Presse néerlandaise du lundi 28 novembre 2011

Trouw (chrétien progressiste) : La Belgique a presque un gouvernement.

De Volkskrant (centre gauche) : Enfin un accord de gouvernement en Belgique.

AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : Les maisons en vente mises en location par nécessité.

De Telegraaf (populaire) : Conjuration contre Jongerius [syndicats].

Het Financieele Dagblad : Sauvetage probable par la BCE.

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ACTUALITE INTERNATIONALE

l’enlèvement d’un touriste néerlandais au Mali

Le Telegraaf et l’AD signalent à la une l’enlèvement d’un touriste néerlandais, Sjaak Rijke, dans son hôtel à Tombouctou, au Mali. Sa compagne est parvenue à s’échapper « de façon presque miraculeuse. (…) Le ministère des Affaires étrangères n’a pas souhaité faire de commentaire ».

AFFAIRES EUROPEENNES

Zone euro

« Sauvetage probable par la BCE », titre le Financieele Dagblad ce matin à la une. Il cite des sources bruxelloises qui estiment une intervention à grande échelle de la part de la BCE de plus en plus probable. Le FD note que pour cela, « la BCE pose trois conditions : le FESF doit être prêt, les pays de la zone euro doivent s’accorder sur les budgets d’Etat et les réformes économiques, et l’Italie doit pouvoir disposer d’un crédit qui lui donnerait le temps de mettre en place les restrictions budgétaires promises ». Le Volkskrant, pour sa part, relève que « le FMI serait disposé à prêter jusqu’à 600 Mds€ à l’Italie ». Le Trouw mentionne les déclarations de Coen Teulings, directeur du CPB (bureau central de planifications) lors du programme télévisé Buitenhof dimanche. Celui-ci estime qu’il est « midi moins cinq pour l’euro. Il faut donner des signaux aux marchés que l’euro sera sauvé coûte que coûte ». Selon M. Teulings, les pays de l’Europe du Nord doivent prendre l’initiative et montrer qu’ils ont confiance dans les réformes que des pays comme l’Italie mettent en œuvre ». En ce qui concerne le FESF, il considère que « l’essentiel est que le fonds d’urgence puisse agir rapidement, sans attendre la permission de 27 parlements ». Dans un autre article, titré « Merkel et Sarkozy travaillent à un nouveau pacte de stabilité », le Trouw évoque les rumeurs « selon lesquelles la Chancelière allemande et le Président français élaboreraient un nouveau pacte de stabilité qu’ils présenteraient le 9 décembre au prochain sommet de l’UE ». Le Telegraaf titre de son côté : « La crise de la dette a atteint un stade critique ». Le quotidien populaire évoque également les rumeurs de nouveau pacte de stabilité.

Dans ce contexte, l’AD de samedi titre à la une : « Fractionnement de la zone euro inévitable », en tête d’un article consacré au libéral Frits Bolkestein, ancien Commissaire européen et membre éminent du VVD. L’article est suivi d’une interview de M. Bolkestein. L’ancien chef de file du VVD plaide pour une sortie de la Grèce de la zone euro : « Si l’Italie quittait la zone, je ne verserais pas de larmes non plus ». Il prévoit « la naissance à terme du neuro, l’euro pour les pays nordiques les plus disciplinés de la zone, tels que l’Allemagne, la Finlande, les Pays-Bas, l’Autriche, le Danemark et la Suède ». L’AD précise que Patrick van Schie, directeur du thinktank du VVD (Teldersstichting) avait déjà évoqué cette option [RdP du 14/11/2011] qui avait suscité à l’époque beaucoup de critiques de la part des membres éminents du VVD. L’AD de ce matin publie la réaction du Premier ministre néerlandais, Mark Rutte : « Lors de la mise en place de l’euro, nous avons fait l’erreur de ne pas nous donner les moyens d’astreindre les pays à respecter la discipline budgétaire. Mais nous allons changer cela. La zone euro doit rester intacte, avec ses dix-sept pays membres. Sinon, le préjudice économique sera grand ». Le FD de samedi note que le Premier ministre serait contre « une union fiscale, telle que décrite par Merkel devant le Bundestag. Mark Rutte n’a aucune envie d’harmoniser les impôts, l’âge de la retraite et le droit de travail dans la zone euro ». A noter : le correspondant en France du Volkskrant, publie dans l’édition de samedi, sous le titre « Il manque à l’Allemagne une vision et à la France de l’argent », une interview de René Lasserre, directeur du centre français d’information et de recherche sur l’Allemagne contemporaine (CIRAC).


ACTUALITE INTERIEURE

Congrès du VVD

Le congrès annuel du parti libéral VVD a eu lieu samedi. « Soudain, ce parti est devenu le plus grand et son chef de file est devenu Premier ministre. Grâce à une solide discipline, le VVD est parvenu à traverser sans anicroche sa première année. Mais pour combien de temps encore ? », se demande le Volkskrant de samedi, qui publie les résultats d’une étude montrant que « les libéraux supportent difficilement l’influence du PVV et du SGP. 35% jugent excessive l’influence du PVV et 46% estiment que le VVD doit prendre ses distances par rapport à ce parti. 33% s’inquiètent de l’influence du parti protestant traditionaliste SGP. Plus d’un cinquième souhaiterait que le président du groupe parlementaire Stef Blok soit plus visible. Les critiques se concentrent notamment sur l’influence du PVV et du SGP sur le traitement parlementaire de la question de l’ouverture des magasins le dimanche (72% d’avis négatif) et des fonctionnaires de l’état civil récalcitrants (plus de 60% d’avis négatif). Le Financieele Dagblad relève pour sa part que selon le sondeur Maurice de Hond, près de 50% des Néerlandais s’attendent à la chute du gouvernement Rutte en 2012, à cause des mesures d’austérité et des tensions qu’elles suscitent au sein de la coalition. Concernant le congrès même, le Volkskrant retient particulièrement l’intervention du leader des Jeunes Libéraux (JOVD), Martijn Jonk, qui estime que son parti est trop marqué par un certain nombre d’affaires et a engagé les dirigeants de son parti à « mettre la barre très haut ». Le Premier ministre, Mark Rutte, a pris le contre-pied de l’ambiance pessimiste créée par la crise économique. « Partant de la formule de l’ancien leader travailliste Joop den Uyl, ‘plus rien ne sera comme avant’, au moment de la crise pétrolière, il a rappelé qu’avant 1989, personne n’envisageait la chute du mur de Berlin et que dans les années quatre vingt, on n’imaginait pas la fin du chômage des jeunes : ‘le défaitisme et le pessimisme sont inhérents à l’être humain, mais ce n’est pas pour cette raison qu’ils sont justifiés. Je vous le dis, la situation va s’améliorer, nous rendrons les Pays-Bas plus forts !’ ».
Dans le NRC-Handelsblad de samedi, le président du groupe parlementaire libéral, Stef Blok, a exprimé son inquiétude vis-à-vis des tensions internes du parti partenaire de coalition, le CDA : « Le CDA a des difficultés et cela représente également un problème pour le VVD. (…) Premièrement, ils doivent veiller à resserrer les rangs, deuxièmement, ils doivent définir un message clair à destination des électeurs. (..) Si vous réveillez un électeur la nuit et vous lui demandez quelles sont les lignes fortes de la politique du VVD, il doit pouvoir répondre immédiatement : des finances solides et plus de police dans la rue ». C’est la première fois, commente le NRC, que Stef Blok « reconnaît que les tensions internes du CDA peuvent constituer un risque pour la coalition. Cela a toujours été démenti, même par le Premier ministre Mark Rutte.

SP

« Le SP se présente en leader de l’opposition », retient le Volkskrant du conseil national du parti qui s’est tenu samedi 26 novembre à Amersfoort. Fort des 27 sièges dont le crédite Maurice de Hond dans son dernier sondage, le chef de file du SP, Emiel Roemer, a engagé les partis d’opposition à renforcer leur action et précisé : « Il n’y a qu’un parti qui puisse prendre la tête de cette opposition, c’est le nôtre. (…) Le SP est au premier plan. Si nous pouvons nous fier aux sondages, nous obtenons de très bons résultats. (…) Le SP ne laissera pas démanteler la protection sociale ». M. Roemer prédit que 2012 « sera l’année des affrontements idéologiques. (…) Ce gouvernement s’attaque à notre civilisation, il dresse les citoyens les uns contre les autres. (…) Le PVV réussit à parler de tout sauf des mesures d’austérité. Mais il est complice de cette politique de démolition ». Le chef de file du SP « a appelé le D66, le PvdA et le PVV à déclarer qu’il ne peut pas y avoir de modification de traité européen sans référendum. C’est avec plus de démocratie, et pas moins de démocratie, que l’on maîtrisera la crise économique ».

LA FRANCE DANS LA PRESSE NEERLANDAISE

- Le Volkskrant reprend un article du New York revue of Books et note que l’on ne peut pas éliminer la théorie du complot contre Strauss-Kahn ».

- L’AD de samedi consacre un grand article à Paris dans son supplément « Voyages ».

- Le Trouw de ce matin évoque la lutte des producteurs traditionnels de camembert contre la fabrication industrielle.

- Sous le titre « La France a besoin de nouvelles usines pour pouvoir suivre l’Allemagne », le Financieele Dagblad présente le livre « La France sans ses usines », de Patrick Artus.

Cette revue de presse ne prétend pas à l’exhaustivité et ne reflète que des commentaires ou analyses parus dans la presse néerlandaise, qui n’engagent en rien le point de vue propre de l’ambassade de France aux Pays-Bas.

Dernière modification : 28/11/2011

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