Presse néerlandaise du lundi 29 novembre 2010

« Les Néerlandais sont nettement moins idéalistes depuis la crise économique », note le Trouw en se référant à une enquête que le Bureau Veldkamp publiera cette semaine. « Ils ont échangé leurs préoccupations concernant la pollution atmosphérique et les pays en développement contre la sécurité de leur retraite et la croissance économique. Les gens trouvent l’intégration des minorités moins importante qu’il y a trois ans. »

Trouw (chrétien progressiste) : « Le soutien à l’Irlande doit ramener le calme – Pas encore d’aide pour le Portugal et l’Espagne – Un fonds d’urgence permanent à partir de 2013 » (correspondance de Bruxelles), « Les Néerlandais optent pour eux-mêmes »

de Volkskrant (centre gauche) : « Nouvelles révélations de Wikileaks » (synthèse de dépêches), « Crise de l’euro : un fonds d’urgence pour les pays faibles »

De Telegraaf (populaire) : « Les enfants drogués au pilori – ‘Il faut nommer les jeunes qui agissent mal’ », « Les Pays-Bas sont fiers de Joop » (réouverture solennelle du Theater DeLamar à Amsterdam)

AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : « Préparez vos patins à glace ! », « Fin novembre : la première patinoire est déjà ouverte »

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ACTUALITÉ INTERNATIONALE

Zone euro

« L’UE est fermement décidée à riposter aux offensives des marchés financiers contre l’euro », note le Volkskrant (p.2). « Les ministres européens des Finances se sont accordés dimanche soir sur les grandes lignes d’un fonds d’urgence permanent pour soutenir les pays faibles de la zone euro. » « Selon le ministre des Finances De Jager l’UE montre qu’elle ‘soutient l’euro et la stabilité de la zone monétaire’. Il n’ose cependant pas prédire que cela sera suffisant pour rétablir le calme sur les marchés financiers. De Jager a souligné que les finances publiques de la zone euro sont plus saines que celles des Etats-Unis, du Japon et de la Grande-Bretagne. »

« Le mois dernier, les leaders de l’UE avaient déjà soutenu l’idée d’un fonds d’urgence permanent pour remplacer l’accord de stabilité actuel (750 milliards d’euros) qui arrivera à terme fin 2013. Les chefs d’Etat et de gouvernement ne devaient en débattre que le mois prochain, mais la crise permanente de l’euro a accéléré le processus. »


ACTUALITÉ INTÉRIEURE

CDA

« Le CDA veut se tourner vers l’avenir », annonce le journal d’affaires Het Financieele Dagblad à la une, « mais le parti traîne son passé récent comme un boulet au pied. » « Les applaudissements les plus forts se sont adressés samedi à quelqu’un qui n’était pas là. » « Le nom de l’ex-premier ministre Jan Peter Balkenende n’a été prononcé qu’une fois, mais les applaudissements ont immédiatement éclaté pour l’homme qui a assuré une cuisante défaite au CDA, le 9 juin. Balkenende est absent. Il serait agacé parce que cette défaite lui serait reprochée trop nettement dans les rapports sur l’échec du CDA. Une interview au Volkskrant, dans laquelle le ministre Hans Hillen déclare que le CDA a suivi un cap trop progressiste et que c’est en fait un parti conservateur, suscite le plus de commotion à Utrecht. »

« Le ministre Piet Hein Donner veut bien relativiser les propos de son collègue : il estime qu’il est logique que le CDA est conservateur. Ce parti se fonde en effet sur un message vieux de 2000 ans. ‘Mais cela fait aussi 2000 ans que c’est un message de changement.’ ‘Hillen est notre moteur hors-bord de droite’, réagit Léon Frissen, qui a étudié la défaite électorale. ‘Nous avons aussi des moteurs hors-bord de gauche’. »

« La présidente du parti, Liesbeth Spies, emploie le mot ‘ensemble’ à peu près toutes les cinq phrases. Cette formule incantatoire n’a pas touché des membres notoires du CDA qui sont opposés à la coopération avec le PVV, comme Ab Klink et Ernst Hirsch Ballin. Ils ne sont pas venus. Le parti porte des plaies profondes. »

« La direction actuelle du CDA devra parcourir encore beaucoup de chemin pour regagner la confiance », remarque Ron Meerhof dans le Volkskrant (p.7). « Tel était le principal message que les membresont donné samedi au congrès d’automne du parti. »

SP et PvdA

Le Volkskrant (p.7) rend compte d’une manifestation du SP à laquelle ont participé quelques membres éminents du PvdA, dont le chef de file Job Cohen, pour protester contre les mesures d’austérité du gouvernement Rutte. « Ce gouvernement s’en prend aux mères célibataires assistées et à tous les bas revenus en réduisant le minimum social de 2000 euros », a déclaré le leader du SP, Emile Roemer, à Bois-le-Duc. Le dirigeant travailliste Job Cohen, de son côté, a dit : « Il ne s’agit pas de savoir aujourd’hui si l’on est SP ou PvdA. Il s’agit des mesures que le gouvernement veut prendre. Nous devons nous y opposer ensemble. »


LA FRANCE DANS LA PRESSE NÉERLANDAISE

Ariejan Korteweg, dans le Volkskrant (p.15) évoque le passage à Paris du premier ministre Mark Rutte : « La France et les Pays-Bas, qui ont dit ‘non’ à l’Europe en 2005, sont liés l’une à l’autre par cette même Europe. » « C’est pourquoi les Pays-Bas doivent surmonter chaque fois leur irritation face à ‘l’arrogance’ et le ‘souhait de grandeur’ français, alors que les Français doivent cacher leur étonnement face à la souplesse néerlandaise, qui tend à l’opportunisme à leurs yeux. »

Cette revue de presse ne prétend pas à l’exhaustivité et ne reflète que des commentaires ou analyses parus dans la presse néerlandaise, qui n’engagent en rien le point de vue propre de l’ambassade de France aux Pays-Bas.

Dernière modification : 06/12/2010

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