Presse néerlandaise du lundi 26 mai 2008

La leader GroenLinks Femke Halsema a annoncé la publication, après l’été, d’un manifeste contre la société de consommation. "Il faut changer de cap. Nous ne sommes pas seulement des consommateurs", a-t-elle déclaré samedi, dans l’amphithéâtre de la Hogeschool de La Haye, où son parti avait organisé un "Forum de l’avenir".
"La société atteint ses propres limites. Nos maisons sont pleines de camelote mécanique, de vêtements et d’objets dont nous n’avons pas besoin. Et pourtant nous continuons à acheter. Prenez la crise du crédit en Amérique : c’est en fait une crise de consommation. Il faut tourner la barre, mais la question est de savoir comment inciter les gens à vivre plus décontractés et à consommer moins."

Trouw (chrétien progressiste) : "L’ancien seigneur de la guerre Bemba a été arrêté – L’ancien vice-président congolais sera traduit devant la Cour pénale internationale", "Halsema : Se concentrer moins sur le travail et la consommation"
de Volkskrant (centre gauche) : "Rangoon ressemble encore à un champ de bataille" (reportage), "Le portrait cru d’un collège français l’emporte à Cannes"
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "’Il faut renforcer l’interdiction de fumer’ – Les pneumologues : L’Etat est ’dépendant’ de la taxe sur le tabac", "Couper dans le chaos des indemnités"
De Telegraaf (populaire) : "Nettoyer les hôpitaux avec un ’tueur de virus’" (présentation demain du "Virobuster", un appareil désinfectant l’air)

* * *

ACTUALITE INTERNATIONALE

Union européenne

"Il y a soixante ans, le premier Congrès européen posait les fondements de l’Union européenne", rappelle le Volkskrant (p.4) dans le chapeau d’une interview du président de la Commission européenne, M. José Manuel Barroso.
"Pour la première fois dans l’histoire européenne, la liberté règne de la Méditerranée à la mer Baltique, de l’océan Atlantique à la mer Noire. Il y a la démocratie et la libre circulation des personnes et des marchandises. Mes prédécesseurs ne pouvaient qu’en rêver. Il n’y a pas lieu d’être négatif sur l’Europe. Nous nous portons beaucoup mieux qu’il y a vingt ou soixante ans."
"Néanmoins, les citoyens n’aiment guère Bruxelles." "Je ne suis pas d’accord sur ce point. Notre eurobaromètre et tout notre matériel empirique montrent que les citoyens soutiennent plus l’UE qu’il y a six ans, disons. Regardez aussi les faits objectifs : la prospérité est nettement plus élevée aux Pays-Bas qu’il y a vingt ans. C’est vrai aussi pour les autres Etats membres : tout le monde se porte mieux du point de vue économique, financier, social et culturel, grâce notamment à l’UE."
"Comment expliquez-vous alors le fait que tant de gens se détournent de Bruxelles ?" "Ce n’est pas seulement un problème pour les institutions européennes, c’est un problème politique général. On respecte moins les partis politiques qu’autrefois. Il y a un fossé entre les citoyens et la politique. C’est une affaire fondamentale, en Europe autant qu’aux Etats-Unis. Par ailleurs, de plus en plus de personnes ont peur de l’avenir. Elles redoutent le marché libre, l’immigration, une crise économique qui se rapproche." "L’UE est victime d’un malaise beaucoup plus large."
"Quand je compare la situation en Europe à celle d’autres parties du monde, où des gens meurent de faim, ne connaissent pas de liberté, sont exploités ou exclus, où l’environnement est détruit, je préfère la prétendue crise en Europe aux histoires à succès d’autres pays."

Sahara occidental
"Les négociations entre le Maroc et le mouvement indépendantiste Polisario sur le Sahara occidental, qui ont lieu sous la direction des Nations Unies, sont ’un simulacre’", écrit le NRC Handelsblad de samedi à la une. "C’est ce qu’affirme Peter van Walsum, l’envoyé personnel du secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon et médiateur dans ce conflit, dans un entretien avec notre journal. Van Walsum déclare à propos des spéculations sur son départ en tant que médiateur : ’J’ai toujours dit au Maroc et au Polisario : Si vous en avez assez de moi, il faut écrire une lettre au secrétaire général. Ce sera alors vite réglé’."
"Van Walsum réagit aux vives critiques sur son action venant du Polisario et de l’Algérie, qui soutient le mouvement indépendantiste. Le mois dernier, au Conseil de Sécurité, Van Walsum a qualifié un référendum sur l’indépendance de la région de ’non réaliste’. Depuis, il est persona non grata pour le Polisario et les négociations se sont arrêtées." "Selon Van Walsum, il ne sert à rien de parler d’indépendance, parce que le Conseil de Sécurité n’a jamais été disposé à imposer par la force cette option au Maroc."
"En rejetant ouvertement l’indépendance, Van Walsum espérait que le Polisario opterait pour des négociations musclées sur une forme d’autonomie dans la région. Selon ses propres dires, le médiateur de l’ONU n’a aucune idée de la façon dont la concertation sera poursuivie et du rôle qu’il jouera lui-même."
L’interview figure dans le supplément Zaterdag &cetera du journal.

ACTUALITE INTERIEURE

Rita Verdonk

"Nationaliste ? Je trouve que le terme amour de la patrie, ou patriotisme, convient beaucoup mieux", remarque la leader du mouvement Trots op Nederland (Fiers des Pays-Bas), Mme Rita Verdonk, dans le Het Parool (p.14-15) de samedi. "Nous devons avoir de l’assurance, dire : voyez ce que nous avons fait ici, ce que nos ancêtres ont mis en place. Nous avons un pays fantastique. Nous avons seulement laissé traîner quelques problèmes un peu trop longtemps. Et peu m’importe d’où les gens viennent. C’est justement parmi les allochtones qu’on trouve beaucoup de gens qui sont sincèrement fiers des Pays-Bas. Parmi les vrais réfugiés, il y en a beaucoup qui s’inquiètent de la liberté d’expression. Ils savent ce que c’est de ne pas avoir cette liberté."
Notons dans ce contexte que la presse annonce le départ d’Ed Sinke, un conseiller de Mme Verdonk. Il a trop à faire dans son entreprise. Selon M. Kay van de Linde, un autre conseiller, c’est une "saignée" pour le mouvement Trots op Nederland (NRC Handelsblad de samedi p.3, Trouw p.5).

Geert Wilders

"Nous ne profitons pas du tout des sentiments de peur", affirme le chef de file du PVV Geert Wilders dans le NRC Handelsblad (cahier Zaterdag &cetera) de samedi. "Vous vous répétez tous les uns les autres. Tout ce que je dis du Coran est juste. Ce que je dis de l’immigration est juste. On peut être en désaccord sur les solutions. Mon parti peut vraiment contribuer à améliorer les Pays-Bas, peut-être pas toujours directement, bien que nous ayons de bons politiques et que nous prenions la défense des citoyens. Mais aussi indirectement : je pense que le CDA, le VVD et Mme Verdonk s’y prendraient autrement s’il n’y avait pas le PVV. Notre influence ne fait que croître. Nous ne sommes qu’au début de notre aventure."
"Je veux présenter un parti vivant, social et positif qui, d’un autre côté, est extrêmement dur s’agissant de l’immigration, de l’intégration et de la criminalité. Cette combinaison n’existe pas dans la politique néerlandaise, nous sommes uniques en cela. On voit ce côté social dans notre comportement de vote à la Deuxième Chambre, mais cela ne retient guère l’attention, à cause de l’avalanche d’attention pour nos idées sur l’islam. A juste titre, certes. Mais il est difficile d’intéresser les journalistes à d’autres thèmes."

VVD

"Le VVD a un nouveau président : Ivo Opstelten", relève le Trouw (pp.3 et 4). "Au congrès du parti, il a évité qu’une motion ne soit déposée sur la reconquête de membres qui ont rejoint Verdonk et Wilders."
"Mark Rutte a essayé l’année écoulée de conserver les cadres du parti", commente l’éditorialiste du journal d’affaires Het Financieele Dagblad. "Il a sillonné le pays et sa mission semble avoir réussi pour le moment. Avec Opstelten, il doit changer de cap après cette période de nombrilisme et présenter de nouveau le VVD aux électeurs comme une alternative à part entière. Ce n’est pas un problème pour Opstelten, un administrateur expérimenté. Sa présentation est charismatique, authentique, équilibrée et mature. Rutte peut désormais déléguer tranquillement sa tâche de gestionnaire et faire ses preuves politiques."

AFFAIRES FRANÇAISES

Les quotidiens notent que, pour la première fois depuis 21 ans, la Palme d’Or reste en France. Elle a été décernée dimanche soir au film Entre les murs, de Laurent Cantet (Volkskrant pp.1 et 11, Telegraaf p.11, AD p.17, Trouw cahier de Verdieping).
Dans le Volkskrant (p.4) Ariejan Korteweg évoque la journée du 29 mai 1968, lorsque le général De Gaulle a rendu visite au général Massu, à Baden-Baden.

Dernière modification : 19/08/2008

Haut de page