle sa task force
n’ait pas un simple « rôle d’assistance de la Commission et de Etats
membres ».

. Tous les quotidiens de
samedi ont également abordé le projet de « sommet franco-germano-belge sur la défense européenne  » pour
noter les réticences du gouvernement néerlandais à son égard. Le Volkskrant
note que « les trois plus farouches opposants à l’attaque américano-britannnique
contre l’Irak prévoient un sommet la mois prochain sur la défense européenne »
pour y joindre le commentaire du ministre des affaires étrangères M. De Hoop
Scheffer : « Je voudrais bien savoir quel est exactement l’enjeu.
Cela ne doit pas être une réunion pour s’opposer aux Etats-Unis. Cela ne
marche pas, nous l’avons vu ». M. Balkenende a pour sa part fait
remarquer : « Mon l’espoir qu’à partir de maintenant nous
allions nous retrouver à 15 s’est avéré vain. Je suis inquiet de la
constitution de ce groupe ». Le Premier ministre néerlandais trouve que
l’Europe ferait mieux d’afficher son unité et ses ambitions à la
Convention, afin de travailler à l’avenir de l’Europe et à la
reconstruction de l’Irak. « Il est extrêmement triste que nous soyons
si divisés alors qu ’à la fin de l’année dernière nous étions tous
si enthousiastes sur l’élargissement de l’UE ». Ls deux ministres néerlandais
ont déploré que la Belgique ne les ait pas informé de ce projet lors de la réunion
Benelux qui précède traditionnellement les
sommets européens. Les éditorialistes n’approuvent pas davantage ce projet.
Le Trouw ironise sur la déclaration des Quinze, qui se concentrent sur les
questions humanitaires « faute de pouvoir se mettre d’accord sur les
questions de guerre et de paix ». Il se déclare étonné par le projet
franco-germano-belge de sommet sur la politique de défense, auquel il ne donne
que peu de chance de succès : celui-ci arrive trop tôt. Pour le
Volkskrant, ce plan ne fera qu’aviver les tensions et risque d’étendre les
divisions à d’autres secteurs qui font l’objet des travaux de la
Convention. Le quotidien de centre gauche trouve « dommage que Blair et
Chirac se soient tant éloignés l’un de l’autre. Blair était le premier
ministre britannique le plus européen que la Grande-Bretagne ait eu depuis des
années et Chirac le Président français le plus pro-américain ». Ce
journal craint le retour des pays européens aux vieux réflexes nationaux, qui
constituerait « un retour à la case départ ».

 

Affaires néerlandaises  
Formation

« Journée
cruciale pour la formation », « journée vérité », telle est
la tonalité des articles de ce matin. Les discussions reprennent aujourd’hui,
et les négociateurs Bos et Balkenende ont décidé de les ouvrir sur la
politique internationale. Le ministre des affaires étrangères, M. De Hoop
Scheffer, se joindra à eux. « Il exige que Bos revienne sur sa position
selon laquelle la guerre est illégale. ’Sinon, les choses seront particulièrement
difficiles. C’est absolument contraire à nos conceptions’ » citent
l’Algemeen Dagblad et le Trouw. « Le PvdA tergiverse, on dirait les cours de
la bourse. Comment expliquer au niveau international l’absence de position du
PvdA ? Aucun ministre des affaires étrangères ne le peut. Avec une telle
position, les Pays-Bas ne peuvent pas être pris au sérieux ». Wouter Bos
de son côté qualifie cette journée de « cruciale ». « La guerre
est un énorme problème pour les négociations
de coalition. C’est le premier sujet à traiter. Nous ne voulons pas que les
Pays-Bas se retrouvent entraînés dans la doctrine américaine selon laquelle
il y a des Etats scélérats qui
doivent être combattus. Du reste je ne peux pas m’imaginer que c’est ce que
souhaite le CDA ».

 

Affaires françaises 

Salon du Livre  : trois articles en
rendent compte, dans le Volkskrant, (p11) : « Les Pays-Bas sont loin
pour les lecteurs français » ; l’Algemeen Dagblad (p19) :
« Colporteurs de lettres », soulignant que les écrivains néerlandais,
à l’exception d’Adriaan van Dis, ont des difficultés à s’exprimer en
français ; et dans le NRC de samedi (p10) : « le cirque néerlandais
au salon du Livre ».

 

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