Presse néerlandaise du lundi 27 août 2012

Trouw (chrétien progressiste) : Instruction civique : une matière trop difficile.

De Volkskrant (centre gauche) : Rutte cible d’un débat très vif.

AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : Rutte : la formation sera longue.

De Telegraaf (populaire) : Les têtes de listes lancent la campagne dans le Telegraaf.

Het Financieele Dagblad : Davantage d’argent privé dans le secteur des soins.

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AFFAIRES EUROPEENNES

Crise de la dette grecque

« L’Autriche est le premier pays qui souhaite donner plus de temps à la Grèce pour atteindre des objectifs d’économies », note le Volkskrant en se référant à la déclaration d’hier du Chancelier autrichien, Werner Faymann. Le quotidien évoque la rencontre, samedi, entre le Président français, François Hollande, et le Premier ministre grec, Antonis Samaras. « Le président français n’a pas fait des concessions concrètes. Il a déclaré que la Grèce doit prouver sa crédibilité et économiser mais d’une façon qui soit supportable pour le peuple grec. » L’article est accompagné d’une grande photo montrant François Hollande et Antonis Samaras.

ACTUALITE INTERIEURE

Congrès des partis politiques

- D66  : « Pechtold met en garde contre une expérience de gauche », note le Volkskrant.
Dans son discours de clôture du congrès des démocrates libéraux samedi à La Haye, le chef de file de ce parti, Alexander Pechtold, a souligné qu’après « l’échec de l’aventure à droite, les Pays-Bas ne pouvaient pas se permettre une expérience à gauche. (…) Notre pays ne peut pas supporter une nouvelle période marquée par le populisme, quelle que soit sa couleur ». Selon lui, c’est le D66 qui détient la clef d’un gouvernement stable. Les partenaires de coalition doivent satisfaire à trois critères : confiance réciproque, courage politique et nomination de ministres compétents. Il a critiqué [le Premier ministre VVD] Mark Rutte pour avoir « ruiné notre réputation internationale et les intérêts des Pays-Bas » et avoir fait « prévaloir les intérêts eurosceptiques du VVD sur l’intérêt national ».
Selon le Financieele Dagblad, « le D66 opte pour un gouvernement centriste avec le VVD. (…). Selon les sondages, le VVD doit en faire partie pour dépasser les 75 sièges [majorité parlementaire]. (…) Pechtold a rappelé les postions franchement européennes du D66. Il a assuré qu’il remettrait rapidement de l’ordre dans les finances de l’Etat. Il a exprimé sa préoccupation pour les demandeurs d’emploi de plus de cinquante ans et pour les allocataires sociaux. Le budget de l’aide au développement reste inchangé ».

- VVD  : « Pas de capitaine de droite sur un navire de gauche », retient le Volkskrant du congrès libéral. Après avoir évoqué le « peptalk » du chef de file du VVD (envie de continuer de gouverner et peur du socialisme), le Volkskrant note que dans les couloirs du congrès, la formation de la future coalition suscite des inquiétudes. « Le paradoxe est que les libéraux grandissent en nombre de sièges, mais risquent de perdre de l’influence dans l’accord de coalition. (..) Ces derniers temps, il est de bon ton d’envisager une coalition avec le SP. Mais pas pour le parlementaire européen Hans van Baalen : ‘un tel gouvernement n’est possible qu’en temps de guerre’. Il verrait bien une coalition avec des partis du centre si le VVD obtient entre 35 et 38 sièges. ‘Ce ne sera pas facile : le CDA est nécessaire et faible, le PvdA est également nécessaire et faible, et ils ont de bons négociateurs. Et GroenLinks est faible. De plus, il faut donner satisfaction à tous ces partis. Les négociations n’aboutiront que si chacun le veut vraiment, pas de petits jeux. Rutte, Buma, Pechtold et Samsom doivent être prêts à travailler ensemble pendant quatre ans’ ».
« Il y a deux sortes de libéraux aux Pays-Bas », explique Laurens Berentsen dans le Financieele Dagblad. « Les libéraux de droite et les libéraux de gauche, les libéraux nationalistes et les libéraux cosmopolites, les libéraux peureux et les libéraux légers, les libéraux entrepreneurs et les libéraux juristes, les libéraux libéraux et les libéraux sociaux, les libéraux de bon sens et les libéraux intellectuels, les libéraux disciplinés et les libéraux libertins, les libéraux orange–bleu et les libéraux verts, les libéraux en voiture et les libéraux en train, les libéraux fanatiques et le libéraux laconiques, les libéraux à la Rutte et les libéraux à la Pechtold. Et les deux ont tenu leur congrès le week-end dernier. Ceux de Rutte dans la ville industrieuse de Rotterdam et ceux de Pechtold au World Center de la capitale administrative La Haye. Le chef des libéraux à la Rutte ne promet plus un programme à la lecture duquel ‘la droite néerlandaise pourra se lécher les doigts’, mais promet de travailler pour tous les Néerlandais et met en garde contre le malheur qui guette le pays jusqu’à la septième génération si les socialistes arrivent au pouvoir. En douze minutes, il exprime seize fois cette mise en garde. (…) Le chef des libéraux à la Pechtold promet à ses troupes ce que le D66 promet depuis sa fondation : des réformes. Cette fois-ci, pour remettre de l’ordre dans les finances publiques. Ses libéraux ne travaillent pas que pour les Pays-Bas, mais également pour l’Europe et un peu pour le tiers monde. Aux libéraux purs sangs de faire leur choix le 12 septembre ».

Débat télévisé

L’ensemble de la presse se fait l’écho du débat d’hier soir, organisé par RTL4, entre les chefs de file des quatre plus grands partis dans les sondages : Mark Rutte (VVD), Diederik Samson (PvdA), Emile Roemer (SP) et Geert Wilders (PVV). Le Volkskrant note que d’après un sondage parmi les téléspectateurs et les réactions sur Twitter, « les remarques nuancées du travailliste Diederik Samson ont été appréciées par les téléspectateurs ». Le quotidien observe que « Mark Rutte montrait de l’assurance, Geert Wilders était très offensif, Roemer quelque peu hésitant et Samson très mesuré dans ses propos (…). Geert Wilders s’en prenait sans arrêt au chef de file libéral, Mark Rutte, sur des sujets comme l’Europe, l’augmentation des coûts des soins de santé et la nécessité d’économiser. En intervenant constamment dans le débat sur l’euro, Wilders essayait de s’immiscer entre Rutte et Roemer qui tentaient de renforcer l’image d’un duel. Une stratégie qui a été jusque-là fructueuse dans les sondages pour les deux partis. » Le Trouw, pour sa part, a regretté « l’absence des chrétiens-démocrates (CDA) au débat parce que RTL avait invité les chefs de file des quatre plus grands partis dans les sondages et non pas ceux des plus grands partis actuels ». Le journal note que « Haersma Buma, chef de file du CDA, avait critiqué Mark Rutte plus tôt dans la journée dans le programme ‘Buitenhof’. Il a reproché à Rutte de ‘manquer de contenu et de réduire la politique à une simple confrontation entre socialistes et libéraux’. » Le Telegraaf relève également que Rutte était la cible favorite pendant le débat : « Le premier débat télévisé a été vif et émaillé de reproches. Surtout Wilders et Samson devaient gagner des points pour réduire leur écart dans les sondages avec Rutte et Roemer. »

Sondages

Les différences restent marquées entre les instituts de Maurice de Hond et Ipsos Synovate. Les scores se situent respectivement entre 32 et 34 pour le VVD, 35 et 30 pour le SP, 18 et 19 pour le PVV, 18 et 22 pour le PvdA. Le CDA et le D66 sont crédités de 14 sièges. La ChristenUnie évolue entre 7 et 6 sièges. GroenLinks obtiendrait 5 sièges. Maurice de Hond envisage l’entrée à la Deuxième Chambre de deux nouveaux partis : 50+, avec 2 sièges et les Pirates, avec 1 siège.

Citoyenneté

Le Trouw note à la une ce matin que les écoles ont du mal à enseigner la citoyenneté. « Les établissements scolaires sont obligés, depuis 2006, de donner des cours d’instruction civique mais cette tâche s’avère compliquée et peu claire ». C’est ce que constate le ‘Onderwijsraad’ (Conseil d’Education) dans un rapport publié aujourd’hui. Selon ce Conseil, « les établissements disposent, à juste titre, de beaucoup de liberté pour déterminer comment ils souhaitent enseigner la citoyenneté mais le point essentiel, c’est-à-dire les valeurs de la démocratie, devrait être clair. D’après le classement de la Commission européenne, les élèves néerlandais restent à la traîne en matière de connaissance civique. L’idée de citoyenneté est actuellement dominée par le débat sur l’intégration et notamment par la crainte que les écoles islamiques empêchent l’intégration. L’Onderwijsraad déplore que le mot ‘démocratie’ ne figure plus dans les lois et les règles actuelles, alors que la démocratie devrait occuper une place centrale dans les cours d’instruction civique. Le Conseil estime que le ministre de l’Education devrait imposer le développement des supports de cours et placer l’enseignement de la ‘citoyenneté, au même niveau que l’enseignement des langues et des mathématiques. » Le Conseil estime que « ce message a été trop peu diffusé pendant la législature du gouvernement actuel ».

LA FRANCE DANS LA PRESSE NEERLANDAISE

Le Volkskrant de samedi (p.28-29) compare dans sa rubrique économique « Le laissez-faire néerlandais » et « La politique des barricades française » et indique que « le nouveau gouvernement [néerlandais] devra offrir plus d’attention et de chaleur aux entreprises, à la place des banques ».

Cette revue de presse ne prétend pas à l’exhaustivité et ne reflète que des commentaires ou analyses parus dans la presse néerlandaise, qui n’engagent en rien le point de vue propre de l’ambassade de France aux Pays-Bas.
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Dernière modification : 09/09/2014

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