Presse néerlandaise du lundi 30 septembre 2002

La crise irakienne et les élections législatives marocaines font
l’objet de synthèses de dépêches et de correspondances factuelles.

Sur le plan intérieur, le débat sur les normes et les valeurs entamé
par le nouveau gouvernement Balkenende se poursuit, de même que le "soap
opéra" de la Liste Pim Fortuyn, qui est en crise à la suite de l’action médiatique
de la députée Winny de Jong contre le leader du groupe parlementaire,
Wijnschenk, et son conseiller Hoogendijk.

-  
NRC Handelsblad
de samedi : "Les Etats-Unis exigent un ultimatum à l’Irak" (Reuters,
AP, AFP), "Escalade de la crise de la LPF, De Jong reste"

-  
Algemeen
Dagblad

 : "Le lobby américain reste sans succès – Opposition massive à une
nouvelle résolution contre l’Irak" (correspondance de New York)

-  
Trouw
 : "Progression des islamistes aux élections marocaines", "De
Vries candidat au leadership du PvdA"

-  
de
Volkskrant

 : "Offensive de Maas contre Hoogendijk – Le président de la LPF exige
des éclaircissements sur l’achat de son siège", "De Vries candidat
au leadership du PvdA", "Peu de soutien à une résolution contre
l’Irak"

-  
De
Telegraaf

 : "Les normes et les valeurs comme matière à l’école", "Félicitations
juives pour l’action de Gretta [Duisenberg en faveur des Palestiniens]"

 

* * *

Le dossier du jour
 : Union européenne

1)
Pacte de stabilité
.
"Les responsables politiques et les banques centrales sont divisés sur
l’approche à adopter face au risque de dépassement des accords budgétaires
européens", note le Financieele
Dagblad
dans son grand article à la une. " La
Banque des Pays-Bas estime que Bruxelles doit entrer en action contre l’Italie
.
Rome a annoncé que son déficit budgétaire dépassera le 0,5 % du PIB
initialement rapporté. C’est pourquoi l’Italie doit recevoir un ’avertissement
précoce’, déclare le président de la Banque des Pays-Bas, Nout Wellink. La
France et l’Allemagne sont maintenant tellement proches d’un déficit de 3 % - un pourcentage excessif selon le Traité de l’UE – qu’il convient d’envisager également une action contre elles
."

"La querelle budgétaire entre les grands pays et les pays moyens
de la zone euro risque ainsi de s’aggraver. Les Pays-Bas, la Belgique et
l’Espagne s’emportent contre le projet de la Commission européenne de laisser
quatre pays de la zone euro reporter à 2006 leur équilibre budgétaire, une
des conséquences du Pacte de stabilité."

"Il ressort des déclarations de Wellink et d’autres banquiers
centraux que la manœuvre qu’on attribue au président de la Commission, Prodi,
divise aussi la BCE et les ministres des Finances Le ministre Hans Hoogervorst s’est montré beaucoup plus préoccupé
par la stabilité en zone euro que le président de la BCE, Wim Duisenberg
,
à Washington, durant le conseil du FMI le week-end dernier. Le soutien mesuré, mais ’entier’, de Duisenberg à la proposition de
Prodi était ’extrêmement surprenant’, selon Hoogervorst
."

"Tout comme Duisenberg, Wellink associe
une ’lourde déception’ concernant le manque de discipline budgétaire des trois
Etats membres à l’approbation de la proposition de les tenir à l’équilibre
budgétaire structurel en 2006. Le
report de l’application du Pacte de stabilité de 2004 à 2006 n’est en fait
admissible que si cela signifie qu’on interviendra vraiment si l’Italie, la
France et l’Allemagne risquent de ne pas le respecter’, a déclaré
Wellink." "Selon Hoogervorst, le budget français indique que la
France jette l’éponge
. Si on
accepte cela, ce sera la fin définitive du Pacte de stabilité.’
Le
ministre a suggéré dimanche de former une coalition de petits pays pour
bloquer la proposition de la Commission lors de l’Ecofin du 8 octobre
. Aux
yeux de Hoogervorst, le Pacte de stabilité risque de devenir ’une très petite
veilleuse’. ’Ce n’est pas le rayonnement qu’il nous faut. Cela porte préjudice
à la crédibilité de l’Europe et de l’UEM. Cela peut avoir de grandes conséquences,
par exemple la montée des taux d’intérêt’" (également Trouw
p.4, De Telegraaf p.21).

2)
Elargissement
.
" Les Pays-Bas deviennent un facteur
de risque dans l’UE
", titre le NRC Handelsblad
de vendredi soir à la une, au-dessus d’une correspondance de Bruxelles signée
Ben van der Velden. "Qu’ont donc les Pays-Bas ? Diplomates et membres des
gouvernements des Etats candidats à l’Union européenne posent quotidiennement
cette question aux Néerlandais en poste à Bruxelles."

" Les
Pays-Bas, depuis la montée de la LPF et
l’installation de la coalition actuelle, sont devenus l’un des principaux
facteurs d’incertitude de l’Europe
. Les
ministres et diplomates des Etats candidats s’interrogent sur la probabilité
que les Pays-Bas, les prochains mois, bloquent la dernière phase de l’élargissement
de l’UE
. Dans ce contexte, le départ de Van Mierlo de la Convention
surprend beaucoup moins : on a l’habitude de ce genre d’événement après un
changement de gouvernement."

" Les Pays-Bas avaient un bon
représentant au sein de la Convention européenne, en la personne du Ministre
d’Etat Van Mierlo
", fait valoir Frans Timmermans (PvdA) , qui représente la Deuxième Chambre auprès
de la Convention, en page d’opinion du NRC Handelsblad
de samedi. " Mais le problème était
que ni le précédent gouvernement, ni le gouvernement actuel n’a jamais indiqué
clairement sa position
, de sorte que les autres pays se demandaient si le
gouvernement suivrait les propositions de Van Mierlo." "Le départ de
Van Mierlo ne résout pas le problème. Les doutes sur la position des Pays-Bas
vont encore croître, maintenant que le gouvernement a produit une note sur la
Convention, dans laquelle il n’y a pas de choix clairs."

"Nous avons affaire à deux
problèmes graves
, qui nuisent depuis quelque temps déjà aux intérêts néerlandais.
Le premier problème est que depuis
l’entrée en politique du leader VVD Bolkestein, les Pays-Bas ne sont plus en
mesure de formuler une vision univoque de l’Europe
." "Le deuxième
problème est qu’aux Pays-Bas, on a très
mal évalué la Convention
." "La thèse du gouvernement actuelle,
selon laquelle la Convention a changé de nature, est absurde. La Convention
fait exactement ce qu’on lui a donné comme tâche et elle fournira des résultats
incontournables pour les gouvernements."

" Indépendamment
des préférences politiques des divers courants, il devrait être parfaitement
clair qu’un pays comme les Pays-Bas a intérêt à qu’il se forme une Europe fédérale
dotée d’institutions fortes
, qui permettent de poursuivre la méthode
communautaire de décision et de gestion. Il faut propager cette position avec
force dans la Convention, car une Europe intergouvernementale guette en Europe,
de sorte que le droit du plus fort pourrait prévaloir. Les
contours des futures institutions européennes se dessinent et le gouvernement
est aux abonnés absents
. Les Néerlandais méritent une meilleure défense
de leurs intérêts."

 

Actualité
intérieure

PvdA

L’ensemble de la presse rend compte ce matin
de la candidature de l’ex-ministre Klaas
de Vries au leadership du PvdA
.

"Cela porte à deux le nombre de candidatures officielles jusqu’à
ce matin", écrit le Volkskrant
à la une : " Wouter Bos, ancien
secrétaire d’Etat PvdA, avait déjà fait savoir qu’il voulait devenir le
leader du parti
. Le député Adri
Duivesteijn décidera aujourd’hui s’il veut entrer en lice
." "De
Vries a déclaré hier durant le programme télévisé Buitenhof
qu’il était ’évidemment’ candidat à cette fonction vacante. Il a rappelé que
le groupe parlementaire tout entier était ’en désarroi’ la semaine dernière,
lorsque son leader Jeltje van Nieuwenhoven s’est brusquement retirée. Elle était
le contre-candidat le plus logique face à Bos. ’A la vue de ce désarroi, je ne
veux pas rester sur la touche, mais diriger le parti’."

" Wouter
Bos passe en ce moment pour avoir le plus de chances d’obtenir le leadership du
parti
. Il a gouverné sous Paars,
certes, mais simultanément il représente une nouvelle génération PvdA
.
C’est un débatteur passionné. De Vries est considéré comme faisant partie
des vétérans du parti, auxquels on reproche d’avoir laissé le PvdA devenir le
parti de froids gestionnaires qui a été sanctionné si durement en mai. De
Vries le dément d’ailleurs. Il souligne qu’entre 1988 et 1998, il n’a pas agi
sur la scène politique nationale ; il était notamment actif dans l’Association
des communes néerlandaises. ’Durant ces années, le parti a énormément changé
et pas toujours positivement’."

A noter que, selon un sondage d’opinion de Maurice de Hond mentionné
par le Volkskrant (p.2) de samedi, des électeurs du PvdA accordent leur préférence à Wouter Bos . 21 %
auraient préféré Van Nieuwenhoven. Le
rival possible de Bos, Duivesteijn, n’obtient que 1 % des suffrages, de même
que Klaas de Vries
. Le retrait de Van Nieuwenhoven fera monter le
pourcentage en faveur de De Vries et Duivesteijn, selon De Hond, mais pas
suffisamment pour inquiéter Bos.

La moitié de l’électorat du PvdA (51 %) condamne le comportement de la
direction du parti, qui s’est publiquement distanciée du rapport d’évaluation
de la commission de Boer. L’autre moitié (49 %) estime que la direction
aurait dû exprimer ses critiques à huis clos.

Selon les électeurs, le PvdA a perdu les élections
parce que la direction n’était pas à l’écoute de l’homme de la rue (43 %),
parce que le PvdA ignorait les problèmes multiculturels (37 %) et parce
que Melkert manquait de charisme (33 %).

 

Liste
Pim Fortuyn

" Le président de la Liste
Pim Fortuyn, Ed Maas, veut des éclaircissements sur les ’rumeurs persistantes’
selon lesquelles quelques députés LPF auraient acheté leur siège au
Parlement
", rapporte le Volkskrant
dans son grand article à la une. "Il veut parler notamment des membres de
la direction du groupe Theo de Graaf et Ferry Hoogedijk, qui doivent avoir la
possibilité de se disculper et qui doivent passer à l’arrière-plan en
attendant, selon Maas."

"Le président du parti dit être agacé par les bruits qui courent
depuis quelque temps sur les députés. Ils auraient payé de 25 à 50 000
euros au parti, en échange d’une bonne place sur la liste électorale."

" Dans le conflit entre De
Jong et Wijnschenk, Maas prend parti pour De Jong
. Divers députés se sont
plaints auprès de lui de ce que les treize membres de la direction du parti, y
compris Wijnschenk, réduisent les treize autres au silence. Il est temps de
faire le ménage au sein du groupe, selon Maas. Il veut s’entretenir aujourd’hui
avec Wijnschenk à ce sujet."

"Le groupe LPF décidera mardi du sort de
Winny de Jong. ’C’est au groupe de décider si elle peut rester ou non’, a déclaré
Wijnschenk à l’issue d’un conseil de crise qu’il a tenu samedi, avec quelques députés
et ministres LPF. La position de De Jong semble intenable. Son exigence que
Wijnschenk cède la place à un autre président de groupe n’a pas le soutien
d’une majorité de ses collègues. Certains députés partagent cependant son
plaidoyer en faveur d’une réforme de la direction du groupe, qui devrait être
ramenée à trois personnes. On entend beaucoup les noms de Mat Herben, Frits
Palm et Gerard van As" (également Trouw p.3, Algemeen Dagblad
p.3, De Telegraaf p.8).

 

Drogue

" Il faut dépénaliser les
drogues, déclare le juge Reurt Gisolf à l’occasion de son départ en tant que
président du tribunal d’Amsterdam
", relève le Volkskrant (pp.1 et 3). " La
justice est surchargée et l’interdiction des drogues a débouché sur une énorme
infrastructure criminelle
."

"Selon Gisolf, l’interdiction des drogues débouche sur le trafic
illégal et des bénéfices noirs. Dans son optique, l’interdiction des drogues entraîne des problèmes plus graves que leur
libéralisation contrôlée
."

"L’avocat Plasman fera référence au
plaidoyer de Gisolf vendredi, lors de son plaidoyer dans une grande affaire de
drogue devant le tribunal d’Amsterdam." "S’agissant de l’application
des lois sur la drogue, les juges néerlandais ont remplacé ’la foi sacrée par
l’obligation sacrée’" (également Algemeen
Dagblad
pp.1 et 3).

 

Economie,
Finances

Défense

"Les Pays-Bas devront payer une amende de 40 % au fabricant
allemand d’armes Krauss-Maffei, s’ils annulent leur commande de 57 canons
lourds", rapporte le Volkskrant
(p.3). "Les obusiers ont été commandés en mai pour le montant de 422
millions d’euros. La clause pénale et les frais supplémentaires de
modernisation et d’entretien des vieux canons rendent presque inutile la
suppression du projet pour des raisons d’économie. C’est ce qu’a déclaré le général
de division Cees Nicolaï vendredi, lors d’une réunion d’officiers
d’artillerie. Leurs nouveaux obusiers sont remis en question maintenant que le
ministère de la Défense est tenu d’économiser plus de 800 millions
d’euros."

 

Pays-Bas - Corée du Nord

Le NRC Handelsblad
(p.4) de samedi évoque la fondation en Corée du Nord d’une Région
administrative spéciale, où les Coréens feront connaissance avec l’économie
capitaliste. L’homme d’affaires néerlandais d’origine chinoise Yang Bin a été
nommé gouverneur de cette région spéciale. "C’est un grand honneur pour
moi, mais c’est un honneur encore plus grand pour les Pays-Bas", déclare
le propriétaire de l’entreprise Van Vliet Trucks (Nieuwerkek aan den IJssel) à
la presse néerlandaise venue à Shenyang (Chine). Yang doit sa nationalité néerlandaise
à l’asile politique qu’il a obtenu après les émeutes estudiantines de Pékin,
en 1989. "En tant que sujet de la reine des Pays-Bas, j’apporte le
capitalisme au dernier pays socialiste d’Asie et les Pays-Bas peuvent en être
fiers à juste titre."

 

Affaires françaises 

Le Trouw
(p.6) de samedi évoque les élections municipales à Vitrolles.

Le Telegraaf
(cahier Reiskrant) de samedi consacre
une page illustrée à "Marseille : la Provence sans esbrouffe".

Ce matin, le Telegraaf (p.11) consacre un article élogieux au concert donné par
le collectif St Germain au Heineken Music Hall d’Amsterdam, samedi.

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