Presse néerlandaise du lundi 3 mars 2008

Le bulletin de paye des Néerlandais va être simplifié. A l’avenir, il ne mentionnera plus que le salaire brut, le montant global des cotisations sociales et le salaire net restant. Le secrétaire d’Etat aux Finances De Jager estime que le passage à un concept de salaire unique sera "la principale simplification administrative de ce gouvernement à l’attention des entreprises ". "Cela fait des décennies qu’on en parle. Nous avons l’intention de régler la question en quelques années."
Des organisations comme le fisc et l’UWV, l’instance chargée de l’application des assurances sociales, emploieront à l’avenir une définition unique du salaire. Actuellement, elles travaillent avec six concepts différents, ce qui rend la situation complexe pour les employeurs comme pour le fisc. Ainsi, la voiture en location-bail est comptabilisée pour l’impôt sur le revenu, mais pas pour les cotisations sociales. Pour le levensloopregeling (salaire épargne), c’est l’inverse.

de Volkskrant (centre gauche) : "’Ils viennent nous achever’ - Avec plus de 70 morts, Gaza connaît la journée la plus sanglante depuis 2000", "Israël refuse de mettre fin à son action", "Medvedev est président de la Russie, tout à fait comme prévu", "Simplification du bulletin de paye : plus de mention des cotisations"
Trouw (chrétien progressiste) : "Soixante-dix morts à Gaza lors d’une action agressive d’Israël", "Les Russes élisent Medvedev comme nouveau leader"
De Telegraaf (populaire) : Possible interdiction du film de Wilders - Le gouvernement fait étudier la question par l’avocat national", "Le fisc a ignoré les avertissements de son personnel informatique"
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "Croissance explosive des braquages de magasin - Ce sont surtout les chaînes de fast-food et les supermarchés qui sont visés", "Les Afghans descendent dans la rue contre le film de Geert Wilders"

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LE DOSSIER DU JOUR :Geert Wilders

"La pression exercée sur le député PVV Wilders pour qu’il reconsidère la diffusion de son film contre le Coran a augmenté de tous côtés", résume le Trouw (p.4), après un week-end durant lequel ce thème a fait toutes les manchettes. "Les leaders de groupe parlementaire Rutte (VVD) et Halsema (GroenLinks) se sont ralliés samedi à la déclaration du premier ministre Balkenende. Le chef de l’OTAN, De Hoop Scheffer, et l’ancien leader VVD Wiegel ont suivi hier."
"Rutte et Halsema ont fait l’éloge du premier ministre. Ils ont apprécié le fait que Balkenende privilégie la liberté d’expression et impute à Wilders la responsabilité de diffuser ou non son film. Dans un premier temps, ils avaient tout comme le groupe PvdA critiqué le ministre Verhagen (Affaires étrangères) et le leader du groupe CDA Van Geel pour avoir appelé le député à renoncer à diffuser le film, à cause des risques encourus par les Néerlandais et les entreprises néerlandaises dans les pays islamiques."
"Hans Wiegel estime qu’en tant que député Wilders doit servir l’intérêt général et ne pas faire de cinéma. De Hoop Scheffer s’est inquiété hier des possibles réactions violentes à l’encontre des 50 000 militaires de l’OTAN en Afghanistan, surtout des Néerlandais. Le secrétaire général de l’Alliance a expliqué durant un entretien avec le président afghan Karsai que le gouvernement néerlandais ne peut pas interdire le film."
Le Telegraaf, dans son grand article à la une, fait mention de "sources proches du conseil des ministres", selon lesquelles le gouvernement aurait fait examiner la possibilité d’une interdiction préalable du film de Geert Wilders. "L’avocat du gouvernement a examiné s’il y avait des raisons juridiques d’empêcher le court-métrage du leader du PVV. Un recours en justice pourrait aboutir, étant donné les menaces de l’étranger. On pourrait éventuellement demander une interdiction en invoquant la sûreté de l’Etat ou l’ordre public."
"Bien qu’une interdiction préventive n’ait pas été adoptée par le conseil des ministres vendredi, l’idée n’est pas encore abandonnée, selon des initiés. Mais le gouvernement est gravement divisé sur la question de savoir s’il faut brider Wilders. Les membres PvdA du gouvernement, notamment, y répugnent." "Le CDA soutient davantage l’idée d’une interdiction préventive. Le premier ministre et le ministre Verhagen (Affaires étrangères) se sont effrayés de toutes ces informations de mauvais augure. Les rapports des services de renseignement indiquent que les entreprises et les citoyens néerlandais courent de grands risques dans un certain nombre de pays musulmans. Notre pays est aussi en danger."
"Vendredi dernier, à l’issue du conseil des ministres, le premier ministre Balkenende a brossé un tableau extrêmement sombre concernant le film de Wilders. Le gouvernement tient compte de la possibilité d’attentats et de sanctions économiques et il n’exclut même pas qu’il y ait des morts. Pourtant, le premier ministre s’est contenté ce jour-là de rappeler à Wilders ses responsabilités."
"Wilders peut provoquer", fait valoir l’éditorialiste du Trouw, "du moins tant que la sûreté de l’Etat n’est pas en jeu, que le film n’est pas discriminatoire et n’appelle pas à la haine et à la violence." "Il n’empêche que le gouvernement lui a rappelé ses responsabilités à juste titre. Une provocation est contre-productive dans la lutte contre le terrorisme musulman. Wilders porte préjudice à la bonne cause."
"Il est improbable qu’on puisse encore faire changer d’avis Wilders", remarque le commentateur du Volkskrant. "En tant que populiste pur-sang, le leader du PVV n’a jamais caché que les conséquences de ses positions et actions ne l’intéressent pas. Un député qui traite le premier ministre de ’lâche de métier’ et fait savoir au ministre des Affaires étrangères qu’il peut ’aller se faire voir’ préfère évidemment pousser les choses à l’extrême."

ACTUALITE INTERNATIONALE

Pays-Bas - Tchad

"Les Pays-Bas enverront soixante fusiliers marins dans l’Est du Tchad", annonce le NRC Handelsblad (p.2) de samedi. "C’est ce que le conseil des ministres a décidé vendredi. Les militaires participeront à la mission de l’Union européenne dans ce pays africain. La force européenne Eufor/Tchad/RCA a pour but de stabiliser la région frontalière de la province soudanaise du Darfour."
"La mission de l’UE compte environ 4 000 militaires et est dirigée par la France, qui fournit plus de 2 000 militaires. Les Néerlandais feront partie d’un bataillon irlandais dans le Sud et effectueront des tâches de reconnaissance. La contribution néerlandaise est valable pour la durée du mandat de l’opération de l’UE : un an."

Actualité intérieure

PvdA
"Il y avait une fois un roi néerlandais qui s’est transformé de conservateur en libéral en l’espace de vingt-quatre heures", écrit le commentateur politique Hans Goslinga dans le Trouw (p.5). "Il a fallu un peu plus de temps à Wouter Bos pour passer de la philosophie de l’harmonie à la prédication de la polarisation et de la confrontation. Mais maintenant qu’il s’est converti il faut que son parti le suive : ’Ceci est la ligne du PvdA !’"
"Guillaume II, en 1848, a changé de couleur à la vitesse de l’éclair, de peur que les remous révolutionnaires en France et en Allemagne n’atteignent les Pays-Bas. Le leader PvdA change de cap parce qu’il discerne de nouveau un vieux mécanisme dans son parti : des problèmes qui touchent les citoyens ne sont pas abordés, mais évités. A ses yeux, cela ne fait pas avancer le débat, et certainement pas le débat sur l’intégration."
"Dans le Volkskrant de samedi, dans lequel il a annoncé le nouveau cap, Bos a dit : ’Dans le débat sur l’intégration, j’entends constamment des gens dire qu’il faut moins de polarisation. Incroyable. Ma thèse est celle-ci : arrêtons de geindre sur le ton du débat. Pas d’émancipation sans polarisation. L’émancipation des travailleurs, des femmes et des homosexuels n’a réussi que grâce à la lutte’."
"Bos, selon ses propres dires, prend pour exemple son lointain prédécesseur Den Uyl et l’ex-députée libérale Hirsi Ali, deux figures politiques capables de susciter d’énormes antagonismes. ’Sans le mordant d’Hirsi Ali le débat sur les crimes d’honneur et la mutilation génitale n’aurait jamais occupé une place aussi éminente sur l’agenda politique’."
"En octobre, dans un entretien avec le Trouw, Bos qualifiait encore les critiques sur les compromis du gouvernement de ’conséquence douteuse de la polarisation aux Pays-Bas depuis 2002’. Ces constantes critiques, selon Bos, étaient un coup de poignard au cœur de la démocratie parlementaire."
"Il a dit la même chose dans le NRC Handelsblad, quelques semaines plus tard, mais en remarquant aussi que la politique sans compromis de Fortuyn avait ’réveillé quelque chose chez les gens’. Il a attribué à cet effet la croissance révolutionnaire des partis des flancs du spectre politique. A cet égard, sa conversion ressemble à celle de Guillaume II. La coalition est de moins en moins populaire auprès des électeurs. Les partis qui montent les questions en épingle, surtout dans le débat sur l’intégration, progressent. Si cette tendance se poursuit, un renversement révolutionnaire de la situation politique est en vue. C’est à partir du besoin de clarté que cela exprimerait que Bos explique pourquoi le gouvernement a déclaré la burqa un vêtement indésirable dans l’espace public. Il s’agit de marquer la norme et le fait que seulement 150 femmes la portent importe moins."
L’entretien avec le vice-premier ministre et leader du PvdA figure en page 35 du Volkskrant de samedi.

AFFAIRES FRANÇAISES

Dans le NRC Handelsblad (p.4) de samedi le correspondant René Moerland évoque la préparation des élections municipales dans la petite commune de Brenat, dans le Massif Central : "Le maire reste, le village change". "Dans les campagnes, les élections municipales sont souvent un rituel cyclique."
L’AD fait mention ce matin de la crise du Medef (p.17) et évoque la haute couture parisienne (p.19).

Dernière modification : 19/08/2008

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