Presse néerlandaise du lundi 30 janvier 2012

Trouw (chrétien progressiste) : Violents combats autour de Damas.

De Volkskrant (centre gauche) : Sarkozy passe à l’offensive avec des réformes.

AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : Nous devenons trop gros.

De Telegraaf (populaire) : Offensive contre les bandes de motards.

Het Financieele Dagblad : Gros problèmes financiers pour Vestia [organisme de logements à loyer modéré].

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AFFAIRES EUROPEENNES

Budget 2014 - 2020

Le Trouw de samedi annonce que « Les Pays-Bas veulent réduire le budget de l’UE pour la période 2014-2020 de plus de 100 Mds€. Le secrétaire d’Etat Ben Knapen a expliqué qu’en ces temps d’austérité, l’Union Européenne doit elle aussi faire des économies et définir de nouvelles priorités. Selon Knapen, un certain nombre de pays lui apportent leur soutien. Le gel du fonds pour les subventions agricoles permet de réaliser 8% d’économies, estime-t-il. Il veut également limiter le recours aux fonds de cohésion aux pays les plus pauvres. Certaines régions néerlandaises veulent faire appel à ces fonds, mais Knapen est contre : ‘Il faut être honnête. Si nous estimons que ceux-ci doivent être réservés aux régions déshéritées, nous ne devons pas y recourir nous-mêmes. Les fonds de cohésion ne doivent pas servir à installer un garage à vélo supplémentaire à Almere avec des subventions européennes’. Les Pays-Bas veulent davantage d’attention pour l’innovation, la recherche et la concurrence, sans toutefois vouloir réserver autant d’argent que la Commission européenne. La Haye souhaite, comme le prévoit l’accord de gouvernement, une réduction de la contribution néerlandaise à l’UE ».

Interview de Jacques Delors

Le Financieele Dagblad de samedi publie une interview de l’ancien président de la Commission européenne. « Dix ans après l’introduction de l’euro, j’en conclus que l’euro protège mais il ne stimule pas la concurrence. L’Euro couvre nos bêtises, je suis désolé de le dire. Certes, nous avons connu plus de 2% de croissance annuelle, créé 15 millions d’emplois. Mais pour ce qui est de notre capacité dans le domaine de la concurrence, et face aux progrès d’autres pays et à la mondialisation, cela n’était pas suffisant. Puisque l’on n’a pas réfléchi plus tôt à une gouvernance économique, soudain, les dettes aussi bien des Etats que du secteur privé, comme en Espagne et en Irlande, sont devenues un problème essentiel. (…) Bref, il n’y avait pas de discipline. Il nous faut maintenant examiner dans quelle mesure les chefs de gouvernement sont prêts à accepter un transfert de compétences. (…) L’Europe n’est pas un empire, ni les Etats-Unis d’Europe. C’est une construction basée sur le volontariat dans un grand esprit de coopération. Cela montre la valeur de la méthode communautaire. (…) On ne parle plus de la Commission ou du Conseil, mais de deux pays, l’Allemagne et la France, comme s’ils dirigeaient l’Europe. (…) Il faut suivre la méthode communautaire, où tous sont traités à égalité, ou bien l’Europe sombrera dans un conflit qui en entraînera d’autres. (…) La montée des populismes est liée, en premier lieu, à la mondialisation, qui fait peur et débouche sur une recherche d’identité (…), et aux problèmes liés à l’intégration. La seconde raison est le développement de l’individualisme, avec la sécularisation et le rôle dominant de la société de consommation. Au niveau européen, cela a pour conséquence qu’il ne suffit plus que des hommes âgés comme moi rappellent que c’est une question de guerre ou de paix. L’esprit du temps n’est pas bon pour l’Europe et nous manquons de dirigeants visionnaires. (…) Le court terme domine. La crise de l’euro a exacerbé l’égoïsme national et le populisme. (…) Nous devons revenir à la source. (…) Mais nos populations ne font que consommer. L’Europe n’était pas une nécessité seulement après la Deuxième Guerre mondiale. Elle doit retrouver sa place dans le monde. (…) Si notre modèle de transfert de souveraineté réussit, il peut servir d’inspiration dans le monde entier. (…) Les Pays-Bas ne sont pas assez présents. Votre pays a toujours fourni d’excellents fonctionnaires à la Commission et joué un rôle très important. Lubbers et ses collègues faisaient toujours des propositions. Je regrette de ne plus voir cela actuellement. N’oubliez pas qu’entre les Pays-Bas et l’Allemagne, tout n’a pas toujours été simple. Et cela menace de recommencer si nous continuons ce petit jeu où chacun ne se préoccupe que de son propre intérêt. (…) Je crois à une différentiation en Europe. Si bientôt nous sommes trente deux, le contrat sera moins fort. Il faudra alors une coopération renforcée entre certains pays, comme nous l’avons fait par exemple avec Schengen ou avec l’euro. Cela ne veut pas dire un groupe de tête (…) Mais il est ridicule de se mettre autour d’une table à 27 pour discuter de l’euro qui ne concerne que 17 pays, sous prétexte qu’à l’avenir les autres devraient l’introduire. Certains pays montrent la voie, d’autres peuvent les suivre ».

ACTUALITE INTERIEURE

Loi visant à interdire les vêtements recouvrant le visage

Les média relèvent que le conseil des ministres a donné son accord au projet de loi visant à interdire les vêtements recouvrant le visage – en dépit de l’avis défavorable du conseil d’Etat. Un communiqué sur le site « pouvoir public » (www.rijksoverheid.nl) rappelle qu’ « avec ce projet de loi, le gouvernement applique l’accord de gouvernement ». Le Volkskrant de samedi précise que « les personnes qui portent dans la rue un niqab, une burqa, une cagoule ou un casque de motard encourent une amende de 340 €. (…) Selon les experts, il n’y aurait pas plus de 150 personnes qui portent ce type de vêtement qui recouvre le visage ». Pour l’éditorialiste de ce journal, dans ces circonstances, la future loi représente « une arme trop lourde pour combattre un phénomène marginal ».

Chefs de file des partis politiques

Sous le titre « Emile Roemer doit se tenir sur ses gardes », le Trouw publie les résultats d’un sondage de l’institut Ipsos Synovate où le chef de file du SP (gauche radicale) obtient le meilleur score. L’institut avait demandé aux électeurs de donner une note entre 1 et 10 aux chefs de file des différents partis politiques. Sur le schéma qui accompagne l’article, on voit qu’Emile Roemer obtient 7,1, soit la meilleure note. Geert Wilders reçoit la plus mauvaise note : 4,2. « Dans le sondage publié hier par l’institut Maurice de Hond, le SP atteint avec 34 sièges un nouveau record. Emile Roemer doit regarder avec un certain étonnement les différents sondages où son parti bat record après record. C’est d’autant plus étonnant que Roemer ne s’active pas particulièrement. Depuis des années, son parti exprime les mêmes points de vue. Le SP doit surtout son succès aux problèmes qu’ont les deux autres partis de la gauche (PvdA et GroenLinks) à définir clairement leur orientation. Job Cohen, chef de file du PvdA obtient avec 4,8 l’avant dernier score. Jolande Sap, chef de file de GroenLinks reçoit la note de 5,4. Même des leaders peu charismatiques, tels qu’Arie Slob de ChristenUnie (chrétien gauche) et Kees van der Staaij du SGP (protestant traditionnaliste) sont mieux notés. » Le Trouw remarque que « les problèmes s’accumulent également pour Geert Wilders. Selon Ipsos Synovate, il est actuellement le chef de file le moins apprécié. De plus, les électeurs du PVV viennent de recevoir leur premier bulletin de salaire de cette année. Celui-ci peut s’avérer très décevant suite aux économies réalisées par le gouvernement actuel avec le soutien de Geert Wilders. Il n’est pas exclu que le SP continue son ascension dans les sondages, mais Roemer ferait mieux de se tenir sur ses gardes. Ses concurrents ne resteront pas sans agir. »

Abus au sein de l’église catholique

Le Telegraaf, le Trouw et le Volkskrant relèvent qu’une majorité parlementaire est en faveur d’une enquête supplémentaire sur les abus au sein de l’église catholique. « Le PvdA (travailliste), le PVV (parti de Geert Wilders), le SP (gauche radicale) et GroenLinks (Verts) souhaitent que la Deuxième Chambre ouvre une enquête sur le rôle de l’Etat à propos des abus sexuels dans l’église catholique. Le SP souhaite que cette enquête aboutisse même à une enquête parlementaire où des représentants des instances publiques seraient entendus sous serment. Demain, la Deuxième Chambre débattra avec la commission Deetman qui était chargée d’examiner les plaintes des victimes. Selon la députée SP, Sharon Gesthuizen, dans le programme télévisé Buitenhof, la commission a fait du bon travail. Elle estime toutefois que certaines affaires n’ont pas été explorées comme la maltraitance et la situation des jeunes filles. Mme Gesthuizen souhaite aussi savoir comment les abus ont pu continuer aussi longtemps et quel était le rôle de l’Etat. Elle est convaincue que l’Eglise a essayé d’influencer la politique : ‘Il serait également intéressant de savoir si l’Etat a gardé consciemment un peu de distance parce que l’Eglise dispose de son propre droit canonique.’ »
Le Trouw précise à cet égard que les partis gouvernementaux VVD et CDA considèrent que le rapport de la commission Deetman est suffisant. Ils ne souhaitent pas d’enquête supplémentaire. »

LA FRANCE DANS LA PRESSE NEERLANDAISE

- Toute la presse rend compte de l’intervention télévisée du Président de la République.

- Le NRC de samedi annonce le « retrait des troupes françaises en Afghanistan fin 2013 ».

Cette revue de presse ne prétend pas à l’exhaustivité et ne reflète que des commentaires ou analyses parus dans la presse néerlandaise, qui n’engagent en rien le point de vue propre de l’ambassade de France aux Pays-Bas.

Dernière modification : 30/01/2012

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