Presse néerlandaise du lundi 30 décembre 2002

L’actualité internationale domine la une du Volkskrant, tandis que le Trouw
brode sur le thème qui a inspiré son grand article de samedi : les résultats
de la police néerlandaise, dont les commissaires principaux parleront dans
leurs traditionnels discours du Nouvel An. L’Algemeen Dagblad
rend compte des déclarations faites par le président de la Banque centrale
européenne, Wim Duisenberg, dans les médias néerlandais et allemands, et le Telegraaf
s’intéresse à la sécurité routière.

Le Volkskrant et le Telegraaf
publient par ailleurs la même photo de la célèbre "West Pier" (jetée
ouest) de Brighton, qui s’est effondrée partiellement dimanche matin, après
avoir été fermée au public depuis 1975.

 

-  
de
Volkskrant

 : "L’opposition gagne tout au Kenya – Le parti de Moi perd le pouvoir après
quarante ans", "La Corée du Nord met à l’épreuve la diplomatie américaine
– Washington refuse pour le moment de jouer au poker nucléaire avec
Pyongyang", "Une école envisage d’interdire le tchador"

-  
Trouw
 : "’Des accords avec la police avant l’été’ – Hessing : Des conséquences
immédiates en cas de performances insuffisantes", "Grande victoire de
l’opposition au Kenya", "Le temps n’est pas à la paix"
(interview du recteur de l’université palestinienne d’Al Kuds)

-  
Algemeen
Dagblad

 : "Duisenberg : Les consommateurs doivent faire circuler l’argent",
"Même une unique nuit en prison dure longtemps" (une initiative de la
Maison d’Arrêt de Hoorn)

-  
De
Telegraaf

 : "Appel à l’introduction d’un permis à points – Soutien
massif à un autre système de pénalisation
", "La jetée de Brighton tombe dans la mer"

 

* * *

Le dossier du jour
 : Duisenberg

" Le président de la Banque
centrale européenne, Wim Duisenberg, appelle les citoyens et les entreprises à
dépenser plus, pour renforcer l’économie
", rapporte l’ Algemeen
Dagblad
dans son grand article à la une. "Cette déclaration
remarquable vient à un moment où les perspectives économiques des Pays-Bas et
de l’Europe ne sont guères florissantes. Par ailleurs, une guerre contre l’Irak
risque de tout gâcher."

" Le président a déchaîné
une offensive médiatique par préoccupation pour la mauvaise santé de l’économie
.
Il a appelé à acheter davantage de produits hier, durant le programme télévisé
Buitenhof. Simultanément, une
interview de lui paraissait dans le quotidien allemand Bild am Sonntag. ’Si vous voulez acheter une voiture, il faut le
faire si vous en avez l’argent.’ Selon lui, les entreprises ne doivent pas
remettre leurs investissements ’ad eternam’. Il arrive un moment, selon lui, où
investir est la seule option."

"L’appel de Duisenberg arrive en pleine période de montée du chômage
et de baisse de la confiance des consommateurs. Aux Pays-Bas, les citoyens
investissent déjà beaucoup dans l’économie, ainsi qu’il ressort coup sur coup
des statistiques du Centraal Bureau voor
de Statistiek
. Certes, la croissance économique a été minime les derniers
trimestres, mais officiellement, il n’y a pas récession, grâce aux fortes dépenses
des consommateurs. Le secteur privé, par contre, retient les cordons de la
bourse."

" Duisenberg, ’en tant qu’économiste’,
n’est pas partisan d’une guerre contre l’Irak
. Une
guerre est une mauvaise nouvelle pour l’économie’
, a-t-il déclaré hier.
Duisenberg n’est pas le seul à le penser. Son homologue américain Alan
Greenspan n’est pas favorable non plus à une offensive contre ce pays du
Moyen-Orient, a déclaré Duisenberg. La seule menace de faire la guerre a déjà
un effet négatif, selon le Néerlandais. Les gens retiennent leur argent à
cause de l’incertitude croissante, de sorte que commerçants et fabricants
vendent moins. Duisenberg voit cet effet négatif se produire aux Etats-Unis, la
plus grande économie du monde. Le prix du pétrole grimpe aussi, faisant croître
l’inflation."

" Le rétablissement ne
viendra pas des Etats-Unis
. Si l’économie
européenne veut se redresser, il faudra que les Européens s’en occupent eux-mêmes,
estime Duisenberg
. Ce n’est possible que si les entreprises et les citoyens
dépensent de l’argent. Il importe aussi que les salaires augmentent, mais avec
modération. L’inflation baissera alors et le pouvoir d’achat croîtra."

" Duisenberg n’est pas
pessimiste en ce qui concerne l’Europe
. Il s’attend même à ce que l’économie se rétablisse un peu l’année
prochaine
."

"Outre son appel à la consommation et
aux investissements, la Banque centrale européenne est prête à apporter sa
contribution, déclare Duisenberg. Il n’est pas exclu que ’sa’ banque abaisse de
nouveau le taux d’intérêt. Les charges des consommateurs et des entreprises
baisseront alors, ce qui les incitera à dépenser plus" (également Het
Financieele Dagblad
p.1, De Telegraaf
p.15).

 

Actualité internationale

Ambassadeur
de Russie aux Pays-Bas

Dans un entretien avec le journaliste Guido van de Kreeke publié dans
le Telegraaf (p.23) de samedi, l’ambassadeur
de Russie aux Pays-Bas, Alexander Khodakov
, interrogé sur sa connaissance
de la Sibérie, répond : "Pourquoi irais-je à Vladivostok ? Qu’y ai-je
perdu ? Rien ! J’y trouverai les mêmes Russes, la même culture. Seul le
paysage sera différent. Par contre, j’ai été dans presque chaque pays
d’Europe. C’est plus intéressant. Maintenant
que nos frontières sont ouvertes, nous, les Russes, avons très envie de voir
le monde
." Et soulignant la forte densité de population de l’Europe de
l’Ouest, il ajoute : quot ;Vous êtes les
bienvenus. Faites usage de l’espace que nous avons. Vos paysans peuvent venir et
commencer chez nous."

Mais la bureaucratie, la corruption ? "On l’exagère souvent. Il y
a de la bureaucratie partout, même aux Pays-Bas. Essayez donc, comme je l’ai
fait, de prendre rendez-vous au service de cardiologie de l’hôpital Bronovo, à
La Haye. Il a fallu que j’attende presque deux mois. J’aurais pu mourir
entre-temps ! Et puisque vous parlez de bureaucratie et de corruption, qu’est-ce
que c’est que ces histoires de tunnel ici ? La corruption est un phénomène
mondial. Mais il s’agit de la réduire à des proportions raisonnables."

Comment Moscou voit-il les Pays-Bas ? "La Hollande est l’un des
acteurs de la politique européenne, dans l’UE et dans l’OTAN. Les
Pays-Bas sont l’un de nos principaux partenaires économiques, surtout dans le
domaine de l’énergie
." " Les
Pays-Bas sont pour nous un partenaire commercial leader, avec l’an dernier des
transactions mutuelles d’une valeur de presque six milliards de dollars
. En
tant qu’investisseurs dans la capacité immédiate de production, les Pays-Bas
sont en troisième position chez nous. Ce
développement dynamique comme partenaire dans de nombreux domaines ne rend pas
seulement possible, mais même indispensable, une visite du président Poutine
."
"Et quand les Néerlandais se rendent en Russie, son expérience est qu’une
sympathie réciproque naît assez rapidement", souligne le journaliste.

S’agissant
des problèmes d’immigration de la Russie et de l’UE, il est nécessaire que la
Russie coopère avec l’UE et les Pays-Bas
, estime l’ambassadeur. "Nous sommes prêts à en discuter. Mais je
ne discerne guère de disposition ici. Je ne sais pas pourquoi. Nous devrions au
moins échanger des informations et trouver une base légale." Khodakov
se plaint aussi du manque de coopération dans le domaine du trafic de drogue,
d’armes et d’êtres humains
. "Nous devrons aussi agir en commun dans ce
domaine. On devrait certainement nous impliquer dans la recherche de solutions
en Europe. On ne le fait pas suffisamment. Nous n’y arriverons pas chacun pour
soi. Le président Poutine l’a déjà dit plus d’une fois."

L’énorme Russie, avec ses matières premières,
va-t-elle finir par dominer l’Union européenne ? "La domination appartient
au passé. A notre siècle, il s’agit de s’assister les uns les autres, d’être
solidaires et de coopérer. Nous sommes
en fait trop grands pour être membre de l’UE
. Mais nous voulons être un partenaire ."

 

Actualité
intérieure

Partis
politiques

Si
les élections législatives avaient lieu en ce moment, une coalition CDA-VVD
pourrait gouverner en s’appuyant sur une faible majorité de 77 sièges à la
Deuxième Chambre
. C’est ce qui ressort du dernier sondage d’opinion du bureau
Interview-NSS, publié vendredi lors du programme télévisé Nova.

Par rapport au sondage effectué une semaine
plus tôt, celui-ci brosse une image stable du paysage politique. Le CDA
pourrait escompter maintenant 49 des 150 sièges de la Deuxième Chambre (contre
50 une semaine plus tôt), le VVD 28 (contre 27). Le CDA et le VVD ont
actuellement 43 et 24 sièges, respectivement. La LPF, qui en a 26, chute à 5
sièges (contre 7). Le PvdA pourrait escompter 27 sièges (23 à la Chambre, 26
dans le précédent sondage). Le SP passerait toujours de 9 à 18 sièges.
GroenLinks en obtiendrait 9 (10 à la Chambre, 9 dans le précédent sondage),
le D66 6 (7 à la Chambre, 5 dans le précédent sondage), la ChristenUnie 4 (4
à la Chambre), le SGP 3 (2 à la Chambre). Leefbaar Nederland, sous la
direction de Haitske van der Linde, obtiendrait 1 siège ( de Volkskrant p.3, NRC Handelsblad
p.3, De Telegraaf p.6 de samedi).

Ce matin, le Volkskrant (pp.1 et 3) relève que Marten Fortuyn, le frère du
leader assassiné de la Liste Pim Fortuyn, ne votera pas pour la LPF le 22
janvier et ne se mêlera pas de sa campagne électorale . Il estime que les électeurs
ne doivent pas se sentir obligés de voter de nouveau pour la LPF parce qu’il
est conseiller de ce parti. Il précise dans la déclaration écrite qu’il a
adressée au journal de centre-gauche que sa décision n’a rien à voir avec le
cap politique actuel de la LPF. "Depuis que je suis membre de la LPF, je me
suis tenu à l’écart de la scène politique." Le frère aîné de Pim
Fortuyn se dit apolitique. "Je veux le rester." Il restera chez lui le
22 janvier.

L’ Algemeen
Dagblad
(pp.1 et 5) et le Telegraaf
(p.3) notent de leur côté que Marten Fortuyn réclame une version non censurée
du rapport de la commission Van den Haak, qui, sur recommandation de l’avocat de
l’Etat, a supprimé un passage sur les comportements homosexuels de Pim Fortuyn
susceptibles de le rendre sensible au chantage. Le président actuel du groupe
parlementaire LPF, Mat Herben, juge en revanche louable que la commission ait
voulu respecter la vie privée de la famille Fortuyn.

 

Economie,
Finances

Port
de Rotterdam

La plupart des journaux de samedi ont noté que le port de Rotterdam a
transbordé cette année 322 millions de tonnes de marchandises, presque autant
que durant l’année record 2002. Le port a ainsi compensé son creux de l’année
dernière, lorsque les mouvements de conteneurs ont fortement baissé. Cette année,
les entrées et sorties de conteneurs ont augmenté de 2,3 % par rapport à
2001 ( Het Financieele Dagblad pp.1 et
3, Trouw p.5, NRC Handelsblad
p.13).

Le Volkskrant (p.27) précise
que le port a beaucoup profité de la croissance de l’économie chinoise :
"La demande chinoise de mazout est insatiable."

 

Surveillance
de la libre concurrence

Le Volkskrant
consacre ce matin une grande partie de sa page 6 à l’autorité néerlandaise de
surveillance de la libre concurrence, la NMa. Selon son directeur, Anne-Willem
Kist, le "cerbère des cartels" n’est "pas un petit club
insignifiant". Cinq ans après l’introduction de la loi sur la concurrence,
la police des cartels commence à avoir prise sur le polder. "Nous
souffrions d’une charmante naïveté."

 

Affaires françaises 

Dans le NRC Handelsblad
(p.21) de samedi, Pieter Kottman,
sous le titre quelque peu provocateur "Insaisissable, non, juste –
Nicolas Sarkozy est la variante française de Pim Fortuyn", présente un
homme politique qui "est ’propre’ et ne traîne pas de casseroles derrière lui". "Depuis son entrée en
fonctions en mai, le ministre de droite Sarkozy désarme la gauche comme l’extrême-droite.
Il est conservateur sans complexe et ose dire et faire ce qu’il pense."
"Sarkozy arrive au bon moment sur le devant de la scène. Insaisissable –
juste, dit-il lui-même. Conservateur de nom, il n’est ni de gauche, ni de
droite dans la pratique. La poussée de la gauche d’une part et de l’extrême-droite
de l’autre lui suffit pour se positionner au centre politique." "Sarkozy
est la variante française de Pim Fortuyn. Le mot ’populiste’ est déjà tombé.
Mais il y a une grande différence. Sarkozy est un politique de métier sérieux,
qui fait partie d’un solide gouvernement de poids lourds. Et il a du pouvoir et
partant des responsabilités. Grâce à Sarkozy, ’l’expérience hollandaise’ a
plus de chances de réussir en France qu’elle n’en avait aux Pays-Bas mêmes."

Sur le plan sportif, on retiendra que, selon
l’ Algemeen Dagblad (p.1) de samedi,
le maire de Rotterdam, Ivo Opstelten (VVD), souhaite que le Tour de France parte
de cette ville en 2005, ou sinon en 2006 ou 2007. "Il a fait savoir à la
direction du Tour qu’il ferait prochainement une proposition détaillée."

Surleplanculturel, le Volkskrant de samedi, dans son cahier "2002 en 10
interviews", publie un entretien de l’écrivain Houellebecq avec son
traducteur néerlandais. L’ Algemeen
Dagblad
(p.17) en contient un avec le chanteur Manu Chao : "200
euros pour un concert pop, c’est un crime".

 

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