Presse néerlandaise du lundi 24 novembre 2003

La démission du président géorgien Edouard Chevardnadzé fait trois
grands titres ce matin. L’éditorialiste du Volkskrant, sous le titre "Héros
déchu", remarque à ce propos qu’"il n’y a pas si longtemps, il était encore
le chouchou de l’Occident avec Mikhaïl Gorbatchev". "Il ne reste plus
grand-chose de cette réputation : le héros fêté dans tout l’Occident est devenu un
homme politique vilipendé et chassé par son propre peuple. "C’est à juste titre
que l’opposition, dirigée par Mikhaïl Saakachvili, a contraint Chevardnadzé à
démissionner. Mais l’Occident ne doit pas oublier que cet homme aux yeux mélancoliques a
été l’un de politiques qui ont mené à bonne fin la révolution européenne de
1989."

Trouw  : "Révolution de velours en Géorgie – Le président
Chevardnadzé démissionne – Nouvelles élections prochainement", "Une
surdose de lettres de mendicité suscite l’irritation" (organisations caritatives)

de Volkskrant  : "Chevardnadzé destitué sans violence", "’C’est
une révolution des roses et j’en suis’ – Des milliers de Géorgiens acclament le
leader de l’opposition, Saakachvili, après la démission de Chevardnadzé"

Algemeen Dagblad  : "Le président géorgien démissionne –
’Révolution de velours’ après une pression massive de l’opposition"

De Telegraaf  : "Schiphol essaie un scanner personnel – Le contrôle
doit commencer dans un an
", "Chevardnadzé cède la place"

* * *

Actualité internationale

Pays-Bas – Irak

" Le gouvernement veut de nouveau envoyer des militaires en Irak
l’année prochaine, mais il examinera d’abord la situation de sécurité avant de prendre
une décision définitive
", écrit le Volkskrant (p.2) de samedi. " Selon
le premier ministre Balkenende, ’il y a tout lieu de poursuivre la mission’
.
Balkenende a déclaré vendredi, à l’issue du conseil des ministres : ’Nous ne pouvons
pas dire tout simplement : ’nous faisons nos malles, débrouillez-vous’. Il serait très
mauvais que la communauté internationale se détourne de l’Irak’."

"Les ministres concernés se laisseront informer de la
dégradation de la situation de sécurité par de hauts officiers, la semaine prochaine. Le
gouvernement s’efforcera de trancher vendredi prochain
. La Deuxième Chambre aura
ensuite droit à un briefing militaire confidentiel. Le gouvernement craint que le
premier parti d’opposition, le PvdA, ne décroche. Lors de l’envoi des quelque 1 100
militaires qui sont actuellement en Irak, seuls GroenLinks et le SP s’étaient prononcés
contre la mission. Balkenende a déclaré qu’il s’efforçait d’obtenir le plus possible de
soutien ’dans la société et la politique’ à la prolongation de la mission de paix pour
six mois."

"Le ministre de la Défense Kamp aurait souhaité une décision
définitive du gouvernement dès vendredi. Il veut mettre les troupes au courant le plus
vite possible."

"Le premier ministre Balkenende tient compte de la possibilité
que la communauté internationale reste en Irak très longtemps", note l’ Algemeen
Dagblad
(p.4) de samedi de son côté. "’Dix ans ? Ce serait possible, dans le
pire des cas’, a déclaré le premier ministre après la réunion du gouvernement,
vendredi soir."

Le Telegraaf (p.6) de samedi ajoute que " si le
gouvernement dit ’oui’ à la prolongation, la Chambre veut que les Anglais et les
Américains partagent enfin leurs informations
".

Notons dans ce contexte que le chercheur P. van Ham , de
l’Institut Clingendael
, fait valoir ce matin dans le Volkskrant que " maintenant
que le terrorisme croît en Irak, il est légitime de reconsidérer le soutien militaire
de l’Europe
". "Il importe que l’Europe (y compris les Pays-Bas) donne des
signaux politiques clairs pour montrer qu’elle ne juge pas souhaitable un deuxième mandat
de Bush. Dans la perspective des élections, le gouvernement américain suit encore un cap
modéré, mais en cas de réélection, les Républicains lâcheront le frein et les
intérêts européens s’en porteront encore plus mal."

Union européenne : Pacte de stabilité

" Le premier ministre Balkenende est toujours ’très
préoccupé’ par le fait que la France et l’Allemagne ne respectent pas les règles du
Pacte de stabilité et de croissance
", rapporte le NRC Handelsblad
(p.13) de samedi. "C’est ce qu’il a dit vendredi, à l’issue du conseil des
ministres." "Balkenende a déclaré cette semaine qu’il avait eu ’beaucoup de
contacts bilatéraux’ avec des collègues de l’Union européenne, à propos du Pacte. Il
a qualifié d’’important’ pour la crédibilité que l’on ’respecte les accords’
."

"L’heure H du Pacte de stabilité approche", remarque le
journal d’affaires Het Financieele Dagblad (p.5) ce matin. " Le ministre
néerlandais des Finances Zalm a dû se résigner au fait que les recommandations de
Bruxelles ne sont pas aussi sévères que le Pacte ne le justifierait
. Zalm veut que
les deux pays ramènent leur déficit budgétaire au-dessous de 3 % du produit
intérieur brut. L’Autriche est le seul pays à soutenir l’approche néerlandaise.
"Le sommet sera "désespérément divisé", prévoit le journal financier.
"Il manque une majorité des deux tiers pour chaque décision possible." " Zalm
estime maintenant qu’il vaut mieux prendre une décision favorable aux recommandations de
la Commission que pas de décision du tout
. Le fait que le conseil des ministres
optera alors pour une recommandation qui n’est pas tout à fait conforme aux souhaits de
Zalm est secondaire, selon le ministre. Il semble en tout cas avoir trouvé plus de
partisans de cette approche, durant les dernières semaines, que de sa ligne dure."

A noter que, selon le chroniqueur H.J. Schoo en page d’opinion
du Volkskrant de samedi quot ;le jeu n’en valait peut-être pas la chandelle ".
Ce que Zalm voulait, "c’était établir une nouvelle fois que la gestion de l’euro ne
doit pas devenir une affaire politique dont décident les pays européens les plus
puissants". "Légalistes invétérés, nous comptons toujours sur le droit et
nous restons penauds quand nous nous heurtons à la politique de force. " La
défaite de Zalm aura servi à quelque chose si elle stimule l’euroréalisme aux Pays-Bas

et si le pays marque un arrêt. La Constitution européenne, par exemple, peut attendre.
Laissons d’abord se faire l’élargissement à l’Est et attendons les conséquences qu’il
aura pour les rapports de force dans l’UE. Et ensuite une Constitution adaptée et sobre
– sans politique d’illusion."

" Ce qui reste aux Pays-Bas ", selon deux collaborateurs
de l’Institut Clingendael qui s’expriment en page d’opinion du NRC Handelsblad
de samedi, " c’est la nécessité d’une diplomatie mouvante qui mise sur des
coalitions changeantes, mais sans perdre de vue Bruxelles
". " Il faut
surtout une vision plus détendue et plus positive du comportement des grands pays, parce
qu’une préconcertation de ces pays – surtout les trois grands – est peut-être
la seule façon de progresser maintenant
."

Actualité intérieure

D66

" Le D66, les prochaines années, doit se manifester
expressément comme l’aile gauche du deuxième gouvernement Balkenende
", relève
le Volkskrant (p.2) ce matin. " C’est ce que les cadres et la base du parti
ont fait comprendre aux leaders politiques de La Haye, samedi
. Ces derniers ont
défendu au congrès du parti, à Maastricht, le rôle qu’ils ont joué jusqu’à présent
au sein du gouvernement."

"Bien que la très grande majorité de la base ait approuvé la
participation au gouvernement, il y a six mois, beaucoup de membres ne sont pas rassurés.
Leurs préoccupations – exprimées durant une heure des questions collective avec les
bonzes – concernent surtout la politique socio-économique et les mesures
d’austérité."

"Les ministres D66 De Graaf (Réforme administrative) et
Brinkhorst (Affaires économiques) se sont donné beaucoup de mal à Maastricht pour
défendre la politique du gouvernement. Ils ont maintenu qu’il est nécessaire de
procéder à des réformes pour remettre l’économie à flot."

"Le congrès a élu Sophie in ’t Veld comme tête de
liste aux élections pour le Parlement européen
. In ’t Veld (41 ans) l’a notamment
emporté sur le président actuel du groupe parlementaire européen, Bob van den Bos"
(également Trouw p.3, Algemeen Dagblad p.3).

PvdA

Le PvdA va rédiger un nouveau programme de base sous la direction de
son leader, Wouter Bos, et de son président, Koole
. Le nouveau document remplacera un
texte qui date de 1977 et qui est en bonne partie dépassé. Le programme de base de 1977
indique par exemple comme objectif la nationalisation des banques et des compagnies
d’assurances. L’étroite implication de la direction du parti doit éviter que le PvdA
n’ignore le document, comme il l’a fait il y a quelques années, avec un projet rédigé
par des membres moins influents. Selon Koole, "le but est que le PvdA le prenne au
sérieux". Le nouveau document ("deux feuillets A4 ou un peu plus") doit
être prêt l’an prochain, a annoncé Koole à une réunion du parti à Leyde, samedi.

Le président du parti a d’autre part annoncé que trois commissions,
comprenant aussi bien des (ex-) politiques que des universitaires liés au parti, se
pencheraient sur les thèmes suivants : démocratie et rénovation administrative,
intégration et immigration, coût et accessibilité de la sécurité sociale ( de
Volkskrant
p.2, De Telegraaf p.3).

Van Ardenne

La ministre CDA de la Coopération Van Ardenne, catholique pratiquante,
a condamné l’interdiction des contraceptifs par le Vatican
. Un récent entretien avec
le cardinal néerlandais Simonis n’a pas eu de résultat : "Nos points de vue ne
se sont pas rapprochés". Van Ardenne, qui a fait de la lutte contre le sida l’un des
fers de lance de sa politique, appelle maintenant l’Eglise à ouvrir un "débat
public" sur la sexualité.

Van Ardenne qualifie de "trompeuses et nuisibles" les
affirmations du cardinal Trujillo selon lesquelles les préservatifs ne protégeraient pas
du sida ( de Volkskrant pp.1 et 3, Trouw p.4, Algemeen Dagblad p.5).

Economie, Finances

Faillites

"La croissance du nombre de faillites aux Pays-Bas est la plus
rapide de tous les pays industrialisés", rapporte le Financieele Dagblad à
la une. "Jusque fin juillet, le nombre d’entreprises qui ont fermé leurs portes en
raison de problèmes financiers a augmenté de 28 % par rapport à 2002. De ce fait,
les Pays-Bas figurent en deuxième position, derrière la Norvège, sur la liste des pays
à fort pourcentage de faillites. C’est ce qui ressort d’une étude d’Euler Hermes, le
premier assureur du monde contre les risques du crédit. Les chiffres du Centraal
Bureau voor de Statistiek
font apparaître le même tableau. La cause probable est que
l’économie néerlandaise a été touchée plus sévèrement par la récession que les
économies d’autres pays. Selon l’assureur, les prévisions restent mauvaises pour
l’année prochaine. Il prévoit 6 300 faillites aux Pays-Bas pour l’année 2003 tout
entière et 7 200 pour l’année prochaine.

La récession économique touche surtout la Randstad, le Brabant du
Nord et la Gueldre, qui hébergent ensemble environ deux tiers du secteur privé
néerlandais.

Affaires françaises

Fokke Obbema ( de Volkskrant de samedi p.5) a interviewé le
spécialiste du terrorisme Alain Chouet : "Les Saudiens veulent faire entrer
tous les instituts musulmans du monde dans leur sphère d’influence et donc ils donnent de
l’argent aux institutions culturelles et sociales et aux écoles. Mais ils ne savent pas
à quoi leur argent sert au juste. C’est très grave."

Le Trouw (p.6) de samedi évoque l’affaire Gourlain :
"Gauloises : heureusement, la France n’est pas l’Amérique".

Sur le plan touristique, le Telegraaf (p.TA 27) présente
l’Alsace, "une carte postale vivante".

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